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Violette écarlate
 MessageSujet: Violette écarlate   Ven 25 Avr - 2:07

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

« Viens! Allez! »

« Je t'ai dit que je n'y allais pas. Laisse-moi tranquille! »

« Ça va te faire du bien de sortir un peu d'Era! Et ça nous fera changer d'air aussi. »

« Nous? On est que des amis, ne pense pas trop loin... »

« Tu vas me laisser y aller tout seul, c'est ça? Je pensais qu'on serait des amis plus que des copains de lit, moi. »

« Écoute... je n'ai pas envie. T'es un ami pour moi et ne l'oublie pas. Mais ce soir, j'ai envie de rester tranquille... Pas de bière, pas de fesses, rien. Juste... tu sais, penser deux minutes à ce que je veux vraiment dans la vie... »

« C'est bon... tu m'appelleras quand tu seras en manque... »

Et il part, furieux, colérique que je veuille penser à moi pour une fois. Colère, son vice principal, source de sa magie, source de son chagrin. Je soupire en le laissant partir. Je sais qu'il s'en remettra... et que ce sera lui à me rappeler d'abord. J'ai l'habitude de ces petites disputes, mais je ne marche pas avec cette attitude-là. Je tiens à être avec moi-même. Il m'a invité à sortir pour danser. Il veut qu'on s'éclate, il veut qu'on passe plus de temps ensemble que des nuits torrides sous des draps miteux, mais fraîchement lavés. Je n'ai pas la tête à ça, du moins pour le moment. Il est gentil et bien aimable, mais depuis cette fissure qui m'a traversée le coeur il y a six ans, c'est difficile de mettre les choses en place dans ma tête. Je sais que je peux le faire: j'ai seulement besoin de temps.

Je quitte Era avant la tombée de la nuit. J'arrive à Magnoria alors que la lune éclaire le ciel de toute sa splendeur. La ville est encore active à cette heure-ci? Non, la question à se poser est: mais qu'est-ce donc ce raffut? Je regarde les gens rire, crier, courir, s'amuser, manger... sourire. Je soupire et je me rends compte que même si j'ai eu le job de rêve, je n'en suis pas pour autant heureuse. Je baisse les yeux et m'avance dans cette foule exaltée de fête chaleureuse. C'est la fête d'une bestiole qui s'est mise à crier pour annoncer le début de l'été et la foule est en délire, complètement. Les stands de nourriture me jettent au nez toutes les odeurs délicieuses alors que je n'ai pas envie d'avaler quoi que ce soit. Pourquoi me suis-je retrouvée au beau milieu de ces gens enjoués? Pourquoi affiche-je une mine si déconfite? Je me le demande. Ce bain de foule me fera peut-être du bien. L'énergie des gens autour mélangée à la mienne fera peut-être la potion miracle dont j'ai besoin...

« Non, mais ça va pas? »

« Désolée, je ne regarde pas où je marche... »

« Non! Je veux dire... ça ne va pas? »

C'est vrai, qui ne l'aurait pas remarqué? Je cesse de bouger et je regarde la vieille dame. Elle me fait penser à cette étape de ma vie où j'eus besoin de parler à une mémé pour passer à travers le deuil des défunts soldats. Est-ce vraiment ce que j'ai besoin: d'une mémé? Elle me fait signe d'approcher. J'approche en laissant traîner mes pieds derrière moi. La vieille dame m'invite à entrer. Je trouve cela étrange, mais tout de même je me laisse faire. Je ferme la porte derrière moi et elle me dit:

« Je sais qui vous êtes... »

J'arque un sourcil. Décidément, c'est de plus en plus étrange. Je ne m'y fais toujours pas et je me tiens sur mes gardes. Elle me raconte que sa famille avait été sauvée par une mage du Conseil portant la même description que moi lors d'une attaque d'un mage des ombres. Ça me revient et je force un sourire. Elle bat de la main pour m'arrêter dans mon élan d'hypocrisie. Elle me demande d'attendre et elle me laisse seule un moment dans son salon. Elle revient avec une tenue qu'on porte souvent au village d'où je viens. Elle me le prête. Juste pour ce soir elle me prête le vêtement qui ne lui va plus. Elle blâme sa vieillesse et dit que c'est aux jeunes d'en profiter. Je lui dis qu'il n'y a pas d'âge pour s'amuser, mais elle hausse les épaules et insiste pour que je le porte... Elle m'aide à l'enfiler et je sors de sa demeure en lui promettant de lui ramener.

Je me sens... mieux. Mon arrivée dans cette fête a été lamentable, mais maintenant qu'on me plonge littéralement dans les costumes et l'ambiance de la soirée, je ne me sens plus solitaire, mais bien partie intégrante de la fête en entier. La peine semble être disparue et je me joins aux gens. Je retrouve l'appétit et je gagne même une peluche en forme de renard roux. Tenue sous mes deux bras, elle est en sûreté et personne ne pourra me la prendre. Puis, je lève les yeux et je pense voir quelqu'un qui m'est familier. Je fronce les sourcils et m'approche. Il se mélange à la foule sans se retourner, sans se douter que quelqu'un tente bien que mal de le rattraper. Je me faufile entre les gens en tenant ma tenue élégante d'une main et la peluche de l'autre. Puis je tente d'élever la voix juste au cas où il m'entendrait:

« Prince Philippe! Philippe! »

Quelle idiote! C'était qu'un conte où tout le monde était ensorcelé. Oui mais peut-être qu'il se rappelle... À moins que ce ne soit pas lui, mais le pauvre Altiel que j'ai rencontré au milieu du désert l'autre jour... La foule se disperse enfin et j'ai quelques secondes pour le rattraper, mais j'échappe ma robe et mon pied se prend dedans. Je tombe vers l'avant et ma main agrippe son chandail pour l'emporter avec moi dans ma chute. Hélas, ça glisse et je tombe seule. Je secoue ma tenue en me relevant et mon regard croise le sien. Il est...

« Uriel? C'est bien toi? »

Je me souviens l'avoir entendu crier son nom juste avant de tomber en combat. Je me souviens de ces yeux courageux, de cette allure fière et de ce mystère qui prône ses véritables pensées. Je me souviens aussi qu'il est aussi beau qu'un prince...

« Tu te souviens de moi? »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Jeu 1 Mai - 7:01

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VIOLETTE ÉCARLATE

« LE PLUS DUR, DANS UNE RELATION, C'EST SUPPORTER LA PRÉSENCE DE L'AUTRE. »


« Elle brille, là sur ma peau, furtif éclat d'argent qui miroite l'espace d'un instant et s'en va, hallucination incertaine tant elle est éphémère. L'astre de marbre trône dans le ciel avec l'allure d'un dieu, indifférent aux agitations qui affectent les Hommes, ces petits êtres périssables et vulgaires. Et en mon sein, l'ombre de la Bête frémit sous la caresse de la lumière d'opale, résonne, gronde en silence à l'image du brouhaha ambiant qui sonne à mes oreilles. Une certaine tension coule dans mes veines, dans ma nuque et sous la peau, une vitalité accrue, influence de la lune, ronde et pleine comme une catin en cloque. Six années ont passé, mais c'est immuable qu'elle se tient, encore et toujours, sentinelle des ombres pour qui une durée si insignifiante ne se remarque même pas. Et sa présence dans mon âme je la sens comme si c'était hier, subtil mélange de réconfort et d'amertume, monstre de détachement et pourtant bien plus concernée qu'aucun autre de mes semblables ne le sera jamais.

Je fends le flot humain sans vraiment faire attention. Partout, du monde, sorti pour fêter l'éveil de l'été. Des lampions de couleur rouge et jaune parsèment, ici et là, les rues et les places comme autant de feux follets qui se balancent doucement, plongeant le monde dans une ambiance faite d'ors et d'oranges. Autour, les gens s'affairent, déambulent, mangent. Partout, des échoppes et des étals. L'odeur de la nourriture frite s'élève en vapeurs grasses et alléchantes, et il me semble presque qu'il n'existe plus rien d'autre en moi que ce désir ardent de brochettes de bœuf au fromage. L'eau à la bouche, je regarde passer devant moi un enfant qui porte à bout de bras une petite cagette et sa cigale à l'intérieure. Il me regarde, je le regarde. L'expression de contentement chaleureuse qu'il avait sur le visage s'efface progressivement, laissant la place à une incertitude croissante. Je le fixe, de mes yeux rouges et rudes. Il s'enfuit. Je pense qu'il a dû deviner que, l'espace d'un instant, je l'ai imaginé en brochette de viande géante, plongée dans le fromage et tout juste chaud.

Je renifle, reprenant conscience du monde qui m'entoure. Je déambule plus ou moins au hasard au gré de mon instinct. Quelque chose ne va pas. Toujours ce même sentiment qui me trouble. Ces six années, même passées à dormir, ont affecté ma façon de voir le monde d'une manière que je n'aurais jamais soupçonné avant. Je suis là, parmi eux, je suis
l'un d'entre eux et, pourtant, j'ai la sensation terrible d'être un étranger au sein même de sa propre espèce. Les gens passent devant moi, mais je les vois sans les voir, réduits à l'état de silhouettes et d'éclats de voix, de bribes d'expressions et de fragrances éphémères. L'éducation que j'ai reçu m'a appris à créer et offrir une image de moi-même aux autres, une façade artificielle pilotée à distance, de laquelle se détacher pour séparer ma vraie nature et mes pensées profonde de mes intérêts et mes ambitions. J'ai renié cette éducation, mais, aujourd'hui, j'ai de nouveau l'angoissante impression de ce décalage entre ce que je suis et le monde qui m'entoure.

Earthland a changé, les guildes ont changé, les préoccupations des gens ont changé. Oh, fondamentalement, c'est toujours la même chose, et à prendre du recul, ce n'est qu'un instant de poussière qui s'est écoulé, si on met de côté l'insignifiance de nos vies. Mais il aurait pu se passer un siècle entier que je ne me serais pas senti moins désorienté. Il y a Altiel, et puis c'est tout. Personne d'autre pour se souvenir, tout comme il n'y a personne à aller voir. C'est comme si j'avais été détaché du reste du monde pour me faire endormir et que, depuis mon réveil, je n'avais pas réussi a m'y raccrocher. Et c'était sans compter sans le réveil, et ce goût amer laissé sur la langue par des relents de fiel. En moi aussi quelque chose a changé. J'ignore quoi, mais j'en suis persuadé.

Seul dans ma tête, il y a trop de monde à mon goût autour de moi, incapable d'être tranquille. Mais j'ai faim, et cette odeur de brochette de viande au fromage revient à moi comme un destin impitoyable. Je passe ma langue sur mes dents, m'attendant presque à les voir s'allonger en crocs par habitude. Il faut que je dévalise ce foutu stand avant de dévorer quelqu'un. Je me mets en route, l'air sévère et intimidant, pour écarter les gens avec ma carrure de basketteur. Je l'ignore mais, à ce moment là, je viens de mettre un vent sans précédent à quelqu'un que je n'ai pas encore remarqué. En même temps, je veux bien être Prince, mais pas m’appeler Phillipe. Qui s'appelle encore Phillipe de nos jours ?

Je presse le pas et je parviens enfin devant mon désir frétillant de viande. J'agresse à moitié le type qui prépare à manger, et il n'a même pas le temps de me voir venir que je le perce avec mon regard de feu.

_ Hé toi ! J'ai faim ! Mets moi quinze brochettes de viande au fromage avant que je te dévore. »

Il me regarde comme si j'étais un alien. Je ne comprends pas. Peut-être mes pupilles qui se sont fendues l'espace d'un instant. Et là, c'est le drame.

Quelqu'un essaie d'arracher mon T-shirt. Surpris, je manque de partir en arrière et de me casser la figure. Je me rattrape en m'accrochant à l'étal du vendeur, et je regarde le truc qui est étalé au sol avec dans les yeux autant d'incompréhension que d'énervement. Une femme. Est-elle tombée ? Je l'ai poussée ? Ou bien est-ce possible qu'après six ans une groupie de ma tournée musicale avec Misto se souvienne de moi et tente de me violer ? My body is not ready, et le temps de me décider, elle s'est déjà relevée. Je fronce les sourcils, elle me dit quelque chose et elle connaît mon nom. J'ai encore un peu de mal à faire le tri dans ma mémoire, mais je me méfie un peu au cas où ce soit encore une fois un quiproquo entre Altiel et moi, à cause d'une sale histoire de jumeaux.

_ Euh... »

Pris au dépourvu, sa question me laisse pantois. Si je me souviens d'elle ? L'incongruité de la chose me frappe avec force. J'ai l'impression que ça fait des lustres que quelqu'un m'a posé cette question, comme s'il n'y avait plus personne pour remplir ce rôle dans ma vie. Je laisse traîner le rouge de mon regard sur son visage, je détaille ses traits, pour mieux me concentrer et me souvenir. Oui je l'ai déjà rencontrée, mais c'était elle sans être elle. Je me souviens, mais, ironie du sort, je n'arrive pas à retrouver son vrai prénom. Aurore, c'est tout ce qui me vient. Et le noir total après que l'autre mongole de dragonne m’ait mis par terre. En vrai, mes souvenirs sont un peu flous. J'ai l'impression d'avoir été violé pendant ces six dernières années.

_ Oui. Oui je me souviens. Enfin... Mimi. Oui, voilà. Ça va Mimi ? Ou alors... Sophie ? »

Un certain désappointement perce dans mon regard. Je ne suis pas très à l'aise. D'un certain côté, j'aurais bien préféré qu'elle ne me tombe pas dessus, mais en même temps...

Je chasse la confusion de mon visage pour reprendre mon air habituel. Un regard sévère et éloigné, presque intimidant. Je soupire.

_ Excuse-moi, j'ai du mal à me rappeler des noms. Et euh... »

Et puis quoi ? Je n'allais tout de même pas lui dire que mon esprit avait été anesthésié pendant six ans et que j'avais l'impression d'avoir de la compote dans la tête. Heureusement, le vendeur vint à ma rescousse, même s'il avait l'air un peu nerveux.

_ Et voilà chef, tes quinze brochettes plus un supplément pour ta copine. Cadeau de la maison. Ça fait 1500 joyaux. »

D'un mouvement du regard, je plante mes yeux jusque dans son cœur, assassin. Je lui tend la monnaie et je récupère ma nourriture. Manger, c'est la vie. Je me retourne alors vers Sophie et je lui tend le pot en carton tout gras d'où dépassent les piques en bois. Il y a une certaine indifférence dans mon ton, mais après tout, je ne sais pas ce qu'il se serait passé sans elle dans ce conte de gamin pourri gâté.

_ T'as faim ? » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Jeu 1 Mai - 15:21

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha
Il se souvient... ou pas. C'est dur à dire. Il dit que si, mais il ne se souvient pas de mon nom. J'ai l'impression que les ténèbres s'abattent sur mon crâne pour m'isoler de cette bonne humeur que je viens de gagner, cette joie d'enfin revoir quelqu'un que je connais autre que ceux du Conseil dont je croise chaque jour. J'ai envie de lui tourner le dos et de retourner à ma solitude, de faire comme si je ne l'ai jamais vu, mais il n'en est rien. Il me demande quand même comment je vais... même s'il se trompe de nom... à deux reprises. Au moins, il a gardé le "i" de mon prénom. Tant mieux, c'est déjà mieux que rien, mais en même temps je me sens mal. D'un autre, il est pardonné parce que le pauvre gars est tombé inconscient pendant tout mon combat contre la vilaine sorcière et qu'à mon retour avec la garde, il a disparu... tout comme elle.

Il s'excuse. Il a bien vu dans mon regard la déception la plus grande y refléter, ce mauvais sentiment qui s'empare de vous quand votre bulle est pétée, quand cette bulle-là vous a transporté dans une euphorie et une gaieté dont vous auriez gardé toute votre vie. Ce frisson de froid qui parcoure mes pores de peau, désagréable sensation qui pousse mon être à sombrer encore plus profondément dans l'obscurité. D'un bras, je me couvre la maigre nudité que je montre et d'un autre, je sers encore plus fort Monsieur Renard. Il faut que je dise quelque chose si je veux rester ici, il faut que je baisse cette tension que l'ignorance a provoquée dans l'air. Je force un sourire et je m'attèle à la tâche tout en me grattant discrètement la joue d'inconfort:

« Ça va... ça ira, je crois... »

Puis je me fais couper sec par le vendeur de brochettes. Je fronce les sourcils et souris amusée par sa remarque. Sa copine? Jamais, oh non... jamais j'ai été désignée comme telle dans toute ma vie. Amie, souvent, ennemie parfois, mais copine? C'est nouveau... et je souris. Ça y est, la vieille Sybi toute timide qui refait surface. Je n'arrive pas à le cacher, je n'arrive pas à le faire disparaître. Il me tend la boîte où de la nourriture pour une famille entière y repose. Je le prends d'une main, conservatrice de mon renard de l'autre. Dis donc, il est encombrant quand on veut se servir de ses deux mains... Je regarde autour de moi, puis sur moi... Quoi faire?

« Tiens-moi ça une seconde... »

Je lui tends la boîte en carton qu'il vient juste de me donner et quand j'en suis enfin débarrassée, je fous Monsieur renard dans mon décolleté. Bah quoi?... bah quoi? Je n'ai pas de poches et cette ceinture est beaucoup trop serrée pour que je sois en mesure de le mettre. Je reprends ensuite mon bien qu'il m'a offert et je dis avec un sourire en coin:

« Mais tu y étais presque... c'est Sybi, pour Sybilia. De toutes manières, je ne me souviens pas m'être présentée ce jour-là. »

De ma main gauche, je tiens la boîte et de l'autre, je pige une brochette. Je la regarde en me demandant si c'est aussi bon qu'on le prétend. Tenue du bout des doigts, j'amène la brochette à mes dents et je prends une petite bouchée pour y goûter. C'est bon mais... C'est chaud! Je tente de le cacher en gardant la bouche ouverte et à souffler dans le vide en tentant de ne pas recracher mon morceau de viande. Je mâche et j'avale avant de me retourner vers lui, sourire franc aux lèvres:

« C'est gentil de partager... Merci. »

Je ne parle pas que des brochettes, mais de partager ses côtés avec moi juste pour ce festival, partager son temps passé aussi avec moi. Voir de nouvelles personnes que je croyais à tout jamais perdue me fera du bien, un bien sincère. Je me suis sentie perdue, comme enfermée aussi en restant à Era et en n'ayant pas de nouvelles de qui que ce soit. Mais ce qui m'a le plus bouleversée, c'est d'avoir eu la nouvelle de Blue Pegasus qui a été portée disparue. Puis j'ai une interrogation qui me frappe l'esprit pendant que nous marchons et mâchouillons notre viande au bout d'un bâton. Devrais-je la poser, cette question? J'hésite, mais en même temps, ça pourrait faire la conversation et ça pourrait satisfaire ma curiosité... alors pourquoi pas?

« Que s'est-il passé quand nous sommes sortis du livre? Je veux dire: Je suis allée chercher des secours et à mon retour tu n'étais plus là... »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mer 7 Mai - 6:05

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LE CHANT D'ÉTÉ DES CIGALES

« C'EST UN PEU COMME UN RÊVE QUI NOUS COULE ENTRE LES DOIGTS. UN INSTANT ON S'EN SOUVIENT, CELUI D'APRÈS IL A FILÉ. ET SON EXISTENCE NE NOUS REVIENT QUE LE JOUR OÙ IL RESSURGIT, COMME SORTI DES OMBRES DU PASSÉ. »


« Une espèce de léger flottement s'installe, comme un silence mal à l'aise, tandis que je perçois dans le reflet de ses yeux l'éclat de ce qui semble appartenir à la déception. L'évidence de ma sottise me saute au visage et une petite voix me chuchote que j'aurais tout aussi bien pu la fermer. Heureusement, ça ne dure pas bien longtemps. Et puis une chose légèrement improbable se déroule tandis que je me demande si je dois y voir une quelconque signification. Elle replace un renard dans son décolleté, parce qu'elle n'a pas d'autre endroit où le mettre et, s'il est vrai que c'est astucieux, ça sonne dans mon esprit comme un message subliminal un peu pervers. Je fixe d'un air inquisiteur la peluche aux yeux dénués de conscience, je pourrais presque la voir me sourire d'un air scandaleux. Néanmoins je redresse le regard aussi vite, autant éviter un quiproquo vieux comme le monde. Je m'éclaircis la gorge, je suis vraiment nul.

_ Ahem, Sybi, j'y étais presque oui. »

Au moins semble-t-elle apprécier les brochettes. Une espèce de lueur de prédateur passe dans mes yeux quand je la vois en consommer une, de la
viande, et c'est sans attendre que j'en avale deux d'un coup. La sensation du gras, le chaud du fromage coulant et le rapeux de la viande bonne à croquer. C'est comme un viol dans ma bouche, mais un viol consentant. Mon cerveau bave pendant quelques secondes et je ne me rends même pas compte que j'ai décroché l'espace d'un instant.

Nous marchons un peu au hasard des rues, de place en place, entre ces gens venus profiter de la fête. La sensation étrange de ne pas appartenir au même monde s'est un peu dissipée, et j'ai oublié pour un temps le regard de la Lune posé sur nous. La ville s'est transformée pour l'occasion, faite d'éclats de lumière rouges, oranges et dorés, avec les arbres en fleurs et les chants et les danses qui animent le quartier un peu partout ici et là. J'étais en train de me demander si l'esprit de l'été existait vraiment, au même titre que les Grandes Bêtes qui m'accompagnent ou les lieux de nature d'Altiel, quand elle me pose une question sur le sujet qui allait inévitablement tomber un moment ou un autre.

Je ne réponds pas tout de suite, me remémorant les évènements qui s'étaient déroulés. Ils semblent lointains, comme le souvenir flou de quelqu'un d'autre, alors que pourtant il me manque six années de vie et que ça devrait presque être comme si c'était hier. Le simple fait d'y repenser agite en moi une certaine rancœur, j'avais encore en travers de la gorge ce simulacre de mariage et les "retrouvailles" avec la folle rousse psychopathe. Sans compter la panique de se demander où était Altiel et ce qu'il lui arrivait. D'habitude, j'essaie de contenir la violence qu'il y a en moi, mais là, le mioche a eu de la chance, car il se serait souvenu toute sa vie de la correction que je lui aurait administrée.

Je reviens à l'instant présent, elle va finir par croire que j'ignore ce qu'elle me dit. En réalité, je ne sais pas quoi lui dire. C'était un peu ingrat d'avoir disparu comme ça.

_ Je suis revenu à moi, et mon frère était là. »

Je regarde devant moi, les gens qui s'affairent. Je n'ai pas trop envie d'en parler mais, après tout, c'est un peu grâce à elle si je n'ai pas été dévoré par le dragon. A y repenser, il avait belle allure le conte, où la princesse high kick le dragon pour sauver le prince.

_ La folle rousse avait disparue et quelqu'un avait déjà emmené l'enfant pourri gâté qui s'était moqué de nous. Il a eu de la chance, en quelque sorte. »

Je suis neutre, avec cette sévérité sous-jacente qui transparaît habituellement. Ce n'est pas vraiment dans mes habitudes d'afficher d'une manière excessivement extravertie mes émotions.

_ Nous n'avions plus rien à faire là-bas alors nous sommes partis. De plus, il y avait beaucoup trop de mages et certainement que des agents du Conseil n'allaient pas tarder à débarquer après avoir reçu l'enfant, et il se trouve que je ne porte ni les uns ni les autres en haute appréciation. »

J'ignorais qu'en disant cela, je m'adressais en réalité au dit agent du conseil qui avait emmené le mioche. A l'époque, en plus, je craignais également de trop nous faire remarquer. Mais avec six années supplémentaires perdues, ça n'avait plus trop d'importance maintenant. Je m'arrête alors et je me tourne vers Sybi, avant de m'incliner vers elle d'une façon respectueuse, le poing gauche dans la paume de la main droite, à la manière dont on rend hommage aux ancêtres ou dont on exprime des remerciements formels.

_ Je n'ai d'ailleurs pas eu l'occasion de te remercier pour ton assistance. Merci. »

Je me redresse. J'avais de vagues souvenirs vaseux et incohérents après que j'ai été mis dans l'inconscience par la folle rousse. Ç'avait été proprement ridicule.

_ Qu'as-tu fait, une fois sortie du conte ? Tu étais déjà partie quand je suis revenu à moi. » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mer 7 Mai - 7:00

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
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Son frère, Altiel. Oui, je me souviens... En fait non. Cette soirée-là, je ne me souviens pas des invités mais du gamin. Je suis arrivée disons tardivement et j'étais distraite par la nourriture et ses propos quant à son histoire. Mais je me souviens d'Altiel. Je l'ai croisé dans le désert. Disons que comparé à son frère.... non. Il ne se compare pas avec qui que ce soit. Je me suis demandée ce jour-là s'il serait apte à vivre en société. Pris par une anxiété majeure, une folie qu'il n'arrivait pas à se débarrasser. Je me suis inquiétée pour lui et j'ai tenté de le comprendre. Rien à faire. Il est trop instable psychologiquement pour qu'il me soit possible de communiquer sur la même longueur d'ondes que lui.

Il évoque ensuite la rousse, la vilaine sorcière qui était interprétée par Enya. Si j'avais su à ce moment-là qu'il s'agissait de Taylor, elle se serait déjà faite coffrée et on m'aurait remerciée plus que ça. Pas que j'aie été déçue de leur manière de le faire, mais seulement cela n'avait pas été ajouté à mon dossier. Je suis passée par-dessus depuis le temps et je m'en veux d'une part de ne pas avoir arrêtée Enya. Si cela avait été fait, je n'aurais pas eu Kiyomasa à mon cou et passer à deux doigts de me tuer par strangulation. Dans ses yeux, j'ai pu lire qu'il avait Enya dans son coeur et que quelque chose se tramait entre les deux. Tant mieux si le pauvre type n'est pas dérangé au point de tuer une innocente parce qu'il n'a pas ce qu'il veut, j'ai encore foi en lui. Du moins, s'il existe toujours.

Puis, mon coeur se chagrine d'entendre la suite. Un autre. Un autre dont je devrai quitter en me disant que je ne pourrai plus le voir sans devoir enclencher des hostilités. Un autre à devoir oublier sur une liste d'amis déjà très maigre. Une autre déception de ce monde. Dire qu'en venant lui adresser la parole, je me serais attendue à en sortir la tête haute et le coeur rempli d'espoir. Mon coeur se contracte dans ma poitrine, mais mon visage reste de marbre. J'ai l'habitude de me faire rejeter de toutes façons, j'ai l'habitude de passer du temps seule ou à passer ma frustration dans un contraste aussi stupide que le sexe. Je suis stupide. Cette nouvelle vie, depuis que j'ai rejoint le Conseil me fait plus de mal que de bien. J'ai perdu Jerenn, mon meilleur ami, j'ai perdu tous les autres parce qu'ils se sont distancés de ma personne à cause de mon foutu badge et j'ai du mal à me faire des amis en dehors de ce foutu boulot à la con. Je suis frustrée et triste et j'ai envie de partir et de le laisser-là avec ses brochettes et de lui lancer mon renard au nez. J'en ai marre. Je fais l'hypocrite et ce sourire reste gravé sur mon visage comme si c'est ce que mon coeur reflète, mais en réalité il n'en est rien. Mon coeur est brisé, calciné depuis des années. J'ai eu espoir qu'il serait un phoenix et qu'il renaîtrait de ses cendres, mais je suis naïve, trop naïve.

Je regarde devant moi, les yeux remplis de larmes - parce qu'on ne peut pas retenir toute son âme de flancher- et je sens son silhouette s'arrêter soudainement. Il se tourne vers moi. Oh vite, sèche tes pleurs ma vieille sinon il va se douter. Il ne tarde pas et se penche avec respect. Hm? Je le regarde, du moins, le derrière de sa tête qui m'est pointée. Il me remercie. Il est franc, droit. Pourquoi déteste-t-il le Conseil s'il marche droit? Il doit avoir quelque chose dans cette histoire que je ne suis pas au courant. Je me sens touchée par son geste et ses paroles venant droit du coeur. Mon sourire véritable efface le faux, juste pour cette lueur d'espoir de quelques secondes. Je me connais. Je vais retomber dans cette noirceur triste dans les secondes qui suivront.

Et la question qui tue. Que faisais-je? Où étais-je? Mentir ou dire la vérité? Risquer de le voir fâché et partir ou le garder juste pour moi pour encore quelques minutes? Mon côté égoïste prend le dessus, mais cette fissure obscure dans mon âme m'empêche de mentir. Le violet de mes yeux croise ses écarlates billes. C'est difficile de lui faire face. Je ne le connais pas, je connais à peine son nom et son frère que je ne veux pas le perdre. Je me mords la lèvre inférieure de terreur. Mes jambes tremblent, mes mains deviennent moites. Allez, courage, il ne me reste qu'à ouvrir la bouche et à lui dire...

« Je suis désolée... je suis celle qui a amené le gamin aux autorités. J'ai intégré la soirée pour qu'on lui mette la main dessus. Je suis du Conseil de la magie... exécutante, pour être plus précise. »

Vas-y. Bats-moi, frappe-moi, tue-moi si tu en as envie, Monsieur Renard ne me protégera pas plus que cela. Je baisse les yeux, honteuse, triste encore et toujours. Rongée par la vérité. Que va-t-il faire? Est-il aussi impulsif que son frère? Ou bien est-il aussi droit qu'il le laisse paraître? Me donnera-t-il une chance comme l'a fait Kiyomasa? Ou me mettra-t-il dans le même bateau que tout le monde. Allez, vas-y et juge-moi comme tu le souhaites, mais ton geste ou tes paroles ne peuvent pas me détruire plus que ce qui est déjà détruit, Uriel.

« Avant de me détester, donne-moi au moins une bonne raison de le faire que je parte l'esprit tranquille si je dois partir... »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Jeu 15 Mai - 18:14

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Uriel Rudraksha

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LE PORTE BAGAGE

« ON EST BIEN, LA. C'EST CONFORTABLE ET ÇA TIENT CHAUD. »


« Quelque chose change. Avec la subtilité d'une saison qui passe. C'était inaperçu, au début, mais c'est comme si un fil venait d'être brisé, rompu par la tension qu'il supportait. Autour, l'ambiance détendue et presque insupportable de bonne humeur semble se faire plus distante, opaque, à la façon dont un voile se serait posé entre eux et le reste du monde, les mettant face à face devant la réalité des choses. Il fait comme froid, soudain, mais cela ne vient pas du fond de l'air frais de début d'été. Un monde passe, et j'ai la sensation terrible de reproche dans le regard de l'autre. L'espace d'un instant, j'en oublie même mes brochettes, mais l'odeur alléchante revient à la charge de mon esprit et je m'en ressert une paire avant de les avaler sans vergogne ni mesure.

_ Si tu manges pas tes brochettes tout de suite, elles vont refroidir. »

Un vieux malaise flotte vaguement ente nous, pendant une seconde ou deux. Aucun signe de moquerie, non, toujours ce pragmatisme à l'extême.

_ C'est pas bon, le fromage froid. »

Je me cure la canine avec l’extrémité pointue de la pique en bois. Ce que j'apprécie le plus, dans les codes très étriqués de la noblesse et les manières qu'on m'a apprises étant plus jeune, c'est de les violer sans vergogne ni scrupules. Oui, et je mange comme un goinfre si j'en ai envie. Aux cabinets la bienséance.

_ T'as pas à t'excuser d'avoir ramené le gosse. Enfant ou pas, s'il avait encore été là à mon réveil, je ne me serais pas gêné pour lui mettre la pire correction de sa vie. »

Je rejette un coup d’œil au renard qu'elle a là, planté entre les deux seins. C'est un peu comme la sentinelle de sa chasteté, et bon sang que c'est mal choisi.

_ Je suis pas débile non plus, je vais pas te coller une étiquette de haine sur le front juste parce que tu fais partie du Conseil. J'ai dit que je ne les aimais pas, pas que je les chassais à vue, te juger là dessus serait inadéquat. Et puis... Tu m'as juste sauvé d'un... D'un... Truc roux à écailles ? »

La seule vraie raison pour laquelle je n'appréciais pas réellement le Conseil, c'était parce que je n'avais pas envie d'avoir à faire à une quelconque forme d'autorité. Encore moins si celle-ci pouvait permettre à père de nous retrouver, bien qu'une décennie était passée maintenant, avec la stase temporelle. Évidemment, me faire recenser en tant que mage actif était une idée qui me déplaisait très fortement, et ce n'était pas demain la veille que je comptais me faire remarquer par les autorités magiques sur ce point, surtout quand on savait à quelles dérives ce genre d'organe est systématiquement sujet. Mais, surtout, il y avait Altiel, et ses esprits parfois ingérables, et ce n'était pas la première fois qu'il se faisait remarquer, nous forçant ainsi à changer très vite de lieu.

Cela dit, sa réaction m'intrigue. J'ignore exactement comment est organisé le Conseil, ce que ses membres font, leurs prérogatives et ainsi de suite, mais la manière dont elle m'a répondu me laisse à penser qu'elle a peut être dû subir une expérience précédente en rapport avec une relative animosité à l'égard du Conseil. Ou alors... Je fais si peur que ça quand je dis que je n'aime pas quelqu'un ?

_ Tu n'as pas l'air d'avoir en très haute estime le rôle que tu y tiens. Mais, si ça te dérange de parler de ça, on peut changer de conversation. »

Mon regard écarlate descend d'un cran, d'une manière totalement scandaleuse, mais tout ceci me perturbe. Je me sens presque
épié par cette créature du diable.

_ Par exemple, pourquoi tu as un renard entre les seins ? » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Jeu 15 Mai - 21:10

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha
Il change de sujet. Coq à l'âne. D'un bout à l'autre de la carte et mon cerveau tente de se mettre dans le contexte. Ah oui, les brochettes: ses brochettes. Il a raison, elles vont devenir froides si je ne m'empresse pas de les manger. Je ne tolérerais pas non plus du gaspillage de ma part. La nourriture c'est précieux et des brochettes offertes gratuitement, on les accepte et on les mange jusqu'à la dernière bouchée. Il me réveille de mon songe mélancolique et j'en attrape une moi aussi et la mange plus rapidement que les premières. Elle est de température parfaite, tiède. C'est consommable, pas parfait mais pas mauvais non plus. Mais pourquoi me faire remarquer les brochettes pour changer la conversation? M'a-t-il ignoré ou bien...?

J'ai ma réponse peu de temps après. Je l'observe se curer les dents du bout d'un de ses bâtons pendant qu'il... ah non je rêve ou il mate le renard? Non... le renard ou le décolleté? Je fronce les sourcils, mais je suis incapable de pousser mon expression jusqu'à l'accuser de cette perversité dévoilée au grand jour. Il ne veut pas que je m'excuse pour avoir ramené le prince. De toutes manières, de la façon dont il en parle, je lui aurais presque sauvé la vie en l'éloignant de ces gens qui devaient être enragés en sortant du conte. Et contrairement à Kiyomasa, il ne me saute pas à la gorge, il n'est pas méfiant non plus. Je soupire de soulagement, manquant de près de m'étouffer avec la bouchée que j'avalais en même temps. Ouf, ça a passé de près que je me ramasse à l'hôpital... Allez Sybi, reprends-toi, tu perds tes moyens pour des conneries pareil... Et puis, je ris un peu à sa difficulté à définir Enya à ce moment-là. Ce doit être encore embrouillé dans sa tête pour ne pas se rappeler de la Sorcière.

J'apprends à le connaître peu à peu et j'aime bien ce que je vois: Ne pas juger les gens pour ce qu'ils sont, sa générosité pour partager le plat du cuisinier qui m'était destiné et sa patience face à mon caractère disons, instable. Je mute. De jour en jour, d'année en année, j'ai muté avec le Conseil, mais il m'est encore difficile de l'accepter ou d'être comme ce à quoi ils s'attendent de moi. Mon corps ne le prend pas, ma conscience ne veut pas flancher. Je sais ce qu'on fait dans les cachots, je sais comment on les traite tous et c'est inhumain, mais pourtant, je tiens bon; à un fil, mais j'y arrive peu à peu. Si je pars, où irais-je? Qui voudrait d'une exécutante du Conseil parmi eux? Personne. Alors je reste à sombrer peu à peu vers le côté des tortionnaires. C'est difficile et pendant le processus, j'ai des descentes abruptes qui feraient croire à un psychologue que je suis bipolaire.

Puis, il tente de me faire révéler mes secrets auprès du Conseil, mais se désiste rapidement, croyant que ça me ferait du bien de parler d'autre chose. Il n'a pas tort. En fait, cela ne me dérange pas d'en parler, mais je sais tellement de choses qu'il ferait mieux que je les mette loin dans les tiroirs de mon cerveau si je ne veux pas me faire d'ennemis. En parler me ferait un bien fou, mais je suis trop hésitante. Décidément, il est complètement l'opposé de son frère.. sauf qu'à certains moments comme celui qui suit me rappelle qu'ils font partie de la même famille. Il parle de ce fameux renard qu'il n'arrête pas de regarder comme s'il est troublé par sa présence.

« Parce que j'ai besoin de mes deux mains pour manger ces brochettes et que cet habit traditionnel n'a malheureusement pas de poches. S'il te trouble à ce point, tu veux le tenir le temps que je finisse? »

Eh merde. Comme de fait, il glisse. Ma poitrine pas si gigantesque que cela n'arrive pas à le tenir en place. Une chance qu'il m'en parle sinon je l'aurais perdu au fin fond du costume... Les mains pleines, je pousse ma poitrine vers le haut avec mes bras dans l'espoir qu'il remonte, mais c'est le contraire qui se produit. Je panique. C'est la catastrophe... non, pas à ce point. Je prends ce qui me reste de brochettes dans mon plat et me les fout dans la bouche pour les tenir. Une poubelle tout près me fait signe de la chance qui me sourit et je lance la boîte dedans. Cette main encore bien propre entre dans mon décolleté et j'en tire le renard sans gêne, sans retenue, scandaleuse et je parle au renard:

« Ouf... j'ai bien failli te perdre Monsieur Renard... »


Puisque j'ai la bouche pleine de brochettes à ce moment-là, disons que ma phrase sonne plutôt comme ça:

« Ouf... Ai mien fahi he herde heusieur helahw.... »

Des brochettes dans la main gauche, un renard dans l'autre et la bouche encombrée par la nourriture, je ne sais plus où donner de la tête. Bon allez, un peu d'effort... J'ai deux doigts de libres. J'en profite pour tirer un bon coup sur les bâtons et ne garder que la viande et le fromage. Les joues remplies comme un écureuil je mâchouille et je fais le sourire le plus débile qu'il m'est possible de faire à Uriel: une vraie gamine. J'ai la bouche sale comme un enfant qui vient de manger une glace, mais je fais la débile, ça ne me dérange pas maintenant que la tension est descendue au plus bas. Puis j'avale tout ce que j'ai dans un son creux. Ouf... j'ai encore failli mourir. Mais avec cette boule de nourriture qui vient de descendre, je regarde ces deux autres brochettes qui me restent dans la main avec découragement. Tant pis... Au pire cette ceinture me lâchera après que j'aie tout englouti! Mais maintenant... Je fais quoi pour ma bouche? Les passants se moquent dans leur barbe, mais l'option la plus tentante est: Monsieur Renard. Je le regarde droit dans les yeux avant de le tendre sur le torse d'Uriel.

« Prends-le avant que je fasse une connerie et que je le regrette plus tard... »

Non, pas les manches, l'habit ne m'appartient pas. Et pas son chandail à lui non plus... Allez trouve-toi une idée intelligente! Tiens, ce kiosque a des serviettes au coin de la table que je m'empresse de prendre et de m'essuyer tout le gras qu'il m'a été possible d'accumuler sur moi. Puis je vois un kiosque de breuvages et je me tourne vers lui:

« Tu as soif? C'est ma tournée! »

Et c'est reparti pour de la bonne humeur... espérons que ça dure. Et puis, parler du sujet que nous avons parlé un peu plus tôt ne me dérange plus, mais je vais omettre les détails:

« J'ai de l'estime pour qui je suis. Cependant, mon rôle m'oblige à rencontrer toutes sortes de personnes de tous les caractères différents et je dois toujours m'attendre au pire. Je suis contente de voir que pour une fois, je croise une personne qui se base sur qui je suis et pas ce que je fais. Merci. »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Ven 16 Mai - 20:53

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Uriel Rudraksha

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LES MONTS DE LA LUNE

« LA DIFFÉRENCE ENTRE CE QUE JE FAIS ET CE QUE JE SUIS, CE QUE JE REPRÉSENTE ET CE QUE JE PENSE. C'EST COMME LES SUPER HÉROS, TU AS UN COSTUME, MAIS EN-DESSOUS, C'EST COMME TOUT LE MONDE : HUMAIN. »


« Je ne savais pas trop quoi penser. J'avais du mal à lui coller étiquette que je réservais habituellement au Conseil et à leurs membres, mais peut-être était-ce parce qu'elle ne portait pas l'uniforme et qu'il ne s'agissait pas, ici, de l'agent mais bien de l'humain ? Après tout, ce ne sont pas vraiment les exécutants les plus à redouter ou les plus répréhensibles, non. Je sais très bien comment doit marcher ce genre d'entité, contrôler la magie et réguler son usage est un poids formidable dans la politique, d'autant plus lorsqu'on possède une arme aussi terrible qu'Etherion. C'était la même chose à Bosco, l'usage de la magie était libre, en théorie, mais son apprentissage, son maniement, les artefacts et lieux de pouvoir étaient, comme ici j'imagine, l'objet de disputes intestines parfois violentes, mais surtout un outil de contrôle des privilèges permettant d'exercer un pouvoir non négligeable sur les roturiers et les gens de basse extrace. Je ne me fais pas réellement d'illusions pour le royaume de Fiore et son Conseil, d'autant plus avec toutes ces guildes de fous furieux. Jamais une telle chose ne serait laissée possible de là d'où je viens. Ce sont des foyers d'agitation et d'anarchie sans commune mesure, mais tant que cela ne me retombe pas sur la figure ou celle de mon frère, ce ne sont pas mes problèmes, d'un côté comme de l'autre.

L'explication que fournit Sybilia est radicalement pragmatique. Comique, aussi, car c'est ce moment là que la chose poilue choisit pour s'enfoncer d'avantage entre les deux monts de la lune, à en croire qu'il l'avait entendue. Dubitatif, je reste indécis dans ma réaction, sourcils légèrement froncés. Est-ce qu'elle attend de l'aide ? Est-ce que c'est une invitation à plonger ma main dans son décolleté pour récupérer le noyé ? J'essaie de m'ôter cette pensée de la tête et d'éviter de me sentir gêné. Bordel, c'est n'importe quoi. Elle remonte ses deux bagages en les pressant avec ses bras, et sa poitrine finit par engloutir la peluche en me laissant me demander comment je dois réagir face à toute ces masses bloblotantes en mouvement.

_ ... »

J'essaie de garder du mieux que je peux cette allure d'indifférence face au monde qui m'entoure et face à Sybi, mais j'ai un peu de mal devant sa gymnastique mammaire. Faisons comme si tout était normal. Elle marmonne quelque chose de bizarre, la bouche pleine de fromage. Finalement, elle réussit et à extirper la peluche, et à se goinfrer comme un ogre. Elle rigole, toute pleine de gras, et j'hésite sur la réaction à avoir. On dirait Altiel, l'espace d'un instant, dans cette indécence totalement naturelle. Je finis par me récupérer l'horrible représentation d'un renard dans les bras, et je la garde avec autant de maladresse que s'il s'était agit d'un enfant. Je la mets où moi maintenant ? Je ne suis pas une femme, je n'a pas de seins pour me servir de poche... Elle finit par s'essuyer avec une serviette volée sur une table et par proposer quelque chose à boire.

_ Avec plaisir, merci. »

Je me place derrière les deux ou trois personnes qui font la queue à cette échoppe roulante qui propose à boire. Je réfléchis à sa réponse. Il y a une subtilité qui m'accroche, mais je la laisse finir. Je ne veux pas paraître indécent dans mes questions, ni toucher à des choses qui lui sont sensibles, de la même façons que je n'apprécie pas dire d'où je viens aux gens.

_ Hm. Je vois. »

Un silence monocorde s'installe. Les gens devant nous rigolent, et pour une raison que j'ignore, leur effusion de bonne humeur me paraît déplacée. Ils partent, et une dame d'un certain âge nous sourit avec bienveillance, en nous demandant ce que nous voulons. Je lui demande un verre de saké, et je laisse choisir Sybilia avant de revenir sur le sujet.

_ Mais est-ce que tu as de l'estime pour ce que tu fais ? Je ne prétends pas savoir qui tu es, ni critiquer ce que tu fais, puisque je ne sais pas en quoi consiste ton rôle exactement, mais j'ai l'impression que tu t'attendais à une réaction de haine de ma part. Est-ce que les gens sont comme ça habituellement ? »

Je me retiens, j'ai failli tourner ma phrase d'une manière qui aurait fait comprendre que je ne suis pas du pays, à propos de mon ignorance sur l'image du Conseil. Après tout, ça ne fait que quelques mois que nous arpentons Fiore, mon frère et moi. Enfin, non, pas vraiment en réalité. Il y a eu six années opaques, et le peu que nous avions découvert a déjà changé. En fait, c'est un peu comme si nous n'étions jamais venus.

La vielle nous donne nos boissons. Je la remercie et j'avale une grande ration d'un coup avant de jeter le verre. Ça, c'est fait. Je sens la chaleur terrible monter dans ma gorge et dans mes joues. C'est comme une deuxième jeunesse.

_ De toutes façons, des soldats qui font de la magie, ça n'est jamais très bien vu. » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Dim 18 Mai - 3:28

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha
On fait la file: deux-trois personnes toutes au plus. Nous sommes silencieux. En fait, j'ai plutôt stoppé cette conversation avec mon manque de classe et d'avoir mangé toutes les brochettes qui restaient. Est-il fâché? Ou bien médite-t-il sur ce que j'ai dit? Tant qu'il est là, je pense que c'est bon signe. Si je l'embête comme je le pense, je crois qu'il aurait déjà déserté, alors je ferai mon possible pour ne pas bousiller cette soirée. Il commande du saké et je commande une bière. Il le boit plutôt rapidement alors que moi je déguste le breuvage que j'ai payé sans récupérer la monnaie. La femme a bien fait son boulot, alors pourquoi pas lui filer du pourboire? On se dégage de la file et il reprend la parole en répétant le sens de sa question. J'ai compris la première fois, j'ai seulement éviter le sujet comme tel en déviant sur quelque chose de semblable. Sauf qu'il s'en est rendu compte et il veut des explications, il veut une réponse concrète.

« Non, aucune. »

Je pourrais donner une explication, une excuse, une raison, mais il n'y en a pas qui puisse être valable. On a toujours le choix à quelque part, mais un choix mène à des conséquences. Si je quitte le Conseil, je suis au chômage, si je reste, je dois poursuivre sur cette voie qui ne me plaît pas. Je n'ai pas envie de ne rien faire, de ne pas être obligée de me recroqueviller dans le coin d'une ville à demander de l'argent des passants. Et si les gens sont haineux habituellement? J'ai pensé que mes propos auraient répondu à sa question, mais il semblerait qu'il veuille les détails, qu'il veuille peut-être même connaître l'origine de cette haine, cette colère qui anime ces gens que je croise. Je bois une gorgée et je le regarde pour répondre:

« Ils sont... agressifs, méprisants. Je suis une ennemie pour eux, un adversaire à réduire à néant. On me fuit comme la peste... ou on m'attaque comme si j'étais un violeur... C'est pénible comme personne ne peut imaginer. »

Et je reprends une gorgée comme si je n'ai rien dit. Il boit cul-sec et suppose qui nous sommes. Des soldats? C'est drôle. J'ai un rictus et je ris discrètement entre mes dents. C'est subtil, il est un peu rougi par sa boisson, mais il peut m'entendre... s'il arrive à bien distinguer ma voix à travers ce vacarme, il est fort, mais je m'en fous. Je ris plus pour moi que de lui. Je bois moi aussi cul-sec mon reste, écrase le verre de plastique et le balance dans une poubelle avant d'arrêter de marcher pour lui faire face. Je suis sérieuse. Je regarde le renard tenu maladroitement dans ses mains avant de le regarder droit dans les yeux.

« Nous ne sommes pas des soldats. Nous sommes des persécuteurs, des tortionnaires et des juges, Uriel. De nos jours, tout nous est permis pour arriver à nos fins, absolument tout. »

Torture, meurtre, vol, menaces et voies de faits. Nous sommes cruels, nous sommes injustes, mais si on veut mettre fin au mal, nous n'avons pas le choix de sévir et d'être sévères. Ils peuvent mentir en interrogatoire, mais on a le droit de les torturer jusqu'à obtenir la vérité. C'est cruel, mais c'est comme ça depuis quelques années. Après on se demande pourquoi mes proches sont limités. Je reprends la marche et je vois un kiosque de jeu. Mes yeux s'illuminent de bonheur et je me retourne vers Uriel et lui pointe le kiosque en question:

« Tu veux jouer avec moi? »

Ce jeu consiste à lancer un cerceau pour qu'il atterrisse autour d'une bouteille. Dépendamment de la couleur de la bouteille, la difficulté du lancer est variable. Les prix? Des peluches, encore des peluches. J'adore les peluches. Ça paraît, non? Ma main se faufile sous son bras et je l'agrippe pour l'attirer dans la direction du jeu.

« S'il te plaît? »

Yeux vitreux, sourire enfantin, je suis presque en train de le supplier pour qu'il se joigne à moi.
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Lun 26 Mai - 20:54

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Uriel Rudraksha

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DANS TES FESSES

« APRÈS TOUT, C'EST PAS COMME SI C'ÉTAIT INTERDIT. »


« Les mots coulent comme un aveu dévoilé tandis que l'ambiance se teinte d'un éclat subtil de sinistre alors que je me dis que, peut-être, il aurait mieux valu rester sur le chemin pavé et bien dégagé des banalités que d'emprunter cette voie hasardeuse sur laquelle nous étions engagés. Quelque chose me dérange, dans la manière dont elle dit ça, presque comme si c'était devenu normal, une banalité dans le mépris. Intérieurement, j'hésite, entre la vision presque gouvernementale autoritaire que le Conseil dégage dans ses mauvais moments, et cet aperçu de l'humaine derrière le masque qui est comme tous les autres : un être vivant. Mais c'est aussi pour cette raison que j'ai toujours pris soin de rester éloigné de ce genre d'autorité. Autant qu'ils ne savent pas que j'existe, moi et, surtout, mon frère.

Puis elle se tourne vers moi, et la profondeur du regard qui m’atterrit dans la figure me refroidit aussi fortement qu'une claque. Ses paroles, elles sont terribles. J'essaie de paraître insensible aux vérités qu'elle dévoile, mais intérieurement, je n'ai pas besoin de douter de la véracité de ses propos pour la croire sur parole. Mon cœur s'emballe, un peu d'adrénaline relâché dans le sang, et je me demande, alors, jusqu'où elle serait capable d'aller pour le Conseil. Et je ne peux m'empêcher de la voir comme une potentielle adversaire, un jour, pour une quelconque raison, si à l'avenir nos destins devaient nous faire se croiser de nouveau pour de mauvaises raisons. Je frissonne, je ne réponds pas.

Elle propose alors un jeu, d'une façon si naturelle, sans transition, j'en viens presque à me demander si elle s'en rend compte, lunatique dans son comportement. Je fronce les sourcils. Un foutu jeu à la con. J'ai chaud, en plus, à cause du saké, et, bordel, une autre bouffée de chaleur envahit mon visage et mon cou quand elle me prend le bras. Voilà, c'est officiel, les autres nous dévisagent comme un couple. Je regarde monsieur Renard, écrasé dans ma main gigantesque par rapport à lui. Il me renvoie un regard vide et dévoile, les yeux cousus sur le corps. C'est sinistre, en quelque sorte, ce genre de peluche, mais elle semble vraiment attachée à faire une partie. Je grogne, indécis. En fait, je ne sais pas quoi répondre, ce n'est pas trop mon genre de truc, mais je n'ai pas vraiment de raisons de refuser.

_ D'accord... Si tu veux. »

C'est un jeu bizarre, le type qui tient le stand a une voix grasse et forte qui résonne dans ma tête comme un coup de tonnerre. Insupportable. Il faut lancer les anneaux sur des bouteilles, des gens jouent vraiment à ce jeu ? Je regarde d'un œil sévère le gars qui nous tend les cerceaux. Je parie qu'ils sont truqués. Et le verre de saké cul sec ne va pas aider à viser correctement. On a cinq anneaux chacun. Tant pis, je les lance tous en même temps et on verra bien. Les bouteilles sont alignées devant les peluches, et deux énormes nous font face : un hippopotame bedonnant et un grizzly qui hurle, caricature du vivant.

_ Pfeuh, je vais te battre. »

Je vise approximativement. Un œil fermé, la langue à moitié sortie, un cerceau rose dans la main droite. Je tire, d'un mouvement vif, mais je ne contrôle pas ma force et le cerceau, plus lourd que ce qu'on pourrait croire de prime abord, fonce comme une bombe sur le haut d'une bouteille et la fait vaciller. Elle tourne à moitié avant de finir par tomber et se briser sur le sol dans un fracas d'enfer. Presque instantanément, le type du stand fronce les sourcils, sourire évanoui.

_ Tss. Fillette. »

Ce truc m'énerve, j'utiliserai bien la magie, mais ça serait grillé d'office. Et puis aucune des Grandes Bêtes ne ferait ça. J'en lance un autre, qui rebondit et tombe sur le côté. Le sourire du type revient, il fait un commentaire qui se veut rigolo, mais je sens au fond sa satisfaction de mon échec. J'ai envie de lui briser les testicules. Je jette un coup d’œil à Sybilia, comme pour vérifier si elle regarde. Puis je retourne la tête vers le type du stand, une petite fille détourne son attention en lui demandant une peluche. Il commence à lui expliquer qu'il faut d'abord lancer les anneaux. Intérieurement, je souris. En une fraction de seconde, mon bras s'allonge et je pose les trois anneaux restants sur la bouteille la plus difficile à atteindre. Trois cent points d'un coup. Tant pis pour lui, c'est pas écrit que la magie est interdit. Ah ah, plus qu'à attendre de voir sa tronche pour réclamer mon prix. Je me retourne vers ma compagne, un sourire triomphant sur le visage. Aucune idée de si elle m'a vu, mais c'est drôle alors tant pis.

_ Voilà ! » »
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