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Violette écarlate
 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mer 28 Jan - 23:29

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Je revois le doute reluire dans ses yeux, son dégoût sur son visage, cette envie de me marteler de coups alors que nous étions sensés faire équipe contre Ajatar. C'était cette voix en écho qui a tenté de manipuler Damaz à se retourner contre moi. Ce frisson d'horreur qui a parcouru ses pores de peau à la vitesse de l'éclair lorsqu'il a fallu qu'on se mette dos à dos pour contrer la menace. Il ne me connaissait même pas et il éprouvait autant de haine et de rage envers moi que j'en avais le coeur brisé. Est-ce que tout le monde juge une personne sur ce qu'elle fait et pas sur ce qu'elle est? C'est en regardant Uriel que je me dis que le monde n'est pas totalement perdu. Je suis peut-être naïve de croire en lui, mais au moins il a pris la peine de me donner une chance, de mettre mon statut de mage du Conseil de côté et de passer une soirée avec moi.

Je rafle de rire à nouveau quand il traite Kyumizu de déficient. C'est vrai que si le gars voit tout ce qui se trouve autour de lui comme un démon, il y a un problème entre ses deux oreilles. J'arrive pas à croire qu'un gars aussi ignare que ça, aussi problématique psychologiquement puisse exister. Normalement, j'aurais pris pitié et j'aurais tenté de l'aider, mais il va clairement trop loin dans son délire. Tuer des gens en donnant une raison qui vient du fond de son cerveau et dont personne n'a jamais entendu parlé, en traitant quelque chose de probablement inexistant de démon... C'est désespérant, c'est... aberrant... Je veux dire... wow... mais dans le mauvais sens du terme.

« Pauvre fou quand même... ça m'exaspère de savoir que ce gars-là se balade sans prescription médicale... »

Je ne cherche plus à comprendre. Ça sert à rien de vouloir se casser la tête avec un type comme Yoite. Uriel me parle de son épée. Il m'assure qu'il arrive à tuer même sans son arme. Rien de bien rassurant, mais quand même, s'il ne l'a pas, il doit être déstabilisé en quelques sortes à se battre comme un brocoli bouilli... Elle est faite de maginium pur... mais c'est quoi du maginium? On fait des magnums avec ça? Et ça change quoi d'une épée ordinaire? Je veux dire, ça doit trancher de la même façon, non? Je me gratte la joue d'une main et caresse la patte de Gangsta Grizzly de l'autre. J'avoue être un peu embêtée vu que j'y connais rien en métal...

« Ça veut donc dire... qu'il a décidé de mettre toute la fortune de ses parents... sur une épée, c'est ce que j'en déduis? »

Enfin fortune... on ne connait même pas le passé de ses parents pour parler comme ça. Il n'a sûrement pas travaillé à un boulot super payant vu comment le type est jeune... Uriel s'explique sur sa manière de "souhaiter" la mort à Yoite. C'est comme si d'un sens il se sent désolé de penser comme ça, mais d'un autre il a cette hargne à un point tel qu'il en veut à sa peau... et c'est correct de penser ainsi... mais pas trop souvent. Il me dit qu'il aurait laissé Yoite avec un trou béant dans le corps... Je trouve étrange tout de même qu'il ait survécu à une telle chose si on entend encore parler de lui... Je prends une position pour réfléchir. Qu'est-ce qui aurait bien pu le sauver si ça a été le cas? Je veux dire, perdu au milieu d'une forêt, tenter de s'envoler avec le thorax en décomposition, c'est clairement pas la meilleure condition pour voler...

« T'en fais pas... On a tous souhaité la mort de quelqu'un un jour. C'est normal de penser comme ça, il suffit de ne pas toujours penser comme ça... comme cet abruti de Kyumizu... »

Je souris pour essayer de le rassurer et d'apaiser ses remords. Du moins, c'est ce que j'ai l'impression qu'il en dégage. À parler à un agent du Conseil concernant un voeu de mort chez quelqu'un, c'est certain qu'on doit pas être bien avec la situation. Ça m'est arrivé aussi et ça m'arrive encore de souhaiter la mort... Cobra... Enya... ils ont fait du mal à beaucoup de gens et à les voir aller, ils sont impardonnables et il est impossible de les voir sur le chemin de la rédemption... Ils pensent qu'à se venger et à tuer tout ce qui bouge. Je soupire en me demandant à moi-même: comment ai-je pu tomber amoureuse de ce type? C'est un des pires de Earthland et je me suis laissée emporter par des émotions aussi stupides. Je secoue la tête. C'est pas le moment de repenser au passé...

Uriel poursuit sa description concernant Yoite en disant qu'il se gonfle d'orgueil et de paroles dont tout le monde se fout. C'est le genre de combat que je déteste le plus... pourquoi un gars peut-il pas se concentrer sur les coups qu'il donne? Je veux dire, c'est fatigant que de toujours l'entendre parler on dirait qu'il est pas sérieux quand il se bat! En plus, ce genre de gars-là laisse plein d'opportunités de les tuer, plein d'ouvertures. C'est pathétique, ils se rabaissent eux-mêmes juste à parler sans jamais se taire. Juste à y penser, j'en ai mal au crâne. Il aurait lu directement en lui... magiquement comme il dit. D'abord il y a son bras qui s'allonge... puis le fait qu'il puisse lire magiquement les gens.

« Décidément, ta magie est pleine de surprises! J'arriverai jamais à la comprendre... mais ton bras qui s'est allongé me perturbe encore! Ha! Ha! »

J'ai changé de sujet et ce n'est pas vraiment voulu. Ça m'a échappé, il est tard. Peut-il m'apprendre autre chose sur lui?

« Sais-tu si ce gars a peur d'autre chose que de sa mère? »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Lun 23 Fév - 21:26

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Uriel Rudraksha

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« L'IGNOMINIE INSCRITE AU FER ROUGE À MÊME SON ÂME. LA MORT ELLE-MÊME N'EN A PAS VOULU »


« Sybilia ne semblait pas offusquée plus que ça de savoir l'élan meurtrier qui m'avait envahi lors de ma confrontation avec ce Kyumizu. En réalité, elle était même compréhensive. Je m'attendais à ce qu'elle fronce au moins un peu les sourcils, mais à vrai dire, je crois tout simplement qu'elle pense comme moi : il est triste de devoir en arriver là, et prendre le parti de juger une vie pour décider d'y mettre un terme est une décision très lourde, mais c'est parfois un mal nécessaire.

Et puis elle fait un commentaire sur ma magie. Assurément, elle n'est pas facile à comprendre sans explications, et je lâche à mon tour un commentaire en réponse :

_ Moi-même je ne suis pas certain de comprendre vraiment comment elle marche, alors... »

Je réfléchis quant à sa dernière question, mes yeux voient sans le voir l'affiche de recherche du criminel dans le journal que j'ai acheté. Non, il n'y à rien d'autre à ma connaissance. Rien d'autre qui n'ait encore suffisamment d'emprise sur lui.

_ Ça et l'entité spirituelle collective qui représente la Mort. Pour le reste, je ne sais pas, mais quelque part j'espère qu'il ne se rendra pas le jour où il se fera avoir, et qu'il se fera alors tuer. Ça rendrait service à tout le monde et personne ne le regrettera. »

En fait, je pourrais lui montrer, tout simplement, l'apparence de Yoite, son allure en combat, l'apparence de sa mère et tout le reste, grâce à ma magie de métamorphose. Mais ce serait briser l'essence même de cette magie, utilisée pour tromper et manipuler, décevoir et surprendre. Sa force réside dans son secret.

_ Vous allez faire comment, au Conseil, pour le retrouver ? Je veux dire, c'est pas juste un type à qui il suffit d'envoyer des gardes. C'est vrai que vous avez des assassins d'élites pour ce genre de cas particulier ? »

Évidemment, une telle chose, si elle était vraie, Sybilia ne risquait pas de la lui révéler. Déjà, si elle réussissait à lui obtenir l'accès aux dossiers sur Ajatar Virke, il pourrait s'estimer heureux. C'est pour cette raison qu'il gardait l'épée de Kyumizu et son sang en atout. Après tout, il n'était pas stupide au point de tout donner maintenant.

_ Tu veux qu'on convienne d'un rendez-vous pour échanger l'épée contre les informations, si tes supérieurs sont d'accords ? Je risque de repartir sur les routes dès demain ou après-demain. » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Jeu 5 Mar - 2:05

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Quand je fais mention de sa magie, Uriel lui-même n'est pas certain de comment elle fonctionne. J'arque un sourcil et je me mets à rire. Je ne sais pas s'il est sérieux ou s'il dit ça pour éviter que je pose d'avantages de questions sur le sujet. Je ne saurais dire étant donné que c'est la première fois que je passe autant de temps avec lui. Dire que la toute première fois, notre rencontre s'est résumée à... quelques minutes à peine. Son rôle était de me sauver de la vilaine sorcière et en fait, ce fut du revers de la main qu'il a été expulsé du combat. J'ai à peine compris qu'il s'agissait d'un prince du conte et d'entrevoir son visage. Et puis... je pense à son frère et la dame des arbres qu'il a invoquée dans le désert pour me raconter une devinette.

« J'aurais pensé que ton frère et toi auriez une magie semblable mais effectivement, je n'arrive pas à faire de lien quelconque... »

Enfant unique, j'ai toujours cru que les frères et soeurs auraient des magies semblables... et encore plus des jumeaux. Apparemment, je me suis toujours trompée sur le sujet. Je me souviens qu'il avait utilisé une invocation longue comme mon bras avant que la créature verte fasse son apparition. J'ai été capable de répondre à la chose et elle est repartie aussitôt. Du coup, je me suis demandée à quoi l'avoir invoquée lui a-t-il servi? Il me révèle que la Mort Noire a peur non seulement de sa mère, mais de l'entité qui représente la Mort. Il continue sur le sujet qu'il serait mieux mort et que personne ne le regrettera. J'affiche un sourire triste. Ça me rend triste de constater qu'on ne peut pas sauver tout le monde de la peine de mort, mais bon, c'est la douloureuse vérité de la vie. Il me demande quant aux assassins d'élite du Conseil. Je lui fais un clin d'oeil.

« Qui sait? »

Je ne sais pas pourquoi, j'aimerais que ce soit moi qui le retrouve, qui le pourchasse et qui lui fasse payer tout ça. Étant donné que c'est moi qui ai obtenu les informations, il serait normal que je sois celle qui le pourchasse, non? Enfin, les décisions ne me reviennent pas. Je devrai faire avec ce que le Conseil décidera des informations que je leur donnerai. Uriel me demande un rendez-vous pour remettre l'épée. J'hoche la tête et je lui souris.

« Oui bien sûr on pour- »

Un bruit violent m'empêche de finir ma phrase brusquement. Ma tête se tourne vers la fenêtre où je vois trois hommes entrer de force dans une demeure. Et bien, ils ont pas de chance que je sois dans le coin. Je me lève soudainement et je suis prise d'un vertige qui me force à me tenir la tête et la table pour me soutenir.

« C'est la fatigue je crois... mais je dois aller voir ce qui se passe. »

Je ne sais pas s'il tentera de m'aider sur le coup, mais je pose ma main sur le tête de Gangsta' Grizz pour lui dire rester sagement bien assis. Je crois le regard de l'adolescent qui m'a servi mon thé pour m'assurer qu'il jette un oeil sur ma peluche et me rends jusqu'à la demeure. Adossée au mur, je m'apprête à y entrer et m'assurer de la sûreté des enfants avant de bondir sur ces abrutis...
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mer 25 Mar - 14:48

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« YOLO LES GARS, ÇA VA CHIER »


« Elle ne me répond pas vraiment, donnant une réponse sur le ton de la rigolade. Je ne lui poserais pas plus de questions sur le sujet. Je me doute bien que c'est quelque chose de sensible, et le savoir ne peut qu'apporter le danger. Si ça se trouve, elle même ne saurait répondre avec certitude à cette question. Néanmoins, je ne me fais pas d'illusions. À Bosco, le contrôle de la magie passe par ce genre de moyens également. S'assurer que les mages restent dans les lignages nobles, ce n'est pas qu'une question de mariage, et la magie va et vient comme elle veut. Son apprentissage est un privilège, réservé aux cinq pourcent qui contrôlent le pays. L'assassinat un moyen de contrôler ce privilège.

Néanmoins, il y a autre chose qui vient perturber notre conversation. Dehors, dans la nuit, il semblerait que des gens peu scrupuleux tentent de pénétrer par effraction dans une demeure. Je hausse à demi un sourcil, stoïque. Est-ce que je suis en train de rêver ou bien ce sont des amateurs qui font ça au vu et au su de tous ? Casser une porte devant un café ouvert, c'est pas spécialement intelligent. Quand je dis que la santé mentale des habitants de ce pays va mal...

_ Euh... »

Mais déjà, Sybilia est partie en trombe, à moitié chancelante, tandis qu'un gros « WTF DID JUST HAPPENED ? » résonne entre mes pensées. Le sang bat un peu plus fort dans mes veines tandis que j'hésite, ne sachant trop que faire. C'est pas vraiment mon problème, ce genre d'actes, même s'il est difficile de l'ignorer alors qu'il se déroule juste sous mon nez. Je me lève avant de suivre le même chemin que Sybilia d'un pas rapide. Elle n'a pas semblé en très grande forme, peut-être la fatigue étant donné que tout à l'heure elle semblait très bien dans notre combat. Par respect pour elle pourtant je vais agir et ne pas me contenter d'attendre comme j'aurais probablement fait autrement.

Je la rejoins alors qu'elle est adossée au mur. L'adrénaline coule dans mes veines et m'excite. La tension de la chasse est dans l'air comme une odeur de sang. Je contrôle ma respiration pour rester calme, mais je lui fais signe en silence que je suis derrière elle. Je ne peux pas vraiment la laisser partir toute seule, non ? J'ai laissé l'arme de la Bêtise Noire dans le café, mais je n'ai pas oublié la mienne. On n'a pas spécialement besoin de se battre contre eux, il suffit de les faire flipper un peu, mais Sybilia semble prête à leur sauter dessus comme une vraie lionne. Le problème, c'est qu'elle semble aussi redevenir Aurore pour vouloir dormir. C'est peut-être présomptueux, mais son état n'est pas complètement au top, et c'est souvent ça qui peut amener une erreur fatale.

Sans crier gare, je lui passe devant sous le nez, avec sur le visage l'air renfrogné d'un type qui était bien au chaud et assis à discuter et qu'on vient d'emmerder sévère. D'un coup de pied dans la porte pour la faire pivoter brutalement sur ses gonds, le fracas qui s'ensuit annonce la couleur. Dans l'obscurité de la pièce se découpe le rectangle argenté de l'embrasure de la porte, à cause du reflet de la lune, et dedans mon ombre en contrejour, ou plutôt contrenuit, qui projette son vis à vis sur le sol. Ma silhouette est complètement noire et à mon côté mon épée prête à sortir. Seulement l'espace d'un instant, dans mes yeux, la lueur argentée de la lune éclaire, pour que ceux qui sont à l'intérieur comprennent bien leur douleur.

_ Bon ça suffit les amateurs, tout le monde dehors avant que je m'énerve sinon ça va chier. » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Mer 1 Avr - 22:13

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Violette écarlate
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Appuyée contre le mur tout près de la porte d'entrée, je me concentre pour garder ma motricité stable et éviter de montrer mes faiblesses. Uriel est juste derrière moi et ça me rassure. J'hoche la tête et je souris. Alors que je m'apprête à foncer, il prend les devants. Armé de sa lame, il menace les fouteurs de trouble. Son expression me fait rire. Même s'il me paraissait bien élevé les minutes qui précède ce pépin, en ce moment il me parait comme un gros barbare mal élevé... mais je ris derrière ma main appuyée contre ma bouche pour éviter de faire du bruit. J'ai envie de participer à ces conneries... mais en même temps il y a des enfants à l'intérieur. Je soupire, me gratte la tête et souris en coin.

« Roh et puis merde! »

Si ces enflures sont entrées comme ça, ils ne venaient sûrement pas pour les enfants, mais pour une dette de quelque chose... ou pour simplement voler. Et si ces enfants sont en danger, j'aurai toujours le support d'Uriel. S'il a fait les premiers pas jusqu'ici, c'est qu'il me suivra jusqu'au bout, non? Au creux de ma main, l'épée naît et mon accoutrement aussi... tout comme ma coiffure. Je tourne l'épée de côté pour que le côté tranchant soit vers le haut et la fait taper dans mon autre main comme s'il s'agissait d'une batte. Je prends un air style pirate qui a du mal à voir et qui passe son temps à regarder au bout de sa nuque en plissant des yeux. Ma voix s'élève un peu plus rauque qu'à l'habitude:

« Alors Averell tu penses qu'ils en valent la peine ces abrutis? ON VOUS A REPÉRÉS! RENDEZ-NOUS NOTRE POGNON! »

Je tiens ma lame vers le haut, tirant un crissement pas possible avec le plafond. Le plâtre me tombe dessus. De ma main droite, je me couvre la bouche pour m'empêcher de rire. Je descends mon bras pour l'empêcher de faire plus amples de dommages à la maison. Je me mets en marche dans les couloirs en tentant de repérer des bruits. Un pas, puis un autre... un chuchotement. Je tourne le coin pour aboutir près d'une pièce éclairée faiblement. Est-ce que cette maison est vide au final et je me suis faite avoir? Peut-être que ces gars-là ont simplement oublié leur clé de maison et le seul moyen d'entrer a été de défoncer la porte...? Non. Absolument pas.

« Vous pensez vraiment que le pognon des autres va rembourser votre dette? BANDE D'ENFOIRÉS MONTREZ-VOUS! »

Et je fais semblant de me fâcher en fracassant une table avec mon épée et un cadre au passage. Je gueule sauvagement:

« DÉPÊCHEZ-VOUS! MON ARME PEUT PLUS ATTENDRE POUR VOUS ENCULER! »

Je vois une silhouette au loin traverser le couloir à la course. Je m'empresse de le rejoindre et au passage, je me prends un coup de poêle en plein visage. J'atterris durement au sol, le crâne en douleurs d'être entré en contact avec le plancher. Une femme apparait au-dessus de moi, arme en mains prête à frapper une autre fois. J'esquive de justesse en roulant jusqu'au mur. Elle tente de frapper une autre fois, mais j'esquive et me faufile derrière elle. Main sur la bouche et l'autre bras lui immobilisant son arme derrière son dos. Elle n'arrive plus à bouger. Je lui chuchote à l'oreille toute la vérité et lui demande où sont partis les types. Elle lève le bras dans une direction... exactement ma prochaine destination.
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Lun 27 Avr - 21:15

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VIOLETTE ÉCARLATE

« GRIZZLY GAROU »


« Au fond, je n'avais pas vraiment une âme de héros, ni l'intention particulière de venir jouer les sauveurs. Je n'ai pas la légitimité d'un agent du Conseil ou même de la garde, et encore moins l'arrogance des guildes. Sybilia n'aurait pas été là que j'aurais très probablement laissé couler les choses. Mais la laisser faire en regardant n'aurait pas spécialement été la chose la plus pleine de tact que j'aurais pu faire, d'autant plus considérant que je possède le pouvoir de la magie et un entraînement martial respectable. Néanmoins, si dans l'idée j'avais surtout l'intention de faire fuir les fauteurs de troubles, c'est une stupéfaction inattendue qui se peignit sur mon visage à la vue de Sybilia qui imitait... Qui imitait... Un pirate ? Un grizzly mal léché ? Si je ne l'avais pas su de mon côté, j'aurais très probablement pris peur moi aussi et je serai parti sans demander mon reste, mais là, la façon dont elle brisait le mobilier paraissait en décalage total avec la situation. A un point où je me demandais si elle avait pris de la drogue. Peut-être que le garçon de café avait mis quelque chose dans son verre en espérant que je parte assez tôt pour qu'il vienne s'emparer de sa victime par la suite.

Ma seule réaction fut une inaction stupide avec une bouche à demie ouverte, en regardant Sybilia démolir le hall d'entrée en tenant des propos qui me dépassaient totalement. Est-ce qu'elle connaissait vraiment ces gars là ? J'entrais à la suite de Sybilia, mais je restais dans le petit vestibule, n'osant m'approche plus que ça.

Et puis le coup de grâce, où la maîtresse de maison assomma à demi Sybilia avec une poêle. Je sais que c'était relativement mesquin de ressentir ceci, mais quelque part j'éprouvais un certain soulagement de voir qu'elle venait de remettre les idées en place de mon compagnon d'arme. Je pris peur l'espace d'un instant lorsque Sybilia s'empara d'elle, mais elle ne fit rien de plus méchant. Seulement, elle semblait partant pour les poursuivre et leur faire la peau jusqu'à l'autre bout du monde.

_ Euh... Peut-être qu'on devrait simplement appeler la garde, Sybilia, non ? Je veux dire, ils sont partis, et honnêtement je ne pense pas qu'ils reviendront de sitôt. Ils ont dû avoir... Peur. »

C'est étrange comme, juste après avoir vu cette « démonstration », je prenais des précautions dans l'usage de mes mots, juste au cas où. Peut-être que je ne suis pas le seul à être influencer par la pleine lune dans mon comportement et mon mental. Peut-être est-ce qu'elle était... Une grizzly garou ?

_ Madame, veuillez nous excuser je vous prie pour la gêne occasionnée. J'espère sincèrement que vous n'en tiendrez pas rigueur à ma partenaire ici présente. Il est tard et le danger et la fatigue ont vite fait de prendre le dessus. »

Sur son visage, les éclairs dans ses yeux ne voulaient surtout dire qu'une seule chose : qu'on dégage. Et vite fait.

De plus, je doutais fortement que Sybilia ne soit en état de faire un combat. Même avec une bonne expertise martiale et un appui magique, il suffisait d'une seule erreur pour mourir, et la fatigue était traîtresse.

_ N'est-ce pas, Sybilia ? »

Quelque part, c'était un peu ce que j'avais toujours reproché aux guildes, cette espèce d'ingérence naïve dans les affaires des autres, bien que parfois - comme ici - ce fut nécessaire, mais surtout la propension de dégâts monstrueux causés par un inévitable « on fonce dans le tas et on démolit tout. » »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Jeu 30 Avr - 0:57

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

Le voilà! Je te tiens sale ordure! Sauf que y'a encore mon épée que je viens de ramasser vite-fait. Elle se coince dans le cadre de la porte. Mon poignet se tord, je relâche l'arme dont le manche m'arrive dans le ventre, me faisant presque vomir mon thé sur le coup. C'est horrible comment toute ma manoeuvre me retombe dessus comme si j'étais une débutante. Je me retrouve à nouveau sur le dos. Je fais disparaître cette arme de malheur et les malfrats prennent la fuite. Bien joué sale idiote... et maintenant quoi? J'ai détruit une partie des biens des propriétaires, j'ai fait une folle de moi et je n'ai pas réussi à attraper les affreux qui courent comme des gazelles dans la ruelle juste derrière pour sauver leur peau. Puis y'a Uriel qui grille ma couverture... Il n'a pas compris. Il n'a pas compris qu'il fallait qu'on utilise des noms bidons pour éviter qu'on se fasse poursuivre par la dame armée de sa poêle.

« La... la garde? »

Je suis sonnée encore un peu et j'ai mal au front et au ventre. Appeler la garde? T'as raison... c'est peut-être une meilleure idée que de voir mon malheur m'écraser à nouveau aussi lamentablement qu'il vient de le faire. Je suis intervenue parce que j'ai cru que c'était la chose à faire. La garde est un peu plus éloignée et serait arrivée un peu tard pour sauver la pauvre dame des voleurs... mais est-elle si innocente que cela? Armée de sa poêle, elle m'a tout bien l'air d'être en mesure de se battre contre une armée de moustiques sans broncher. Vous avez vu ce gras qui pend de ses bras quand elle fait aller son bras de gauche à droite? Ça bloblote d'une horreur que j'aurais préféré ne jamais avoir vu de ma vie. Et puis, tant mieux s'ils ne reviennent pas, c'est le but de la chose. Qu'ils repensent à deux fois avant de s'incruster chez les gens en pleine nuit cette bande d'amateurs...

« T'as raison. Laissons-les gérer tout ça... »

Je prends tout mon temps pour me relever le haut du corps et me retrouver en position assise parterre. Je fige, lunatique et perdue. Qu'est-ce que je fais là? Non vraiment, qu'est-ce que je fous là? Ma main se porte à ma tête pour la soutenir de son choc et de la fatigue. Pourquoi tout ce cirque? Pourquoi j'ai décidé d'agir de la sorte? C'est trop bizarre... Je retrouve ma tête, enfin je crois et me lève enfin en me tenant sur le dossier d'une chaise tout près. Uriel s'excuse auprès de la dame à ma place. Il y a ce regard plein d'éclairs destructrices et ce regard insistant. Pourquoi ces deux-là ma regardent comme ça? Je fais une révérence. Le corps penché vers l'avant, les cheveux tombant devant mon visage, mais la tête dirigée vers le sol.

« Je suis profondément désolée madame. Passez une bonne nuit madame. »

Ma tête se relève subitement. Trop vite. C'est beaucoup trop vite! Je suis étourdie et titube jusqu'à la sortie. Mon apparence de rééquipement s'efface rapidement alors que mon pied se prend contre la marche de la sortie et je tombe face première. Les yeux clos, j'arrive plus à tenir. Je me mets à ronfler et à baver toute la salive que je garde précieusement dans mes joues. Je ne marmonne même pas et je n'ai pas conscience de ce qui m'entoure. J'aurais vraiment du partir quand il me l'a proposée... ou limite prendre la chambre si gentiment proposée. Désolée Uriel...
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Jeu 30 Avr - 5:50

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Uriel Rudraksha

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VIOLETTE ÉCARLATE

« GRIZZLY GAROU »


« La situation semblait se démêler tant bien que mal, malgré la position houleuse dans laquelle nous étions. Après tout, un peu plus et on nous catégorisait avec les fauteurs de troubles également. Ceux-ci s'enfuirent assez bruyamment, mais au vu des petits cris qu'ils poussaient, il semblait pertinent de se dire qu'ils ne reviendraient pas de si tôt. Au moins, on pouvait dire ce qu'on voulait des dégâts matériels de Sybilia, elle savait intimider les gens. Un peu trop peut être même, et déjà je me sentirais chanceux si la propriétaire de cette maison ne nous attaquait pas en justice pour dégradation de biens privés.

Sybilia semblait reprendre ses esprits, se rendant compte de la marque de labour dans le plafond, mais elle semblait aussi complètement à l'ouest, c'était même peut être encore pire que ça et, intérieurement, je me disais qu'heureusement que j'avais émis l'idée de ne pas les poursuivre, car à la façon dont elle s'empêtrait avec son épée, elle semblait vraiment soit déstabilisée par quelque chose, soit complètement fatiguée, au point de me demander si le coup de poêle sur la tête ne l'avait pas à moitié déconnecté, car elle n'était clairement pas une débutante dans le maniement des armes vu ce que j'avais aperçu d'elle.

Et là, c'est le drame.

Elle s'effondra au sol comme un vieux steack trop cuit alors qu'elle s'en allait, en se prenant les pieds dans le seuil de la porte. Surpris, je tente un mouvement pour la rattraper, mais c'est un échec total et son corps rencontre le sol dans un bruit sec. Je m'accroupis vers elle avec précaution, mais quelque chose semble ne pas coller.

_ Sybilia ? Sy... »

Un grognement bizarre monte de son corps avant que je ne rende compte de quoi il s'agit. Des
ronflements ? Mais comment par tous les dieux est-ce possible ? Incrédule, je regarde la bonne femme qui observe la scène avec sa poêle et oscille entre stupéfaction et énervement. Je comprends très bien qu'il vaut mieux que je profite de ce moment là et je passe mes bras sous le corps de Sybilia pour la soulever - non sans mal, hé, ça pèse son poids un grizzly merde - en grognant un peu sous l'effort. Je m'assure que sa tête ne soit pas un ballot qui bouge dans tous les sens et, soupirant, j'entreprends de marcher avec elle dans les bras dans les rues, jusque l'hôtel où j'ai pris une chambre. Rien de pervers ici, juste de la pure gentlemanerie.

Je fais plusieurs centaines de mètres et mes bras commencent à me brûler. On a beau dire, mais porter un corps pendant une quinzaine de minutes, c'est éprouvant ! Néanmoins, Sybilia est chanceuse, ç'aurait été à peu près n'importe qui d'autre que je l'aurais laissée roupiller comme une ivrogne sur le pas de la porte de l'inconnue, tandis que cette fois-ci, il me parait légitime de devenir le prince charmant et de le rester, plutôt que de me faire assommer par une vulgaire rousse dragonne hystérique pour que la princesse ne vienne me sauver. Quand j'y pense, au final, c'est la deuxième fois. Le conte, et ce jour là à Ajatar. Sybilia était parmi les sauveurs, moi les victimes. A croire qu'enfin je peux jouer les héros pour ses beaux yeux, bien qu'en réalité, j'ai horreur de ça.

Je finis par arriver à l'hôtel, et c'est tant bien que mal que j'ouvre la porte avant de la déposer sur le lit. Heureusement personne ne nous a vu et ne m'a pris pour un violeur ou autre. Je vérifie qu'elle n'a rien au crâne, mais ça semble juste être une grosse bosse, tandis qu'elle ronfle paisiblement avec la grâce d'un ourse garou en pleine hibernation. Soit,demain elle ressemblera à un début de licorne. Je monte la couverture sur elle, en vérifiant qu'elle ne risque pas de tomber du lit, puis je m’assois dans une des chaises en attendant, réfléchissant sur quoi faire. Peut-être que je vais dormir, finalement, et c'est lentement que je glisse dans un sommeil profond, tandis que ma tête part en arrière, la bouche entrouverte, dans une délicatesse absolument absente. »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Jeu 30 Avr - 18:26

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Sybilia Philips

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Violette écarlate
Uriel Rudraksha

C'est quoi cette merde? Et cette robe blanche encore? Cette fanfare en arrière-plan? Ce bouquet que je tiens entre mes mains? Ce sourire au coin de mes lèvres face à ce miroir. Pourquoi ai-je l'air si heureuse? Les yeux plein de larmes de joie. Le collier de Valentin au cou, la main gauche fermée près de mon coeur, je me dis que c'est qu'un rêve. J'ai jamais vécu autant de joie dans ma vie et ma vie se résume à du malheur. À voir les gens s'écraser en carcasses tout autour de moi. Des cadavres à en devenir, des gens qui m'abandonnent sans demander leur reste. Comment est-ce possible que je porte vraiment une robe comme celle-là? Que j'affiche un sourire aussi franc? J'ai toujours marché droit. Ne jamais montrer mes sentiments que mon père me disait, mais j'ai désobéi quand je suis arrivée à Fiore. Rester froide et frigide, comment est-ce qu'on espère se faire des amis comme ça?

« T'es prête Sybi? »

« Juste une minute! »

Ma main se lève vers le voile remonté sur le dessus de ma tête pour le descendre devant mon visage. Et cette personne qui vient tout juste de faire son entrée? C'est... c'était l'infirmière de Phantom Lord! Comment se fait-il qu'elle soit ici? Mes lèvres marmonnent mon discours une dernière fois. Elle me regarde faire en souriant. Je suis prête. J'avance dans le couloir où celui qui représente mon père m'attend. Je fige. C'est juste irréel toute cette histoire... Comment ça se fait? Kiyomasa me tend le bras pour que je le prenne comme s'il était mon père. C'est vraiment qu'un rêve... à la limite il s'agit d'un cauchemard. La musique commence, cette musique qui signale que la mariée approche. Qui est-ce? Il est de dos et se retourne dès les premières notes. Le soleil reflète fortement sur son visage qui m'empêche de voir qui c'est ou de même reconnaître la couleur de ses cheveux. À voir le tuxedo, je sais qu'il s'agit d'un homme... Nous avançons et lorsque je fais enfin face à mon « mari ». C'est au moment où mes yeux croisent les siens que je me réveille en sursaut.

Le corps en sueurs, les yeux remplis de larmes, la main posée sur mon front qui me fait plus que souffrir, je grimace de peine et de douleur physique. Pourquoi y'a qu'à moi que ce genre de conneries arrive? Mon corps se recouche contre l'oreiller et je passe le drap par-dessus ma tête pour me cacher. Je me mets à frapper dans les draps à coups de karaté, défaisant toute l'oeuvre de la femme de ménage. Puis j'arrête sèchement, descends la drap au niveau de mon bassin et me relève... mais où est-ce que je suis? Une chambre... d'hôtel? Et lui sur la chaise c'est... Uriel? Hein? HEIN? HEEEEIN? QU'EST-CE QUE J'AI FAIT HIER SOIR MOI?! Je me recule dans le lit jusqu'à ce que mon dos s'appuie contre le mur par la panique qui m'angoisse. Ma respiration se fait de plus en plus normal au fil des secondes qui passent et que je me souviens de ce que j'ai vraiment fait hier.

Je souris à le regarder dormir de façon inconfortable sur cette chaise, le cou à pendre dans le vide. Je m’emmitoufle dans la douillette et traîne dans mes mains le drap pour l'apporter jusqu'à ses épaules. Comme un cocon muni de jambes, je quitte la chambre sans fermer la porte pour éviter de faire du bruit et de le réveiller et me rends tout en bas où le petit déjeuner m'aurait attiré. Je prends un cabaret bien rempli d'oeufs, bacons, saucisses et compagnie parce que j'ai atrocement faim. Je reviens à la chambre, dépose mon cabaret sur le lit et ferme la porte en douceur en prenant soin de tourner la poignée pour éviter le claquage. Ensuite je bouffe comme un ogre... mais il reste cette fraise. Juste à la regarder, j'ai mal au coeur parce que j'ai trop mangé. Je dépose le cabaret sur la table de la chambre en prenant la fraise entre deux doigts. Et maintenant, je me sens crasseuse. Cette douillette est vraiment trop chaude quand on mange comme une truie des contrées sauvages... Je m'en défaits et m'approche d'Uriel et lui mets la fraise format géant dans la bouche et passe une main délicate dans ses cheveux pour le réveiller.

« Bon matin... »

Je referme la porte de la salle de bain et la verrouille pour être certaine de ne pas être dérangée. Je fais couler l'eau, me déshabille et hop, je tombe en transe, le front contre le mur. Je repense à ce rêve débile. Ce rêve que je fais semaine après semaine. Mon cerveau adore me torturer... Ma tête frappe le mur de la douche à plusieurs reprises pour lui donner une bonne leçon, mais je me rends compte de la prune qui me sert de corne au milieu du front. Mes mains s'y posent après que j'aie crier de surprise à cause de la douleur. Accroupie dans la baignoire, je grimace de tous mes plis faciaux. Dis donc, ça fait plus mal que je pensais cette foutue prune... C'est à ce moment que je ferme le robinet, tire le rideau et sort de la douche pour mettre une serviette autour de ma poitrine. Y'a Uriel l'autre côté de la porte qui me demande si ça va. Je soupire en regardant le truc dégueux dans le miroir.

« Oui... je pense... je ressemble juste à un rhinocéros... C'est trop horrible! »

Comment me balader comme ça sans me faire dévisager? C'est juste impossible. Et quand je me remémore cette poêle, je me dis que je me suis faite avoir comme une débutante. La fatigue n'est carrément pas une excuse à ça. Je passe une autre serviette à mes cheveux pour les essorer. J'ouvre la porte de la salle de bain et frappe mon tas de vêtements sales à l'extérieur et les envoie jusqu'aux pieds du lit.

« La fraise était bonne? »
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 MessageSujet: Re: Violette écarlate   Sam 2 Mai - 2:16

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Uriel Rudraksha

[C] Var Ulfur

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VIOLETTE ÉCARLATE

« GRIZZLY GAROU »


« Rêves agités, mélanges sans cohérences d'images et de sons, où s'enchaînent des bribes des évènements des jours passés. Un oiseau d'or à quatre ailes s'envole vers le ciel en brillant dans la nuit, sous la lumière de la lune, tandis qu'en bas sur la terre, une marée grondante de loups envahit et ravage les habitations des Hommes. Les traits de ceux-ci son effacés, comme une énorme pâte à modeler que l'on aurait grossièrement taillée pour ne laisser qu'une bouche difforme laissant échapper ces cris de panique. Et je suis parmi les bêtes qui les dévorent, sans merci, avide de voir leur sang couler pour nourrir la terre. Et devant moi, une silhouette humaine, la tignasse rousse et la peur sur le visage. C'est moi. C'est moi et je me dévore, ressentant à la fois la hargne du dévoreur et la douleur du dévoré. Et puis le paysage coule, s'inonde comme si la terre sombrait dans les flots noirs des abysses. Le silence envahit l'espace jusque dans mes os et une paralysie angoissante engourdit mes membres. Je ne sais même pas ce que je fais là, et c'est comme si, soudain, ma lucidité se réveillait pour mettre le doigt sur la vacuité terrible que tout le monde se pose : où est-ce que je suis ?

Le trouble brusque d'un quelque chose de froid et mes sens mis à rudes épreuve par le réveil imposé par Sybilia. Ça sent la fraise. L'espace d'un instant, j'ai l'image d'un champ de fraises cultivées qui pousse sur le plancher océanique, entretenu par des hommes poisson étranges, ayant étrangement l'allure de calypso, mais avec un chapeau de paille et une fourche.

Hein ?

J'ouvre les yeux sans rien comprendre tandis que je prends à peine conscience du monde autour de moi. Le bruit du loquet de la salle de bain se fait entendre et je redresse la tête, grimaçant de la douleur dans ma nuque. Une chaise, ce n'est pas très confortable pour dormir. Je jette un coup d’œil empâté autour de moi et je fais un effort pour assembler les pièces du puzzle et retrouver mes esprits. Hier, Sybilia, la fête, les bandits et... Oh bon sang. Est-ce qu'elle se souvenait de ce qu'elle avait fait ? J'oscillais entre l'amusement du cocasse de la chose et prendre mes deux mains pour me les coller sur le visage en un facepalm gigantesque. C'était... Gênant. Comment lui expliquer la chose ? Peut-être devrais-je seulement lui dire qu'elle s'était héroïquement battue contre des criminelles avant de se faire assommer et qu'ils s'étaient enfuis ? Oui, ça semblait une bonne idée.

Je m'étire paresseusement en me disant que je devais avoir l'air particulièrement stupide à dormir dans cette position, mais le ridicule de la chose est atténué par la propre situation de Sybilia hier soir. D'un air vraiment pas motivé, je réalise un effort surhumain pour me redresser et faire quelques pas en me passant une main sur le visage. Le soleil brille trop fort pour mes pauvres petits yeux. Pendant une seconde, je prends peur quant à savoir où est l'épée du débile mental que j'ai croisé il y a peu et contre laquelle Sybilia va me donner des informations. Je vérifie, mais elle est toujours là où je l'ai laissée : derrière l'armoire avant de me coucher, dans l'espace poussiéreux entre le mur et celle-ci.

Je soupire. Le matin, c'est vraiment pas mon truc, surtout après avoir dormi sur une chaise et être réveillé. D'ailleurs, je remarque une fraise aux pieds de la chaise. J'arque un sourcil, dubitatif. Quoi ? Je saisis la chose entre deux doigts, je ne rêve pas, c'en est vraiment une. Ou alors, cette fraise est sortie de mon rêve. Je regarde autour de moi et je vois les restes d'un petit déjeuner. Il ne reste pas vraiment de quoi contenter un estomac qui à faim, et ça me donne faim, alors pendant que Sybilia commence à prendre sa douche, je descends en bas et je me sers abondamment pour un petit déjeuner digne de ce nom. Après tout, c'était à volonté si on avait pris la nuit, alors je n'allais pas me priver. Je remonte, et je pose le plateau sur la table, j'entends des bruits bizarres de la salle de bain. Sybilia fait du bricolage ou quoi ? Elle crie et je lui demande si ça va. Je ne suis pas certain qu'elle ait déjà vu un rhinocéros de près, elle se rapproche plus d'une licorne violette, et elle elle peut même faire des cacas papillons.

Je commence à manger assis à la petite table quand Sybilia rentre. J'arrête un instant mon mouvement, une pomme dans la bouche alors qu'elle débarque à poil en serviette comme si tout était normal et qu'on se connaissait depuis longtemps. Déjà hier elle s'est mise en sous vêtements devant moi, c'était extrêmement embarrassant pour l'étiquette, même si ça faisait un moment que je ne la suivais plus, mais quand même, je n'aurais jamais osé sortir de la salle de bain en caleçon encore tout mouillé pour lui parler de fruits rouges. Je prends bien soin de ne pas porter mes yeux là où la décence pose une limite. Ou en tout cas, pas devant elle. Je ne peux pas nier qu'elle soit joli, ni attirante, loin de là meme. Elle semble un peu brute de décoffrage et barbare sur les bords, mais au moins, elle a cette qualité là de ne pas être une princesse coconne. J'ai horreur de ce genre de dame dont les vies tournent uniquement autour de la coquetterie et des manières exagérées.

_ Ah c'était toi ? »

Il y a des muffins sur mon plateau. Plein de muffins que je garde jalousement. Hors de question de quitter cette chaise pour aller dans la salle de bain et quitter mon trésor. J'espérais juste que Sybilia n'allait pas se mettre à se changer devant moi, je commençais à me poser des questions sur la notion de l'intimité de cette femme.

_ Tu vas rentrer à Era ? »

Elle m'avait dit hier vouloir prendre le premier train. En fait, elle devait être très en retard si elle était attendue. Soudain, je me rends compte de mon manque de tact face à ma question et je me rattrape.

_ Ça va, pas trop mal au crâne ? » »
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