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Violette écarlate
 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Ven 8 Aoû - 1:24

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Si seulement... l'avoir croisé n'avait été qu'un rêve? Si seulement le voir se distancer de ma position de cette manière ne me briserait pas le coeur. Si seulement... je l'avais connu plus tôt: j'aurais pu répondre à sa question. Si seulement je pouvais faire la différence entre ces différentes façades, si seulement j'arrivais à le lire de A à Z. Et si seulement je serais restée à Era, je n'aurais pas cette mauvaise impression dans mon ventre. À quelque part, je sens qu'il ne veut pas répondre à cette question. Sait-il seulement qui il est? Si seulement il pouvait me révéler quelques secrets supplémentaires. Si seulement le froid ne s'était pas installé. Si seulement je n'avais pas posé cette question. Si seulement... j'arrêterais de me poser autant de questions, je serais probablement plus heureuse dans ma solitude...

Je soupire. Oui, c'est ça ma réponse. Un soupire, un roulement de yeux au ciel, puis à la pelouse ombragée. Les gouttelettes, le froid ressenti, je change les rôles de mes pieds. Un après l'autre, ils subissent la torture du froid. Je me mords la lèvre pour éviter de râler, je tenais sa main d'une poigne un peu plus forte pour acquérir de la chaleur. Il se dégage doucement, sans brusquer, juste pour me signaler qu'il veut s'éloigner alors je le relâche avec regret. Ma main redevient froide, mon teint pâlit de plus en plus. Le combat amical que nous avons disputé m'a réchauffée pour quelques instants, mais maintenant qu'on ne bouge plus c'est plutôt embêtant. La fatigue s'installe peu à peu. Je secoue la tête pour retrouver un brin d'énergie pour me permettre de marcher jusqu'à la gare.

" Tu as raison. Rentrons. "

Je me retourne vers mes souliers en titubant. Une chance que cet arbre est là pour me soutenir dans mon déséquilibre sinon j'aurais probablement embrassé le sol avec la langue. Je reprends ma marche et m'assieds carrément parterre pour les enfiler. Je m'en fous du froid, j'ai pas envie de perdre l'équilibre et de me péter la gueule dans le nid des écureuils-marmottes. Sandales enfilées, je reviens sur mes pieds pour enfiler correctement l'habit. Je l'attache rapidement en avant. Tant pis s'il n'est pas attaché correctement, c'est juste pour le temps de rentrer... Maintenant qu'on a toutes nos choses, je prends les devants pour nous guider chez la vieille. Heureusement, elle habite tout près alors ça ne devrait pas être bien long. Devant sa porte, je frappe à trois reprises. La dame ouvre avec lenteur: je l'ai probablement réveillée.

" Ooooh! Tu es revenue me rapporter l'habit! "

" Oui m'dame. "

" Oh! Et qui c'est ce jeune homme? Ne me dis pas que cet habit a réussi à séduire un homme de la foule? "

" Ah! Non! C'est un ami! Est-ce que je peux me changer madame? Il fait un froid de canard ici... "

" Bien sûr! Entrez! Entrez! "

La porte s'ouvre un peu plus grand pour nous faire entrer. Je dépose Gangsta' Grizz sur le sofa pour prendre mes vêtements à deux mains et me changer dans la pièce d'à côté. Ah... je me sens déjà mieux avec ce fardeau en moins. J'enfile mon mini-jean, mon décolleté en filet et ma veste avant de remettre le vêtement bien plié à la dame. Enfin prête et un peu plus réveillée, je fais signe à Uriel qu'on peut partir. Notre route nous amène à la gare. Et là, je reste figée devant la pancarte. La bouche ouverte. Les bras échappant presque mon grizzly sur le sol.

" Le prochain train est dans trois heures... Génial... "

Et j'y pense... Auberge ou non? Je réfléchis. Est-ce que ça vaudrait vraiment la peine? Je sers un peu plus ma peluche contre ma poitrine avant d'avoir une odeur de caféine qui m'emplit les narines. Je lui fais face pour lui proposer:

" Tu veux un café? Un thé? "

Sinon tu peux toujours prendre l'option de l'auberge si tu veux... Puis je fais les pas nécessaires pour entrer dans le petit commerce désert. Il est ouvert matin comme nuit, pas de répit pour ces travailleurs, mais c'est surtout pour le bonheur des voyageurs en retard. Je ne sais pas si Uriel viendra ma rejoindre, mais je pense que prendre place à une table ne pourrait pas nous faire de mal. Nous serons au chaud et à la portée du panneau d'affichage qui indique les heures de train. J'assieds mon Gangsta' à ma gauche. Puis, me vient une bulle enfantine:

" Ça ne va pas Monsieur Grizz? Vous voulez un peu de thé, c'est ça? Mais vous ne pouvez pas! Vous êtes tombé dedans quand vous étiez tout petit! C'est pour ça que vous êtes énorme... et douillet. "

Ma main vient caresser le pelage de la bête inanimée. De l'autre, je reprends du poil de la bête en me réchauffant avec ma tasse de thé...
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Sam 9 Aoû - 5:51

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L'ÉCHO D'ARGENT QUI BRUISSE DANS LA NUIT

« TANT QUE TU MANGES PAS MES PROVISIONS... »


« Ainsi nous rentrons, finalement, le Prince Philippe et la Princesse Aurore. Mais pas besoin d'un dragon, cette fois-ci, ni de baiser pour l'éveiller. Suffisent simplement nos névroses pour nous déstabiliser, et ces doutes acides qui rongent le cœur de l'intérieur. L'agitation qui régnait en ville s'est dissipée, il y a encore du monde, mais bien moins, et les échoppes se vident peu à peu. Elles ne vont pas tarder à fermer. Je marche à ses côtés dans ce silence d'argent, dévisageant un à un ces visages que nous croisons, qui passent sans plus d'attention et s'efface aussitôt. Je me demande où elle loge, et le chemin n'est pas très long, tandis que nous finissons par se tenir debout face à la porte d'une demeure. Sybilia toque et, au bout d'un moment, une personne d'un âge certain nous ouvre. J'assiste au bref échange de paroles avant qu'elle ne nous invite à entrer. Je salue notre hôte d'un léger signe de tête, tandis que nous pénétrons en sa demeure. Sybilia dépose gangsta Grizz sur le canapé et nous laisse, le temps de se changer. Je patiente, en compagnie de cette femme que je ne connais pas, avant de lui adresser la parole d'une façon très formelle.

_ Je vous prie de nous pardonner, madame, il est tard, nous avons dû vous réveiller. »

Elle sourit d'un air amical, dans son habit de nuit léger qui lui descend jusqu'aux chevilles, en toute simplicité. Elle reste debout à côté de moi dans le petit salon coquet qu'elle s'est aménagé et me répond d'une voix douce.

_ Oh allons allons, ce n'est rien, jeune homme. Cette jeune femme a sauvé la vie de mes enfants et de mes petits enfants de mages ayant bien peu de considération pour la vie. Elle sera toujours la bienvenue ici, mais c'est gentil de vous inquiéter. Et puis à mon âge, ça me fait plaisir d'aider les jeunes. »

Je reste pensif, un instant, observant les photos de famille encadrées ici et là sur le buffet et accrochées aux murs. On y voit la vieille dame, accompagnée d'autres personnes, quelques années en arrière. Il semblerait que tous ses souvenirs soient là, réunis dans un même lieu.

_ Vous me voyez heureux de le savoir alors. »

Elle affiche un nouveau sourire et Sybilia a fini de se changer, nous rejoignant. Nous souhaitons une bonne nuit à notre bref hôte et quittons les lieux et cette ambiance feutrée et étrange, avant de reprendre la route. Nos pas nous mènent rapidement à la gare et Sybilia se scandalise de l'heure du prochain train. En même temps, il est tard, c'est déjà presque un miracle qu'un train circule à cette heure-ci.

Je réponds alors poliment à son invitation.

_ Non merci. »

Elle s'engouffre dans le commerce et je reste dehors un instant. Je lève les yeux au ciel. Là-haut, quelques nuages passent devant les étoiles et la lune, la masquant à demi. Les yeux plongés dans son éclat d'argent, je sens ce frémissement sauvage qui court le long de ma peau, et mon cœur qui s'emballe légèrement. Je souffle, doucement, comme pour évacuer la pression. Ma volonté reprend le contrôle de mon rythme cardiaque et je détache mes yeux du ciel. Au-dedans, Sybilia discute avec monsieur l'ours avec une tasse de thé. Elle attend probablement que je la rejoigne. De toutes façons, je n'ai pas l'intention de dormir. Pas ce soir, du moins. Je fais quelques pas et pousse le panneau de verre du commerce pour y pénétrer. La lumière ébloui mes yeux un instant dans le contraste soudain et je me dirige vers elle., avant de m'arrêter à sa table, debout.

_ Il est tard. Peut-être serait-il plus judicieux que tu prennes une chambre dans une auberge. »

Évidemment, à cette heure-ci, il ne reste plus grand chose d'ouvert. Pire encore, avec les festivités, il ne reste plus vraiment de places disponibles.

_ La vieille dame m'a dit. Pour sa famille. »

Pas la peine d'en rajouter, l'essence même de la remarque est là.

_ Elle avait l'air heureuse. »

C'est la première chose qui m'est venu à l'esprit lorsque je l'ai aperçue. Malgré qu'elle fut tirée du sommeil, et malgré notre peu de courtoisie.

Il n'y a personne d'autre dans le commerce, seulement nous et un jeune homme qui doit être tout juste majeur et qui tient la boutique, avec l'air de ceux qui se font royalement chier. Je ne saurais pas quoi lui raconter pendant ces trois heures, mais la laisser planter là n'est pas réellement ce qu'il y a de plus cavalier. Surtout pour celle qui m'a délivré du dragon.

_ Tu n'as qu'à prendre la mienne, de chambre d'auberge, si tu veux trouver une place malgré les festivités. »

Un instant de silence. Évidemment, c'est une proposition qui sonne louche, dans un certain sens, mais il n'y a aucune subtilité cachée dans mes propos. J'en sors la petite clef de bronze, et je la pose sur la table devant elle. Et sur mon visage, toujours cet air neutre depuis tout à l'heure, indifférent mais calme.

_ Je n'ai pas vraiment l'intention de dormir, ce soir, donc tu en auras plus l'utilité que moi. » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Ven 15 Aoû - 2:00

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Violette écarlate
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" Et puis en plus, t'es un gros plein de soupe. Tu devrais manger moins de beignets, tu aurais plus fière allure! Et ce miel! Oh! Je t'avais dit de ne pas manger les abeilles aussi! "

Il n'y a pas beaucoup de gens à cette heure-ci qui puisse en mesure de me juger. De temps à autres, il m'arrive de perdre la boule et de me parler à moi-même, et souvent regretter de le faire. Comme à ce moment-là, je prends une pause et je réfléchis à ce que je viens de dire, à ce que je viens de faire... pourquoi? Je suis figée un instant, ressentant ces papillons nauséabonds dans le fond de mon estomac qui s'agitent d'un malaise, d'une peine enfouie tout au fond de moi que je cache si bien dans cette foule nombreuse avec laquelle je marche chaque jour. Je me sens seule, atrocement seule depuis le début des temps. Même avec les autres, il y a toujours cette part de moi qui se sent seule, ça me rend mal. Je caresse les poils maladroitement avant de prendre une gorgée de thé et de soupirer toute la chaleur que je viens d'emmagasiner.

La voix d'Uriel me fait sursauter, raflant un dégât désastreux sur la table et sur mon ours de compagnie. Je me rattrape aussitôt, pour me retourner vers lui et l'écouter jusqu'au bout. Il me propose de me trouver une chambre dans une auberge. Pourquoi? Pourquoi te préoccupes-tu de mon confort nuptial, Uriel? Est-ce une proposition pour te débarrasser de moi sans te sentir coupable? Ce ne serait guère la première fois de toutes manières. Je me contente d'hausser les épaules, ayant en tête que mon thé à boire et rien d'autre de prévu pour la soirée. Puis il relate l'histoire avec la famille de la vieille dame. Ça me fait sourire. D'un geste de la main, je l'invite à s'asseoir en face de moi. Dois-je commenter ce qu'il vient de dire? Ou simplement hausser les épaules? C'est tellement plus facile, mais ce n'est guère l'impression de "je m'en fous" que je veux donner parce que cette famille-là, je ne m'en foutais pas à ce moment-là.

" Je suppose qu'elle a relaté les faits de manière un peu exagérée? C'est pas grave, l'important c'est qu'ils s'en sont tous sortis sains et saufs. Je n'ai rien demandé en échange, mais la vieille dame avait tout son coeur pour me prêter son habit de jeunesse. Je ne pouvais simplement pas refuser ça lui aurait brisé le coeur... et le mien aussi. "

Je ne supporte pas de voir les gens peinés. Je veux les voir sourire et se sentir en sécurité partout où qu'ils aillent. C'est une autre des raisons de mon entrée au Conseil. Quand on se promène avec un badge, les gens ont confiance tout de suite, ils savent qu'ils peuvent compter sur nous. Quand on fait partie d'une guilde, on n'est pas très connu, ils sont réticents et doutent même de nos capacités à accomplir la tâche. Pourtant, nous sommes tous des mages égaux, mais avec un symbole différent qui nous classe dans un groupe ou dans un autre. C'est triste, mais c'est comme cela. Puis viens sa proposition de prendre sa chambre pour la nuit. Hein? J'arque un sourcil, j'ai l'air amusée par sa proposition, mais son expression et son sous-entendu ne vont pas ensemble. Je ne suis pas certaine de comprendre... jusqu'à ce qu'il fasse glisser la clé jusqu'à moi. Ah... Donc il veut vraiment que je prenne sa chambre à moi seule?

" C'est gentil, mais je ne pense pas dormir ce soir non plus. Avec le boulot demain matin, ce sera pire je pense si je dors les quelques heures qu'il me reste à dormir... "

Je refais glisser la clé du bout de l'index jusqu'à lui en souriant. Même si mon corps ne refuserait pas un matelas douillet, je sais que demain sera une journée écrasante si je succombe à Morphée. Je préfère boire le thé que de me laisser emporter la bouche grande ouverte, les deux pieds sur mon bureau à ronfler comme un ours. Puis, curieuse je lui demande:

" Quelque chose te tracasse pour être aussi certain que le sommeil ne t'emportera pas? Parce que passer la nuit debout sans thé ni café, c'est assez exceptionnel dirais-je... "
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mar 19 Aoû - 3:27

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CONCILIABULE

« LES DIEUX SONT DES ÊTRES DE VIE ET DE MORT, HUMAIN, MAIS, SURTOUT, PLUS ENCORE SOMMES NOUS DES ÊTRES FAITS DE CAPRICES »


« La clef glisse contre la table avec un léger raclement dans un refus poli. Peut-être ma proposition était-elle trop osée. Après tout, j'ai beau avoir été son Philippe, je ne la connais pas beaucoup plus que ça jusqu'à présent. Je finis par reprendre la clef et la glisser dans ma poche. Elle a bien du courage pour enchaîner une journée de travail sur une nuit blanche. Cela dit, cette simple notion est un concept en soi pour moi. Après tout, je n'ai jamais eu besoin de travailler, jusqu'à ce que nous partions. Et même à ce moment là l'argent emprunté nous assurait une certaine confiance dans l'avenir. Je me demande ce que ça fait, d'avoir un emploi stable, plutôt que d'aviser au jour le jour. Je la regarde dans les yeux. En même temps, une grande part des revenus de notre famille provient, ou en tout cas provenait, de l'exploitation des humains et de l'esclavage. Ça et plusieurs hectares de vignoble d'un vin fameux, ainsi que quelques intérêts divers et variés ici et là.

Alors elle me demande. Elle me demande
pourquoi. Quelque part, mon esprit se teinte d'une certaine rancœur. Pas grand chose, mais suffisamment de quoi lui reprocher d'avoir lâché ces mots. Mon visage n'en laisse rien paraître, mais c'est comme demander pourquoi j'ai mal. Un instant de silence passe. J'essaie de ne pas être désagréable dans ma réponse, mais c'est un sujet que je n'ai pas réellement envie d'aborder.

_ J'ai passé les six dernières années prisonnier de l'incohérence des rêves. Ce serait mentir que d'affirmer que je n'éprouve aucune angoisse avant de me coucher. »

J'observe son thé. Ce n'est même pas pour éviter son regard, à vrai dire c'est un peu la dernière de mes préoccupations, même si changer de sujet ne serait pas un mal. Je vois alors dans cet entretien une opportunité que je n'aurais pas plus tard. Ou, du moins, encore faudrait-il que je me bouge jusqu'à un représentant du conseil, ce qui ne m'enchante pas particulièrement.

_ Je reviens. »

Ça nous évitera à tous les deux de supporter le vieux blanc qui allait suivre. Je tourne le dos et rebrousse mon chemin de quelques pas. Au comptoir, l'adolescent qui semble un peu attardé et qui s'emmerde sec ne me voit pas approcher. Je jette un coup d’œil sur les produits présentés sur les étalages, feuillette quelques magasines et m'en empare d'un une fois que j'ai trouvé ce qui m'intéresse.
Le Fiore Times. Je fais signe de loin au type qui m'aperçoit du coin de l’œil et lui désigne l'objet, et les joyaux que je pose sur la caisse. Il y a un peu plus, mais la monnaie ne m'intéresse pas. Je reviens alors, prenant une chaise pour m'asseoir. D'un pas tranquille, avec des gestes mesurés, dans un acte en apparence anodin.

Je pose le magasine sur la table et commence à le feuilleter vaguement. Des nouvelles du monde, de la magie, des gens et des communautés. Ici et là, des petites annonces. Un énième article sur les évènements du Palais Royal, du moins ce que la presse a pu en savoir, et le retour des mages de guildes les plus populaires. Je les parcours vaguement.
« Lapin chaud, pour femme de la haute noblesse ». Ben voyons.

_ J'ai toujours eu une vision très caricaturale du Conseil, aussi bien leur administration que leurs soldats. C'est un peu Big Brother à mon sens, parfois. Même si je dois admettre qu'ils sont loin d'égaler certains royaumes d'Earthland. »

Là, je m'arrête de tourner les pages. Une pub pour un véhicule magique, avec trois femmes fort peu vêtues comme argument.
Évidemment. Des annonces, aussi. Je relève la tête vers Sybilia.

_ La police magique qui tape sur les guildes et arrête les méchants pas beaux. J'imagine que tu as dû en entendre de belles. Il paraît que vous récoltez toutes les informations possibles sur les individus faisant preuve de capacités magiques et que vous les faites disparaître dans d'étranges circonstances quand ils sont des potentiels dangereux et peu connus, c'est vrai ? »

Une question assez déplaisante j'imagine. En tout cas, officiellement, ça rejoint les théories du complot et autres oppressions qu'on entend un peu partout. Je lui laisse le temps de s'indigner. A vrai dire, je ne pose pas vraiment cette question pour avoir une réponse, plus pour faire la conversation et avec un certain cynisme. Dans tous les cas, j'évite d'avoir à me confronter au Conseil et tout va pour le mieux.

Je tourne le magasine à l'envers et je le déplace lentement vers Sybilia. Évidemment, tout ceci sert un autre but, et je n'ai aucun désir d'acheter un véhicule magique. Sur la page de droite, il y a une mise en garde officielle du Conseil magique et les affiches et montant des récompenses de chacun des criminels les plus recherchés du pays. D'ailleurs, une certaine rousse y figure, et, à mon grand étonnement, quelqu'un d'autre qui a croisé mon chemin il y a peu. C'est un trouble certain, mais je ne le montre pas.

_ Il paraît que certaines de ces têtes valent des centaines de milliers de joyaux. »

Mon doigt tombe négligemment sur l'une d'entre elle.
Inconnu

_ Histoire de te renvoyer l’ascenseur, on va dire. »

Pour la princesse qui a sauvé le prince. Mais aussi pour satisfaire ce désir viscéral de venger cet imbécile imbu et arrogant qui a pensé pouvoir défier l'essence même de la nature. Pour la
tuer. Une esquisse de sourire sur les lèvres pointe son nez. Des centaines de milliers, et pour elle, peut-être, se faire remarquer comme celle qui a récupéré ces informations.

_ Ça t'intéresse ? » »

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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mer 27 Aoû - 0:39

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Je ne peux pas comprendre et je ne le pourrai jamais. Je n'ai pas été prisonnière pendant six années dans un rêve. Je n'ai pas perdu six années de ma vie dans quelque chose d'irréel, dans le sentiment que tout est normal. Ils ont sûrement vu des choses inexplicables, senti des émotions qui n'ont jamais véritablement existé. C'est comme vivre dans un conte de fée sans jamais passer à l'histoire, sans avoir qui que ce soit pour raconter ce qui s'est passé. Ce qu'il ressent, ce qu'il pense, ça ne regarde que lui spécialement. Je n'ai pas sa difficulté à passer par-dessus l'envie de dormir. Je veux dire par-là que je n'ai aucune crainte à aller me coucher parce que je suis persuadée que je me réveillerai le lendemain et que ce lendemain ne sera pas six ans plus tard.

Puis il me laisse seule avec Gangsta Grizz' et mon thé. J'hoche simplement la tête avant de souffler la vapeur qui est relâchée par mon breuvage et en prendre une bonne gorgée. Je soupire de bonheur parce que c'est toujours un plaisir de sentir son ventre se réchauffer de cette manière. Je fixe mon ours dans les yeux avant de ma rendre compte qu'il a gardé un peu de terre venant du parc à travers son pelage. Je le frotte délicatement en raflant de le faire tomber parterre. Je ne suis pas douée on dirait... Et je souris. Je ne sais pas pourquoi, mais il me fait sourire même s'il est immobile. Grâce à lui, je me souviendrai de ce jour où ce ne sont pas tous les mages qui feront abattre sur les mages du conseil leur envie de se venger, qu'il y a toujours des exceptions et que ce sont ces exceptions qui me donneront envie de persévérer dans ce que je fais.

Mon nouvel ami prend place juste à côté avec un nouvel accessoire en mains. Je ne savais pas qu'il s'intéressait aux magazines... Puis il parle de sa vision caricaturale qu'il porte sur nous. Je ne sais pas dans quel sens il aborde cela, je ne sais pas comment je dois le prendre non plus alors je ne fais que sourire et hocher la tête lentement. Pourquoi dit-il cela? Et il poursuit en me regardant, élaborant son point en pensant qu'on accepte toutes les informations possibles sur les mages recherchés. Mais les faire disparaître? Je ris un peu avant de croiser les bras et de le regarder en souriant pour lui répondre:

« Nous ne sommes pas la mafia quand même! Quand on attrape un individu recherché, c'est diffusé dans les journaux pour informer la population. Son jugement restera cependant bel et bien secret. Ce que les haut-gradés du Conseil font des prisonniers ne regardent qu'eux. Je ne suis pas informée sur le sujet malheureusement. Mais pour ce qui est des informations, nous sommes prêts à payer pour acquérir toutes sortes d'informations sur les criminels. »

Et il poursuit en parlant de la valeur des têtes recherchées. Le magazine est tourné vers moi et poussé avec lenteur sur la table. Des véhicules? c'est pas mal comme idée pour rentrer, sauf qu'il faudrait avoir un permis pour conduire ce genre de chose, non? Sauf que son doigt pointe l'autre côté de la section des annonces. Une tête que je me souviens avoir déjà vue il me semble... Une tête qui a fait de moi une cruche de service, une ignorante de bas de gamme. J'en savais rien à ce moment-là. Si les informations circulent mal je n'y peux simplement rien du tout. Cheveux longs mauves, un regard arrogant, une posture de gamin, mais une envie vorace de tuer tout ce qui bouge. L'homme sans nom qui se surnommait avec un truc que même moi je pensais que c'était une blague à ce moment-là et pourtant, c'était une information à ne pas négliger. Si ça m'intéresse?

« Certainement. Tu as eu la malchance de rencontrer ce gars-là, Uriel? »

Il faut dire que si on tombe sur lui, ce n'est pas nécessairement une bonne nouvelle. Soit on se fait chier avec lui, soit on ramasse derrière lui. Personne n'arrive à nous dire quoi que ce soit à son sujet. Qui est-il? D'où vient-il? Pourquoi fait-il tout cela? Je m'appuie contre la table, prends un air des plus sérieux et le regarde droit dans les yeux. Tu as toute mon attention.

« Raconte-moi tout... mais avant dis-moi quel genre de récompense tu désires que je puisse payer une information que je suppose des plus importantes? »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mer 27 Aoû - 4:07

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VIOLETTE ÉCARLATE

« UN JOUR IL Y AURA UN RETOUR DE BÂTON. PEUT-ÊTRE DEMAIN. PEUT-ÊTRE DANS UN AN OU DIX. MAIS UN JOUR, JE TE BATTRAI À T'EN ROMPRE LES OS. »


« Je ne connaissais pas beaucoup Sybilia. A vrai dire, c'était la première de nos trois "rencontres" que l'on pouvait réellement qualifier ainsi. Les deux autres fois avaient été des concours de circonstances aussi abracadabrantesques que dramatiques, comme le jour où nous nous sommes retrouvés prisonniers des caprices d'un prince trop gâté, à se voir affronter la rousse psychopathe devenue dragon. La seconde, nous n'avions pas réellement eu le temps de faire plus que nous croiser, dans le Palais Mercurius. Je ne peux donc pas vraiment lui associer une étiquette aussi dure que celle du Conseil. Je pense qu'elle est sincère dans ce qu'elle fait. Je n'ai pas relevé ce qu'elle a dit, à propos des jugements secrets et du fait que personne ne sait ce qu'il advient des prisonniers entre les mains du haut conseil. Mais on sait tous que s'il n'y avait rien à cacher, personne ne cacherait rien. Je ne suis pas dupe, et j'ai vu des mes yeux propres une telle justice fonctionner dans la monarchie d'où je viens. Mais quelque part, je suis un peu déçu, je pensais que dans un pays ou le pouvoir et l'organe décisionnel de la magie sont séparés, les choses seraient moins obscures que ça. Le Conseil avait cette allure de bâtiment où, quand un prisonnier y entre, tu ne sais jamais quand il ressortira. S'il ressort un jour. Néanmoins, le haut conseil était l'élément le plus haut. Comparaître devant signifiait que les horreurs faites étaient sans doute sans nom.

Elle avait l'air intéressée. Évidemment, en même temps, le contraire eut été étonnant. J'avais toute son attention et son interrogation quant à savoir ce que je désirais en retour. C'était difficile, comme question, pour un homme qui n'a pas de foyer et qui voyage avec le seul être cher qui compte. L'argent n'avait concrètement pas d'intérêt à mes yeux. Il pouvait être facilement trouvé, partout, légalement ou non, et j'avais vécu, nagé, respiré dedans jusqu'à n'en plus pouvoir supporter le goût ou l'odeur durant mon enfance et mon adolescence. Je ne pouvais évidemment rien demander d'illégal à un membre du conseil, je n'étais pas assez imbécile pour ça, et à vrai dire, je n'étais pas si cupide que ça. J'aurais tout aussi bien pu lui lâcher ces informations contre rien, parce que c'était Sybilia et que je lui devais bien ça. Néanmoins, j'avais certains interrogations, et on ne se fait pas violer pendant six années sans en garder une rancœur certaine.

_ En effet, je l'ai rencontré. »

Il n'y avait aucune information sur ce type sur l'avis de recherche, et la somme promise pour sa capture était plutôt carrément élevée. J'aurais pu obtenir un bon prix, même pour "juste" des informations partielles.

_ Il y a moins d'une semaine. »

La confrontation était encore toute récente, et ma haine et révolte contre ce type encore tenaces.

_ Je peux te dire son nom et son prénom, te décrire la magie qu'il utilise, t'en donner un portrait, te dire le nombre exact de ses victimes au moment où je l'ai vu. »

Oui, le nombre exact. Au moment de lancer la technique de mort, j'ai su le nombre exact. A couper le souffle.

_ Je peux te donner sa dernière localisation, les traits de personnalité que j'ai aperçu dans son âme, la névrose qui est sa faiblesse et l'origine de son mal. »

J'hésite, alors, à aller trop loin dans mes révélations. Si elle refuse de me donner ce que je demande, est-ce qu'elle irait me dénoncer pour me forcer à donner ces informations ?

_ Je peux te donner l'arme qui a servi à la plupart de ses crimes, encore tachée de son propre sang. »

Et les dieux seuls savaient ce qu'une organisation comme le Conseil pouvait bien faire avec du sang de criminel pour le retrouver.

_ L'argent ne m'intéresse pas, Sybilia. Je veux que ce type tombe et paie chacun des crimes qu'il a commis en souffrant cent fois le désespoir qu'il a semé. Néanmoins, je veux deux choses en échange. La première, c'est ta parole quant à l'anonymat de cette déposition. Tu seras la seule à savoir de qui viennent ces informations. »

Je ne parle pas très fort, afin de ne pas attirer l'attention. Je sais qu'il n'y a personne à cette heure-ci, mais l'expérience m'a appris par la force des choses que prudence est mère de sureté.

Est-ce qu'on pouvait dire que j'avais un certain désir de vengeance ? C'est ce que je ressentais en ce moment même. C'était léger, mais présent. Sourd, comme une colère froide. Mais je n'aurais su dire, alors, d'où elle venait. De Yoite, ou bien d'
eux.

_ La seconde, je veux le rapport complet du déroulement des évènements et les témoignages de ce qui a eu lieu au Palais Mercurius avec Ajatar Virke. Je veux savoir tout ce que le Conseil sait sur ces gens. » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mer 22 Oct - 2:04

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Tu l'as rencontré? Il y a moins d'une semaine? Tu connais... tant de choses sur lui, tellement de choses que j'en ai les yeux écarquillés, que je ne tiens plus en place sur ma chaise. Où noter toutes ces informations? Comment m'assurer que ses dires sont authentiques? Tu mens? Ces yeux-là ne mentent pas. Ces yeux-là en savent beaucoup plus que moi. Il est intelligent. Il sait, il veut quelque chose aussi. Il tient à garder cet échange d'informations secret. Mon gars, t'as choisi la bonne personne pour ça c'est certain. Je me rassieds confortablement au fond de mon siège, replace Gangsta Grizz en frottant un peu son pelage, appuie mes coudes contre la table et avance le haut de mon corps vers Uriel, appuyant presque ma poitrine sur la table sans m'en rendre compte.

« Tu as ma parole que j'oublierai ton nom et ton visage en sortant d'ici... jusqu'à ce que nos routes se croisent à nouveau. Je peux t'informer de ce que nous savons sur Ajatar... et te tenir à jour aussi si tu le désires. »

J'avale d'un trait ce qui reste de ma tasse en grimaçant du fond corsé du thé. J'humecte mes lèvres avant de reprendre ma position de fille sérieuse, d'informatrice improvisée. Dois-je l'informer d'abord? Dois-je le laisser parler pour m'assurer qu'il ne dit pas de conneries? Dois-je vérifier les informations avant de révéler quoi que ce soit? Je m'en mords la lèvre inférieure. Je ne sais pas quoi faire. Normalement, ce n'est pas moi qui s'occupe de ce genre de marché. Je n'ai rien à perdre. De toutes manières, mis à part les quelques détails supplémentaires exclusifs, nous n'avons rien dans nos documents qui s'avère confidentiel. Je peux ouvrir la bouche, je peux parler, mais je bloque. En décroisant et en recroisant mes jambes, j'ai frôlé les siennes. Je n'ai pas fait exprès je le jure. Je fais comme si rien ne s'était passé. Et je chuchote ma part du marché:

« On suppose qu'il est dirigé par un homme qui se fait appelé Blood di Asura. Mis à part que ses membres sont des enfants perdus qui tentent de se trouver une appartenance avec le mal, on n'en sait que peu. On a quelques croquis des membres dans nos archives, quelques observations des mages qui les ont combattus, mais aucune façon de les retrouver j'ai bien peur... »

Je me tiens prête. J'attends sa part du marché. J'attends les infos, j'attends l'arme. Je me tiens prête. Au cas où il voudrait fuir, au cas où il voudrait me trahir, au cas où au fond, je ne suis qu'un instrument avec lequel il peut se servir à sa guise. Sauf qu'il n'a pas compris que je suis humaine, une mage, un membre du Conseil qui réussira à le retrouver coûte que coûte. J'ai tout ce qu'il me faut à son sujet. Il ne pourra pas m'échapper.

« Et cette Mort Noire est-elle aussi noire qu'elle le prétend? »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Sam 10 Jan - 11:47

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« A TROP FRÉQUENTER LES ATROCITÉS DES AUTRES, EST-CE QU'ON NE DEVIENT PAS UN PEU MONSTRE SOIT-MÊME ? »


« Je vois dans son regard, ses yeux, son geste, cet intérêt soudainement suscité. J'y pense depuis quelques jours, à me servir de ces informations comme d'une arme, laisser couler ces secrets entraperçus dans la noirceur d'une âme brisée jusqu'aux oreilles indiscrètes du Conseil. Mais qui aller voir, en qui avoir la certitude de pouvoir confier ces informations sans se faire remarquer ? Et là, Sybilia devant moi, comme le croisement de deux êtres sur les chemins du destin. J'ai son attention, et je scrute son regard pour y discerner les silhouettes des formes indiscernables de ses pensées. Si je lui dis tout maintenant, quelle garantie ai-je qu'elle va respecter sa part du contrat ? Me confier les vraies informations ? La question est à double sens, mais la réponse moins, quand on considère que je suis un et qu'elle est une institution. Mais là encore, une question, longtemps à demeuré : que demander en échange ? L'argent est universel et sûr, mais c'est avoir peu d'ambition que d'en réclamer.

Je n'ai rien, si ce n'est sa parole, alors soit, faisons confiance à la force des mots. Elle propose même de me tenir au courant des avancées, c'est là une opportunité inespérée.

_ Ça me va. »

J'entends le nom de Blood di Asuna, vaguement, j'essaie de me souvenir de la résonance de ces mots dans mon passé, mais comment retrouver une identité dans le fracas de six années d'échos de guerre et du fracas des batailles ? Je note l'information, j'y reviendrais plus tard. J'écoute la suite de ce qu'elle me raconte, des enfants perdus qui tentent de se trouver une affiliation avec le mal ? Dit comme ça, cela sonne comme les caprices de mômes pourris gâtés. Je fronce légèrement les sourcils, il y a un détail, aussi, que je n'ai pas dévoilé. Lui, l'enfant des bois, dont la chair mute pour devenir animal, lui, qui faisait partie de la guilde aux ailes bleues. Lui,
Damaz. Le souvenir de la vision de son tatouage d'Ajatar sur la nuque me revient en mémoire. L'espace d'un instant, je me dis que si le Conseil regardait dans ma tête, il aurait de quoi se poser des questions sur mes fréquentations, entre la Mort Noire, Damaz, Tyndra...

_ On connaît des choses sur ce Blood di Asuna ? Sur le but de cette guilde ? Sur le nombre de ses membres ? Qu'est-ce que tu entends par des enfants perdus ? Ça fait longtemps qu'elle existe ? Et... Comment vous nous avez retrouvés ? »

Si elle respecte sa part du contrat, il saura tout ça, peut-être plus encore. Il ignore totalement quelles sont les ressources du Conseil sur ce point mais en six années, je me dis qu'ils ont bien dû trouver des trucs ?

_ Autrement, pour ce type, qui se fait appeler la Mort Noire, je l'ai rencontré par hasard avec mon frère, il y a sept jours très exactement, en pleine nuit aux alentours du chemin Est de la forêt de LanthaKô. Nous nous sommes affrontés, à deux contre un, après qu'il ait tenté de nous attaquer mortellement. Il s'est présenté à nous sous le pseudo Aishō, et il semblerait qu'il était là pour tuer ce qu'il appelait la démone de la forêt, une créature qui rôderait dans les bois. J'ignore pourquoi. »

Un instant de silence, pour rassembler mes idées et reprendre mon souffle. Il y a beaucoup à dire sur cet être, mais aussi beaucoup de choses qui semblent vides de sens.

_ Il utilise une magie... Létale à courte portée. Il est quasiment inoffensif à moyenne ou longue, voire même vulnérable mais il compense par une capacité de mouvement accrue grâce à deux ailes noires qui peuvent pousser dans son dos pour le faire voler. L'empêcher de se déplacer, c'est lui infliger un handicap profond. Je ne sais pas quelle est exactement la nature de sa magie, mais il peut rendre ces ailes tranchantes et très résistantes. Il peut s'y réfugier pour s'en faire un bouclier, projeter des plumes tranchantes comme des dagues, ou encore faire apparaître quatre sabres noirs qu'il manie en même temps. Ça ne semble pas être du rééquipement, mais plus un dérivé de son pouvoir. Il manie en parallèle un autre sabre, celui qu'il a utilisé pour la large majorité de ses crimes. »

Des images du combat d'avec Yoite me reviennent, et c'est à peu près toutes les techniques qu'il a utilisé, en réalité.

_ Ses capacités semblent purement physiques, dans le sens où il n'a fait montre d'aucune capacité de manipulation psychique, énergétique ou de contrôle de la matière. Ni invocation d'esprits, ni artefact, ni rééquipement, ni take over. A partir du moment où on peut se protéger physiquement des projectiles qu'il envoie, il semble incapable d'exercer le moindre dommage. »

J'ignore, à un contre en en terrain neutre quelles auraient été les résultats d'un combat, mais dans tous les cas, il a très mal choisi l'endroit, le moment, et les personnes à attaquer. Sans compter qu'il voulait tuer l'âme e la forêt. Foutu con.

_ Ses aptitudes martiales sont bonnes, sans être exceptionnelles. Il prend néanmoins l'avantage grâce au maniement simultané de son sabre principal et des quatre autres, qui ne sont peut-être que des plumes géantes. »

Quand on y repense, au final, sa magie est totalement ridicule.

_ Sa véritable identité est Yoite Kyumizu. Il y a une semaine, je peux affirmer avec l'absolue certitude qu'il était responsable du massacre de 197 personnes très exactement. Ni une de plus, ni une de moins. »

L'évocation seule de ce chiffre suffit à mettre en panique absolument n'importe quelle autorité. A ce niveau là, il ne s'agit même plus d'un meurtrier en série, mais d'un homme qui massacre, sans aucune autre forme de procès.

_ Du point de vue de son mental... »

L'espace d'un instant, cette phrase me semble stupide. Totalement. La conclusion est claire et nette.

_ C'est un crétin amateur et arrogant, inconscient de ses actes et de ses paroles, un débile profond qui pète plus haut que son cul et qui ne se prend pas pour la dernière des merdes. »

Cette phrase avait été prononcée avec un certaine... Virulence, comparée à l'analyse posée des détails précédents.

_ D'une manière plus objective... C'est un individu sans courage, lâche, qui préfère s'attaquer à plus faible que soit ou en position de faiblesse et qui ne connaît pas la définition du mot loyal. Il possède une arrogance véritablement sans bornes, et c'est ce qui a failli le conduire à sa perte. Il semble très facile de l'amener là où on veut en jouant là-dessus. Il semble atteint de graves troubles mentaux, dans la mesure où il se prend littéralement pour un envoyé de la Mort elle-même, d'où son surnom. Néanmoins, j'affirme avec certitude qu'il ne possède strictement aucun lien avec une quelconque entité funeste ou assimilé. C'est de la pure mégalomanie, mais il semble y croire réellement. Je ne pense pas qu'il soit sain d'esprit pour avoir causé tant de pertes, je veux dire, au sens lucide du terme. Surtout pas avec ce que j'ai lu dans... Cette chose racornie qui lui sert d'âme. C'est un point important car c'est la seule chose qui semble avoir de l'autorité sur lui : la Mort au sens entité supérieure et toute puissante. Ça et sa mère qu'il a lui même tuée de ses propres mains, avec son propre sabre. Ç'a été sa toute première victime, suivie ensuite par son père. La mort de ses parents, en tout cas celle de sa mère, semble être le point d'origine de toutes ses névroses, de son comportement, la faille dans sa carapace. Cela dit, c'est un individu exceptionnellement stupide. À un point où j'ai quand même réussi à le convaincre de se transpercer lui-même avec son arme, dans un sacrifice à la Mort qu'il vénère pour pouvoir obtenir d'elle la résurrection de sa mère. Je peux te fournir une représentation visuelle de celle-ci, c'est je crois la plus grande arme qui existe contre lui. Utilise ça et n'importe quel magie permettant de faire croire à un avatar de la faucheuse et il fera pratiquement tout ce que tu lui dis. Mais prends garde, cet homme n'a absolument aucune considération pour rien. Ne lui laisse pas une seule chance, même de commettre la pire des ignominies. Il est du genre à massacrer gratuitement les foules pour sauver sa peau. Et sans aucun remord. Et même à demi mort, il niera en bloc être en position de faiblesse et n'avouera jamais sa défaite. »

Quelque part, c'était dérageant d'avoir vu tout ça dans son âme, quand j'avais regardé en Yoite. À vrai dire, il m'avait fallu plusieurs jours pour mettre des mots sur l'amas d'émotions, de ressenti et d'horreurs que j'avais entraperçu. Cet individu avait les mains tellement pleines de sang qu'il était comme un phare pour mon œil des âmes. La seule chose qui me dérangeait un peu, c'était si Sybilia me demandait comment je savais tout ça. J'étais réticent à parler de l'âme de la forêt de LanthaKô, l'esprit de mon frère, et garder secret l'endroit de son sanctuaire était la seule chose à faire, alors j'avais conservé la dénomination de « démon », telle que l'avait décrite Yoite.

_ Je crois que c'est à peu près tout. »

En réalité, j'oubliais une chose, sciemment : l'arme du crime maudite tâchée de son propre sang. Mais j'attendais de voir ce qu'elle allait dire pour le moment.

_ Est-ce que tu as des questions ? Tu veux peut-être que je t'écrives tout ça ? » »

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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mar 13 Jan - 1:27

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

J'ai eu peur que le marché ne tienne pas. J'ai eu peur que ce que j'ai à lui offrir ne soit pas suffisant... mais ma parole semble lui suffire. Tant mieux parce que je ne sais pas comment j'aurais pu garder sa couverture en demandant au Conseil ouvertement ce qu'on peut offrir à un informateur en échange d'informations... Je lui réponds en souriant. Ma seule crainte de ces infos, c'est que tout ce qu'il me dit s'avère faux. Mis à part l'anonymat, je n'ai rien de vraiment précieux à livrer pour me défendre si tout est mensonges. Mais à quoi cela l'intéresserait de me mentir? Et pourquoi à moi? Je veux dire, je l'ai sauvé à deux reprises, mis à part me faire chier, il n'y aurait rien de positif que de se mettre à dos à moi. Il n'y a qu'une chose à faire à ce moment-là, c'est de lui faire confiance.

Tenant la patte de Gangsta Grizz comme un amant, les oreilles tournées vers Uriel, un sourire fatigué au coin des lèvres, j'écoute. D'abord, il veut d'autres informations concernant Ajatar Virke. Aurais-je ce que je convoite en retour? Les questions fusent les unes après les autres. Je tente de les retenir du mieux que je peux pour enchaîner avec une réponse concise sur chacune de ses interrogations. Savons-nous vraiment quelque chose de suffisant sur Ajatar Virke? Je veux dire, sommes-nous aptes à contrer cette menace? Ou sommes-nous sous-informés de la situation? Qu'est-ce qu'il cherche à retenir de ces informations après? tentera-t-il de se venger? Je ravale ma salive pour mieux articuler. Je prends mon souffle et réponds:

« On n'a pas vu Blood di Asura, personne ne l'a vu. On en a entendu des échos sans être en mesure de déterminer de quoi il est vraiment capable. Ils sont 5 ou peut-être 6 membres, ou plus. Qui sait s'ils sont en train de recruter? Nous en avons vu 6 de certain dont un qui soit mort lors de votre sauvetage. On entend enfants perdus parce que ce sont tous des gens qui ont eu une enfance difficile, du moins c'est ce que l'on suppose. Orphelins, sans parents pour leur dire la voie à suivre ni pour les élever dans le monde où l'on vit. C'est triste, mais c'est leur façon de montrer au monde que des orphelins sont capables de se débrouiller d'une manière pas nécessairement acceptable... Je ne sais pas si tu le connais, mais il y a un ancien mage de Blue Pegasus qui les a rejoints. Damaz Elandez, tu connais? »

Je prends une pause avec ma question. Ça me permet de respirer un peu et de boire ma boisson chaude qui m'appelle de ses vapeurs délicieuses. Je me souviens du début du sauvetage où je me suis retrouvée seule avec Damaz dans un couloir sombre. Nous étions obligés de coopérer. Je savais pour sa liaison avec Kiyomasa, mais je n'ai rien dit. J'ai joué l'allure diplomate qui est là juste pour sauver ses amis et tout le reste. Il a accepté, mais il a échappé à ma vigilance pendant le combat et c'est probablement là qu'il a croisé un membre et qu'il a été tenté de tomber vers le côté obscur. Dommage qu'un mec aussi beau décide de sombrer, il avait bien sa place avec les autres Pégases...

« La guilde existe depuis au moins 6 ans c'est certain. Combien plus? Je ne saurais te dire. Il faudrait qu'on interroge l'un d'entre eux pour plus d'informations. C'est bien par pur hasard qu'on a découvert le palais au milieu de l'océan. Un navire est entré en collision avec la côte, ils ont appelé les mages disponibles en renfort et... tu connais le reste de l'histoire je pense! »

J'arbore un sourire malaisé. J'essaie d'être rassurante, mais il n'a certainement pas eu une bonne expérience dans le palais et c'est comprenable. Je ne pousse pas le bouchon, je ne fais pas de sous-entendu, j'essaie juste de faire en sorte qu'il ne se sente pas plus confus qu'il ne l'est déjà. Je suis moi-même confuse sur le sujet. J'hésite entre "on ne nous en révèle pas plus que cela" ou bien "on n'en sait pas plus que ça". Je soupire, déçue du peu d'information que j'ai à lui offrir. Peut-être voudra-t-il connaître l'identité de ces gens qu'on connait? Ça je pourrai lui dire, mais pour le reste, je ne peux pas forcer et mentir, juste espérer qu'il ne me traite pas d'incompétente ou d'ignorante...

Sa part du contrat vient naturellement sans que j'aie à lui demander quoi que ce soit. C'est par pur hasard qu'il l'a rencontré en compagnie de son frère. Son frère... Altiel...? C'est bien lui que j'ai rencontré dans le désert? Je veux dire... c'est nécessairement lui vu que les deux se ressemblent comme deux gouttes d'eau... Le "démon de la forêt" me fait arquer un sourcil. Ah oui vraiment? Ce gars-là pense que les démons vivent dans la forêt? J'ai envie de me frapper le front de ma paume de main par découragement devant tant d'ignorance de la part de Aishô. Déjà pour moi, il ne montre rien de prometteur. Pas l'attrait d'un leader, juste d'un trou du cul qui se balade avec une lame bien aiguisée.

Uriel réfléchit, comme s'il essaie de se remémorer de chaque détail de sa rencontre avec la Mort Noire. Il ouvre la bouche et me révèle les secrets de sa magie, ses techniques de combat et... d'une lame quelconque qu'il utilise pour tuer. Généralement, les mages assassins utilisent leur propre magie pour tuer, mais lui semble utiliser sa magie juste pour se défendre contre ses ravisseurs. Un sabre pour trancher des gorges alors qu'il pourrait le faire avec ses plumes tranchantes... Sûrement juste pour blesser ou jouer avec ses adversaires... De la manière dont il parle des projectiles me parait tout à fait ridicule... Et il réussit à commettre autant de crimes même avec un pathétisme aussi profond? Je secoue la tête de découragement et pousse un soupir en me demandant comment il a pu se rendre là...

Yoite Kyumizu pour un total de 197 meurtres. Ton identité m'est enfin révélée, tes crimes sont enregistrés au fond de mon crâne et bientôt, ton histoire sera racontée aux plus hauts-gradés et on te traquera sans cesse jusqu'à ce que tu crèves comme un sale chien. J'hésite entre écarquiller les yeux de surprise ou froncer les sourcils. Personne avec une carrure aussi frêle que la sienne ne peut arriver à un tel chiffre sans avoir frotter sa lame à la gorge de femmes et enfants. Ce gars-là va avoir une sacrée peine d'emprisonnement et son cas, s'il ne choisit pas la peine de mort, est une cause perdue. Il n'obtiendra jamais la liberté. Jamais. Quand Uriel me parle de son mental, je craque, je ris aux éclats, raflant de renverser mon thé sur la table. J'aime ta franchise, j'aime comment tu parles, dis-m'en plus!

« Désolée! C'est juste que... ce genre d'expressions je les adore un peu trop... »

Je me ressaisis de sa presque blague de pet et de merde. J'efface mon sourire graduellement et reprends ma position d'écoute attentive à son égard. Son explication sur tout le reste remplit bien les conditions du "pète plus haut que son cul". Ainsi donc, ce gars est presque inoffensif, beaucoup trop naïf sur tous les plans et se laisse berner par quelque chose qui n'existe pas. S'il avait vraiment un contact avec la mort, il se serait rendu compte que chaque individu a un temps alloué où il doit mourir. Si la mort devient trop gourmande, ce serait que de briser cette sorte de contrat avec Mère Nature. D'abord de croire à un démon de la forêt puis à la mort, je pousse un long et profond soupire. Ça m'exaspère que de voir qu'il prend autant de crédit en tuant plus faibles que lui. Il n'y a rien d'honorable en tuant un enfant sans défense ni en tuant ses parents.

« Je sais que ça devait pas être un démon dans la forêt, c'était quoi exactement? Une nymphe? Un ent? Un simple esprit? Je sais que ça n'a pas rapport, mais je suis curieuse de ce côté... »

C'est clair que j'ai des questions. C'est certain que j'ai des choses qui me trottent dans la tête et que je veux lui demander... D'abord, pourquoi un être aussi stupide et con peut-il être encore en vie aujourd'hui?

« Est-ce que son épée avait quelque chose de spécial? Je veux dire, s'il n'utilise pas sa magie comme n'importe quel mage assassin pour tuer, c'est qu'elle doit avoir quelque chose de particulier, non? À moins qu'il soit stupide au point de croire qu'il n'y ait que la lame d'une épée qui soit en mesure de tuer? »

Je me retiens de rire, c'est fou comme ça me fait sauter les tripes cette discussion sur un des mages les plus recherchés du pays...

« Et toutes ces informations à son sujet... Tu lui as seulement demandé et il t'a répondu? Dans le fond... de la même manière que tu lui a demandé de se transpercer, c'est ça? »

Plus j'y pense, plus je me demande si ce n'était pas une tentative d'Uriel et de son frère que de tuer le criminel...

« Et le faire se transpercer lui-même, c'était juste un test pour voir jusqu'où sa stupidité s'étendait... n'est-ce pas? »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Lun 26 Jan - 17:41

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« L'IGNOMINIE INSCRITE AU FER ROUGE À MÊME SON ÂME. LA MORT ELLE-MÊME N'EN A PAS VOULU »


« Par pur hasard. Les mots sont durs alors que je me dis que nous aurions pu rester prisonnier de cette mascarade des années durant, peut-être encore bien plus. Il s'en passe, des choses, en six années. Suffisamment pour laisser l'impression d'être devenu un étranger dans un monde que déjà avant tu ne reconnaissais pas. Je me pose toujours des questions sur cet acte. Qu'est-ce qu'ils vont faire, de la magie accumulée ? Au fond, je sais que je m'en fous un peu, de leurs délires. Ce sont leurs emmerdes et les emmerdes du royaume de Fiore. Mais je ne peux m'empêcher de frissonner et de me demander si je n'aurais pas simplement perdu la raison, à y rester plus longtemps. Une autre question reste en suspens, pourquoi avoir choisi de contre attaquer une fois les prisonniers libérés ? Certes il y avait la nécessité de mettre aux fers ces gens là, mais y envoyer les blessés, c'était tout sauf à faire.

_ Non, je ne connais pas ce Damaz Elandez. »

Les mots sont dit avec un morne attentif, quand elle lui pose la question. C'était un mensonge, bien sûr. Un mensonge qui date d'il y a trois jours. Mais cet homme n'avait absolument rien à voir avec le gabarit de l'autre, ce Yoite Kyumizu, et au vu de son affinité avec la nature et de ce qu'il s'était passé ce soir là, donner son signalement au Conseil, ça sonnerait comme une trahison, ni plus, ni moins.

Je ne m'attendais pas à ce que Sybilia rigole, peut-être est-ce le contraste entre le sérieux extrême de la discussion et mes mots qui a provoqué ça, mais dans tous les cas, ça reste un bon résumé du portrait de ce Kyumizu. Et puis elle pose une question sur le démon de la forêt. Ce n'est pas un de mes esprits, mais c'est tout comme, et il est lié à mon frère. La forêt de LanthâKo est l'endroit du Sanctuaire de Syla, et si ça avait été un autre lieu que celui-ci, j'aurais peut-être pu lui répondre, mais je ne prends pas ce risque. Les humains restent des humains, et je n'ai pas assez de confiance en Sybilia pour lui parler de ça, au même titre que je ne parlerais pas de mes propres compagnons.

_ Je ne sais pas vraiment pour la chose dans la forêt. Je ne pense pas que c'était un démon. Une grosse bête sauvage peut-être. Les gens affabulent très vite, et quand tu n'as pas de magie pour te protéger sur les routes, la nature devient très vite une source d'hostilité dans l'imaginaire commun. ce Kyumizu est mentalement déficient, ça ne m'étonnerait même pas qu'il court après toutes les rumeurs du genre. »

Elle veut des détails sur son épée, aussi. En effet, elle a quelque chose de remarquable. D'exceptionnelle, même, dans sa rareté, et si elle n'avait été le siège de tant de souffrance, je ne me serais pas gêné pour la garder, au même titre qu'aujourd'hui je ne souhaite pas conserver tant de sang d'innocent et préfère donner cette arme au Conseil.

_ Il n'a pas besoin de son épée pour tuer ou massacrer, c'est vrai. Cela dit, elle a en effet quelque chose d'unique. »

J'évite de regarder ladite épée, qui se trouve posée contre la chaise avec la mienne, juste sous le nez de Sybilia, emmaillotée dans des bandes d'un tissu entre le blanc et le gris. Ça serait manquer profondément de subtilité.

_ Elle est faite de maginium pur. »

Le prix d'une telle chose doit bien atteindre les cinq chiffres, ne serait-ce que pour trouver quelqu'un ayant les connaissances et l'expérience nécessaires à la forge d'un tel matériau.

J'ai volontairement laissé le dernier sujet pour la fin, même s'il suffit d'y répondre dans l'ordre pour ça, car la chose semble un peu plus délicate néanmoins. Cela dit, je peux répondre avec franchise sans crainte, c'est un criminel dont la tête est mise à prix, et même sans ça, c'était de la défense pure et dure. Au début du moins.

_ Je vais le dire clairement, si c'est la question que tu te poses. S'il a entamé les hostilités, une fois que je me suis rendu compte d'à quoi j'avais à faire, mes actes n'avaient aucun autre but que de mettre un terme à sa vie. Je l'ai trompé pour qu'il s'autodétruise lui-même, il n'a même pas cherché à comprendre. Il s'est enfui en volant, et même s'il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué, si je devais faire un pronostic, je le déclarerais actuellement mort. Il a un trou de quinze centimètres d'un bout à l'autre du ventre, et vu le sang qu'il perdait, j'ai peu d'espoir sur sa survie. Je n'ai pas l'habitude de souhaiter la mort des gens, Sybilia, mais c'est peut-être l'être le plus abject que j'ai jamais rencontré, et si je le recroise, je sais ce que je ferai. De toutes façons j'imagine qu'on le saura très vite, s'il est encore vivant ou non, vu sa discrétion habituelle. »

Je ne sais pas comment elle va le prendre, mais j'ai peu de craintes quant à ce qu'elle réagisse mal. Ce n'est pas précisé sur les affiches de recherche, mais au vu de l'individu, il me paraît clair et net que la mention « mort ou vif » est sous entendue.

_ Pour le reste, il parle beaucoup trop. Il aime s'étaler et étaler son orgueil. Et ce qu'il ne m'a pas dit, je l'ai lu directement en lui, magiquement. Ce n'est pas une interprétation de ma part, c'est vraiment ce qui est écrit en lui. » »

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