Big Bang Minstrel | Partie III.
 MessageSujet: Big Bang Minstrel | Partie III.   Big Bang Minstrel | Partie III. EmptyJeu 8 Oct - 11:40

Enya Taylor
Enya Taylor

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Big Bang Minstrel

Avec - Daryan Chris Illunar

On était partis, chacun de notre côté, sans rien se dire, sans rien se promettre, parce qu'on le savait. On savait que quoi qu'il advienne, quoi qu'il arrive, aujourd'hui sera un jour qui changera les choses que ce soit en bien ou en mal. Je n'ai pas la prétention de dire que je serais celle qui changera la façon de voir de ce pays mais je pourrais certainement dire que je serais celle qui est venue pour le changement.

Les prisons se vident une par une, les foules se forment, s'affolent et courent à travers les couloirs alors que les alarmes résonnent dans tout le bâtiment. Les gardes et les soldats se rassemblent pour nous bloquer la route mais il fut de ma charge que d'ouvrir un passage pour tous les autres, leur fait gagner un maximum de temps pour qu'ils puissent partir et s'enfuir d'ici à toutes jambes. Le plus loin possible.

Je ne sais pas vraiment si faire les choses de cette façon peut réellement être considéré comme faire les choses de la « bonne façon » mais je ne pense pas qu'il y ai 36 000 options. Les bons ou les mauvais choix, au fond ce sont les mêmes. Ils se ressemblent, mais les bons choix en deviennent des mauvais quand ils sont appliqués dans la mauvaise situation.

Leur groupe disparaît au détour d'un couloir alors que je décide de tourner dans une autre direction.
C'était par où déjà ?

« - Arrêtez-vous ! Vous ne ferrez plus un pas à partir d'ici ! »

Étrangement, je réussis à faire un pas en avant. Était-ce un crime que d'avancer maintenant ? Bientôt même respirer sera considérer comme un génocide envers les molécules.

« - J'ai fait un pas de plus. Vous comptez faire quoi ? Si vous ne comptez rien faire, je voudrais au moins avoir le passage de libre. J'ai des affaires sur le feu et vous me gênez terriblement. »

Ils s'écartent, laissant un fin passage entre deux rangs d'hommes alors que les émanations de ma magie en ferrait presque tomber dans les pommes certains. C'était drôle. Très drôle. Cela fait bien longtemps que je ne me suis pas amusée autant.
Depuis quand n'ai-je pas ressenti ça ? Le plaisir de faire peur. Le plaisir d'effrayer les gens. De se sentir puissante malgré la situation de merde dans laquelle je pouvais me trouver. Je savais que je m'en sortirais.

Mais aujourd'hui étrangement, malgré cet unique instant d'euphorisme...Je n'étais pas certaine d'un avenir. D'un lendemain.

Les deux portes de la salle de prière sont devant moi, les soldats et toute une armée, derrière moi. Deux choix se présentaient maintenant :

1) Ouvrir les portes, me battre pour une promesse et mourir sans pouvoir la tenir, car il ne fallait pas être idiot pour savoir que combien même, j'étais devenue plus forte depuis mon dernier passage à Minstrel, cela ne changera pas grand chose.
2) Retourner sur mes pas, empêcher l'armée de quitter le bâtiment et sauver Luka et son groupe. Les sauver tous.

Sauver tout un pays contre un groupe d'individus. L'intérêt général l'emporterait certainement mais à quel prix encore ? Combien de fois devrais-je sacrifier quelque chose alors qu'au final, tout le monde s'en fous de ce qui peut-être fait ou non ? Combien de fois devrais-je perdre quelque chose pour ne récolter que du vent ? Du néant ?


Et puis quelque part dans ma tête, il y avait cette troisième option. Cette possibilité aussi infime soit-elle. Au fond de ma tête, il y avait ce vœu, qui ne demandait qu'à être entendu et exaucé, mais ce n'était que folie que d'embarquer quelqu'un d'autre dans la tombe avec moi, même si je ne suis pas contre de la compagnie dans l'au-delà. Je risque fortement de m'ennuyer....J'irais hanter les gens et faire peur aux enfants, ça sera tellement drôle.

Bon aller, on ne revient pas sur une promesse...Même donnée à la mauvaise personne et puis je crois aux miracles.

« - Lilith, retourne à Fiore et trouve-le pour moi. Dis-lui ce qu'il se passe, raconte-lui tout ce qu'il doit savoir.
- Pourquoi devrais-je me donner la peine d'avertir un humain ? Et puis tu peux régler ça en invoquant la patronne non ? Ça ne te suffit pas ?
- Ok. Je te rappel que si je meurs, vous mourrez avec moi, ça te va comme raison de déplacement ou je te donne les détails ? Va-le chercher, c'est tout ce que je te demande.
- Et je lui dis quoi ? Que t'es au seuil de la mort et qu'y a un autre dans tes bras ?
- Si tu lui racontes de la merde, crois-moi, c'est moi qui te tue personnellement. Vas-y ! »

Elle disparaît, me laissant seule. Seule avec pour seule arme, mon courage si encore, il existe, moi qui est toujours tout fui.
Mes deux mains agrippent les poignées et les portes de la salle s'ouvrent tandis que les 47 sont regroupés et que le Pape, assit sur son trône, me regarde tout sourire.

« - Je vous avez dit qu'il ne fallait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué. En fait, je sentais que le courant passé tellement entre nous que ça m'a brisé le cœur de pas pouvoir vous dire au revoir correctement, alors je passe le faire. On se sert la main ou se fait la bise ?
- Enya, Enya, Enya....Es-tu seulement en position de jouer avec ton humour ? Tu as la prétention de t'enfuir d'une prison sacrée qui était censée lavé l'absurdité que tu es et maintenant, tu es là, attendant qu'un miracle se produise. Qu'est-ce que tu espères faire ici toute seule au juste ?
- Je ne vous le fais pas dire, j'attends un miracle. »

Je ferme les yeux comme pour prier silencieusement vers n'importe quel dieu de la chance qui pourrait m'écouter et me soutenir malgré tout ce que j'ai pu faire dans ma vie et soudain un sourire se dessine sur mes lèvres. C'était venu tout seul, comme ça, je ne pouvais m'empêcher de sourire comme une attardée heureuse malgré la situation.

« - Au fait.... Qui a dit que j'étais toute seule ? »

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 MessageSujet: Re: Big Bang Minstrel | Partie III.   Big Bang Minstrel | Partie III. EmptyJeu 22 Oct - 19:52

Daryan C. Illunar
Daryan C. Illunar

[M] Weer Lopen

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Minstrel's bursting


Si on relate les choses je ne suis pas sûr que nous puissions créer une belle histoire. Si l’on écrit nos aventures je ne pense pas qu’il soit malin de les conter à un enfant le soir avant qu’il s’endorme. Parce que notre histoire a commencé dans la haine et est toujours profondément blottit dans ses bras. Je crois que notre n’aurons jamais notre fin heureuse. Je ne pense même pas que nous la voudrions, même s’il était possible de l’avoir. Parce que l’adulte qui lira notre histoire le comprendra, lui : la haine qui nous a été offerte dès le début embrumes notre esprit. Nous le savons. Des fois j’en prends conscience lorsque je réfléchis. Et pourtant il est impossible de se détacher de cet immonde cercle infernal. Alors si un jour on me permettait d’avoir ma fin heureuse, je pense que ce jour-là je serai aveugle.


Aujourd’hui notre histoire est allée loin. Je ne me conterai pas les résumés du passé parce que je le fais trop souvent. Et c’est ce trop souvent qui me fait souffrir. Mais en fait, en y réfléchissant, je ne sais même pas si je souffre. Sans doute que je me fais du mal, mais alors je ne le remarque pas. J’ai toujours baigné dans la même histoire et les sentiments qui s’en découlent n’ont jamais réellement changés. Il s’avère que je suis un puit de haine, de vengeance et de souffrance. Lorsque je souris je ne le fais jamais trop longtemps. Et aujourd’hui regardant le ciel bleu je me demande si la triste et désespérée Abigail Phoibos va bien. Parce que je suis un puit de choses mauvaises et je pensais jusque-là que ces choses n’auraient jamais la capacité de gravir la pierre, ou de s’accrocher au sceau d’eau, et remonter jusqu’à la surface. Mais ces monstres y sont arrivé ; ils ont rampé au sol, se sont accrochés à Abigail Phoibos, et se sont engouffrés sur son visage et s’y sont enfoncé tant bien que mal. Sa bouche est contaminée par les élans de haines sur ses palabres, ses oreilles ne se concentrent plus que sur les informations relatives à sa vengeance, ses yeux ne voient que les mauvaises choses de ce monde. Du moins c’est comme ça que je la vois – je crois – depuis qu’elle est partie. Alors oui, il est définitivement possible que notre histoire ne finisse jamais bien. Mais je pense qu’aujourd’hui nous ne faisons même plus attention à ces possibilités. Elles ne sont même pas des options, elles sont juste là mais inaudibles, invisibles, impalpables.


Inari l’avait compris elle aussi. Et c’est pour ça qu’elle restait près de moi à rire et se lécher les lèvres à chaque drame. Elle se délectait de tous les malheurs qui pouvaient s’abattre, elle s’amusait des plus grands événements. Lorsque je pense à elle, ou que je la vois arriver, se matérialiser, là, face à moi, je vois les déesses d’Abigail et la belle Mégaira. Si elles restent attachées à la belle blonde, elles aussi, c’est parce qu’elles aiment la tristesse des histoires communes à ceux ayant vécu dans le bâtiment de Blue Pegasus. Peut-être est-ce le lieu, peut-être est-ce le nom, peut-être est-ce quelqu’un de proche, même, mais notre entourage était maudit, il fallait se l’avouer et lever la tête, assumer un terrible manifeste de nouveau sur nos épaules.


Aujourd’hui il fait beau. Tellement beau. Alden Connor Stark a décidé de me laisser pour la journée. Il voulait aller quelque part, flâner, sûrement vers la ville la plus proche, essayez de trouver quelque chose d’intéressant à acheter, une femme à regarder, un homme qui lui paiera une pinte ; quelque chose à faire qu’Alden Connor Stark aime. Je suis couché sur la bute herbeuse de la rivière, à attendre et admirer le ciel, à bronzer en ce mois d’avril, à attendre et me reposer. Je fermerai bientôt les yeux et m’apaiserai pour oublier la douleur quelques minutes – et pourquoi pas – quelques heures.


Il fait beau et le ciel présage tout de bon pour cette journée. Pourtant le goût de l’air – parce qu’il a un goût – et son odeur disent tout autrement. Les explosions d’il y a deux mois avait fait devenir de l’air un bienfait pur pour les poumons, je m’en délectais chaque jour. Mais en ce moment de répit je ne peux que m’abstenir d’inspirer fortement pour ne pas être empoisonné par le mauvais présage. Inari elle aussi, l’a senti. Je ne la vois pas mais j’entends ses dents grincer contre ses ongles. Je comprends son mécontentement lorsque les brumes se chargent de la présence horrible qu’est celle de Lilith. Le démon se manifeste et me regarde, couché. Un œil qui se réveille et la peste bronche déjà.


Je ne sais pas si Enya souffre. Elle doit souffrir, oui. Mais ce dont je n’ai aucune connaissance, c’est si elle le sait, si elle le ressent. Lilith m’explique la situation. J’écoute assis les jambes croisées avec attention, hochant la tête quelques fois pour lui signifier que je suis toujours sa conversation, curieux des événements, ennuyé aussi. Peut-être qu’Enya souffre et n’en a pas conscience. Et si, au plus grand désespoir des inexistantes fins heureuses des contes pour nos terribles vies, elle savait qu’elle souffrait, qu’elle en a conscience, et qu’elle se fiche de ça, c’est qu’elle serait tombé tellement bas dans sa tristesse et son désarroi d’humanité que la pauvre n’aurait plus de semblant humain.
Finalement nous partons pour Minstrel, laissant un regard vers le haut clocher de la ville, quelque peu culpabilisé par le fait de laisser mon ami derrière.


Si l’on me demandait pourquoi je suis parti avec Lilith pour Minstrel, je ne sais pas si j’aurai une réponse adéquate à donner. Le peuple est commandé par une papauté empoisonnée. Je suis respectueux de la religion. Je pense même qu’elle est nécessaire à apaiser les esprits tourmentés de l’humain. Ceci même dans un monde de magie. Mais je ne sais pas si elle doit être utilisée pour commander. Peut-être si le peuple le veut. Alors dans ce cas la papauté de Minstrel serait légitime dans son principe – moralement j’entends. Mais si elle est corrompue alors elle trompe sa population. Et à partir de ce moment elle trompe l’humain, elle utilise sa capacité de croire et de penser dans un but à le soumettre. Alors si l’on me demandait pourquoi je suis parti avec Lilith pour Minstrel, finalement, je pense que ma réponse serait floue mais existante : pour le bien de la liberté d’esprit de chacun. Je ne sais pas réellement quoi faire après que ce gouvernement soit tombé. Je ne sais pas moi-même s’il est bon de supprimer définitivement la papauté. En réalité je ne le pense pas. Le pays a choisi d’être ainsi. De quel droit un groupe de jeunes résistants inexpérimentés se permettrait-il de choisir pour un pays ? Il semble plus envisageable de faire tomber la papauté actuelle et d’en instaurer une autre sur plusieurs bases. Ou de créer un nouveau régime. Un beau et fabuleux nouveau régime. Un État où la papauté resterait mais sous un principe de démocratie par les voix du peuple. Si l’on me demandait pourquoi je suis parti avec Lilith pour Minstrel, et si l’on me demandait ce que j’envisage pour la suite, si cette mission réussissait, je pense avoir déjà une réponse.


Alors mon corps apparaît déjà devant l’un des quarante-sept. Le bras levé près de son visage, j’impulse le choc et son corps traverse la pièce, se fracassant contre la pierre du mur, dégageant de la salle sous le choc, détruisant et enfonçant la pierre. Je viens de faire mon entrée et elle est magistrale. Inari en rit là d’où elle est. Elle me félicite – moi aussi intérieurement je me félicite. Le premier venait de tomber, vaincu par l’effet de surprise, par la charge d’une énergie concentrée sur préparation.


Je regarde les lieux, curieux.
« Oh, c’est joli la peinture par ici. »



© Fawks

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« Avez-vous confiance en moi ? Iratus Orationis est née, signe de la révolte du peuple, de votre perte de confiance. Mais aujourd’hui je vous propose Weer Lopen, née des cendres de la Blue Pegasus d’antan. Nous ne nous soumettons à aucune institution : notre mot d’ordre est l’indépendance, la liberté et l’équilibre que doit recevoir ce pays. Nous protégeons, nous garderons, nous punirons, et ferons de votre voix celle du peuple et de la raison. »
 MessageSujet: Re: Big Bang Minstrel | Partie III.   Big Bang Minstrel | Partie III. EmptyJeu 22 Oct - 23:00

Enya Taylor
Enya Taylor

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Big Bang Minstrel

Avec - Daryan Chris Illunar

L'espoir. C’était tout ce qu’il me restait. Attendre en priant pour un miracle, en priant pour qu’il accepte mais rien ne l’obligeait de le faire, il avait sa vie, ses affaires et j’avais la mienne. Rien ne l’obligeait à écouter et à décider, il pouvait très bien tourner le dos à tout ce qu’il entendait, tourner le dos à ma demande comme si souvent les gens que j’ai connus l’ont fait. Il n’était pas obligé d’écouter mais c’était tout ce que je voulais. Si l’on me demandait aujourd’hui, si je savais qu’il viendrait…Je dirais que non. Je n’en avais pas la moindre idée. Je m’étais avancée en pensant qu’au final, il est peut-être le seul à comprendre le mal qui rongeait les gens. Qu’il était peut-être le seul à pouvoir suivre la danse tout en gardant le rythme. Je dirais que je me suis avancée en pensant une seule seconde, le voir arriver ici et pourtant, quelque part, je ne pus m’empêcher de sourire. Je souriais parce qu’au fond, une partie de moi, aussi infime soit-elle, savait qu’il viendrait.

C’était tout ce que j’espérais. J’espérais qu’il soit le seul qui ne me tourne pas le dos.

Il le pouvait pourtant mais il ne l’a pas fait.

Parfois, il m’arrive de me demander ce qu’il se serait passé s’il n’était pas venu. Est-ce que les choses auraient été pires pour moi ? Pire qu’elles ne le sont déjà ? Probablement pas mais ça, une seule personne est au courant. Je me rappelle encore quand Zadig m’a demandé si j’étais mourante, quand Senji m’a tourné le dos en me disant de me battre et puis je me rappelle encore de son visage quand il m’a dit qu’il avait tué ses parents. Ce n’était pas de la tristesse que j’y avais vu, ni des remords, c’était juste de la haine. De la haine envers ce qu’il était, de la haine envers ce que nous sommes. Nous sommes les enfants de la colère, elle nous berce dans notre sommeil et nous réveille d’une claque sur la joue quand les événements vont trop vite pour nous. La colère et la haine envers nous-même, nous détruisant petit à petit, c’était tout ce qu’il nous restait, aux gens comme nous. Ceux qui ne sont pas méchants mais qui ne sont pas gentils pour autant. Ceux à qui même les fins heureuses des contes de fées ont tournés le dos. Ceux qui peuvent choisir comment mourir et où mourir. On était de ces gens –là. De cette espèce-là. Je ne dis pas que c’est un honneur ou un privilège, je dis seulement que les gens comme nous, on plus à porter que vous. On porte la haine du monde ou la haine des gens contre nous. Parce que c’était ainsi. Nous n’étions ni martyr, ni victime. Nous faisions qu’exister pour soulager la conscience populaire, celle qui veut un bouc-émissaire pour déculpabiliser, celle qui veut soulager les maux des hommes, incapables de faire face à la réalité.
Parce qu’il fallait tout simplement que des gens comme nous existent, pour que des gens comme vous puissent être heureux. Ce n’était ni jamais trop simple, ni jamais trop compliquer.

Quand j’ai dit que j’attendais un miracle, c’était vrai. Je ne mentais pas mais je ne disais pas non plus toute la vérité. J’en attendais deux à vrai dire et le premier venait tout juste de se réaliser alors parfois, je me dis que la chance ne m’a pas encore abandonner, ni le destin d’ailleurs. Pour ce qui était du deuxième…Je m’avancerais encore si je disais qu’il allait se réaliser parce que j’en avais la conviction et que, pour une fois dans ma vie, je voulais faire les choses bien. Je me rappelle encore des mots de Luka, de cet air contrarié sur son visage. Je me rappelle encore ses yeux noirs m’engloutissant toute entière. Ses yeux de vide, avec cette lueur que je ne connaissais que trop bien. Tout le monde me regarde comme il l’avait fait. Tout le monde me voit comme cette fille capable de tout…Et de rien. Alors les gens s’en servent, m’utilise, je vais là où l’on a besoin de moi que ce soit pour faire le pire comme le meilleur…même si dans le pire c’est moi la meilleure. Les gens ont besoin d’une personne capable de faire, ce qu’eux n’oseront jamais. Alors je l’ai fait. J’ai mentis. J’ai trompé. J’ai manipulé. J’ai volé. J’ai tué. J’ai tué en masse. Combien de personnes ? Des centaines ? Des milliers ? Je n’en savais que trop rien, j’ai perdu le compte il y a bien longtemps maintenant.

Et je reperdrais le compte aujourd’hui parce que compter, c’est donner de l’importance, c’est se soucier. C’est en avoir conscience et je ne veux pas avoir conscience de ce qu’il va se passer. Je veux oublier dès que ça sera terminé. Je veux oublier que pour une fois dans ma vie…
Je n’ai pas merdé.

Il était là avec ses grands yeux bleus, son air curieux, n’ayant même pas conscience de la situation. Il était là, l’air de rien, tandis qu’un corps part dans le décor ce qui me fais rire parce qu’ironiquement…Le déclencheur, ce fut lui. Pour une fois.

« Tu es faible. »

Je me souviens encore de ces trois mots. Je ne savais juste pas s’ils avaient la même signification et le même écho que les mots de Senji.

« Enya Taylor est faible »

Je le suis tu sais. Après tout, je ne suis qu’une femme. Je suis faible, je le savais. Je suis faible et j’ai abandonné l’amour pour le pouvoir, telle avait été sa condition. Sacrifier quelque chose en retour de ce que j’avais acquis. J’ai sacrifié l’amour. L’amour ça fait mal tu sais ? Trop mal. J’ai perdue trop de personnes par amour et beaucoup m’ont abandonnés par amour. L’amour c’était une arme. C’était ce qui détruisait et ce qui nous rendait notre humanité également. L’amour ça détruisait un homme comme une tempête plie un arbre. L’amour faisait souffrir et je n’en voulais pas. Ça n’en valait pas la peine. J’en avais eu un avant-goût, il y a 7 ans, dans ce pays. Un avant-goût de ce que les gens appellent "l’amour". Je ne voulais pas de ça à nouveau pourtant, entre nous…Qu’est-ce qu’il y avait ? Pourquoi tu es venu ici en sachant ce qui allait se passer ? Pourquoi t’es là ? Pourquoi tu ne t’es pas juste bouché les oreilles et dit merde à Lilith ?

Pourquoi ?

« - Il t’en a fallu du temps ! Encore un peu et c’était moi qui aurait fini comme lui là-bas ! »

En vrai, j’ai envie de dire autre chose. Des choses gentilles mais ça marche pas comme ça entre nous. Je veux pas être cette faible. Je vais te montrer. Te montrer que la réputation que j’ai à Fiore, elle s’est pas fondée sur la faiblesse. Je vais te montrer, pour la première fois de ta vie, ce que vaut vraiment la femme qui s’appelle Enya Taylor.

Et peut-être qu’après, je te dirais un truc gentil.


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 MessageSujet: Re: Big Bang Minstrel | Partie III.   Big Bang Minstrel | Partie III. EmptyMer 16 Déc - 18:50

Daryan C. Illunar
Daryan C. Illunar

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Minstrel's bursting


Elle est ici, debout, droite, sur ses jambes, seule - solitaire plutôt. Les choses ici sont graves. Je regarde les Généraux. Ils ont l’air tous plus fort les uns que les autres. Et pourtant, à les regarder, à réflechir, ils ne sont rien. C’est manifeste : si aujourd’hui le pays de Fiore attaquait de front la papauté empoisonnée de Minstrel, bien que notre patrie soit complètement déchirée, je me plais à imaginer les horreurs d’une guerre dont nous sortirons gagnant sans nous fatiguer pour autant. Mais Fiore doit-elle réellement s’élever comme une contrée qui met à mal ses voisines pour prouver qu’elle peut encore se lever ?

Qu’obtiendrais-je d’aider une Enya Taylor recherchée de toutes les parts du pays dans lequel je vis ? Puis je pense à la nouvelle reine de Fiore, pays détruit depuis plusieurs semaines, une diplomatie qui décline, un terrorisme qui s’aggrave, une paix qui parie tous les jours sur sa fin d’un possible lendemain. Un cadeau à la Reine c’est exactement ce qu’il nous faut. Minstrel deviendra un cadeau pour Jade de Fiore, un cadeau pour me permettre d’accéder à la royauté, la porte à la nouvelle diplomatie extérieure et à la force du fondement de la nouvelle politique du sang bleu. Parce que l’objectif initial et de permettre à Fiore de s’élever, quitte à lever le menton devant le trône, mais les beaux cheveux verts de cette dame élèvent en moi les pires pensées manipulatrices.

« Daryan Illunar, ton existence est des plus désagréables. Tu n’as aucun droit de souiller ces dalles sacrées. » Il est petit dans sa cape blanche, tout le monde devinait qui il était, tout le monde ici le respecte, sauf deux, deux irrespectueux qui se sont montrés pour destituer le dictateur. Je montre du pouce Enya, à l’arrière. « Ah parce qu’elle, elle n’est pas pire que moi dans votre contexte ? Elle invoque des démons. Et vous, vous ne dites rien ? » Une voix grave qui se veut d’humour. Inari se matérialise sous sa forme de deux renards. Elle admire de haut tous ses faire-valoir. L’un d’eux fait les grands yeux et baisse la tête de respect, bien que servant de la papauté. La bouche des créatures des brumes ne bouge pas mais sa voix résonne dans la pièce, une voix grave et pourtant féminine, imposante, respectueuse. « Il y en a au moins un ici qui connaît le sens de ses priorités. Le reste n’est que déchet. » L’un des renards disparait et s’écrase sur la tête d’un des généraux. Aucun coup, rien de bien méchant, juste un toucher, et l’homme tombe à terre, sortant de ses pores une texture sombre, devenu incapable d’utiliser sa propre magie néfaste.

Certains font un pas en arrière, d’autres s’énervent, l’un joint les mains et hurlant dans le vide sonore invoque un torrent de flammes dévorant notre direction. Le pied droit qui passe en arrière, le buste qui pivote, les doigts de la main droite caressant de la paume gauche à l’avant-bras, se détachant sur la création d’un arc de glace et la flèche d’Exodus qui s’envole, perforant les flammes, les étouffant, les absorbent d’une part – le reste qui devient inutile par une roue sur le côté – la flèche continue sa route jusqu’au sol et dévore d’une explosion fatale l’attaquant. La conclusion tragique d’une activité inutile jusqu’au nombre de quarante-neuf qui s’affiche dans tous les esprits.

Il s’agit d’un homme à nouveau. Le crâne dégarni, la robe blanche et des cicatrices sur le visage. Il se penche en arrière et se relevant en force, gueule ouverte, émet un hurlement sourd et distinct. Une vague penche en notre direction, faisant de la pierre du sol du sable. Ma paume se détache de mon corps et l’onde vient la percuter, devenant vide, créant des plaies saignantes. La consistance de mon corps s’évapore et réapparaît devant celui qui avait pu oser de nouveau, mes doigts claquent à ses oreilles et le même bruit retentit à quelques centimètres de ses tempes. Il est à terre, hurlant, ne s’entendant plus, et la chaussure qui vient heurter son menton le sonne pour de bon. Quarante-huit. Le silence n’est pas rompu et tout le monde reste à sa place dans la pièce.



© Fawks

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« Avez-vous confiance en moi ? Iratus Orationis est née, signe de la révolte du peuple, de votre perte de confiance. Mais aujourd’hui je vous propose Weer Lopen, née des cendres de la Blue Pegasus d’antan. Nous ne nous soumettons à aucune institution : notre mot d’ordre est l’indépendance, la liberté et l’équilibre que doit recevoir ce pays. Nous protégeons, nous garderons, nous punirons, et ferons de votre voix celle du peuple et de la raison. »
 MessageSujet: Re: Big Bang Minstrel | Partie III.   Big Bang Minstrel | Partie III. EmptyJeu 17 Déc - 21:50

Enya Taylor
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Avec - Daryan Chris Illunar

Il ne répond même pas. Il se contente de se dresser, fier, au milieu de nulle part, tel un rocher au milieu de l’océan subissant les caprices de la marée. Il ne regarde même pas. Il se contente d’observer ce qu’il se passe autour de lui sans relever ce que je venais de dire. Naturellement, la question de sa présence se pose. Il aurait pu refuser mais il est venu quand même. Il aurait pu dire « non » mais il a préféré intervenir. Pourquoi ? Il n’a rien à y gagné ici. Pas un seul traité, pas un seul marchandage de paix bidon ou de bonnes intentions voilées derrière une fausse promesse entre deux hommes qui ne s’aimaient déjà pas. Il n’a rien à y gagné ici, ni venant d’eux, ni venant de moi. Ce n’était ni plus ni moins qu’un énième champ de bataille sur lequel on se retrouvait. Ce n’était ni plus ni moins qu’une énième rencontre entre lui et moi.

Alors je l’écoute parler, me pointant vulgairement du doigt et quelque part, ça me vexe. « Elle ». Je ne suis qu’elle. C’est vrai. Il ne manquerait plus que mon nom soit énoncé tout haut comme s’il s’agissait d’un sortilège libérant le cœur des Enfers sur terre. Il ne manquerait plus qu’il le dise tout haut comme si, une fois dis, cela libéré de sa cage cette fausse relation que l’on cache désespérément aux yeux du monde. Cette entraide mutuelle quand l’un a besoin ou quand c’est l’autre. Mais quand ai-je commencé à dépendre de Daryan ? Quand ai-je commencé à vouloir que sa présence se mêle de mes affaires ? Au fond, s’il me demandait pourquoi je suis venue ici aujourd’hui et ce que j’y fais, je pensais lui mentir. Un mensonge grossier, je peux bien voyager comme tout le monde, je ne me restreins jamais à Fiore. Mais pour moi, le tourisme et les voyages ont tous des allures de chasse à l’homme et de poursuite interminable entre l’autorité du pays et ce que je représente : un danger à éradiquer.

Il le savait aussi, pourtant, il est venu. Je suis de celle qui perturbe la paix qu’il veut mettre en place. Pourtant, quelque part, il n’a pas pris conscience de ça, comme si au fond, je n’étais resté que cette petite fille gueulante ayant, un jour, franchis la porte de sa guilde.
« Elle invoque des démons » Quelle insulte. Si seulement ça pouvait s’arrêter là, cela serait tellement plus facile. Pour nous deux. Mais dans la recherche de force et dans la cupidité dans laquelle je me suis longtemps plongé, j’ai poussé les choses un peu plus loin. Tellement loin que j’en ai oublié ce que représentait parfois le fardeau que j’ai juré de garder. Ma mère avant moi l’avait eu et un jour je passerais le flambeau, comme ça paraissait simple. Transmettre une malédiction d’une femme à une autre. Transmettre ce cadeau empoisonné d’une fille à une autre.

« Tu es faible ». Tu sais, ces mots se sont retrouvés gravés au fer rouge dans un coin dans ma tête parce qu’il était tellement difficile de l’admettre devant quelqu’un alors que je le savais. Je l’ai toujours su mais cette faiblesse, je l’ai vendu au diable, je l’ai bêtement troqué contre quelque chose d’encore plus terrible, une ombre derrière laquelle me cacher quand les choses n’allaient pas dans mon sens, un drap dans lequel m’envelopper pour ne pas voir la réalité. Ma faiblesse, ça a été d’avoir aimé un jour. C’est ce que j’ai échangé et si je venais à aimer alors tout me reviendrait comme avant. La douleur, la peine, le chagrin, toutes ces choses qui vous broient le cœur la nuit. Toutes ces choses qui font mal et dont on arrive jamais vraiment à faire le deuil même si on les croit enterrer. J’ai sacrifié l’amour en échange d’une présence bien plus terrible à mes côtés. Et crois-moi, tu ne voudras pas être là quand elle sortira.

Quelque part, le fait de lancer les hostilités ne me font pas réagir. J’ai l’impression d’assister à un spectacle dans lequel je ne suis même pas une actrice et pourtant, j’en suis de loin le metteur en scène. Tu ne mérites pas ça tu sais ? De te battre ici alors que je ne lève même pas le petit doigt.

Mais je pourrais le lever. Non. Je devrais le lever. Avant qu’il ne soit trop tard. Avant que l’on arrive à un stade de non-retour.

Je souris. J’ai envie de rire même mais je ne le fais pas. Je ne sais pas pourquoi je souris, rien n’est drôle mais dans cette situation, aussi tordue soit-elle, je n’ai même pas peur.

« - Elle invoque des démons, mon cul oui ! Ce n’est jamais aussi simple. »

Je vois un jet d’eau me frôlant de peu pour aller s’écraser contre le mur derrière moi. Naturellement, je ne peux pas rester en arrière et regarder, cela serait trop demander d’avoir un peu de tranquillité. Je n’ai pas eu une minute à moi depuis que je suis arrivée ici.

La terre se met à trembler, à vibrer, quelque chose vient, quelque chose de terrible en ce lieu sacré et je continue de sourire.

« - Je vous fais confiance les gars, faites-vous plaisir. »

Les 8 démons sont lâchés, la porte vers les abysses est ouverte. A peine leur forme se matérialises progressivement qu’un des généraux vole déjà dans le mur voisin, créant un léger trou dans ce dernier.
Satan.

Le serpent s’enroule autour de mon bras, plantant ses crocs au niveau de mon poignet où le sang légèrement, s’écoule.

Un coup d’œil à droite, un coup d’œil à gauche, c’est déjà l’anarchie de mon côté. C’est drôle comme les événements peuvent se dérouler à une vitesse incroyable. C’est drôle comme une situation peu basculée, d’un moment à l’autre.

Quarante-trois.



DEV NERD GIRL

 MessageSujet: Re: Big Bang Minstrel | Partie III.   Big Bang Minstrel | Partie III. EmptyJeu 17 Déc - 22:20

Daryan C. Illunar
Daryan C. Illunar

[M] Weer Lopen

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Minstrel's bursting


Les démons d’Enya se déchaînent. De mon côté il s’agit d’un combat d’endurance. Douze ; c’est le nombre de généraux qui s’attaquent à moi, au corps à corps, poings contre estomac, en même temps, chacun leur tour, comme s’il s’agissait d’une terrible vague noire qui nous embrasse de sa houle et nous ramène sur la plage avant de nous bouffer à nouveau. Le terrain devient compliqué ; il n’y a plus de place à l’avant pour sauter, reculer ne sert – quoi qu’à finir coince entre deux murs, les flans ne sont plus sûrs et les charges arrivent de nouveau. Ils sont deux à tendre leur poing respectivement ; je pivote et attrape les poignées des tortionnaires. « Siphon ! » Du sol jusqu’au plafond la tornade d’eau déchire la pièce sur son passage, laissant à sa disparition certains corps endormis à terre. Quarante.

Il est debout, derrière-moi, s’est protégé des flots, arrivé épée à la main, encoche son coup et le renard d’Inari guette, se jetant sur son bras et le déchirant de ses crocs. Un « merci » qui s’envole, le nombre qui baisse à trente-neuf, je sens l’épuisement venir. Les deux renards se positionnent devant moi, je m’appuie contre le mur et m’assieds à terre, jambes croisées, les mains sur les genoux et inspire.

Dix secondes. Le combat est violent, les renards se démènent, déchirant, mordant, perforant, ils prennent des coups et se matérialisent de nouveau, de plus en plus avec de difficulté. Vingt secondes et trente-neuf généraux encore debout. J’expire plus fort, par saccades cette fois. L’un des renards est dégagé définitivement du champ, révoqué par un des écœurants à l’aide de la magie, le servant d’Inari se retrouve seul à menacer du regard. Trente secondes. Il ne lui faut plus que tenir un peu. Il hurle de sa gueule et déchaîne les vents de colère. Trente-cinq secondes. Il fait un pas en arrière et saute vers son asseyant, lui dévorant l’épaule, en sang, et finit par disparaître, subissant le même sort que son pauvre frère. Le coup arrive vers moi, trente-neuf secondes, il s’apprête à frapper, et admire le vide.

Mon corps est divisé en quatre, enfermant dans son carré une nouvelle dizaine. « Ventus ; Spark », les grains de sable du sol se soulèvent et la foudre tombe entre mes corps. Ce sont des êtres brûlés qui en ressortent. Vingt-neuf. Nous nous évaporons et je suis désormais seul dans un coin, un seul Daryan, tombant genoux à terre, ayant besoin d’une minute de répit, juste une, le temps de souffler, sans prendre gare à la décharge qui m’arrive de front.



© Fawks

_________________________________________________________________________

« Avez-vous confiance en moi ? Iratus Orationis est née, signe de la révolte du peuple, de votre perte de confiance. Mais aujourd’hui je vous propose Weer Lopen, née des cendres de la Blue Pegasus d’antan. Nous ne nous soumettons à aucune institution : notre mot d’ordre est l’indépendance, la liberté et l’équilibre que doit recevoir ce pays. Nous protégeons, nous garderons, nous punirons, et ferons de votre voix celle du peuple et de la raison. »
 MessageSujet: Re: Big Bang Minstrel | Partie III.   Big Bang Minstrel | Partie III. EmptyJeu 17 Déc - 23:02

Enya Taylor
Enya Taylor

Crime Sorciere

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Big Bang Minstrel

Avec - Daryan Chris Illunar

Six ans. Six ans et une heure. C’est là la première fois que j’ai rencontré un démon, dans une rue enneigée, en plein hiver. Six ans, les pieds nus, les cheveux en bataille et les yeux humides, suppliant silencieusement, que quelqu’un me vienne en aide, à moi et à tous ceux que je connaissais dans l’orphelinat. Je me rappelle encore que les sœurs nous disaient souvent que Dieu écoutait nos prières, même quand elles résonnaient dans nos esprits. Quelle ironie que ce ne soit pas dieu qui ai répondu le premier mais Satan. Six ans, c’est là, la première fois que j’ai conclu un pacte. Avec le diable.

Depuis j’ai appris à me méfier d’eux, à vivre avec eux, à leur imposer ma propre volonté sans que je n’ai à leur obéir. Les démons étaient nés de la dépravation des hommes et chacun réagissait en fonction de ce qu’il ressentait chez l’homme. De la colère jusqu’à de la paresse en passant pour la gourmandise et l’avarice. Chacun intervenait dans le monde des hommes sans que je n’aie souvent, mon mot à dire.

Sentant le vent soulevant sauvagement mes mèches s’entremêlant, j’en déduis que cette petite brise émane de lui et je ne peux même pas regarder en sa direction, trop occupée par la mienne. Il y en avait de partout, des généraux, tous plus pressants les uns que les autres, tous ayant envie de faire plaisir à cet homme, encore assis, tout sourire, sur sa chaise en hauteur. Il ne bouge pas. Ne bronche pas. Comme si rien de tout ça ne l’effrayait. Il se contente, juste de regarder, croyant en une victoire certaine.

Que j’aimerais le faire descendre et le faire mettre à genoux devant moi, le voir supplier pour sa vie, sentir sa tête roulant sous mes pieds. Que j’aimerais le voir, juste là, devant moi, à ma merci. Etait-ce seulement humain que de souhaiter ce genre de chose ? Que de souhaiter vouloir se tâcher du sang d’un être se disant suprême ? Etait-ce seulement humain que de vouloir mettre fin à la sauvagerie par la barbarie ? Les deux étant souvent très proches. Peut-être même trop proche au final.

Alors que je me contente de le regarder, une onde de choc me fait voler à travers la pièce, glissant jusqu’à être derrière la porte. Le souffle coupé pour quelques instants, je remarque qu’il semble dénoter la même douleur que moi. Ah !

Prenant appui sur mes genoux, je me relève, prenant de l’élan et le frappant au visage pour le mettre au sol. J’ai l’habitude de prendre des coups, moi. Bien plus que mon égo ne serait m’en protégé comparé à certains.

Les démons s’essoufflent, perdent en puissance et certains disparaissent. Belphégor le premier. Suivit de peu par Mammon et Léviathan. Dommage.

Vingt-quatre.

Les démons ne sont plus et Chris non plus.

L’envie de lui lancer une pic ne manque pas, juste pour rigoler mais quelque chose me retient. Les mots ne sortent pas alors qu’il est là, par terre et que la décharge par en sa direction.

Ça ne te rappelle rien ? Ce jour, un peu étrange, où au détour d’une ruelle, j’ai décidé de te suivre jusqu’au sommet d’une montagne enneigée ? Ce jour, un peu étrange, où j’ai décidé, d’aller sauver une dame de fer un peu rouillée. Ce jour, un peu étrange, où dans la neige, tu t’es interposé et qu’on a roulés jusqu’à s’en cognés contre un arbre, encerclés par des ombres bizarres. Je m’en rappelle encore.

Peut-être qu’il était temps de te rendre la pareille.

« - Lilith ! »

Des grandes ailes noires se déploient juste devant toi et t’évites le pire. Peut-être que t’aurais été en mesure de te débrouiller sans moi, sans elle, ou peut-être pas mais l’hésitation n’a jamais été mon amie.

La démone sert de paratonnerre ce qui ne semble pas vraiment lui plaire alors que de son regard posé sur moi, je sens son envie de me faire la peau. Désolé. C’était lui ou toi. J’ai fait mon choix.
Absorbée par ce geste venu naturellement, j’en ai oublié les généraux.

Tous autant qu’ils sont là alors que la lame pénètre d’un bout à l’autre mon bras droit venu, comme un réflexe, se mettre en avant.
Une grimace cachant la douleur alors que le filet de sang s’écoule pour venir s’écraser au sol en plusieurs gouttes, faisant presque une flaque. Ah que c’est vilain.

« - Reste concentrée.
- Et c’est toi qui me dis ça ? Je vais tâcher de m’en souvenir.
- Tu n’aurais jamais dû franchir ces portes.
- Ouais, je me le dis depuis quelques minutes là. »

Fermant les yeux pour faire appel à celles qui sommeillent au plus profond de mon âme, il faut peu de temps au vice de la guerre pour se matérialisé alors que la lame noire finit entre mes doigts, l’agitant dans tous les sens pour faire reculer celui qui me faisait face.

« - Alors on a peur les filles ? On approche plus ? »

Au fond, c’est moi qui ai peur. Vraiment. La fatigue et le nombre encore assez gros de généraux me font peur…Mais je ne serais pas faible. Pas aujourd’hui.

Je vais te montrer un petit tour de passe-passe, que j’ai appris avec le temps.

« - Illy, vice des maladies, j’en appel à toi. »

L’air se charge de particules flottant, toutes fines et respirer devient bientôt, impossible. Certains se tiennent la gorge, d’autres crachent leurs poumons au sol, des furoncles éclosent sur la surface de leurs peaux.

Et les corps, s’effondrent comme s’il n’était plus qu’un tas de chair, vidé d’une âme quelconque.

Quinze et mes jambes se dérobent, ne me portant même plus. Ah, ça, ce n’était pas prévu.




DEV NERD GIRL

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