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Violette écarlate
 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Lun 2 Juin - 21:50

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Il a l'air complètement désintéressé, à la limite, je l'énerve et je le force à me suivre vers le stand. S'il ne veut pas, pourquoi s'oblige-t-il à le faire? Il faut croire que la gente masculine est aussi complexe que la féminine. À moins qu'il fasse ce geste pour me faire plaisir? Ou bien dans son fort intérieur, il a vraiment envie de me battre à ce jeu stupide. Hm... Disons que toutes les raisons du monde sont plausibles et je n'aurai pas le culot de lui demander laquelle est vraiment celle qui le rejoint. Je ne dis rien non plus, juste au cas où il changerait d'avis. J'ai envie de jouer, de bouger, de me changer les idées. Il comprend - je pense- ce que je fais. Cette conversation est lourde et chiante et pour que la soirée se poursuive sur sa lancée, il faut faire quelque chose.

Et il prend l'avance, s'avance vers le comptoir où le "maître" des lieux nous sourit. Nous le regardons, enfin plutôt nous le dévisageons car nous savons dans quel piège nous tomberons. Il me lance un regard de défi en me disant qu'il va me battre. Pfeuh! Je lui tire la langue et prends les cerceaux bleu-ciel et jaunes qu'on me tend. C'est lui qui doit commencer et il s'élance... pour faire tomber une bouteille. Ah bah bravo... j'espère qu'on ne paiera pas pour ça... L'homme prend un air sérieux, mécontent de sa performance de débutant. Enfin, je n'ai pas regardé l'élan qu'il a pris, concentrée par cette grimace qu'il fait quand il se concentre et concentrée à contenir mon rire dans ma bouche pour éviter de le déconcentrer. Pour le reste, je regarde comment il se débrouille. Il rate... Ah ouais, pas de chance le gars... à moins qu'il soit pourri à ce point?

Je soupire bruyamment, la tentation de vouloir obtenir ce gros ours poilu me gonfle de courage et d'orgueil. L'homme est distrait et Uriel en profite pour aller porter les anneaux le plus loin possible. Attends... aller porter... dans le sens de déposer? HEIN?! Il a le bras si long que cela? Je regarde son bras et je le vois reprendre une forme normale. Il a triché?! Je le dévisage pendant qu'il affiche une mine de fierté. Mon pied se faufile derrière son genou et j'appuie pour lui faire perdre l'équilibre. Je prends une bouffée d'air condensée dans mes joues pour montrer mon désaccord sur cette utilisation de la magie. Je me place: les jambes distancées, les cerceaux autour de mon poignet gauche et un autre dans ma main droite. Je feinte des lancers pour m'ajuster avec la distance et l'angle, puis je lance: raté. Je grogne et je jette un regard sur Uriel qui doit sûrement être en train de se foutre de moi.

Je prends un autre cerceau dans ma main et je m'élance: le cerceau ricoche et se coince entre deux bouteilles. Allez... concentre-toi d'avantage: Je vise la plus près, mais mon prochain cerceau s'élance plus loin et atterrit sur une bouteille qui vaut 25 points. Boarf... c'est mieux que rien. Je regarde l'homme qui se moque derrière ce masque souriant de traitre. Je ne peux pas utiliser la magie s'il me regarde dans cette intensité. J'ai beaucoup de pression et ce grizzly me plait beaucoup. Il me reste deux anneaux. Il faut que je vise les cents points. Je prends tout mon temps et.... hop! Parterre... Je rage et j'envoie la dernière contre une bouteille, elle vacille en frappe une autre, puis celle-ci frappe l'autre dans un effet de domino, au moins cinq bouteilles roulent et se retrouve dans un vacarme effrayant parterre dans des éclats de verre. Je fais la moue face à mon inaptitude, je croise les bras et je rougis. Le maître du jeu s'avance et appuie ses paumes de main contre le comptoir et s'adresse à Uriel:

« Félicitations! Avec autant de points, vous avez le droit à la peluche de votre choix! »

Il est loin d'être franc-là. On sent qu'il rage avec toutes ces bouteilles cassées. Et moi je rage encore plus de l'avoir invité à jouer si c'est pour perdre aussi lamentablement. J'attends qu'il prenne son prix avant de tourner le dos et de recommencer cette marche dans la foule dans l'espoir qu'il me suive. Enfin, je l'amène plus loin pour lui parler de ce qui vient de se passer:

« C'est trop pas juste! Tu as triché! Il faut croire que ça te prend des gamines pour te sauver la peau hein? »

Et je lui fais la pire des grimaces, les pires que je puisse faire. Je regarde avec jalousie les peluches qu'il a dans les bras Un bref silence s'installe, puis j'incruste un nouveau sujet de conversation:

« Il paraît qu'ils feront des feux d'artifice ce soir... tu veux y aller? »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Dim 8 Juin - 5:45

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Uriel Rudraksha

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VIOLETTE ÉCARLATE

« PARCE QU'UNE PELUCHE DE HAPPY, C'EST TROP MAINSTREAM DANS FAIRY TAIL. »


« J'essaie de ne pas rire, mais c'est drôle. Sybilia est un véritable scandale à elle toute seule, et il semblerait que ça soit encore pire lorsqu'elle essaie de s'appliquer. Elle tente de remporter des points, mais elle provoque presque la ruine du commerçant en bazardant tout son gagne pain jusque sur le sol dans une pluie de débris de verre. Je tousse bruyamment pour tenter de m'étouffer dans ma propre morve afin d'éviter d'éclater de rire, je ne voudrais pas la vexer, mais elle y serait allé à la batte de baseball qu'elle n'aurait pas fait moins de dégâts. Le maître du jeu nous observe comme s'il allait soudainement se mettre à lancer des éclairs avec ses yeux pour nous faire disparaître. Mais je ne pense pas que le prix de la partie vaille le prix de la casse. En même temps, il doit arnaquer tellement de personnes avec son jeu à la con qu'il l'a bien mérité.

_ Félicitations ! Avec autant de points, vous avez le droit à la peluche de votre choix ! »

J'évite de lui faire un sourire trop énorme, avant qu'il ne décide de me casser la gueule. Et je lui désigne du doigt le haut du ciel. Il semble ne pas comprendre. Au fond du stand, sont alignées tout un tas de peluches plus ou moins énormes, plus ou moins belles, plus ou moins convoitées. Et, juste là au-dessus, au milieu de l'enseigne « LES PELUCHES DE MOJO » la plus grosse d'entre elle, qui fait presque la taille d'un homme. Un grizzly, énorme. Avec une casquette, des lunettes de soleil et un T-Shirt portant les inscriptions « BOIS JOLI STYLE ». Gangsta Grizz'. Le maître de jeu se crispa un instant, comme s'il trouvait insupportable de devoir, en plus, décrocher
celle-ci. Mais, un verre de saké dans le nez et la pleine Lune ce soir, c'est sans hésitation que j'irai porter la chose au scandale s'il le faut. Il inspira profondément en me regardant, les sourcils froncés, puis il la décroche avant de finalement me la donner. Évidemment, je n'ai que faire de ce genre d'encombrement, sans chez moi pour la poser. C'est à peine si je vois où je vais, tellement la bestiole est énorme et encombrante. En plus, je dois aussi porter monsieur décolleté, le renard des boobs. Nous repartons avec Sybilia et elle m'accuse de triche avant de proposer un feu d'artifice, en faisant au passage une grimace atroce, on dirait un gremlins. Mais tatata tu ne vas pas t'en tirer comme ça ma jolie. Je lui fourre Gangsta Grizz' dans les pattes pour m'en débarrasser sous couvert d'un cadeau totalement désintéressé.

_ Tiens, princesse, Gangsta Grizz' est à toi. Félicitations Sybi, tu viens d'arrêter le pire criminel du Bois Joli. Avec ça, le royaume est sous contrôle. »

Qui sait, peut-être qu'elle pourra le mettre sur son bureau au boulot. Une sorte de trophée pour leur montrer à tous qui c'est le boss ici. Au passage, je glisse Monsieur Renard dans mon décolleté d'homme - c'est à dire inexistant - pour le mettre à moitié sous mon T-shirt. Juste la tête dépasse sous mon cou, et c'est plus pratique comme ça pour avoir les mains libres. Ce qui est un peu ironique à dire maintenant que je me suis débarrassé de Gangsta Grizz' de cette façon.

_ Oui pourquoi pas. Tant que cela ne nous explose pas à la figure... »

J'ignore où se situe l'évènement exactement, mais je devine à l'agitation qui règne et à la foule qui se dirige d'un seul mouvement dans la même direction que ça doit être quelque part par là-bas, sur les berges de la rivière qui coule en traversant à moitié la ville. Je suis tranquillement le pas comme un bête mouton et la foule se fait de plus en plus dense. Je n'aime pas trop une densité trop forte de population. Non pas que les gens me font peur, mais plutôt qu'ils sont en général insupportable. Et puis, avec les six ans, je ne me sens plus trop en phase avec la société des Hommes. C'est peut-être pour ça que je n'ai pas trop d'amis. Aucun en fait à vrai dire. Le seul vrai confident que j'ai, c'est Altiel, mais c'est différent. C'est aussi un peu pour ça que je dois avoir la maladresse d'un hippopotame actuellement.

Un silence s'installe quelques instants et, même si cela ne me gêne pas réellement, je tente de faire un effort avant qu'il ne devienne gênant.

_ Tu habites à Magnoria ? C'est la première fois que je viens ici. Les gens sont un peu bizarres je trouve, presque trop contents. Et je ne comprends pas leur délire avec ce chat bleu ailé partout dans la ville. C'est la mascotte ? On dirait juste un foutu chat obèse. » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Jeu 12 Juin - 14:58

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Quoi?! Quoi?!! QUOI?! Et le grand prend LA peluche que je voulais gagner! Ça y est, j'ai envie de pleurer! En plus d'avoir triché, il a le prix de mes rêves. Je rage intérieurement et je regarde la peluche avec une jalousie maladive. Les joues gonflées de tension, les poings serrés. Même pas le temps de vraiment lui tourner le dos qu'une masse poilue se retrouve dans mes bras. J'arrête complètement de marcher, surprise, sous le choc. La tension s'évacue et j'ai maintenant cette boule d'émotions qui me tourmente l'estomac. J'éloigne la peluche pour mieux la regarder: Gangsta Grizz'. J'ai les larmes aux yeux tellement ça me fait plaisir. Bien que j'aurais aimé mieux l'avoir gagné par moi-même, l'avoir dans mes bras à tâter son poil tout doux et sa graisse simulée par des boules de coton, je le sers contre moi dans l'optique de ne jamais le perdre et de ne jamais me séparer de la peluche.

« Merci Uriel... c'est gentil. »

Je me retiens de le serrer dans mes bras. Je ne le connais pas encore assez, alors peut-être que ce genre de réaction pourrait le déranger. De toutes manières, la peluche est beaucoup trop grosse pour que je puisse serrer deux masses comme eux dans mes bras. J'ai beau avoir une certaine musculature, mais je n'arrive pas à me faire pousser les bras comme lui. Puis je vois Monsieur Renard se trouver un nouveau décolleté comme terrain de jeu. Je souris, trouvant que ces deux-là se ressemblent: Presque le même pelage, ce même regard dont on ne sait pas trop quoi en penser, mais en même temps tout aussi doux que le soyeux de cette fourrure. Je peux bien lui donner, comme ça on sera à égalité des deux côtés: chacun ayant donner une peluche qu'on a gagné. C'est bien, j'aime bien. Je souris pour moi-même, mais en ayant quand même un certain regret caché derrière la tête que je dissimule assez bien je trouve.

Il accepte mon invitation aux feux d'artifice, on suit le mouvement de la foule dans une direction quelconque. Je ne connais pas trop Magnoria, mais je fais confiance à ce déplacement de masse. Un silence plutôt confortable se crée entre nous deux. Maintenant que j'ai Gangsta Grizz' je n'ai pas à m'en faire ni à me sentir mal. Je n'ai qu'à serrer un peu plus les bourrelets de l'animal et tout ira mieux. Il brise le silence en passant un commentaire sur une décoration dont je ne comprends pas moi-même le pourquoi c'est présent. C'est la fête de l'été et d'une bestiole en particulier, pas celle de Fairy Tail. J'étouffe mon rire dans la peluche en entendant son commentaire concernant le chat. Si seulement le vrai chat l'entendait parler, l'expression sur son visage vaudrait au moins mille jewels.

« J'habite à Era en fait, mais j'avoue ne pas comprendre pourquoi la décoration est au thème du chat. Il s'appelle Happy et lui et son maître sont de la guilde de Fairy Tail qui est tout près. »

Natsu Dragneel... le responsable de la mort de Synn. Un jour j'aurai les preuves pour l'incriminer et le faire payer d'avoir causé la mort d'une coéquipière. Je secoue la tête pour faire évaporer ces idées sombres que j'ai depuis des années incrustées dans ma tête comme une hantise. Je me souviens de la douleur à la poitrine quand je me suis rendue au cimetière, de cette douleur psychologique et du nombre d'agents qu'il a fallu prendre pour m'arrêter avant que je m'apprête à déclarer une guerre entre le Conseil et Fairy Tail.

« Tu viens d'où pour n'avoir jamais mis les pieds ici? Tu as aménagé dans une ville tout près? »

Je creuse aussi dans ses origines: peut-être que ça me fera penser à autre chose qu'à des morts. Les gens autour de nous s'arrêtent subitement, ils chuchotent entre eux, le sourire au visage et regardent droit devant. Le spectacle va bientôt commencer à ce que je peux voir. Tant mieux, parce que j'ai l'impression que de respirer le poil de Gangsta Grizz' n'est pas nécessairement bon pour mes poumons...
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mar 24 Juin - 3:54

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Uriel Rudraksha

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LÀ D'OÙ ON VIENT

« PARCE QUE TANT QUE TU MARCHES, TU CREUSES LE CHEMIN DE TA VIE »


« Era, ce nom me dit quelque chose. Oui, je me souviens. J'en ai l'image d'une ville à éviter, parce que c'est le siège du Conseil de la magie de Fiore. Je ne retiens jamais toutes leurs histoires de guildes et où se situent les différents Quartiers Généraux, mais s'il y a bien une chose que j'ai retenue, c'est ça. Paradoxal, n'est-ce pas ? Vouloir éviter cette ville pour cette raison et apprécier cette soirée avec un membre du dit Conseil. C'est étrange, je peux apprécier les activités qui nous occupent avec Sybilia, mais quelque part, il semble qu'une part de moi restera toujours en alerte. Après tout, nous ne nous connaissons pas vraiment, et même si je n'ai rien à me reprocher, ou en tout cas rien d'officiel, moi ou mon frère, j'ai toujours associé le concept d'autorité à celui du danger. J'ai bien vu comment la noblesse tournait ses privilèges et son droit d'esclavage pour contrôler la masse populaire à Nirlaren, après tout, j'en ai moi même fait partie, de cette grande famille qui pue l'argent et le sang, et le concept d'un organe régulateur de la magie me hérisse le poil. Minstrel est une contrée connue pour son obscurantisme sur ce point, et il est illégal de faire de la magie sans être accrédité saint ou faire partie de l'église. Je sais que le Conseil régule en partie les activités des guildes mais je ne veux pas me faire remarquer. Je ne veux pas être fiché ou surveillé, l'idée même de contrainte me sort par les yeux. Ma liberté est à moi, et je veux pouvoir faire ce que je veux quand je veux sans que cela ne se sache. Je regarde Sybi du coin de l’œil. Peut-être que je suis devenu trop paranoïaque avec le temps. Entre notre départ de chez nous, notre errance sur les routes et la perte de confiance en l'humanité. Ça doit être ça, mon problème, la confiance envers les gens. En même temps, on ne m'a pas appris à faire confiance, on m'a appris à survivre.

_ Je ne suis jamais allé à Era. »

Je reporte mon attention sur une des peluches bleues qui passe par là. Ce chat doit vraiment être très populaire. Mais quelque chose me gêne.

_ Happy ? Hm, vu comme il a l'air de sourire comme un attardé, ça peut se comprendre. Tu connais les membres de cette guilde ? »

Elle me pose des questions sur d'où je viens, c'était un peu à prévoir vu les sujets de discussion qu'on a eu. Fut un temps où ça m'aurait gêné d'en parler, mais maintenant que six années de plus ont passées, nos parents ont du nous renier définitivement de leurs existences. Notre récupération n'est plus vraiment d'actualité.

_ Je ne suis pas de Fiore, je viens du Royaume de Bosco. »

Je laisse quelques secondes passer, on dirait que nous sommes arrivés près de l'endroit où va se donner le feu d'artifice, au dessus de la rivière.

_ En fait, je n'ai pas de maison, je voyage beaucoup, dans différents pays. Ça ne fait pas très longtemps que je suis dans ce royaume. »

Enfin, relativement, sans compter les six années bien sûr, mais ça ne compte pas vraiment. J'aime beaucoup voyager, c'est vrai, mais ça fait longtemps que moi et Altiel nous ne nous sommes pas posés. Mais j'ai peur que faire ça marque la fin de nos aventures et nos explorations.

_ Tu crois qu'ils vont utiliser la magie pour le feu d'artifice ? » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mer 25 Juin - 18:50

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Qui donc voudrait venir à Era mis à part pour visiter les prisonniers en cage? Il fait bien de n'avoir jamais mis les pieds là-bas parce qu'à mon avis, il n'y a pas grand chose à découvrir mis à part le bar que tiens Anderson que je trouve sympa... ou mon appartement... ou le bâtiment du Conseil. Je l'inviterais bien pour lui faire visiter, mais ça aurait l'air étrange. Je le connais à peine et on commence tout juste à sympathiser que l'inviter chez moi sonnerait des plus étranges. Je ne veux pas donner cette impression. Je veux un ami, pas un autre type sur qui je peux compter quand je suis en manque. J'ai déjà Nox pour ça et déjà, j'ai l'impression d'être en train de perdre un de mes amis à cause de ça. Je ne veux pas perdre le peu que j'aie.

« Il n'y a pas grand chose à y voir à mon avis. Mais si tu y tiens, je te ferai une visite guidée de la ville et du bâtiment du Conseil. »

Si je connais les membres de Fairy Tail? Soit il fait exprès parce qu'il m'a sentie bouillir, soit il est tout à fait innocent et me demande ça par simple curiosité. J'échappe tout de même un rire quand il traite l'innocent chat d'attardé. Je ne le connais pas beaucoup , mais c'est vrai qu'à bien y penser il a l'air un peu attardé. Personne ne sourit comme ça en temps normal. Et un chat, encore moins. Je tente de remettre mes idées en place dans ma tête. Qui connais-je vraiment? Je réfléchis, la tête écrasée contre celle de mon gangster favori. J'ai beau réfléchir et retourner ma vie dans tous les sens, mais je n'en ai vu réellement qu'un seul dans tout le lot des mages de la guilde. Je remonte ma tête pour être certaine de bien articuler et lui réponds:

« Je connais le maître: J'ai déjà effectué une mission en sa compagnie quand je faisais partie de Phantom Lord. Sinon, ce sont surtout des fiches sur papier et des visages dans les journaux. Je ne connais pas les membres comme tel, mais ils ont l'air sympa. »

Puis il dit venir de Bosco et de beaucoup voyager. J'eus un sourire en coin: un autre. Un autre qui me fait penser à moi. Un autre avec qui je partage certains traits dans ma vie. Je suis aussi partie de mon village d'origine sans nom. Perdu dans le bois, je n'ai eu d'autre choix que d'écouter mon père et de ne jamais me retourner. J'ai marché, longtemps j'ai marché, couru, parcouru des kilomètres par moi-même jusqu'à ce que la nouvelle frontière m'amène à Fiore et que je rencontre une toute nouvelle civilisation. Chez moi il s'agissait que de huttes en paille, en branches et en feuilles alors qu'ici, je voyais de la brique pour la première fois et des gens bien habillés. Comme première impression de ville de Fiore, on m'a prise dans un coin pour me battre parce que j'étais différente. Je m'en souviens comme si c'était hier... et je me souviens aussi de ce type du Conseil que je n'ai pas vraiment revu par la suite...

« Je ne viens pas de Fiore non plus. En fait, je viens d'un lieu sans nom alors je sais un peu ce que tu vis en ce moment... »

Nous sommes arrêtés au milieu de la foule. Ils sont nerveux, ils ont hâte. Espérons que rien ne tourne mal, espérons que le spectacle se passe comme prévu. Il me demande si le spectacle sera fait avec de la magie. D'une main je viens poser mon index à mes lèvres comme pour lui signaler un secret avant d'ouvrir ma paume de main vers le ciel. Une lumière l'habite, une masse grouille à l'intérieur sans se révéler. Puis, j'entends comme un bruit de missile au loin: signe que tout ça va commencer. Et je laisse échapper la masse de papillons vers le ciel. Lumineux, silencieux, ils vont rejoindre les nouvelles étoiles formées par l'explosion du feu d'artifice lancé. Les papillons s'écrasent entre eux avant d'entrer en contact et d'exploser à leur tour, provoquant des étincelles brillantes pour accompagner le reste du spectacle. Avec des sons aussi forts que ceux-là, il est pratiquement impossible de parler sans se faire interrompre. J'admire le spectacle le sourire aux lèvres. Toutes les couleurs, intensités et formes sont au rendez-vous et le ciel époustouflant termine la note avec le symbole de la fête d'aujourd'hui. Les gens rebroussent chemin ou se recroquevillent dans les ruelles pour rentrer chez eux. Je me tourne vers Uriel et lui dis:

« Je suis loin d'avoir sommeil. Veux-tu qu'on passe quelques temps dans un parc tout près? Juste pour dire que l'énergie retombe... Enfin, si tu veux rentrer à ton hôtel je comprendrai aussi. »

Et je souris, me disant que je ne regrette rien de cette soirée-là, me disant que j'ai bien fait de refuser l'invitation de Nox. Si je ne l'avais pas fait, je n'aurais pas eu l'occasion que j'ai eu ce soir pour parler à Uriel. D'ailleurs, cet espèce d'uniforme qui fait blobloter mes seins à chacun de mes pas, il faudrait bien que je le rapporte à la vieille...
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Ven 27 Juin - 15:08

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Uriel Rudraksha

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DES PAPILLONS DANS LE CIEL

« C'EST UN PEU COMME DES ÉTOILES AVEC DES AILES »


« Elle me propose de venir visiter Era et le Conseil, un jour, et même si l'intention est généreuse, je ne suis pas vraiment à l'aise avec cette autorité. Concrètement, ça ne me plairait pas énormément, surtout parce que je ne pense pas que je serai très à l'aise, mais en savoir plus sur le Conseil, son fonctionnement et sa structure pourrait toujours être utile.

_ Pourquoi pas, mais je ne voudrais abuser de ton temps non plus. »

Je suis un peu surpris à l'annonce des paroles de Sybilia. Ainsi, elle faisait parti d'une guilde, avant ? Je ne connais pas cette Phantom Lord, et c'est quoi leur foutue manie de donner des noms ridicules à leurs guildes ? Pégase bleu ? Seigneur Fantôme ? Les Anges du Ciel ? Bon sang on se croirait envahi par des pseudos de kikoos sur un skyblog de pucelle qui aime les chatons. Et pourquoi pas Gencive de Porc ou encore Tasse à Café ? Oui, décidément, il y avait un sérieux problème mental avec les mages de guilde dans ce pays. Je tousse un peu pour dissimuler mon indignation face à ce crime contre le goût et me tape fortement la poitrine pour faire passer. Courage, après tout, il y a pire... Il y a pire n'est-ce pas ?

Et puis elle me dit qu'elle vient aussi d'un lieu sans nom. Je ne pense pas qu'on puisse qualifier Nirlaren de lieu sans nom, et je me demande si elle connait la capitale de Bosco ? C'est là où siège la famille royale et le pouvoir, le monde étriqué des mondains et des bourgeois, un monde plein de parfums trop forts et d'hypocrisie. Enfin, c'était. Je n'ai aucune idée de la situation actuelle, et la dernière fois tout n'allait pas fort. Mais dans un certain sens, je n'ai pas de doute en les capacités humaines pour trouver un nouveau moyen de contrôler les peurs et les élans de colère.

Le feu d'artifice commence alors, et Sybilia libère un vol de papillons lumineux. Je suis surpris, je ne m'attendais pas à la voir faire ça. En fait, je ne m'attendais pas à ce que ce soit si
beau. Je les regarde s'envoler vers le ciel comme des rêves, on dirait qu'ils sont vivants. Ils s'élèvent, délicats, mais finissent par s'écraser les uns contre les autres, dans une violence explosive, pour mourir en même temps que le feu inonde le ciel pour ouvrir le spectacle. Je souris légèrement, c'était cool. Je profite du spectacle, on ne peut pas dire que c'est moche, et ils ont plutôt bien réussi leur boulot. Pendant ce temps, le reste semble ne plus exister, et je me laisse emporter par la grandeur impressionnante des figures dans le ciel.

Finalement, tout se termine, il fallait bien que ça arrive un jour, et nous commençons à repartir. Sybilia propose de marcher encore un peu.

_ Non ne t'inquiète pas, ça ne me dérange pas. Et puis je préfère la nuit à la journée en général, même s'il y a plein de monde ce soir. »

Nous marchons au hasard, je ne connais pas trop Magnolia, pour trouver un endroit de verdure un peu plus calme. Quelques autres personnes sont là pour en profiter aussi, et les arbres nous accueillent avec sérénité.

_ C'est un bel endroit. »

Il y a des écureuils, et des gamins qui leur donne du pop corn à manger.

_ Est-ce que je peux te demander pourquoi tu as quitté Phantom Lord pour aller au Conseil ? J'ai toujours été étonné de voir combien les mages et les guildes avaient de l'importance dans ce Royaume. A Bosco, de telles organisations sont généralement interdites si elle ne sont pas contrôlées directement par la famille royale. Pour éviter le genre de phénomène de guildes noires que vous avez, mais surtout pour conserver ce privilège pour empêcher les classes sociales inférieures de prendre de l'importance. Et de construire une arme sociale. Bien sûr, il y a des cercles de mages clandestins, mais c'est assez mal organisé... En fait, je suis même étonné tout court de voir que les guildes servent parfois d'armées contre les guildes noires. Il n'y a pas de séparation entre la magie et le pouvoir à Bosco, mais ici le Roi semble avoir un peu du mal non ? Est-ce que le Conseil prend ses ordres de lui ou bien est-il indépendant ? » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Lun 7 Juil - 23:19

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Abuser de mon temps? T'es sérieux? C'est moi qui t'ai invité au parc. Si c'est moi qui invite, pourquoi te sentirais-tu de trop? J'ai tout mon temps. Je suis là pour décompresser, voir autre chose que la routine et les mêmes gens. Une personne qu'on aime bien et avec qui on s'entend tout aussi bien ne ferait guère gaspiller du temps. Généralement, on passe du bon temps avec cette personne et souvent, on ne veut pas s'en séparer: jamais. Qui voudrait s'éloigner du bonheur? Qui, vraiment, voudrait vivre une vie complexe et triste? Allez mon grand, tu restes avec moi et je ne t'en donnes plus le choix maintenant. Tant mieux si tu préfères la nuit au jour, parce que j'ai l'impression que c'est le seul moment où je peux te croiser. D'abord, cette soirée au Manoir du Prince, ensuite le palais où tu dormais... Bon, d'accord ce n'était pas la nuit, mais quand même: tu dormais.

Et maintenant, le spectacle éclate sous nos yeux dans des lumières flamboyantes. Fleurs et formes inoubliables dans une danse de luminosité splendide. Les yeux grand ouverts, la bouche quasi ouverte, je deviens légèrement nostalgique: Un pistolet tiré vers le ciel, des feux d'artifices, des larmes séchées, un sourire, un ami pour la vie, une nouvelle voie empruntée... Je ferme les yeux quelques secondes pour sourire à moi-même. Oui, toi aussi tu me manques Jerenn... Où es-tu passé bon sang? Je rouvre les yeux pour admirer la fin du spectacle. Je nous amène vers un parc que j'ai aperçu un peu plus tôt dans ma vie. Nous sommes donc obligés de piquer à travers la foule dans un sens qui nous pousserait à nous séparer alors ma main se faufile dans la sienne pour le traîner sans que nous nous perdons vers le parc. Rendus sur place, je la relâche pour éviter des malaises.

C'est calme. Des enfants sont accompagnés par des écureuils: C'est intrigant. Ils ont l'air d'avoir du plaisir et les écureuils seront sûrement rendus des marmottes après s'être empiffrés comme ça... Un bel endroit? Si on veut. J'ai vu mieux, mais ça fera l'affaire, mais j'hoche la tête quand même. Nous atteignons la pelouse et j'en profite pour retirer mes sandales et les bas à deux orteils. Ahh... mes pieds sont libres! Je fléchis les genoux pour attraper le tout du bout des doigts et nous entraîne au pied d'un arbre. Un peu plus loin, une lanterne se fait attaquer par des lucioles et des papillons de nuit. Pauvres bêtes: soit elles vont mourir brûlées, soit elles n'atteindront jamais cette foutue lumière: tant pis pour elles. Uriel brise le silence avec une question. Tournée vers lui, j'écoute attentivement ce qu'il a à dire.

Il me parle un peu de Bosco, de sa hiérarchie, de son fonctionnement pour abattre les guildes noires, son gouvernement. C'est un peu différent, sauf qu'ici ce ne sont pas les familles royales qui gèrent tout ça, mais le Conseil. Mais pourquoi réellement ai-je quitté Phantom Lord? Dois-je lui dire mes premières motivations? Il va sûrement me trouver pathétique, complètement ridicule d'avoir succombé à quelque chose comme ça. J'ai menti à moitié à Jerenn quand je lui ai dit que je partais. Je ne voulais pas qu'il me juge. Malgré ses pensées face au Conseil, il ne l'a pas fait et il m'a même encouragée. Ça m'a fait du bien. Je me suis sentie moins seule. Quand je suis arrivée là-bas à mon premier jour, je ne connaissais personne et j'étais timide. Comment briser la glace des relations avec les gens si je n'arrive même pas à parler à mon meilleur ami sans rougir? Il faut dire que j'ai changé depuis et que pratiquement tout le monde me connaît.

« Je l'ai fait pour retrouver l'homme que j'aimais. Je l'ai trouvé, certes et ça a eu l'effet d'une claque au visage. Il m'a presque tuée, a tué mes soldats et m'a laissée au milieu de nulle part avec des organes broyés. Je ne l'ai plus revu depuis... et l'amour que j'ai eu pour lui s'est effacé depuis ce jour-là. Je me suis convaincue qu'il y a autre chose qui m'attend. Alors je vis du mieux que je peux en me disant que ça n'ira que mieux dans ma vie personnelle et dans la vie en général. Il n'y a pas que cette raison qui m'ait poussée à rejoindre le Conseil: Je voulais l'intégrer pour mieux le comprendre et mieux servir le pays qui m'a accueillie le jour où je suis devenue orpheline. J'ai quitté mes nouveaux amis du quotidien pour servir et protéger, pour faire de ce pays un monde meilleur. Je sais que l'idéal du monde parfait n'existe pas, mais si on peut réduire les peines des gens pendant qu'on le peut, alors je me sacrifierai pour la cause. »

J'ai toujours été comme ça: me sacrifier pour les autres. Pourquoi pas? Si cela peut rendre des familles heureuses, j'en serai honorée de le faire et au péril de ma vie s'il le faut. La plus belle preuve? Quand j'ai protégé Laxus d'un télépathe. Pour sauver l'honneur de Phantom Lord et pour sauver Laxus, j'ai combattu la puissance du mage noir et je m'en suis retrouvée à avoir pratiquement tous les os du corps broyés. J'ai servi de diversion et ça nous a permis de gagner en quelques sortes, mais j'ai passé beaucoup de temps à l'hôpital. Je me tourne vers la pelouse que j'arrache tout bonnement et la lance sur Uriel pour le décorer comme un sapin de noël de brindilles vertes. Et je poursuis la conversation dans l'autre sens:

« Et toi? Un peu de repose ne te tente pas? Je veux dire, rejoindre une guilde ne t'a jamais frôlé l'esprit? Dis-moi qui tu es et je te dirai ce qui te correspondrait le mieux si tu veux. Je force à rien, mais c'est agréable de se sentir bien entouré. Je sais que tu as ton frère, mais comme ce soir il n'est pas avec toi alors... »

Pas que j'essaie de le convaincre, mais oui, ça ressemble bien à ça.
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Ven 11 Juil - 4:53

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MARQUER AU FER

« TON ÂME COMME DU VULGAIRE BÉTAIL. EST-CE QUE J'AI L'AIR D'UNE PROSTITUÉE ? »


« J'avais déjà vu des écureuils, déjà vu des marmottes, mais jamais encore je n'avais eu l'occasion d'assister au spectacle fascinant du nourrissage des écureuils-marmottes obèses avec des biscuits donnés par les enfants. C'était proprement... Inattendu ? Mais je reporte rapidement mon attention sur Sybilia qui me parle, et ce qu'elle me dit est comme une claque dans la figure accompagné d'une douche froide. J'écoute son histoire en essayant de garder une indifférente compassion, mais je ne peux m'empêcher de laisser afficher sur mes traits une certaine gêne de lui avoir fait aborder ce sujet. La vie semble avoir été bien cruelle sur ce point mais elle semble en parler avec un certain recul et une certaine philosophie. Néanmoins, se faire détruire par son amant et être laissé pour morte au milieu de nulle part n'avait aucune facette de plaisante, et j'étais même surpris, en réalité, qu'elle m'en parle, puisque nous n'étions pas de très grands amis encore.

_ Je suis désolé pour toi... »

Elle avait d'autres objectifs, cependant, qui paraissaient un peu trop idéalistes à mon goût d'une façon générale, même si je me gardais bien de lui faire la remarque. J'ai été élevé dans un monde social aux normes totalement artificielles, constructibles et déconstructibles selon les besoins et les envies. Un monde où peu importait la réalité, tout ce qui comptait était l'image et la réputation. Et ensuite, j'ai appris la survie, celle qui te dit que, du jour au lendemain, tu peux mourir comme une merde dans un ravin parce que tu as trébuché et qu'il n'y a personne pour te secourir, qui te dit que tu peut te faire bouffer par une meute de loups après t'être perdu en chemin, ou simplement te faire surprendre par un orage en montagne et te noyer dans la crue. Ça paraît débile dit comme ça, mais pour un explorateur qui arpente des zones où personne ne va jamais, trouver des joyaux ou se lever le matin pour aller bosser est bien différent. Je ne traite pas avec les idéaux, je traite avec la réalité, crue et immédiate. En quelque sorte, ça aère l'esprit, mais ça conditionne aussi à ce fossé avec le reste de la société et cet écart qui se creuse dans la compréhension de celle-ci. Je comprends qu'elle veuille aider les gens, mais le sentiment de nationalisme envers la patrie, c'est quelque chose que je ne saisis pas. Que je trouve dangereux, même. Pas forcément en lui-même, mais dans la façon dont il peut être détourné ou utilisé. Je n'aime pas mon pays, je n'aime pas Bosco. Et les frontières de Fiore me sont aussi étrangères que les autres. Tracer une ligne sur une carte n'a aucune signification. La nature est la nature et aucune légitimité ne permet de la compartimenter pour se la répartir. Cela dit, je ne remets pas en cause son courage et sa dévotion, elle en a peut-être même - sûrement - plus que moi. J'aurais énormément de mal à me sacrifier pour un inconnu, bien qu'aider ne coûte rien, mais si je dois choisir, il y a un certain sentiment égoïste de survie en moi qui s'appelle la conservation. C'est moralement répréhensible, mais l'instinct est amoral.

Elle me jette des brindilles et de l'herbe arrachée, et ça me fait revenir à la réalité. J'ai du mal à réagir, et je prends une feuilles d'herbe entre mes doigts pour la regarder comme un crétin avant de la laisser tomber.

Les questions qu'elle me posent jettent subitement un froid sur moi.
Entouré. Je ne sais pas comment prendre la chose. Peut-être le fait de savoir que m'isoler pour être vraiment seul ne m'est pas possible. Ou bien que malgré ces sensations qui brillent en moi comme les couleurs de sentiments, elles n'apportent pourtant aucun réconfort. Elles sont froides. Froides et sans émotions. Et elles pourraient me regarder mourir sans prononcer un mot ni esquisser un geste. C'est normal, dans un sens, mais je ne m'y suis jamais vraiment fait. Et Altiel. Elle ne sait pas ces choses qui le pourrissent de l'intérieur, qui nous gangrènent. Dans des moments comme celui-ci, j'ai l'impression fugace de prendre une perspective sur le chemin que j'ai tracé avec lui pour finalement me rendre compte qu'il ne ressemble à rien et ne va nulle part. Bien sûr que nous sommes seuls, et pire encore dans ces tréfonds qui résonnent quand le silence hurle autour de moi. Ces tréfonds qui vomissent des échos disparus qui n'ont ni queue ni tête mais assaillent l'esprit avec l'inexpugnable d'une force inconsciente.

Je regarde Sybilia, une certaine frustration gronde au fond de moi. Je refoule ces relents qui n'ont pas leur place ici et je me contente de réfléchir. Pour la première fois depuis plusieurs années, il me semble que j'ai un but, et si la tâche à accomplir paraît aussi ardue que lourde à porter, j'essaie de ne pas me décourager.

_ Je vais te dire franchement ce que je pense des guildes. Ce sont des lobbys arrogants et sans contrôle de mages pour la plus grande majorité irresponsables, qui agissent sans conscience et en prostituant leurs magies la plupart du temps sans n'avoir rien à foutre de ce qu'ils font, tant qu'ils ont leur argent. Je trouve la plupart arrogants dans leur statut, dans cette course à la compétition, à la puissance, et cette ingérence qu'ils font avec l'autorité royale ou même celle du Conseil. Les trois quarts des guildes noires sont constituées de mégalomanes dégénérés qui n'ont aucune vision au-delà de celle du pouvoir ou de la conquête, qui ne voient la magie que comme un outil adapté à leur démesure et leurs égos, et dans l'ensemble tous s'en servent d'une manière égoïste pour satisfaire aux envies les plus farfelues. La magie n'est pas un jouet, et si c'est pour faire des poses de fashion victimes dans des magasines people, des combats de bêtes uniquement destinés à assouvir la soif de scandale d'un public comme le tournoi d'Angel's Sky ou montrer qui a le plus gros sexe, non merci. Je ne suis pas un animal de foire et personne ne me marquera au fer. »

Un léger silence où ne se faisaient plus entendre que les bruits épars du parc. J'ai peut-être été trop virulent.

_ Désolé... » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Lun 14 Juil - 21:45

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Ouh là, il est loin d'avoir l'air ravi que j'amène le sujet des guildes. J'ai fait une connerie je pense. Ses sourcils froncés, le ton qu'il emploie, c'est à me demander si je n'ai pas par le plus grand des hasards commencé des hostilités envers lui. Après un discours comme celui-là, c'est impossible que je puisse nier qu'il soit franc. Il s'est laissé emporter c'est certain, mais je pense que ces mots proviennent vraiment de sa tête et ne sont pas inventés pour le moment. Je me sens mal. J'aurais du prendre une autre approche. J'aurais du penser la chose sous un autre angle. C'est clairement pas l'avis de tous que d'intégrer une guilde et l'idéal de Kiyomasa est beaucoup plus répandu que ce que j'aurais cru. Autant au niveau des guildes noires que des guildes blanches, son idée est claire: il veut conserver sa liberté d'action.

Un silence s'installe: question de nous faire réfléchir sur ce qui a été dit. Mes mains retrouvent mes avants-bras pour couvrir ce froid qui trame dans l'ambiance. Je fixe la pelouse, je ne me laisse pas déconcentrée par le rire des enfants ou la toux des écureuils-marmottes gourmands. Ils sont probablement en train de s'étouffer avec une toux pareille, mais je ne veux pas faire comme si changer de conversation arrangerait le différend que nous venons d'avoir. Je dois encaisser. Je dois penser à autre chose sans le dire à voix haute. Je ne peux plus continuer sur cette voie. Je dois trouver autre chose qui nous concerne. Les écureuils retrouvent l'oxygène qui leur manquaient et se sauvent vers leur trou maintenant découvert par les gamins.

Il s'excuse. Comment peux-tu d'excuser? Comment peux-tu te blâmer sur ce qui vient de se passer? Je suis celle qui a commencé, celle qui a débuté le différend. Je t'interdis de te sentir coupable pour l'erreur que j'ai faite. Mes yeux quittent le gazon pour se retrouver à croiser les siens, accusateurs d'une excuse non-valable, irrecevable. Mes mains se retrouvent l'une sur l'autre par-dessus l'habit chic que je porte, faisant remonter ma poitrine à mon insu. C'est injuste de voir que tu te sens coupable pour ça, c'est triste de voir que tu t'en mets sur les épaules sans penser à qui a démarré tout ça. Par politesse? Pour éviter que je me sente coupable d'avantage? Trop tard, le mal est fait et il a déjà rongé mon estomac.

« C'est pas ta faute Uriel, c'est la mienne. Je suis celle qui a amené le sujet. Je suis désolée. Jamais j'aurais pu deviné que c'était un sujet délicat pour toi... »

Je baisse les yeux vers le sol vert qui semble attirer un peu trop souvent mon regard dans sa direction. J'ai aussi abordé un sujet délicat en parlant de Cobra. Il faut dire que j'en ai rarement parlé puisque je ne voulais pas embêter les gens avec mes histoires. Je suis tout de même du genre à répondre aux questions quand on m'en pose. Je n'aime pas donner l'impression que je cache des événements dans ma vie surtout si j'ai réussi à passer par-dessus. Je ne sais pas si ça fait cet effet-là à tout le monde, mais quand une personne ne veut pas me parler d'un truc quelconque en disant "C'est personnel", ça me fait plus de mal que de soulagement, ça veut dire que cette personne ne me fait pas entièrement confiance pour m'en parler. Est-ce moi qui fait trop confiance rapidement aux gens? Ou bien est-ce que je m'en fais tellement pour eux que je tiens à les aider à n'importe quel prix? Je secoue la tête ayant enfin une idée de sujet à discuter:

« Dis, ton bras qui a allongé plus tôt, c'était pas une illusion, mais une des particularités de ta magie, je me trompe?»

Il ne faut pas que j'en demande plus. Si je le fais, il croira peut-être que je récolte des informations pour le Conseil à son insu et ça, je ne le veux pas. J'ai tenté une fois de rendre service au Conseil et je me suis fait prendre à mon propre jeu. Il l'a sûrement remarqué et il s'est senti attaqué, alors aussi bien continuer sur la voie d'intérêts personnels et qui sait, je n'attirerai peut-être pas ses fougues à nouveau...
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mar 15 Juil - 0:26

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Uriel Rudraksha

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LES ÉCHARDES DE LA CULPABILITÉ

« SUINTENT LE SANG COMME DES AIGUILLES DANS TON CŒUR »


« L'impression féroce d'avoir cassé quelque chose dans la conversation en s'étant laissé emporté de cette manière se confirme et vient s'insinuer dans les espaces vides entre les mots comme autant de petits malaises. Elle semble gênée, j'espère que je ne l'ai pas vexée étant donné qu'elle était dans une guilde bien avant. Et si ça se trouve, son amant aussi. J'ignore exactement quel genre d'expérience elle a eut avec les guildes, et j'espère n'avoir pas non plus insulté ce qu'elle a vécu. Néanmoins, elle ne semble pas vouloir continuer sur le sujet. J'ai l'impression de lui avoir fait peur, et d'avoir manqué profondément de tact sur l'instant. Est-ce que j'ai été si agressif que ça ?

Les écureuils-marmottes, petits mais bouboules, s'étouffe au loin par excès d'avidité gourmande. L'espace d'un instant, je suis prêt à courir héroïquement vers eux comme les sauveteurs d'Alerte à Malibu pour leur venir en aide et leur faire la manœuvre de Heimlich. Mais je n'ai pas mon short rouge moulant et je suis sûr qu'ils cachent au moins trois jours de bouffe dans ces bajoues rebondies. Heureusement, ils recrachent le morceau incriminés et s'enfuient.

Puis Sybilia semble prendre toute la faute pour elle et change de conversation en me posant des questions sur le tour de passe passe de tout à l'heure. Je reste dubitatif. Comment lui avouer que je pourrais me faire pousser ses propres seins sur ma poitrine, là, en quelques secondes ?

_ Non, non, ce n'est pas un sujet délicat, c'est juste que les gens ici semblent ne pas avoir la même conception de la magie que par chez moi. Ici ils sont libres, ils peuvent la pratiquer comme ils veulent, dans les limites de la légalité bien sûr, mais ils s'en servent pour agir comme des bêtes de foire, alors qu'ailleurs si tu possèdes le don de la magie, on fait de toi un outil de contrôle ou on t'utilise pour renforcer la peur et cet écart entre les privilèges. »

Ça n'a pas été mon cas, heureusement, mais c'est parce que je l'ai caché. Les dieux seuls savent la largeur du sourire carnassier qu'auraient dessiné sur leurs lèvres père et mère s'ils l'avaient su. A coup sûr ils nous auraient fait détourner ce don, à mon frère et moi, pour en faire profiter la richesse de notre nom. Mais pour le reste, rien du tout. C'est aussi pour ça qu'ils ont eu du mal à nous retrouver. Mais cette solitude, évidemment qu'elle pèse.

_ Je te prie de m'excuser si j'ai paru agressif, ce n'était pas mon intention. On peut en parler bien sûr, cela ne me dérange pas. »

Et puis il faut que je réponde sur ma magie. C'est toujours compliqué, surtout ce genre de passe passe. C'est typiquement le truc qu'il faut garder secret sinon ça perd la moitié de sa surprise. Allonger des bouts de corps, en plus, ça ferait vendre n'importe quoi à certains messieurs complexés.

_ Sinon pour la magie, plus ou moins. Disons que c'était un tour de passe passe, mais ce n'est pas très représentatif de ce que je peux faire. Je suis meilleur combattant au sabre qu'à la magie tu sais. »

Mais si elle n'a vu que le bras qui s'allonge, alors c'est qu'elle n'a pas tout vu. Et puis je me remémore les évènements du Palais Royal en pleine mer. j'ignore ce qu'elle sait exactement de comment les choses se sont déroulées, et je pense qu'il serait houleux d'aborder le sujet. Moi-même je préfère ne pas y penser. J'ai attaqué Cody, un type du Conseil également. Bon, repenti, mais quand même. Je choisis alors mes mots avec une attention toute particulière. Je ne veux pas mentir, mais je ne veux pas que le sujet déborde.

_ Dis... L'autre jour, dans le Palais... Il y avait ce type, avec des chaînes. Cody. Pendant le combat, il a dit qu'il ne savait pas si le Conseil allait le laisser en vie une fois sorti d'ici. Est-ce qu'il va bien ? Si tu le connais bien sûr... »

Une façon détournée, surtout, de demander s'il était encore en vie et s'il allait l'être dans le futur.

_ Il a l'air de quelqu'un d'honnête... »

J'évite d'en dire plus. Je ne veux pas dévoiler que j'ai rappelé sa victime pour qu'elle vienne se venger. Ce que j'ai vu et ce dont je me souviens dans cette espèce de flou qui m'avait emporté alors à ce moment là. J'ai comme une certaine douleur à la poitrine. J'ai totalement déconné, instable, et je ne sais même pas si aujourd'hui ça va mieux. Tout ce que je veux, c'est savoir pour ça, mais j'espère qu'elle ne va pas poser de questions. Déjà, j'essaie de soutenir son regard inquisiteur, mais je me sens un peu coupable, bien que si je devais refaire mon choix, il resterait sans doute le même, mais sans lui infliger ce que je lui ai infligé, car j'éprouve encore une haine farouche des souvenirs que j'ai de cet évènement. Mais principalement contre notre équipe et ce meurtre qu'ils ont fait. Disons que je regrette simplement d'avoir usé d'une arme contre Cody, mais pas le reste. »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   

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