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Violette écarlate
 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mar 15 Juil - 3:00

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Il s'explique en tentant de faire passer le blâme à nul autre que personne. Ni lui ni moi ne serions la cause de son excès de colère temporaire. Notre façon de vivre par contre est à blâmer. Ailleurs, c'est pour régner, ici c'est pour se montrer. Chez moi, on utilisait la magie pour chasser et se défendre des tributs hostiles. Nous n'aimions pas nous montrer en public en train de l'utiliser de peur de mettre des vies en danger ou qu'ils découvrent ce dont nous sommes capables pour exploiter nos faiblesses. Malgré tout, notre village a tout de même été décimé par des bêtes sauvages affamées qui réclamaient une part de territoire dans la forêt. Nous avons été malchanceux et je me soupçonne d'être la seule à y avoir survécu. "Cours et ne te retourne sous aucun prétexte" m'a dit mon père. Ça a été difficile puisque j'étais jeune dans le temps et que j'avais besoin de lui pour terminer mon apprentissage. Je me suis débrouillée avec ce qu'on m'a apprise et tourné la situation à ma manière en appliquant une touche personnelle.

Et il s'excuse à nouveau d'avoir paru agressif envers moi sur une discussion que je pense avoir poussé trop loin. Puis, il semble insister sur le fait que nous pouvons continuer de parler. Est-ce une bonne idée? Je veux dire, même s'il dit le contraire parler des guildes semble lui tenir à coeur. Peut-être qu'on peut en parler mais en tournant la situation dans l'autre sens. Plutôt que de le convaincre, tenter de comprendre sa solitude serait peut-être une meilleure solution. D'ailleurs, sa façon de voir les choses me rappelle Kiyomasa. Cet homme a crée son propre groupe pour justement défaire le lien direct qui unie les guildes et le Conseil. Pour la liberté il s'est battu, mais pour sa sécurité, je me suis imposée au moment crucial il y a six ans. Je suis contente de constater que l'homme m'a écoutée et a rebroussé chemin pour sauver sa peau et celle de ses amis. Je pense qu'en aidant le Conseil contre Black Jack, sa situation aux yeux du Conseil a changé, du moins je l'espère...

« Tu sais, il y a un homme que j'admire énormément qui a une façon de penser un peu comme la tienne: Bêtes de foire, esclaves du Conseil. C'était particulier la première fois, mais avec le temps j'ai compris ce qu'il voulait dire et au final, j'étais d'accord. C'est vrai qu'il y a une meilleure façon que de s'appeler guilde pour avoir des potes. On dit que les idéaux semblables rassemblent les plus grandes personnes. Et lui, c'était un des plus grands que je connaisse. »

Oui, même plus grand que toi Papa. Lui, il a fait parlé de lui à travers Earthland pour ses idées. Lui, il a rassemblé des mages, des amis et pour la liberté de tous les mages, il s'est battu, il a saigné et il a craint pour sa vie. Même s'il a échoué au final, il reste un héros. Et c'est lorsqu'il parle de sabre que je vois l'immense lame rouge qu'il a utilisé pour nous aider à mettre la main sur Jack et son groupe. Et mes yeux fixent cette lame qui suit Uriel partout où il va. Elle m'a l'air précieuse, richement ornée, probablement chère à ses yeux. Je souris pour moi-même, comme pour mes souvenirs. Nostalgie qui me fait du bien même si c'était violent, même s'il m'a fait violence dans mon appartement. Je lui ai pardonné. L'oiseau était complètement perdu et de toute son âme il voulait la retrouver elle: Enya Taylor. Dans ses yeux, je pouvais lire qu'il faisait plus que s'en faire pour elle. Pour quelqu'un qu'on aime, on est prêt à tout, même à mourir.

Puis Uriel me parle de Cody. Il s'en fait pour lui. Ah si, je me souviens: il était dans le même groupe que lui au Palais. Je lui souris pour le rassurer. C'est vrai ça, où il est passé celui-là? Les rumeurs courent, mais les rumeurs sont bonnes. C'est étrange comment on peut douter de la vérité qui passe entre les murs au Conseil. Tant que l'information ne passe pas des lèvres d'un supérieur, on ne peut jamais être certains de ce qui se passe. La seule chose que je peux lui dire à son sujet, c'est ce que je sais de source sûre:

« C'est un gars honnête en effet. Et il va bien. Il a conclus un marché en échange de sa liberté et maintenant, il peut agir comme n'importe quel agent du Conseil. Cody est en fait le gars qui m'a assistée pour passer le test pour entrer au Conseil alors oui, je le connais plutôt bien. »

C'est bon signe de voir qu'il s'en fait pour lui? Après tout, Cody est et restera un membre du Conseil magique jusqu'à la fin de ses jours. Je me demande s'il s'est passé quelque chose entre lui et Uriel au Palais parce que cette question me paraît étrange. Peut-être la garderai-je pour plus tard, qui sait? Puis les écureuils ferment la porte au nez des enfants, les enfants sont récupérés par leurs parents: Nous voilà juste nous deux. C'est calme d'un coup. Les criquets et le bruissement des feuilles sont les seuls sons à notre portée mis à part nos voix qui s'échangent des mots de part et d'autre. Puis d'un bond, je me retrouve debout. Les poings sur les hanches, je souris à mon nouvel ami pour déclarer quelques mots:

« T'as envie de te dégourdir un peu? On reprendra notre conversation juste après! »

Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai envie de voir de quoi il est capable. Mes deux mains se portent à mon dos pendant qu'il s'interroge sur le sujet dont je fais allusion. D'un geste du bras, je me débarrasse de la ceinture de l'habit et de mes deux bras tirés vers l'arrière, les manches glissent pour qu'il se retrouve écrasé sur la pelouse, me laissant ainsi en sous-vêtements. N'aie crainte mon ami, cette gêne ne durera pas. Ma main droite pointe sa paume vers le sol pendant que je recule d'un bond derrière le vêtement. Mes cheveux, les feuilles, la pelouse virevoltent dans un cillement strident: l'appel du démon. C'est bref, mais ce cillement part de loin pour se retrouver dans ma main sous la forme de l'épée.

« شمشیر زمردنگار »

Sous cette dernière formule, mes cheveux s'hérissent sur ma tête, faisant tomber l'objet brillant qui fait tenir mes cheveux, mes yeux s'illuminent aussi violets que mes papillons, l'habit de cuire qui sert simplement à m'habiller pour faire concept en tant qu'uniforme se pose sur ma peau d'une lumière éclatante. Un clin d'oeil dirigé vers lui, une main gauche qui fait aller et venir ses doigts en guise de provocation envoyée à Uriel, j'attends de voir s'il embarquera dans mon jeu de bataille d'épées.
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mer 16 Juil - 4:45

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Uriel Rudraksha

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ELLE EST ROSE

« J'AI GAGNÉ MON PARI »


« Elle résume plutôt bien les choses. Il y a une autre façon que de s'appeler guilde pour avoir des potes. L'essence même d'une fraternité au sein d'une guilde ne devrait pas être motivée par le désir de puissance, de compétition ou l'envie d'apparaître dans le plus de représentations médiatiques possibles. En fait, le simple terme de guilde était biaisé. Un terme pour des mages sans amis ? L'idée seule de se dire qu'il fallait faire le plus gros rassemblement de mages pour voir combien de magie on pouvait réunir avant de tout faire péter était stupide.

Elle me parle de Cody, elle me dit qu'il va bien. Je reste pensif néanmoins, elle en parle comme si tout était normal. Si mes souvenirs sont justes, il faisait parti des endormis. Donc son entrée au Conseil remonte à au moins six années. Pourquoi douter maintenant de sa possible remise en question de son sursis ? Je l'ignore. J'espère pouvoir faire confiance dans les paroles de Sybilia. Mais dans ce cas, pourquoi porte-t-il encore des chaînes ? Il y a plein d'autres questions qui me trottent dans la tête, mais toutes ne sont pas forcément bonnes à poser. Et soudainement l'ambiance générale semble changer, comme si chacun s'était donné la même heure pour rentrer et rendre les lieux au calme paisible de la nuit. J'écoute les bruits des grillons avec une certaine déconcentration. C'est une invitation à la somnolence.

Mais Sybilia ne semble pas de cet avis et propose de se dégourdir. Allons bon, pourquoi pas, elle semble ne pas tenir en place tout à coup. Et puis je devine où elle veut en venir, du moins j’entraperçois la possible signification de ses paroles et je manque de m'étouffer dans ma propre bave.
Est-ce qu'elle vient de se mettre en petite culotte et soutien gorge juste devant moi ? Mon esprit cesse brutalement de fonctionner : nervous breakdown, et une espèce de gêne monumentale s'empare de moi alors que je commence à rougir pour virer progressivement vers la couleur de mes cheveux. Je ne m'attendais absolument pas à ça, et encore moins maintenant. C'est qu'elle va vite en besogne la gredine. Je détourne les yeux, à demi affolé, par respect pour la pudeur et parce que cette intimité soudaine me gêne. Mon cœur bat plus fort et j'essaie de conserver un air digne plutôt que d'afficher cette confusion mongoloïde sur mon visage.

_ Euh... Tu ne devrais peut-être pas... »

Mais une sonorité étrange se dégage de Sybilia, et la sensation familière de la magie sur ma peau me hérisse le poil tandis qu'elle semble faire appel à quelque chose. Je risque un coup d’œil :
une épée. Elle marmonne un charabia incompréhensible et se voit soudainement affublée d'une tenue en cuir et d'une lame au moins large comme mes cuisses. Bon sang de bordel, c'est une arme ça ? Et en plus, sa peau et ses yeux brillent.

Et puis cette provocation scandaleuse, là dans ses habits de cuir en mode guerrière. De quoi éveiller toute une libido, et je ne cache pas qu'au fond de ma poitrine, même passée la surprise, c'est une certaine forme d'excitation guerrière qui s'allume. C'est wild. C'est comme un défi qu'elle me lance, même si vu la différence de gabarit de nos armes, j'en aurais presque peur qu'elle me la casse. Je l'observe, en silence, quelques instants durant lesquels l'incertitude flotte comme un parfum indécis entre nous deux. Ma réticence habituelle se voit engourdie par cette espèce de tension animale qui règne depuis le lever de la pleine lune ce soir et qui, inconsciemment, répond d'instinct à cet affrontement qui se profile. C'est presque un grondement sourd, inaudible, qui se profile dans mon esprit et se répand dans mon corps. Déjà, dans mes veines, l'adrénaline se distille faiblement comme le catalyseur d'une violence maîtrisée. La raison me dit que ce n'est pas sage, mais la raison est une excuse d'humain. Je me lève alors, doucement, et je prends cette épée qui est la mienne, avant de la sortir pour me mettre devant Sybilia. Quelque chose, au fond,me dit que ce n'est pas du tout une bonne idée, je manque de contrôle depuis mon réveil, et la furie risque de déborder.

J'affûte mes sens et me concentre sur Sybilia, son arme, sa posture, son geste. L'envie silencieuse de fusionner avec le dieu bête palpite dans ma poitrine mais, pour le moment, je me contiens. Je respire, pour faire le vide et me mettre en position. Son arme est certainement beaucoup plus lourde et lente que la vivacité d'un katana, c'est là ma seule chance.

_ Les dames d'abord. » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Lun 28 Juil - 16:21

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

La tomate humaine mûrie rapidement en voyant mon corps se dénuder. Je ne fais pas l'aguicheuse, j'essaie seulement de me libérer de ce fardeau d'habit chic qui m'empêche de faire de grands pas quand je marche. Mon corps s'illumine du violet sous les yeux ébahis d'Uriel et mon habit change pour me mettre à l'aise. Cuir, sans moustache et cheveux hérissés, yeux illuminés, épée, corps musclé bien dessiné et positionné pour lui donner la fessée. Il se lève en sortant son épée de sa cachette pour répondre positivement à la provocation que je viens de lui lancer. Je souris en coin en me promettant de ne pas lui faire trop mal. Mon épée est largement plus grosse que la sienne, mais sa maniabilité est faite par les mains d'une experte, saura-t-il bien se débrouiller? Mon pied gauche ancré vers l'arrière contre une imperfection de la pelouse, je me tiens prête à lui foncer dessus.

Les dames d'abord? Dire que je voulais y aller doucement en parant ses coups. Là, il veut que j'attaque. Je pense qu'il va légèrement regretter avoir été gentleman à ce moment-là. Je fléchis les genoux avant de bondir en effectuant un puissant transfert de poids qui fait faire un arc de cercle à l'épée et au haut de mon corps. Cela donne presque l'impression que l'épée mène mes déplacements tellement qu'elle est lourde, mais ce n'est qu'une illusion. Après tout, le reste de mon corps semble arriver en retard sur le reste de l'attaque parce qu'il est à l'affût des attaques qui viendraient jaillir derrière moi. Mon corps poursuit son élan pour que je tourne sur moi-même et d'un élan parti derrière moi, elle vient s'abattre comme une masse sur lui. Lorsque celle-ci aura atteint quelque chose de solide, je m'en servirai comme appui pour changer de position et me retrouver de l'autre côté pour frapper encore et encore.

La jauge de l'épée se remplit lentement, mais sûrement sur l'écriture maudite gravée. La lumière monte, mais c'est sans importance dans un combat comme celui-ci. Je ferai que frapper et parer ses coups et ce, juste avec mon épée. Pas de coups bas, pas de coups de pieds ni de coups de tête ou même de papillons déchaînés. Ce sera un combat équitable, du moins de mon côté. Je ne m'attends pas à ce qu'il suive ces mêmes règles étant donné sa victoire malhonnête au jeu plus tôt dans la soirée. Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai vraiment envie de voir tout ce qu'il a à donner au niveau du combat à l'épée. Je m'arrête soudainement, mais les genoux fléchis et l'épée à l'horizontal à la hauteur de mon front pour dire ces quelques mots:

" Je sais qu'il est tard, mais j'ai vraiment envie de voir ce que t'as dans le ventre. "

Je me retiens de dire d'avantage ce à quoi je pense. Au plus profond de mes pensées, j'ai clairement plus envie de voir ce qu'il a dans le ventre, mais tout, absolument tous ses recoins les plus intimes. Je m'y prends très mal je le sais, mais mon but n'est pas de le ramener chez moi ce soir, mais de me sentir déchirée entre l'amitié et le devoir. J'ai l'impression d'aimer me faire du mal à moi-même. Il faut croire qu'avec le temps, les gens changent et ne sont guère les mêmes qu'on a vus des années plus tôt. Avec une personnalité aussi versatile que la mienne, c'est difficile de déterminer mes réactions à l'avance. Les quelques heures passées avec Uriel ont bien prouvé cela je pense.

" Serais-tu jaloux du fait que mon épée soit plus grosse que la tienne?

Un clin d'oeil, une grimace bien placée, j'attends sa riposte avec amusement.
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mar 29 Juil - 6:40

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LE CHANT DES LAMES

« C'EST COMME FROTTER NOS ÂMES L'UNE CONTRE L'AUTRE, UN DUEL DE VOLONTÉ ÉTENDU À LA MATIÈRE. LA POXIMITÉ DE MON ACIER CONTRE TON ACIER, ET LE FRISSON D'EXCITATION DU COMBAT. »


« Je ne la regarde pas. J'inspire. L'attention de mon regard flotte, là, quelque part entre nous deux à mi-chemin entre elle et le reste. J'essaie de faire abstraction du superflu, de ne pas me laisser piéger ou distraire par la direction peut-être trompeuse de son propre regard, mais d'être à l'écoute de ses mouvements, des gestes de son corps et du langage qu'il tient. J'essaie de m'ouvrir à ce qui m'entoure. Le vent léger qui fait bruisser les feuilles, l'odeur d'humidité de la terre, cette herbe silencieuse et glissante, et le son de la roche sous mes pieds. Je n'ai pas besoin de regarder pour voir, j'essaie de synchroniser mes sens et mon âme avec la nature qui m'entoure, d'atteindre cet état méditatif de calme qui m'envahit quand je communie avec le dieu pâle. C'est peut-être un combat amical, mais ce n'est pas un jeu, et même ainsi un accident est très vite arrivé. Je ne l'écoute plus, je balaie l'incertitude induite par son changement de tenue et la surprise passée. C'est un humain une arme à la main. Voilà tout ce qu'il y a à savoir, un combat pour la survie.

Mes muscles sont prêts, et si ma garde semble un peu molle, en réalité, je n'attends que le signal pour exploser, ce geste plus vif que les autres qui sonnera le début du combat, la détente comme le coup d'un serpent prêt à mordre. Son épée est énorme et lourde. Un seul coup pourrait briser la mienne. Un seul coup pourrait me tuer.

Elle bondit et son bras part, éclat d'acier et de lumière mauve qui vrombit dans l'air comme un aéronef, dans un mouvement souple pour tirer avantage du contrepoids que représente l’épée. Mais je ne cherche pas à parer ou bloquer la chose, ce serait beaucoup trop d'énergie pour un effort dangereux. Non, à la place, je coule, fluide comme un serpent pour accompagner le mouvement de ses pas. Stopper son arme serait une erreur, c'est comme arrêter un tronc avec son bras et, quand le chant de l'acier éclate dans l'air frais, le fil de la lame glisse le long de la sienne dans une mélodie guerrière, épouse la courbe de son geste et dévie, preste et agile. Ça me demande beaucoup de mouvement, et de concentration, aussi, car un mauvais placement peut être une erreur fatale. Je me ramasse, me détend, frappe vite et sans attendre mon reste. Je dois bouger, sans cesse, rester immobile c'est heurter de plein fouet sa masse mortelle. Je sens l'excitation monter petit à petit à mesure que l'adrénaline se diffuse dans mon organisme. Il faut que je sois rapide, et que je me serve du fourreau que je tiens toujours de la main gauche comme d'une gêne pour matraquer les doigts de Sybilia si elle n'y fait pas attention. Elle a l'air expérimentée, mais c'est toujours difficile de jauger quelqu'un sur quelques passes uniquement.

Puis un instant de répit, durant lequel elle me provoque. Je plante mes yeux rouges dans les siens et, si je prends cette démonstration très au sérieux, il n'empêche qu'en moi frémit l'audace et l'insolence farouche. Un léger sourire se pointe sur mes lèvres, mais je ne réponds pas. Je suis maître de moi-même, mais c'est rendu facile puisque je sais que l'enjeu de ma vie n'est pas sur le tapis, et qu'il n'y a encore aucune douleur insupportable due aux blessures. Mes yeux se plissent un instant, tandis que je réfléchis. Le terrain autour de nous est dégagé, beaucoup trop pour tenter d'en profiter pour entraver ses mouvements. Mais j'ai un fourreau comme arme supplémentaire et, si elle a l'allonge, j'ai le poids en moins. Dans mon esprit, deux options sont possibles. Soit jouer sur l'endurance et espérer qu'elle se fatigue à manier cet énorme braquemart, soit...

Ma garde est lâche, et en apparence molle, mais c'est toujours la même feinte : faire paraître un relâchement et une indolence apparente alors qu'en réalité, c'est tout le contraire. Induire en erreur la perception de l'autre, c'est déjà orienter ses coups.

Elle attend qu'à mon tour je donne l'assaut, alors je m'exécute, réalisant ces mouvements que je réalise presque tous les jours, pendant ma méditation. J'essaie de tirer profit au maximum du fourreau, comme arme assommante, afin de lui faire parvenir des menaces de directions opposées. Mais je ne cherche pas à l'atteindre tout de suite. Non, pour l'instant, je veux juste réduire la distance qu'induit la taille de son épée. Se rapprocher au maximum, afin de la gêner dans l'ampleur de ses mouvements. J'utilise la vitesse et la souplesse, je sais que c'est peut être étonnant vu mon gabarit, mais c'est le style de combat que j'ai appris, rester souple, et frapper vite. A côté de ça, je reste moyen sur les parades, préférant dévier les coups ou l'esquive. Je réalise quelques passes d'armes, surtout pour la taquiner, la harceler sans répit avec ces piques agaçantes du bout de l'arme. Il me faut surtout de la précision et du mouvement, et éviter de regarder l'endroit que je vise avec l'acier.

Je finis par parvenir là où je veux pour, finalement, entraver mon arme dans la sienne pour empêcher une prise d'élan trop importante. Ça ne l'empêche pas de s'en défaire, mais si je la colle au corps à corps, ça va bien l'emmerder. Et il se trouve que, justement, la proximité de mon corps avec le sien est soudainement beaucoup plus intime. J'envahis son espace vital pour la déstabiliser, sourire aux lèvres, et encombrer son espace de mouvement de ma propre masse de chairs. Tout prêt, je lui réplique alors, une expression à mi-chemin entre l'indifférence et la provocation scandaleuse, dans un murmure :

_ Ça sert à rien de l'avoir trop grosse si on peut pas s'en servir. » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mer 30 Juil - 2:05

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Si il y a bien une chose qui soit prometteuse chez lui, c'est qu'il sait comment s'y prendre, il sait bien manier son épée. Surprenant tout de même, moi qui croyais avoir affaire à un parfait débutant. C'est limite s'il a autant d'expérience que moi dans le domaine. Il profite de sa rapidité et de sa souplesse contre la puissance barbare de ma lame. Il se débrouille bien et avec aussi peu de ripostes, est-il en train de croire que je me fatiguerai en valsant ma lame de tous ces côtés? Pas mal comme idée, mais si tu passes ton temps à éviter la tapette à mouches, comment penses-tu vaincre ton adversaire? La fatigue musculaire n'a jamais été un problème pour moi et c'est pour ça que mes élans sont brefs et suivis d'une pause quelconque entre temps pour me permettre de reprendre le contrôle de mon corps qui suit la vague de l'attaque.

Puis, le voilà, vif, il s'incruste dans ma défense dangereusement pour être tout près... trop près. T'es trop près j'ai dit... TROP PRÈS! Qu'est-ce que tu fous! Il m'a surprise, il m'a fait reculer droit contre un tronc d'arbre. Prise en sandwich entre un tronc et une épée dirigée par un beau gosse. Tiens donc... qui ne rêverait pas de ce moment? À son tour de me provoquer dans cette situation emmerdante. Lame contre lame, les yeux croisant les autres, lèvres à quelques centimètres de distance. C'est tentant, mais je suis là par orgueil, par pour la drague... malgré que... Non! Allez! Secoue tes puces ma grande et te laisse pas avoir par son regard de braise qui ferait fondre chaque parcelle de ton corps comme de la cire pour ces regards qu'ils te jettent. C'est difficile... laisse-moi y goûter, juste une fois... Et je m'approche...

... et c'est là que j'entends le déclic de mon arme: la jauge est pleine. Rien à faire, mais tu m'as fait éclater ma bulle d'une intensité qui m'a enlevée ce goût de me laisser emporter-là! Dans le vide, dans l'espace, sous ses yeux, pour qu'il voit et qu'il se sente nargué à son tour, je mime un baiser. Un pied se lève à plat contre l'arbre et je m'en sers comme appui avant de pousser avec force et d'un crissement de lames pour me dégager et m'offrir de la distance entre nous. Je bondis vers ma droite pour m'offrir un luxe encore plus grand avant d'appuyer la lame sur mon épaule et la tenir d'une main et de l'autre, l'appuyer sur ma hanche et lui sourire fièrement.

" Pas mal, pas mal du tout! Dommage que je ne puisse pas passer ma vie à jouer comme ça avec toi... "

En effet, mon temps est compté dès que je sors cette épée de sa dimension. Il me reste encore un peu de temps, alors aussi bien en profiter au maximum! Je bondis dans les airs, fais virevolter mon corps dans le sens contraire des aiguilles d'une montre pour donner toute son élan et la vitesse désirée à la lame avant de la faire retomber dans sa direction. C'est dangereux comme coup, mais je pense qu'il sera capable de l'esquiver puisque je n'y ai pas mis toute la puissance. Il peut remarquer que cette fois, je manipule l'épée d'une main. Le coup retombé, je déplie les genoux pour frapper à nouveau vers sa gauche. Quand l'arc se referme vers l'autre bras, l'autre main prend la relève et le coup prend une direction diagonale vers le haut: vers sa tête. Si je juge que le coup aboutira, je m'arrêterai juste à temps. L'échange se poursuit pour quelques secondes avant que je ne reçoive l'alerte au fond de mon crâne et que je fasse disparaître l'épée et l'habit. Puis, j'ai un froid de canard soudainement:

" Eh merdeeeuuh! J'avais oublié ce détail! Nyuhuuu froid... FROIIIID! "

Merci cher coup de vent de me rappeler que mes vêtements me sont utiles dans un temps pareil. Les nuits fraîches sont bien, mais seulement lorsqu'on est accompagné de quelqu'un pour nous tenir au chaud. J'hésite et regarde Uriel quelques secondes avant de m'empresser vers mes vêtements pour les vêtir comme un drap et ne faire sortir que mon visage. Et maintenant... on fait quoi? Le vent fait bruisser les feuilles, la pelouse commence à se faire humide et nous sommes tous seuls dans ce parc. J'ai des idées, mais probablement loin d'être les meilleures à avoir dans des circonstances comme celles-là.

" Dis, pourquoi l'état de Cody t'intéresse-t-il autant? "

À vrai dire quand j'y pense, est-ce qu'il y a vraiment quelqu'un qui s'est préoccupé de ma santé depuis que je suis arrivée ici? Je veux dire, quelqu'un qui se demanderait ce que je suis devenue? C'est triste à penser, mais je ne pense pas que ce soit le cas... sauf peut-être Valentin.
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mer 30 Juil - 4:15

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Uriel Rudraksha

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LE RUGISSANT INTERDIT

« BRISE CE MUR QUI SUR NOUS S'ABAT COMME LA PESANTEUR DE NOS NÉVROSES, NOS DÉNIS ET LES CONTREFAÇONS ENSANGLANTÉES QUE NOUS NOUS SOMMES CONSTRUITES »


« L'espace d'un instant, un terrible instant, la réalité oscille, prise entre deux feux, tiraillée d'un côté par ce demi calme méditatif, et de l'autre par cette tension palpitante, sous-jacente, silencieuse mais omniprésente. Les rayons de la lune ronde dardent leurs éclats sur la scène, et je sens l'adrénaline battre ma temps dans le sang comme une furieuse bête en cage. Trop de pulsions sauvages dans les veines, ce sont deux des fragments d'âmes que je possède qui sont intenables et qui me malmènent. Un sentiment WILD me parcourt l'échine en un frisson infernal, et c'est ce moment, en plus, qu'elle choisit pour me narguer et me prendre en traître. Je recule, lame contre lame, mais son élan et le poids de son arme ne me permettent pas de résister, et je suis forcé de reculer. Elle est vraiment forte physiquement, pour manier cette masse avec autant d'aisance. Et ce n'est qu'un coup d'essai, je n'imagine pas si elle se donne à fond dans un vrai combat. Elle parle de jouer avec moi, je plisse légèrement les yeux. Le combat entier est une connotation sexuelle géante, et elle commence à éveiller en moi la chaleur du mâle malgré tout. Tout ceci est bien trop wild : le combat, le cuir, ses sous-vêtements... Ça fait depuis longtemps que j'use de la raison pour maîtriser mes instincts, mais en période de pleine lune, c'est vraiment difficile.

Je réfrène un grognement, reculant en focalisant toute mon attention sur la trajectoire de ce monstre d'acier qui tente de me faire sauter le crâne comme une boîte de conserve. Il en faut de peu pour qu'elle me découpe la tête, et cette sueur froide me remet un peu les idées en place. Je me défends, mais je suis moins bien concentré qu'au début, et je n'arrive pas à, de nouveau, percer sa défense. Elle réussit à me tenir à distance, et sa grosse aiguille m'agace un peu au final, comme un tison dont on se servirait pour titiller quelqu'un. Mais sa lame finit par disparaître, et ses vêtements également. Cette coupure brise l'intensité de l'échange martial et mon sabre se rabaisse vers le sol, pendant que je reprends mon souffle, la chaleur de l'effort courant dans mes membres. De nouveau, elle est presque
à poil. Un instant nos regards se croisent, mais, cette fois-ci, je ne détourne pas le regard, et je sens l'ombre de cette hésitation en elle, avant qu'elle ne se dirige avec hâte vers ses habits, s'y emmitouflant n'importe comment pour se protéger du froid. Et également sûrement de la caresse de mon regard. Je garde le silence complet, mais je finis néanmoins par ranger l'arme dans son fourreau avec un mouvement fluide accompagné d'un glissement d'acier. Je fais abstraction de ce qui m'entoure, et surtout d'elle, la regardant sans la voir. L'espace d'un instant, l'éclat de sauvagerie sous contrôle dans mes yeux a pris une toute autre couleur. La couleur de quelque chose de dangereux. C'est mauvais, de m'attiser ce soir, et il vaut mieux pour tout le monde que je me défasse de ces écharpes de désirs qui m'embrument l'esprit.

Alors elle pose la question, le contour de cette réflexion interdite se forme dans mon esprit et l'espace entre nous deux semble se figer pendant une fraction de seconde. Pourquoi ? La réponse est simple, complexe et délicate à la fois. Elle tient en un mot, un seul, mais je n'oublie pas que, malgré ces petits ébats amusants, celle qui se tient en face de moi est un membre du Conseil et, soudain, c'est comme ça que je la vois plus que comme Sybilia Philips. Il m'est facile de mentir, de formuler quelque chose qui lui convienne, à elle comme à moi, une contrefaçon de la réalité qui permette de s'arranger avec elle pour passer outre les faits. Une certaine dureté perce dans ce regard que je lui plante dans le sien, et, pendant quelques secondes, il n'y a rien. Rien d'autre que le bruit du vent dans les arbres. Elle et moi l'un face à l'autre, ma main toujours accrochée à la garde de cette épée que je viens tout juste de ranger, et c'est l'interdit rugissant qui sort de ma bouche.

_ Parce que j'ai tenté de le tuer. » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Ven 1 Aoû - 0:32

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Sa réponse me fait l'effet d'un coup de pelle au visage, d'une lame froide qui me transperce l'âme de fond en comble, de milliers de sauterelles qui se posent en même temps sur mon dos, un froid glacial, une nuit passée dehors à Shirotsume. Figée dans le moment, dans la glace, la pierre qui vient de me tomber sur la tête, les yeux écarquillés comme si je viens de revoir Cobra, mes mains tordent mon habit à la limite de la déchirure. Mes jambes sont paralysées, mais mes idées sont sanglantes. Je veux bien croire que Cody a été jugé coupable de meurtre, qu'il a déjà tué par étranglement, que c'est un hors-la-loi qu'on tient en laisse comme un chien, que c'est pas un gars facile à berner, qu'il est fort, mais...

" Tu... "

Malgré tous ces mauvais côtés, Cody en a des bons. Il a toujours été là quand on a eu besoin de lui. Lui aussi, comme le reste, a été une victime au Palais d'Ajatar. Il n'a pas eu un passé facile. Il pourrit en cellule depuis déjà un bon moment. C'est le gars qui m'a fait passé mon test d'admission au sein du Conseil. Il est sympa et il n'en a pas profité pour faire de coups traîtres. Il veut vivre, comme moi, comme plein d'autres. Il veut vivre plus que ce qu'une cage propose.

" as tenté de... "

C'est mon ami. Pas un ami proche, pas un ami sur qui je peux compter nécessairement. C'est un type que je sais qui saura surveiller mes arrières et qui me fait confiance à cent pourcent. Il a mon support, j'ai le sien, nous nous considérons à égalité. Nous nous respectons et c'est ce qui importe vraiment.

" le tuer..?! "

Je suis fâchée tout en étant confuse. Les sourcils froncés, la rancoeur d'un sens et l'incompréhension qui me bloque. J'implose. Je ne veux pas gâcher cette soirée avec une discussion comme celle-là, mais s'il s'avère qu'Uriel soit un mauvais gars, je devrai le considérer tout autre. Une partie de moi veut lui sauter à la gorge, et une autre veut retourner à Era et s'assurer que Cody va bien. Il a toujours une main sur son épée, prêt à riposter si je réagis mal, prêt à défendre sa vie. Mais celle de Cody, il en a fait quoi à ce moment-là? Mon corps se lève de lui même, je sers encore plus fort l'habit autour de ma tête, comme si j'allais m'étouffer. Je le dévisage, mon visage grimace et c'est entre mes dents que je demande:

" Pourquoi... P... Pourquoi as-tu tenté de prendre sa vie? Je... je veux comprendre. Je veux me convaincre que le Uriel de ce soir est le Uriel de toujours et que tu n'es pas un assassin... "

Un pas un avant de l'autre, instable, sur la pointe des pieds parce que la pelouse est froide. Mes orteils se glacent lentement, mais ce que je tente de réchauffer pour le moment est mon coeur. La déception pousse une larme hors de mon oeil droit. Une main tremblante se lève en douceur. Lentement mais sûrement, elle atteindra son épaule. Là, je m'arrêterai de marcher pour percer la vérité dans ses yeux écarlates.
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Sam 2 Aoû - 20:26

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Uriel Rudraksha

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L'INCERTITUDE FRAGILE DES LIENS

« C'EST COMME DEVOIR SE REDÉCOUVRIR, VIVRE AVEC CET INCONNU FAMILIER, CES NOUVELLES SENSATIONS, ÉMOTIONS, DÉSIRS, PEURS ET NÉVROSES »


« C'est une claque, un froid glacial lâché entre nous comme la morsure terrible d'un vent d'hiver, qui cristallise la chaleur et l'absorbe, la tue, flétrissant ces liens fragiles qui se tissent au gré du hasard et des jours, encore neufs et incertains, entre elle et moi. Ce sont des paroles dures, mais c'est la vérité. J'aurais pu lui mentir et dévier le sujet, rester évasif ou que sais-je encore, mais ça m'aurait fatigué. Je n'ai pas envie de lui cacher la vérité, et de toutes manières j'ignore ce qui a été rapporté des évènements qui se sont déroulés de notre côté ou bien de ce qu'elle a entendu dire. Voire tout simplement de ce que Cody lui a dit. Rien, à priori, si je dois en croire la réaction qu'elle a. Ou en tout cas pas à elle.

Je la regarde quelques instants, je vois une partie de colère, d'amer et d'incertitude dans ses yeux. Elle a certainement peur de découvrir que je sois le genre de personne dégénérée qui prend des vies comme on s'enfilerait des cafés. Mais non, ce n'est pas le cas. Il y a des choses qui se sont déroulées là-bas, des choses que je n'ai dites à personne, pas même à Altiel. Des choses que moi-même je ne comprends pas, et qui ont laissé leurs marques sur mon esprit comme les cicatrices rouges de griffes acérées. Je suis réticent à en parler, mais je devine qu'un « ça n'a pas d'importance » sonnerait aussi creux qu'il serait insuffisant.

_ Je n'ai pas dormi pendant ces six années, Sybilia. Mon esprit était ailleurs, piégé dans un monde de guerres, de violence, de sentiments irrationnels et d'horreurs. C'était comme un rêve, sans queue ni tête, parsemé de sang et de cadavres. Je n'avais même plus conscience de qui j'étais, pendant cette période, j'essayais de me souvenir de mon nom, mais je n'y arrivais pas. »

Les mots sortent avec une espèce de contrition forcée, me forçant à les faire naître dans ma bouche pour poser des mots sur les souvenirs que j'ai. Mais même ainsi, j'ai l'amer sentiment d'insatisfaction qui me dit que ce n'est pas encore assez proche de la réalité. Elle risque de me prendre pour un fou, et c'est quelque chose qui me fait peur, parce qu'il m'a fallu du temps pour émerger, même après le réveil au Palais Royal. J'ai pété un câble, de ne pas savoir si j'étais dans la réalité ou non, et même maintenant, dormir est comme une angoisse terrible.

_ Quand on m'a réveillé, je n'avais même pas conscience de ce qu'il se passait, que c'était la réalité et pas une autre de ces scènes aberrantes s'enchaînant au gré du hasard. Je n'avais pas conscience d'être, enfin, de retour dans la réalité. Je ne me souviens même pas de ce qu'il s'est passé en détail. »

Doucement, j'ôte sa main de mon bras, de la main qui était sur la garde de mon arme. Comme pour l'apaiser, parce qu'il n'y a pas d'hostilité entre nous, et qu'il n'y en a pas besoin. Et puis j'ose, alors, porter des mots sur l'espèce de névrose qui me consume depuis mon réveil, que je n'ose porter à la lumière du jour, et qui me fait peur, car c'est comme l'inconnu à redécouvrir de ce qui était, pourtant, familier auparavant.

_ Le Uriel d'avant n'existe plus, Sybilia. » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Jeu 7 Aoû - 0:41

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
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Un rêve. Du sang. Des cadavres... son nom? Je baisse les yeux. Mon rêve qui n'a jamais pu se réaliser, mon rêve qui s'est transformé en véritable cauchemar dont jamais je n'aurais pu douter de l'histoire. Du début à la fin, j'ai rêvé d'un amour impossible qui a terminé en bain de sang. Un rêve de jeune fille que de vraiment rencontrer un prince, de tomber amoureuse, de vivre la belle vie, avoir des enfants. Il s'en est pourtant résulté une montagne de cadavres, un coeur brisé et une vie chamboulée. Un rêve brisé dans un millier d'éclats miroitant chaque parcelle de ma vie, à chaque fois que j'aurais pu penser vivre ce rêve. Détruit, explosé violemment. Un nouveau rêve? Certes, mais cette fois il ne restera que dans le monde des songes. J'ai goûté au rêve à être réalisé, et croyez-moi que la vie fait en sorte de le changer en toute autre chose. Malheureusement, vous n'avez pas le luxe de le contrôler comme un rêve...

Comme Suzu, à son réveil il n'avait pas toute sa tête. Je veux dire, il était évident de savoir qui étaient nos ennemis. Suzu ne voulait rien entendre, elle tentait, malgré les agressions, malgré les années perdues par leur faute, de tenter de raisonner le mal, de le pardonner de ses actes alors qu'il était évident qu'elle voulait notre mort. Comme Uriel, elle se réveillait d'un rêve prolongé, comme Uriel, elle n'avait pas toute sa tête et dans un sens, je suis contente qu'elle ait perdu connaissance à ce moment-là parce que qui sait si elle aurait tenté de s'en prendre à nous pour protéger l'ennemi. Sa main contre la mienne me ramène à la réalité. Je lève les yeux vers lui, un peu confuse, un peu compatissante et compréhensive. Il regrette, comme les autres il regrette, mais ce n'est pas de sa faute: c'est sa nature. Sauf que...

Le Uriel d'avant n'existe plus... alors qui se trouve devant moi? Avec quel genre d'Uriel ai-je affaires? Est-ce vraiment l'homme que je côtoie depuis le début de la soirée? Ou est-ce une simple façade pour cacher le véritable nouvel Uriel? Je m'inquiète, j'ai beau tenter de percer le mystère dans ses iris, de percevoir le moindre mensonge et pourtant, tout me paraît si réel. Je rêve? Probable... tout se passe un peu trop bien... Il est un peu trop bien, beaucoup trop bien même. Ma main se ressert dans la sienne pour receler le moindre tremblement qui pourrait trahir sa personne. Je veux la vérité, je ne veux pas rêver. Ça suffit, je veux vivre dans la réalité et voir ce que la vie a à m'offrir vraiment.

" Alors... fais-je face au véritable Uriel? Je veux dire: Es-tu celui que tu prétends être devant moi? Ou une pâle copie qui cherche seulement à me plaire? "

Le doute s'installe, mon coeur palpite. La proximité me tue. Je veux reculer, mais cette main toujours accrochée à la sienne veut sentir son battement de coeur. Mes yeux veulent percevoir la vérité de près. Mes jambes pourtant font glisser mes pieds sur la pelouse fraîche dans des mouvements vers l'arrière, puis repoussés dans une vague de volonté vers l'avant: le tout bien caché sous l'habit chic de la vieille femme. Le vent détache ma chevelure qui retombe devant et derrière, ce qui les unissait se plante dans le sol. Rien ne me distrait pourtant, pas même les criquets, pas même le froid ni la chaleur de sa main, ni même cette lèvre qui tremble d'envie sauvage, coincée entre mes dents pour la retenir d'avancer. Une impression de déjà-vue, mais pourtant tout à fait originale...

" Si seulement... "

Chuchote-je à moi-même, presque inaudible, sachant pertinemment le reste de cette phrase au plus profond de mon crâne.
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Jeu 7 Aoû - 7:31

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Uriel Rudraksha

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CELA IMPORTE PEU

« ...SI C'EST LA MÊME CHOSE DANS TES YEUX. »


« Ces silences maladroits qui comblent l'espace de vide entre deux paroles incertaines, mécaniques, avec la froideur et le tranchant émoussé des vieilleries remisées. Je vois des choses dans son regard, mais je ne sais pas ce qu'elles sont vraiment. On dirait le doute terrible doublé d'un genre de scepticisme devant ce que je dis, cette espèce de lueur compréhensive et pourtant lointaine qui se pose là sur ce qu'elle éclaire mais sans savoir s'il s'agit seulement d'une image rémanente ou de la réalité. Ça va loin. Beaucoup trop loin. Déjà l'ouverture se ferme, mais pas avant d'avoir encaissé ces paroles porteuses de reproches, cette violence des mots qui m'écrase aussi sûrement que m'aurait fait mal son pied contre ma figure et ma figure sur le sol. Je serre la mâchoire, mon expression se fait plus sévère. L'air est froid, comme ma colère, sourde et insensible alors qu'elle s'infiltre en moi comme un sentiment glacé et spectral. Mes yeux percent le vide et moi, je coule dans celui-ci comme la blessure qui saigne. Plus fort, je dois être plus fort. Durcir cette image que j'envoie pour la dissuader, d'un seul regard, de continuer. A cet instant précis, je la déteste.

Le déni. Celui qui te dit que toute ta vie tu as renvoyé l'image que les gens voulaient voir, que tu as joué ce rôle et complu à ces attentes, cette étiquette, les saluts et mercis, l'arrogance et la stratégie, la flatterie, aussi, cette espèce de mélasse collante et poisseuse dont on se laisse enduire pour ensuite venir la frotter sur les autres. Et ces élans dans le cœur, étrangers, à la fois parts de moi-même et hors de mon esprit. Ces
idées qui suintent en moi pour me faire leur, pour que je les développe, pour modifier mon comportement et ma façon de penser. Ce cynisme détaché qui considère tout par le burlesque de la futilité des choses, cette insolence empreinte d'une violence dangereuse, la froide insensibilité passive qui reste là, à regarder le monde même s'il doit mourir. Et ces cadavres, partout, qui s'entredévorent pris de folie. Le frère mange le frère et alimente ce mal qui ronge la raison, qui me ronge avec la lenteur inexorable d'une érosion qui, chaque jour, emporte avec elle un petit fragment de plus de moi. Et chaque jour tu te dis, ce n'est rien, jusqu'à cette fois où tu te rendras compte que tout est parti en morceaux et qu'il ne restera plus que cette question vacillante et pernicieuse : est-ce que j'existe encore ? L'espace d'un instant, elle brise quelque chose au fond de moi, mais c'est comme si, durant cette fraction de seconde, j'avais enfin pu respirer à fond, avant de retomber de nouveau dans cette asphyxie qui m'entoure. C'est comme le roulement pressant du tonnerre, la clameur d'une guerre qui s'en vient avec la vitesse du vent, enfle, prend de l'ampleur et grossit jusqu'à en devenir insupportable. Mais ça n'éclate pas, et la chose se dissipe sans même que je ne m'en rende compte tandis qu'au final, la question reste en suspend. Le véritable Uriel ? Il n'y a jamais eu de véritable Uriel. Juste un errant aveuglé par cette angoisse mortifère de voir chaque fois plus son frère s'éloigner des sentiers de la raison. Et cette fois-ci, je viens de faire un pas de plus pour le rejoindre. Est-ce que tu existes encore ? Attends-moi, Altiel, j'irais avec toi.

Cette proximité alarmante me dérange, de trop prêt, elle pourrait voir la colle qui suinte de ce masque sans traits. C'est une indifférence de maître que j'affiche, mais c'est facile, en réalité, quand il n'y a pas grand chose à cacher. Le vrai Uriel, même moi je ne saurais le dépeindre désormais, et voilà bien longtemps qu'Altiel a perdu toute trace de lucidité pour le percevoir. Cette pensée me brûle, elle me détruit de l'intérieur. Sur mon visage il n'y a plus rien. juste la neutralité absolue de cette expression sans valeur que j'arbore à la face du monde. A son regard à elle. J'écarte sa main doucement. Sans violence ni empressement, sans hésitations. Juste doucement, avec la fermeté nécessaire pour la faire dévier. Mais sans vraiment la voir non plus.

Je la contourne, alors, pour faire quelques pas et venir ramasser cette seconde épée qui, toujours, reposait là contre le tronc abimé. Elle, dont je ne me suis pas servie, la maudite. Le silence précède ces gestes mesurés que j'exécute. Et ces mots, lâchés comme un demi-murmure à son encontre, sans même m'en rendre compte, portés à ses oreilles comme un secret dans le vent.

_ Serais-tu seulement capable de faire la différence ? »

Je me retourne, je lui fais face. Rien de tout ceci n'est anormal. Rien de tout ceci n'est arrivé. Le dessin étranger d'un air bienveillant se forme sur mon visage.

_ Nous devrions rentrer, tu risques de prendre froid ainsi. » »
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