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Wall [Maël]
 MessageSujet: Wall [Maël]   Mer 28 Oct - 20:28

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Sybilia Philips

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Maël Selesta



J'ai mal à la gueule, j'ai mal au bras, mon âme me fait souffrir. Un coup puis un autre, je me retrouve le visage contre terre à cracher du sang. Ils sont là à me regarder, sans pitié, comme s'il n'y avait pas de mal à battre une fille devant tout le monde, qu'une mage comme moi n'oserait pas se défendre, que j'aurais " perdu " ma magie avec mon honneur. Je tremble, j'ai les yeux grands ouverts, je me regarde les mains tachées de mon propre sang. J'ai oublié. Pourquoi cette violence? Ai-je tué quelqu'un? Ai-je volé quelque chose? Rien, rien de tout ça, on me fait ça en me traitant de " sale mage" ou de " chienne du Conseil qui devrait crever "ou " d'incapable ". Mes yeux se remplissent de larmes, mais ça ils en ont rien à faire.

Mes cheveux sont empoignés comme un scalpe. J'ai beau retenir son poing avec mes mains, mais la douleur persiste. Je n'ai plus la force de demander à ce qu'on me lâche, qu'on me laisse tranquille. Je me questionne sur ce monde. Est-ce que ces gens-là sont vraiment humains? Suis-je dans un autre monde sans que je le sache? Ce regard enflammé qui les possède contre le mien, piteux, vide, noyé de larmes. Je mangeais de moins en moins parce que les gens ne veulent pas partager avec une fille couverte d'ecchymose, une tête recherchée... une traître. On ne veut pas me vendre même au double du prix. On veut que je parte. J'en peux plus de jouer la victime mais en même temps, qu'est-ce que je peux faire contre ce peuple révolté?

" Hé! Mec! Ne l'abîme pas trop! Si on veut choper la récompense- "

" Au diable la récompense! Si on peut venger tout le monde en la faisant crever, on se lèvera de meilleure humeur demain matin! "

Il fait l'erreur de mettre son autre main sur ma joue, me traitant comme un vieil objet à troquer à des sauvages, il fait cette erreur alors que je n'ai plus conscience de ce que je fais. Mes mains entrent en contact avec les siennes et au même moment, un " BOUM " bien bruyant suivi d'un cri de douleurs à en percer les tympans. Ses mains m'ont explosé au visage, je suis couverte de sang, mais j'en profite pour courir, pousser les gens figés par la stupeur qui sont sur ma route. Qu'est-ce que je viens de faire? Je ne sais pas... je ne sais plus. Je panique. J'ai fait à peine quelques pas de course que je suis déjà essoufflée. Une crise de panique. Je dois me calmer. Je tourne une rue, puis une autre. C'est désert. Il n'y a personne sauf cette benne à ordure. Par chance je ne suis pas au centre-ville sinon je n'aurais jamais pu trouver de sortie.

Je couvre ma bouche avec mes mains, je tremble comme une feuille, j'ai peur. Et s'ils me retrouvent? Mon ventre crie famine, mes poumons manquent de souffle, je n'ai plus d'eau dans le corps pour pleurer. Je ferme les yeux et j'attends que ça se calme. Je prends mon foulard et m'essuie le visage, le cou, les bras, la poitrine... c'est inutile. Mes vêtements sont couverts de sang. J'ai trop faim pour penser. Le sang que je traîne les aidera à me retrouver. C'est fini. Je suis finie. La douleur me revient au visage, j'ai la gueule enflée. Par réflexe je porte mes mains à ma rescousse même s'il n'y a rien à faire. Mes mains... je les regarde longuement. Elles sont blessées. J'ai frappé dans un mur de briques pour évacuer tout ça il y a deux semaines. J'ai encore mal. J'ai sûrement des os de brisés, mais j'hausse les épaules parce qu'il n'y aura pas de médecins qui daignera lever le petit doigt pour moi.

" Mais qu'est-ce que j'ai fait? "

Oui... qu'as-tu fait? Qu'as-tu fait pour que le monde entier s'acharne sur toi? Pourquoi te traite-t-on de traître? T'en sais rien. La seule chose que tu sais c'est ton nom... et que tu dois fuir sans regarder derrière toi. Aucun visage ne t'est familier, aucune route, aucune ville. Es-tu seulement humaine? Est-ce pour cela que les gens te détestent? Je secoue la tête, ferme les poings en grimaçant. J'entends des pas. Ils approchent. Vite... Je me lève d'un bond en essayant d'oublier la douleur, ouvre la benne à ordures et m'y cache en espérant que personne n'osera venir m'attraper. En attendant que l'enfer se calme, tu te demandes pourquoi ce sang s'est retrouvé sur tes vêtements et qu'un sentiment de culpabilité t'habite.

" Faites que ça passe... "

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 MessageSujet: Re: Wall [Maël]   Dim 1 Nov - 16:15

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Un rot- Un rot discret et gracieux qui s'évapore dans le vent alors que de ma main droite, je viens balayer ma chevelure blonde. Des échos étranges, des bruits sauvages qui s'étouffent de ci et là, non pas que je cherche absolument à en retrouver la trace mais j'aime voir de mes propres yeux les événements qui peuvent se passer dans une ville si petite et si médiocre. Les travers de porc furent particulièrement exquis et mon léchage de babine en témoigne. Montant les marches tel un enfant qui recherche son magasin de bonbons favoris, je finis par entendre un bruit plus important que les autres, ce bruit me guidant alors jusqu'à ce lieu étrange. Un groupe d'hommes semblent s'enfuir alors que sur le sol des débris de corps humain, de sang semblent faire la décoration des pavés. Des ombres s'affichent sur les murs voisins et curieux comme je suis, je ne peux m'empêcher d'en suivre la trace, vilain vice pour un type pourtant si parfait. Je tourne la tête de gauche à droite et je tombe enfin sur ce groupe de personnages, chacun cherchant de son côté une proie, oui, on dirait une proie. L'envie d'invoquer Benglash me tente fortement pour qu'il suive leurs traces mais quelque chose me dit qu'il n'est pas très bien en ce moment, laissons le à sa place.

La vue de cette scène ne m'a pas spécialement marqué ou choqué, je suis seulement perplexe de voir que des personnes ont encore le courage de faire ce genre de choses à la vue de tous. Beaucoup semblent ne pas avoir comprit la leçon et j'ai le sentiment étrange qu'il s'agit d'un groupe de mages sauvages, certainement frustrés de voir la situation s'assombrir pour eux. Un léger sourire s'illumine sur mon visage alors que j'entends le son d'une poubelle se claquer dans une rue adjacente. Les hommes se retournent en ce point et commencent à partir en cette direction, un petit soupir et doucement je commence à les suivre. Ils cherchent de nouveau la localisation exacte de cet étrange bruit alors que mes yeux restent pour ma part, rivés sur le local à ordures qui se trouve en face de moi. Je m'avance, pas par pas, et appuie mon bras contre l'objet de tant de convictions. La troupe se dresse alors devant moi, tous portant des regards très menaçants, à leurs tours ils avancent toujours un peu plus vers moi alors que sifflotant, j'ouvre le couvercle de la poubelle pour y jeter un œil.

« Pfiou. » fut ma seule remarque alors que je claque de nouveau l'ouverture de la poubelle pour laisser entendre un bruit sourd dans toutes les ruelles. « Vous n'en avez quand même pas après ce qu'il y a l'intérieur de ce truc ? Vous faites mal au cœur de vue mais je suis presque certain qu'il y a des trucs bien meilleurs à manger que ce qu'il y a là-dedans. » Pour tous, nous pourrions croire que je parle de la nourriture provenant des voisins qui se décompose dans cette poubelle alors qu'en réalité j'adresse ces paroles à la vulnérable et misérable petite prune qui pourrie également parmi les déchets. Cela fait plusieurs jours, plusieurs semaines que je suis persuadé que c'est là qu'est sa place depuis la dernière fois mais comment laisser des types aussi pitoyables se charger d'en faire leur affaire après ce qu'il c'est passé à ce moment là ? Le ridicule qu'elle m'a infligé, à moi, maël alors que je tentais tant bien que mal de prouver que j'étais un type plutôt cool. Enfin, je suis un type cool mais mon assignation laisse bien souvent penser pour le peu qui le voit que je suis le grand méchant loup. Sans doutes une forme de jalousie ou une envie de me ressembler, certainement.

Armés de leurs poings ils deviennent de plus en plus menaçants alors que le visage de l'un d'eux semble se décomposer. « Les gars, je crois que ce type est aussi sur une affiche, j'ai crût voir le nom de cette guilde là... Ajatar ?» dit-il alors que je me contente de cligner des yeux à répétition. Tous s'observent, échangeant des regards complices et finissent par partir, non pas en fuyant mais tranquillement. Sur le coup, j'ai quelques difficultés à comprendre comment ils peuvent avoir d'avantage peur de moi avec mon beau minois que d'elle, recherchée pour haute trahison. Mon regard vient se poser sur le sol, voyant une longue trace de sang se prolonger jusqu'au fin fond d'une rue. Eux comme moi n'avons pas pensés à nous focaliser sur le sol pour trouver une piste. Je rigole un petit instant de moi-même avant de me reprendre et de donner un grand coup de pied dans la benne à ordures, la faisant tomber sur le sol. Le corps de violette s'échappe alors, ses cheveux étant remplis de déchets de poissons, de viandes et autres choses suspectes. Je m'abaisse à son niveau, c'est à dire presque au sol et en renifle l'odeur. « Je me disait bien que tu n'avais jamais vraiment était bien fraîche petite prune. » Elle semble pleurer, encore et toujours pour changer, son regard est vide... Tu fais peine à voir.
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 MessageSujet: Re: Wall [Maël]   Dim 1 Nov - 21:10

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J'entends ces pas devenir de plus en plus nombreux. Une paire de pieds plus bruyante que les autres comme s'il devance le reste. Je ferme les yeux. Ils vont m'attraper, ils vont m'avoir, ils vont m'achever c'est certain. Après avoir commis cet acte, comment ne pas vouloir me tuer sur-le-champ? Comment me pardonner? Je ne serre pas les dents parce que même au repos je souffre. Il y a ce goût ferreux dans ma bouche qui me donne envie de cracher. Comment changer le goût quand on a rien à manger? Comment se relever d'une telle chute? Est-ce possible de le faire? Suis-je pardonnable? Mon bourreau est arrivé et il arrache le dessus de ma cachette comme on décapite une pomme de son pédoncule.

Une voix de jeune homme s'élève. Ce qu'il dit m'oblige à me questionner sur sa personne. Je relève la tête pour voir de qui il s'agit. Il n'était pas là à me regarder me faire battre, il ne fait pas partie de ces regards accusateurs ou de ces gens qui en silence souhaitent mon malheur. Qui est-il pour ignorer le mal que j'ai fait? Mes yeux se remplissent d'eau, j'ai encore envie de pleurer... mais de bonheur. J'entends ce que l'un d'eux dit et je ne comprends pas plus ce qui se passe. Ajatar? Ça ne me dit rien du tout. C'est son nom? Je les entends s'éloigner, chuchoter entre eux. Qu'est-ce qui se passe? Ont-ils cessé de me chasser parce qu'ils l'ont cru lui? Il rigole tout seul, j'arque un sourcil, du moins j'essaie avec toute la douleur que le mouvement me provoque.

Son pied s'abat contre la benne, faisant vibrer ma cachette jusqu'à ce qu'elle valse sur le côté, forçant mon apparition hors de là. Mes mains tâtent le sol. C'est rugueux, mais j'ai l'impression d'être plus à ma place là, entourée d'ordures que dans un lit bien douillet. Mes épaules tremblent, mes lèvres aussi, mon coeur se débat continuellement, même si Ajatar est là, je n'arrive pas à retrouver la paix. Il me parle, il me parle de moi, il m'appelle Petite Prune. Je ne réagis pas. Tout ce que je vois, c'est ce sang sur mes mains, tout ce que je ressens, c'est mon envie de vomir... et la peur qui m'envahit. Je crache le sang que j'ai accumulé dans la bouche avant de me relever sur mes genoux.

« Je m'appelle Sy... Sy... Syb... »

Je soupire. Je réessaie.

« Ce n'est pas Petite Prune... c'est Syb... »

Je frappe au sol, brisant ce qui tentait de se ressouder. Je serre les dents parce que ma main me fait plus souffrir que ma gueule. Je la tiens de mon autre main et l'appuie contre moi. Je siffle mon nom entre mes dents:

« Sybilia... Phil...ips... »

J'y suis arrivée. Je suis soulagée... à quelque part dans toute cette peine et cette guerre d'émotions, je suis fière de moi. Je relève la tête pour le regarder lui.

« On... on se connaît... Ajatar? »

Ces yeux, ces cheveux ne me disent rien du tout. Sa voix ne me rappelle aucunes de celles que j'ai entendues. Son nom est encore plus vague... Pourquoi m'avoir sauvé la peau dis-moi?

« Ils t'ont cru? Je veux dire... ils sont partis pour de bon pas vrai? »

Malgré cette situation qui puisse m'apparaître comme un échappatoire, je ne dégage aucun regard d'espoir... que du vide, de la douleur et de la tristesse.

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 MessageSujet: Re: Wall [Maël]   Mar 3 Nov - 21:05

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Le son de sa voix sonne comme différent. Le regard qu'elle porte à mon égard n'est pas le même que dans les dernières minutes de notre séparation. Les traits de son visage expriment un malaise qui semble la ronger. Ses cheveux, sales et gras ne sont plus si brillants et luisants qu'il y a des semaines de cela. « Une prune pourrie ». Un terme qui s'envoie en l'air alors que je la voit cracher du sang, une bien étrange blessure qu'elle semble porter. Plus rien chez elle ne semble être identique à la violette que j'avais rencontré. Cette souffrance lorsqu'elle prononce son prénom pourrait m'arracher le cœur mais il n'en est rien. Je ne parviens pas à effacer cette image de celle-ci me porter un coup violent aux bijoux de famille. Elle qui avait éclaté le mur pour m'empêcher de continuer, d'avancer. La voilà en bien mauvaise posture maintenant que faire ?

« Ils sont partis. Essaye au moins d'avoir l'air moins minable face aux gens. Tu ressembles à une pauvre fille perdue, victime d'un viol ou d'un harcèlement. Relèves-toi. » Mes geste obéissent à mes paroles alors que je l'attrape par le bras pour la redresser. Mon ton est franc et sans détours. Je n'avais pas grand ambitions pour cette petite chose mais de là en voir devenir ce déchet, c'est bien pire que ce que je ne pensais. Je me mordille les lèvres car elle m'énerve, car ce qui se tient devant moi me fait honte. J'ai porté mes lèvres contre les siennes, j'ai pris de mon temps si précieux pour le lui en donner. Elle à réussi à s'enfuir face à moi, elle qui maintenant se planque dans une benne à ordures pour fuir une bande de bandits aussi médiocres qu'elle.

« Ajatar ? Voilà appelle moi Ajatar. Ce nom me convient bien. » Ou plutôt comment tenter de voler l'identité d'une personne cachée. Je me demande bien d'où provient l'origine de ce nom. Le pourquoi du comment de cette guilde. Je n'en connais pas les membres, je n'en connais pas le maître et cela me laisse envisager une petite idée ingénieuse pour la suite.

Ma main vient dégager un morceau de poisson coincé dans ses cheveux, je laisse ma main retomber le long de mon corps pendant que mon regard croise celui totalement vide, de la prune. Tel un coup sanguin, tel une violente envie, comme si je ne me maîtrisais plus, cette main qui étais devenue si tendre s'élève pour cogner le visage de Sybillia. Un geste incontrôlé. « Voilà. Tu n'imaginais quand même pas pouvoir te faufiler partout aussi facilement ? Je ne sais pas par quel hasard je suis retombé sur ta trogne mais tu me dégoûte tellement que j'ai envie de recracher mes travers de porc sur tes habilles déjà si dégueulasses, pauvre merde. » Un sourire qui s'affiche alors que mes dents commencent à grincer. Mon comportement ne me ressemble jamais quand je suis face à elle, je ne sais pas d'où provient cet étrange sentiment mais il me perturbe et je ne parviens pas à le décrypter. Je suis pourtant tellement futé, tellement intelligent et malin d'ordinaire que perdre le contrôle ne me connaît pas. Face aux fées peut-être, face à Enya, peut-être aussi mais contre un déchet comme celle qui se tient devant moi, impossible.

Puis, mes yeux se détournent d'elle pour se porter vers des bruits de pas, des bruits de pas familiers, quelque chose de parfaitement étonnant dans une ville que je ne connais pas. - Ils arrivent.- Cette bande de médiocres bestioles qui feraient mieux de venir me lécher les pieds plutôt que de prétendre pouvoir arriver à ma hauteur. « Oh. Vous revoilà. » Je fait semblant de renifler l'air avant de redevenir fixe tel un mannequin. « Je me disais bien que ça sentait la médiocrité, je pensais que ça venait d'elle... » Mon doigt vient pointer la jeune prune. « Mais non. C'est donc vous. » Cette fois, ils semblent plus nombreux, ils ne sont plus cinq mais une dizaine. - Je soupire -

Dans l'ombre quelque chose m'intrigue, la présence d'un animal. Lui. Pietro. « Petit pote, tu peux toujours essayer de faire le malin avec nous, te la jouer au cow-boy mais l'un de nos collègues t'as aperçu avec ce louveteau tout à l'heure, est-ce un ami à toi ? J'espère que non, regarde-le » Je l'entends rire alors que je le vois arracher quelques poils de Pietro qui lâche des cris d'épouvantes. Il était seulement partit vagabonder un instant le temps que je mange. Ma tête se baisse et l'ombre de mes cheveux vient cacher mon regard. Je sens ma pression sanguine s'accélérer, je sens mon cœur battre, presque à m'en arracher la poitrine. Je reconnais cette sensation, cette sensation semblable à cette fois là à Hajurion.

De ma main gauche j'attrape une clé d'un vert éclatant. D'un geste brusque je viens frapper son extrémité contre la benne à ordures. Petit à petit, des herbes d'une hauteur incroyable commencent à apparaître, des arbres à perte de vue, le ruissellement d'un ruisseau se laisse entendre. Le soleil devient éclatant et la chaleur difficilement supportable. Une forêt amazonienne. Au loin, le rire d'un singe. Sybilia a disparue dans les herbes, de quelques enjambées rapides je me retrouve face à l'ennemi qui retient Pietro. Il semble totalement abasourdit, il veut s'exprimer mais n'en a pas le temps, Mon pied vient écraser le siens pendant que ma main entière vient engouffrer sa tête contre le sol. Un craquement d'os provoquant un sommeil certainement éternel. « Bien, retrouvons tes amis à présent. »

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 MessageSujet: Re: Wall [Maël]   Mer 4 Nov - 16:47

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Pourrie, bossée, ensanglantée, bien juteuse, prête à éclater sous la pression humaine. Oui, je suis une prune pourrie. Il a raison. Je baisse la tête. Ça ne sert plus à rien de regarder les humains dans les yeux, je ne m'identifie plus à eux, je suis moins qu'eux... ce doit être ça! Ce doit être parce que je suis moins qu'eux que je suis traitée comme ça... Est-ce que c'est parce que je suis une femme? Je ne crois pas. Il y avait d'autres femmes dans la rue qui marchaient librement un peu plus tôt. Est-ce que c'est parce que je suis jeune? Mais il y avait des jeunes dans la rue, tenus contre leur mère ou leur père. Est-ce que c'est parce que je suis mage? Mes yeux s'illuminent... c'est parce que je suis... mage? Ils me traitent comme cela parce que j'arrive à utiliser la magie? Me considèrent-ils comme un danger public? Ou se font-ils dominer par une haine remplie de jalousie?

Il me rassure. Il me dit que les gens qui me pourchassaient sont partis. Vraiment? Je regarde autour de nous et il n'y a aucun signe d'eux. Il me conseille d'avoir l'air moins minable en me rabaissant au niveau d'une fille qui aurait été violée. Et si... et si ça avait été le cas? Ai-je été violée? Mes paupières se ferment, se plissent sous la concentration. Je ne me rappelle pas. Harcelée? Peut-être... Je ne me souviens de rien sauf des coups et des insultes. " Relève-toi. " Quoi? Me relever? Co... comment? Je me regarde, je le regarde lui. J'ai mal, ne le vois-tu pas? Et toi tu veux que je me relève? Une seule chose réussit à passer outre mes lèvres:

" Non... "

Aller, relève-toi bon sang.

" Je n'y arrive pas... "

Parce que j'ai trop mal... à l'intérieur comme en dehors. Laisse-moi pourrir ici comme une prune et fous-le-camp. Il s'accroche à moi, il me soulève pour que je me remette sur pieds... Pourquoi? Pourquoi m'aides-tu? Je me sers de son bras comme d'une béquille. L'adrénaline est retombée et à cause de cela, mes jambes tremblent comme si mon tibia était cassé, comme si mon muscle de cuisse était déchiré. Sa main s'amène vers mes cheveux et il retire un déchet... comme si ça allait embellir mon piètre état... Puis, sans prévenir, sa main me frappe d'un geste qui me surprend, je tombe sur le ventre, écrasée, échouée comme une baleine sans vie. JE le mérite sûrement... comme tous ces coups que j'ai reçus jusqu'ici. J'ai un mal de crâne de dingue qui me prend, je grimace et je me souviens.

Je me souviens de coups de pieds à l'abdomen, d'un poison, d'autrefois douceur jusqu'à devenir violence... mais ce souvenir n'est pas de lui, c'est un autre qui m'a infligé ça. Suis-je en train de vivre la même histoire? Quel genre de fréquentations ma personne ait bien pu avoir? Pourquoi me torture-je autant? Je revis cette souffrance interne comme externe. C'est un véritable cauchemar. Est-ce que ce blond est un cauchemar aussi? Trogne, dégoût, recracher, pauvre merde... Qu'as-tu fait Sybi pour éveiller tant de colère chez le peuple? Que fais-tu à traîner avec des types qui te font du mal? Je le mérite, c'est tout ce que je retiens de cette violence psychologique et physique. " Médiocrité "... à ce point? Je reste étendue parterre parce que c'est là que je me sens le mieux.

Mais ils reviennent. Plus nombreux, mieux équipés, apparemment ils ne nous laisseront pas repartir. Mais je ne regarde même pas, j'écoute à peine. Je suis coincée dans cette bulle qui m'enferme dans mon monde... jusqu'à ce que la dureté du sol se transforme en quelque chose d'un peu plus douillet et me force à ouvrir les yeux. Mais d'où vient cette herbe, ces arbres? Je m'assieds en grimaçant et regarde autour de moi.

" Non mais je rêve...?! "

Ça y est, je suis devenue folle. Une jungle au milieu d'une rue, c'est impossible. Je ris, je ris parce que je perds la boule. Le rire d'un singe me coupe sèchement. Attendez... il y a même un singe dans ce rêve? Je regarde tout en haut. Le soleil me paraît encore plus brûlant. Je sens mon coeur battre à tout rompre dans ma poitrine comme si j'étais sur le café. Qu'est-ce qui se passe, il m'a droguée? Je rampe jusqu'à un arbre et m'aide à me relever. Si j'arrive à toucher cet arbre... c'est que tout ça est réel. Est-ce que c'est le blond qui a fait ça? Il est mage lui aussi et il ne m'a pas filé la drogue du viol, c'est ça? Mon pied rafle de me faire tomber en marchant sur une branche. Je me penche pour le prendre et l'utilise comme bâton de marche. Je m'incruste dans ce nouvel environnement. Une voix m'interpelle, on m'a retrouvée.

" Où est-ce que tu crois aller comme ça, hein? "

" Je... laissez-moi tranquille par pitié! C'était un accident! Jamais j'aurais voulu faire de mal... "

" Et Crocus, c'était un accident aussi, garce? "

" Crocus? "

" Et en plus elle fait comme si elle avait oublié... HA! "

Il s'avance vers moi en relevant ses manches. Je fais marche arrière et marche dans l'herbe longue le plus rapidement que mes jambes peuvent me porter. Combien de mètres nous séparent? Combien de temps me reste-t-il à vivre? Le plus longtemps que j'arriverai à fuir je crois...

" Si au moins je n'avais pas ce sentiment de culpabilité... "

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 MessageSujet: Re: Wall [Maël]   Mer 4 Nov - 22:13

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Un regard qui fusille celui du jeune loup alors que libéré de l'emprise de l'homme, il tombe sur le sol. Un regard menaçant pour insulter son imprudence. Sa tête vient se blottir entre ses deux pattes. Il est tellement petit que les herbes le dépasse de peu. J'attrape l'animal et viens le coller contre moi. Apaisé, il frotte sa tête contre mon bras, me mordillant quelque peu le maillot en même temps. Inutile de le gronder, il a vécu un moment pénible le jeune agneau. Alors je le caresse tranquillement, ma haine n'a pas diminuée d'un cil mais je tente de me contrôler. Contrairement au face à face avec les fées, je sais que cette fois mes adversaires sont des microbes. Des petites pouces de soja. Les fées aussi n'en sont pas loin mais plutôt des pousses de soja moisies par la culpabilité et la prétention.

J'observe de mes yeux luisants et pour la seconde fois, le paysage de cette jungle, me questionnant sur la présence de Rafiki. Le singe malin ne doit pas être bien loin ou peut-être qu'il s'occupe déjà de l'adversaire. Il est un peu comme ça, perdre son temps n'est pas son genre et avoir de telles pourritures chez lui, dans sa maison, ne doit vraiment pas lui plaire. Je me demande comment réagirait Benglachinou si j'invitais ce genre de petits coqs dans son humble demeure. Je soupire pour éviter de trop y penser et commence à avancer pour retrouver ces pénibles personnages.

x x x

Non loin de Sybilia, une ombre s'agite dans les arbres. Une bête de taille moyenne fait des bonds à une vitesse difficilement repérable pour l’œil de l'homme. Entendant une voix inconnue en danger, l'animal s'était empressé. Au loin, il distingua la silhouette d'une jeune petite femme aux cheveux violets qui tentait de s'échapper et derrière elle, un homme aux manches retroussés, prêt à passer à l'attaque. Le singe s'interrogea et comprit bien vite pourquoi Maël avait décidé de le faire intervenir. Même si il est dans ses habitudes de passer par là quand le blond est en difficultés il n'a pas l'habitude d'être invoqué pour des personnes si médiocres.

Perché sur sa branche, il observe la scène qui se déroule sous ses yeux. Analysant les pas progressifs de sa cible. « Un, deux et... trois. » Un simple craquement de la branche se laisse entendre alors que le singe, ayant sauté rapidement, se jette sur le pied droit du bonhomme pour y déposer ses deux pattes. Le pied en question devient alors comme inutilisable, comme si de rien n'était et peu surpris de voir un singe débarquer, l'homme continuait sa marche. Ce n'est que lorsqu'il tenta de lever son pied scellé qu'il tomba sur le sol, la tête la première. Toujours aussi vite, Rafiki s'agrippa à une liane et entoura l'homme de son emprise. Il rebondit par la suite pour venir se poser sur les cheveux de Sybilia.

« Alors il a une copine ? J'ai toujours pensé que malgré ses discours sur les fraises, il préférais la virilité. Perdu. » Le singe soupire et redescend de la tête de la jeune fille pour venir se dresser sur son épaule. « Le type là-bas va grogner un petit moment mais les lianes sont coriaces, il n'est pas prêt de s'en défaire. » Il se retourne en direction du garçon et lui tire la langue, le tout d'une manière assez respectueuse cependant.

x x x

Quelques bruits de pas et au loin, je fait mon apparition, ma chevelure brillant au soleil. Une grâce et ce même en plein milieu de la jungle. Me voilà nez à nez avec la violette accompagnée de mon acolyte. Relâchant Pietro pour qu'il gambade dans l'herbe, j'attrape le morceau de bois que la prune tient dans sa main. Je tapote alors mon autre main avec l'extrémité du bâton. « On dirait que même un type comme lui te met en difficultés, c'est désolant. » Je hausse les épaules et vient m'asseoir dans l'herbe, déposant le bâton à mes côtés pour que, comme à son habitude, Rafiki vienne grimper sur mon bras. « Alors depuis quand on a des confidences avec Rafiki, hein ? » Il me tire l'oreille, pensant certainement qu'il y a quelque chose avec la prune pourrie. Il n'y a qu'avec moi qu'il se permet ce genre de comportement. « Que veux-tu que je fasse de ça ? » dis-je en donnant un coup de tête en direction de violette d'un ari désolé.

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 MessageSujet: Re: Wall [Maël]   Mer 4 Nov - 23:23

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Le craquement des branches, le bruissement des feuilles, je n'ai pas le temps de les entendre. J'essaie de sauver ma peau en marchant le plus vite que je peux, en me penchant sous les branches d'arbre qui croisent ma route. Vais-je y arriver? Je tente d'oublier la douleur, l'adrénaline tarde à arriver et mon coeur se débat comme un dingue. J'ai chaud, j'en peux plus. Quand est-ce que ça va s'arrêter? J'ai tellement peur que je sens son souffle sur ma nuque alors qu'il est à des mètres de moi, que je sens ses coups avant même qu'il m'ait frappé. Il est en rogne... aussi en rogne qu'Ajatar. Le monde me tombe dessus comme si j'étais une des plaies envoyée par une divinité maléfique et pourtant, je ne ressens aucune malice en moi...

Un miracle survient enfin. Quelque chose tombe des arbres, s'écrase sur le pied de l'homme et le fait trébucher. Je l'ai entendu. Je m'arrête et me retourne pour voir ce qui en est et une sorte de singe est en train de l'attacher avec des lianes pour le maintenir en place. La petite chose bondit à nouveau pour se retrouver sur ma tête. Je grimace parce que j'ai aussi mal à cet endroit... Il parle de quelqu'un qui aurait une copine... qui? Qui est le gars et qui est la copine? Mais d'abord... UN SINGE QUI PARLE?! Je fige. Même si la petite bête poilue ait un pelage sublime, j'éprouve une certaine crainte. Il descend de ma tête pour venir sur mon épaule et me rassurer que je peux respirer. Attendez... il... il m'aide? Un singe qui parle et qui m'aide? Mon cerveau vient de faire deux tours sur lui-même. Je secoue la tête.

" Je crois qu'il n'y avait pas que de la nourriture dans cette benne à ordures... "

Ajatar fait son apparition quelques secondes après cette scène... avec un louveteau dans les bras?! Bon sang, j'ai sûrement raté un épisode moi... Je fixe le louveteau qui gambade comme une brebis sauvage, chose qui me distrait et qui m'empêche de retenir le bâton que je tiens juste à temps. Pourquoi me l'enlèves-tu? Il commente mon état. Oui, même un type comme lui me rend comme ça, oui, c'est désolant, oui, j'en ai rien à faire de tes commentaires de merde. Je rattrape ma chute en m'appuyant contre un arbre in extremis. Je soupire parce que je me trouve moi-même pathétique. Je n'arrive même pas à me tenir debout. Je les écoute parler en leur tournant le dos. Je n'ai plus envie de regarder cette race "intelligente" en face. Mon coeur se compresse quand je l'écoute parler. " ...ça " Ouch...

Mon corps se décroche de l'arbre et s'éloigne du groupe d'animaux pour suivre le son d'un cours d'eau. Je titube comme un zombie en grimaçant. Je rafle de tomber à chaque deux pas, mais je tiens bon. Arrivée près de ce cours d'eau, je m'écrase à genoux, me tiens à quatre pattes pour que mon visage reflète au-dessus de l'eau. Je me regarde, bossée comme si je m'étais mise la tête dans une ruche... mais à part ça...

" Je n'ai rien de plus différent qu'un autre... "

Je frappe l'eau d'une main pour brouiller mon reflet. Eux ils ne voient qu'une traître, une chose médiocre... alors qu'on devrait être sur un même pied d'égalité. Je soupire avant de plonger mes deux mains dans l'eau pour m'arroser le visage et nettoyer mes blessures. Ça brûle, mais je ne réagis plus à la douleur... et je peux bien rester aussi moche aussi de toutes façons que je dois intacte ou non, on voudra quand même me brûler comme une sorcière. Après m'avoir nettoyé le visage et les cheveux, j'amène de l'eau à ma bouche pour la recracher, ensanglantée. Je me laisse tomber sur le côté, retire mes bottes, relève mon pantalon, retire mes chaussettes et plonge mes jambes dans le ruisseau. C'est froid... mais c'est probablement la seule chose qui ne me fera pas de mal intentionnel dans ce monde. Qui c'est ce Ajatar? Qu'est-ce qu'il connaît de moi? Qu'est-ce que je lui ai fait pour qu'il me gifle mais qu'il m'aide en même temps?

" Pfff... ils sont tous pareils... "

Pas les hommes, mais les Hommes. Ils aiment faire le mal peu importe les conséquences, peu importe qui en souffrira au final. Suis-je humaine? Je laisse échapper un papillon violet de ma paume de main pour le voir s'envoler et se fondre dans l'environnement... mais il s'écrase lamentablement contre une branche et explose. Lui non plus, il n'appartient pas à ce monde... Je fais pousser mes ailes violettes dans mon dos et prends mon envole jusqu'à une branche tout en haut. J'attrape une noix et la lance dans l'eau. Je me tourne là où ils étaient, puis vers l'eau. Devrais-je y retourner? Puis il y a le louveteau qui renifle l'herbe en agitant la queue. Il s'arrête là où je me suis assise près de l'eau.

" Pietro? C'est Pietro ton nom? "

Il entend son nom, il regarde tout autour sans me voir. J'agite mes ailes pour revenir au sol et quand mes pieds viennent pour le toucher, je me laisse retomber à genoux. Je tape sur mes cuisses.

" Viens! Viens Pietro! "

Il agite encore plus la queue et gambade jusqu'à moi. Pourquoi un animal arriverait à être sage et simplet avec moi alors qu'un homme n'arrive même pas à daigner ne serait-ce qu'un regard sympathique? Mes mains caressent le toutou qui me bombarde de coups de langue et je me mets à rigoler un peu et à au moins oublier la douleur pour quelques instants...

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 MessageSujet: Re: Wall [Maël]   Jeu 5 Nov - 17:16

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Maël Selesta

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Pas par pas, elle quitte le petit groupe. S'aventurant seule telle une aventurière médiatisée pour enfants de cinq ans dans les arbres. Sa silhouette disparaît, je ne le quitte pas des yeux, jouant avec le bâton que je venais de lui arracher des mains. Ma langue vient claquer contre mon palet, avant de me mordiller la lèvre supérieure. Je dois agir de la bonne manière. Une partie de moi meurt d'envie de la rabaisser, la mettre plus bas que terre alors que l'autre partie me lance un signal d'alerte. Comme si j'éprouvais une certaine compassion intérieure. Comment excuser un tel comportement envers moi ? Comment pardonner une si grande humiliation ? Elle qui n'est rien de plus qu'une prune parmi tant d'autres. Ce malin hasard a voulu que je la rencontre à nouveau. Non pas que je ne souhaitais pas avoir le malheur de la croiser de nouveau mais j'avais à l'origine une idée bien précise de mes actes lors de notre nouvelle rencontre.

Rafiki continue de me tirer l'oreille et fronce les sourcils, le singe n'a pas souvent ce genre d'expression, il semble prendre la situation très au sérieux, sans raisons apparentes. « La greluche aux cheveux violets, n'est donc pas ta copine, si ? » Il parle comme un petit gamin, tout content de me voir rencontrer une fille. Il est certain que lorsque je partage un événement féroce avec une petite fraise, je ne m'amuse pas à l'invoquer. Me voir dans un telle position doit donc forcément le surprendre. « Sinon. » il marque une petite pause et vient sautiller sur ma tête énergiquement. « Tu as encore oublié ma banane Maël !! » Il s'énerve, malin comme tout mais il reste assez capricieux l'animal. Je me contente de soupirer et de l'attraper de mes deux mains pour venir le poser sur le sol.

« Tu auras tout un lot de bananes la prochaine fois promis. » Je lui adresse un sourire moqueur qui a tendance à l'énerver un peu. « Crois-moi que la prochaine fois que tu m'invoques sans ma banane, je repars illico, nous sommes d'accords ? » Ses deux pattes viennent appuyer ses hanches, prenant un air sérieux, la position a le mérite de me faire rire. « Tais-toi et... » Je ne sais pas pourquoi mais à ce moment de ma phrase, mon regard cherchait Pietro, je venais de le perdre de vu. Peut-être qu'il est tout simplement perdu dans quelques herbes trop hautes pour lui. J'observe les alentours et vois juste à côté des pas de la violette, des herbes légèrement rabaissés, comme si une petite bête venait d'y passer. « Il doit être par là-bas ton loup. J'espère que tu lui donne à manger à lui au moins. » dit-il d'un ton sarcastique alors que me redressant, je commence à suivre les traces de l'animal.

Je continue, tout en avançant, de surveiller les alentours pour voir si l'un de ces microbes ne se balade pas sans autorisations dans la jungle. Les plus proches des extrémités de la zone ont certainement trouvés la sortie comme des grands. Ils ne doivent pas avoir une intelligence débordante mais pas besoin d'avoir un QI aussi gros que le miens pour comprendre la démarcation entre une forêt et une rue. Passant entre deux arbres gigantesques, je tombe à quelques mètres du ruisseau, là où la petite prune est à moitié nue, jouant avec Pietro.

« Ne joue pas trop avec, tu risques de lui donner de ta médiocrité. »
Ma voix traverse la distance qui nous sépare. Commençant à fatiguer, je viens simplement m'asseoir contre un arbre non loin de-là. Une dizaine de mètres me séparant d'elle. Rafiki, lui, vient se percher à une branche un peu plus haute dans l'arbre. « Alors dis-moi, maintenant que je t'ai rendu un dixième de ce que je te dois, tu as de nouveau la chance de pouvoir communiquer avec moi. » Je fais bien sûr référence aux coups qu'elle m'avait portée il y a quelques semaines. « Tu ne te souviens pas de moi ? Un type aussi génial ne sort pourtant pas de la tête des gens comme ça. Tu as continué à pleurer comme un crocodile chaque jours depuis la dernière fois au point que tu as perdu la mémoire ou tu as enfin compris le pourquoi du comment ? » Un sourire de vicelard pendant qu'une idée m'emporte.

« Je ne sais pas pourquoi mais je pense avoir une idée de pourquoi tu es comme ça, pourquoi tu es dans cette situation. » Puis, mes yeux viennent regarder de haut en bas le corps de la prune cramoisie. « Tu sais, tu peux aussi enlever le haut, ce n'est pas comme si je n'avais jamais vu la totalité de ton corps, petit boudin. Quoique tu as un peu maigris, ça te va mieux. » Un petit rire alors que ma tête se bascule en arrière pour venir se coller contre l'arbre.

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 MessageSujet: Re: Wall [Maël]   Jeu 5 Nov - 19:03

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Sybilia Philips

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Maël Selesta



Le louveteau m'a bien l'air d'aimer se faire gratter. Il se tourne dans tous les sens pour en redemander, il lèche mes mains pour que j'accélère les grattouilles et quand je vois qu'il en demande trop, je le chavire sur l'herbe et le tourne de gauche à droite comme s'il était en train de couler. Voyant que ce n'est pas juste des caresses, il me mordille les poignets pour jouer. Je me demande bien comment une créature aussi amicale puisse se tenir avec un homme aussi violent qu'Ajatar. Ils sont comme le Yin et le Yang et c'est plutôt étrange. Je vois du coin de l'oeil le blond qui s'incruste dans notre clairière de paix... probablement parce qu'il veut s'assurer que je ne fais pas de mal à son loup...

Il ouvre la bouche pour me dire de la merde à nouveau... Je me fige, le loup arrête de se dandiner et s'asseoit, penche la tête sur le côté parce qu'il ne comprend pas pourquoi je me suis arrêtée aussi soudainement de jouer avec lui. Je le crois... la médiocrité c'est peut-être contagieux. C'est pour ça que les gens osent pas m'approcher gentiment. Je suis une maladie sur pattes qui rôde comme la peste. Je n'amène rien de bon sur ce monde. Il me parle d'un dixième de ce que je lui aurais fait... Cette claque, cette ignorance, cette haine à la fois, ces yeux colériques ne sont que le dixième de ce que j'aurais pu lui faire? Mes yeux s'écarquillent. Qu'est-ce que j'ai bien pu lui faire bon sang?

Il continue. Il voit bien que je ne me souviens pas de lui... Il croit que pendant tout ce temps je pleurais... peut-être... sûrement... Je ne sais pas. Je secoue la tête juste au cas où ça me reviendrait. Je me sens comme une coquille vide c'est certain. J'ai sûrement pleuré... beaucoup. Il n'y avait sûrement pas que ça. Je suis une coquille vide perdue au milieu de nulle part. J'ai perdu tous mes repères et tout ce qui pouvait m'être essentiel pour vivre dans ce monde. S'il y avait quelque chose à comprendre dans tout ça, je crois que je n'en ai même pas compris le dixième.

" Je... je ne sais pas... "

Je secoue à nouveau la tête et me la prends à une main. Peut-être qu'un contact comme celui-là fera revenir ce qui manque pour compléter ce casse-tête... De la façon qu'il parle, ces conversations à un sens qu'il commence depuis le début, j'ai vraiment l'impression que nous nous sommes croisés et que quelque chose de mal s'est produit entre nous... et on dirait qu'il n'y a que lui qui s'en est sorti avec des séquelles. Mon monde à moi est tellement devenu chaotique que ça n'a ni queue ni tête et qu'on dirait que mon état est dû à l'accumulation de tout ça. Je m'appuie contre le sol pour m'aider à me relever et je titube avec lenteur jusqu'à lui. Environ deux mètres nous séparent cette fois. Mes mains se rassemblent devant moi et le haut de mon corps se penche vers l'avant. Au moins je n'ai pas oublié mes bonnes manières. Le visage face au sol, les yeux fermés, je m'excuse:

" Je ne me souviens de rien du tout. Pas même du lieu où nous marchons, pas même d'où je viens, ni qui vous êtes ou qui je suis. Dans ces circonstances, je vous présente mes sincères excuses. Et si je ne me souviens de rien... c'est peut-être mieux ainsi. Si j'ai causé du tort à tout le monde, aussi bien vivre avec le fardeau de l'ignorance que de me souvenir de ce qui peut être douloureux pour tous ces gens. "

Je me relève le haut du corps. J'ai du mal à me tenir, mais je lui adresse un dernier sourire forcé avant de lui tourner le dos et de tituber en toute lenteur loin de lui. Je me rends jusqu'à la limite de la forêt, j'hésite avant de mettre un pied dehors. Je regarde derrière moi, puis devant. Devant, c'est la peur qui m'attend, jouer la proie jusqu'à la fin des temps et en arrière, ce sont des réponses, c'est quelque chose qui peut peut-être me rassurer... Je rebrousse chemin et m'écrase sur mes genoux aux dix mètres qui nous séparaient.

" Mais peut-être que... peut-être que ce qui nous lie ne peut pas être si douloureux que cela à entendre... Auriez-vous des réponses à mes questions, Ajatar? "

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 MessageSujet: Re: Wall [Maël]   Dim 15 Nov - 18:33

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Maël Selesta

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Le bleu du ciel vient doucement laisser place à une confrontation d'orange et de rouge sang. Mélange de pureté et de haine, il ne tarda pas à donner à l'atmosphère générale une tout autre tournure. Ce mélange de couleurs venant se refléter contre les feuilles des arbres pour un spectacle automnal dans un décor de jungle. Adossé contre l’arbre, les yeux du blond divaguent entre les différents éléments de ce tableau ravissant, son regard se laisse porter par chaque nouvel élément qui touche la scène comme pour rappeler que la totalité de ce monde est vivant et flexible. Difficilement, les paroles de la jeune violette viennent frapper ses oreilles, des mots détectables dont le sens et l'importance ne semblent pas frappants. Disparaissant, une fois encore dans la nature, il la laisse partir. Ne prêtant plus attention à ces changements de caractères visiblement fréquents. Ses dernières paroles étaient nulles de sens et parfaitement incompréhensibles.

Des excuses, laissaient à terre de cette manière, comme pour laisser lâchement le temps faire son affaire alors que sourcils froncés, Maël ne semblait en aucuns cas concerné par tout cela. Devait-il d'une quelconque manière se sentir touché par les explications de Sybilia ? Des paroles de lâche, d'une femme usée, fatiguée par la vie, décidant de tout abandonner et de subir. Contre l'herbe, la main droite de l'homme chez qui la haine commence à monter se dresse pour venir s'appuyer contre sa cuisse. Fermement, il referme sa main pour froisser son pantalon, une certaine manière sans doutes d'exprimer la rage de voir quelqu'un de si faible se laisser aller dans des idées toutes aussi faibles qu'elle. Un état d'esprit d'une rare médiocrité qui mérite plus un état de dégoût et qui pourrait inspirer chez n'importe qui, un certain sentiment de supériorité.

Le singe, tient son rôle dans les hauteurs, observant tout autant le louveteau qui gambade comme un petit fou dans les herbes que le chasseur de fées, appuyé contre son arbre et qui s'apprête à se redresser. « Hop là, la greluche reviens. » dit-il en voyant la jeune prune rebrousser chemin. Toujours assis, le blond tourne son visage vers la droite, n'observant que du coin de l’œil, la représentation même de la femme défectueuse. Elle se jette sur le sol, semblant prier, demandant de l'aide. Demandant de l'aide, à moi. Son trou cérébral n'est plus à remettre en causes, si elle était seine d'esprit, jamais cette pauvre fille ne se serait présentée de cette manière. Il se lève alors de l'emplacement où il était si bien installé et arrache en même temps, une poignée d'herbe. Il comble la séparation entre les deux individus et vient coller sa première main, celle étant vide sur le haut du crâne de Sybilia. La seconde main ne tarde pas à accompagner la première et avec force il secoue toute l'herbe qu'il avait réservé dans les cheveux de celle-ci. Reculant de quelques pas, il admire son œuvre.

Des cheveux en bataille comme une pauvre folle sortie d'un asile, contrastant entre le violet de sa chevelure et le vert de l'herbe. Un sourire moqueur s'affiche sur le visage du jeune homme alors qu'il ne tarde pas à se mettre à rire. Appuyant ses deux mains contre ses genoux, se penchant un peu de manière à contrôler son rire. « Je pourrais même te violer que tu serais consentante. » les mots sont difficilement discernables tant les éclats de rire surplombent les paroles. Le singe saute alors de sa branche pour atterrir sur la tête de la fille. Il se retient de rire lui aussi et pour se donner un air de gentleman, il tente tant bien que mal de réorganiser les cheveux violets en y enlevant l'herbe pourtant si précieusement déposée. Maël, vient brusquement claquer ses deux mains contre ses hanches portant un regard de mépris envers celle qui à genoux, le supplie de lui venir en aide.

« Entre nous ? » Il réfléchis un court instant de sorte que son discourt soit cohérent. « Je veux bien répondre à tes questions car même si perdre du temps avec des déchets comme toi n'est pas vraiment mon genre, devoir vivre dans un monde où des personnes comme toi existent est encore plus difficile à assumer. » Si seulement ils étaient tous à son niveau, si seulement ils étaient tous autant qu'ils sont, bourrés de qualités alors le monde serait tellement meilleur. « Quand j'ai eu la malchance de tomber sur ta sale trogne la première fois, tu m'as expliqué de long en large et en travers le pourquoi et le comment de ta situation donc oui je pense savoir d'où ça vient. Maintenant je dois juste savoir, qu'est-ce que ça va m'apporter à moi ? »

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 MessageSujet: Re: Wall [Maël]   

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