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Even in darkness, We'll stand - PV Alouarn
 MessageSujet: Even in darkness, We'll stand - PV Alouarn   Jeu 19 Mai - 19:02

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Misto

Eagle's Claw

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Even in darkness, We'll stand
PV Aloulou


Les montagnes. Silencieuses et puissantes, elles surplombent la petite procession de roulotte qui s’y traine lascivement, teintant les volutes de brume de fichu de couleurs vives et improbables. La musique s’échappe d’eux dans un bruit de tonnerre, englobant peu à peu la route dans une excitation palpable et communicative. Les oiseaux qui s’envolent sur leur passage semble se joindre à eux pour mieux répandre leur chaleur à travers l’immensité glaciale et sans pitié du massif de Jura. La fourmilière de tissu vif et de bois clair s’enfonce progressivement dans la masse de roche grisâtre, tandis que le spectre grave des pointes torturées tente d’happer leur chaleur.
De tous les lieux que ces itinérants ont bien pu côtoyer, Jura pouvait sans conteste s’auto-attribuer la palme de l’inhospitalité. Il y avait en effet quelque chose dans l’air de la montagne qui imposait le respect, saisissant les plus courageux jusqu’aux tripes pour mieux en absorber la chaleur et la confiance. Qu’en faisait-elle ? Cela, même les habitants des villages des hauteurs l’ignoraient mais tous y vouent un respect profond et sans borne. Et dans ce silence que l’on chérit et que l’on cultive, se meut cette étrange procession de roulotte dont la couleur et la chaleur leur donne un air de mirage sortit de l’esprit des affamés et des damnés qui ont un jour tenté de dominer la montagne. Plus les itinérants s’enfoncent et plus la chaleur les fuit. Lentement mais surement, la magie dans l’air des monts reprend ses droits sur les vivants, oubliant de les prévenir de chaque présage qui précède ses dangers. Telle est Jura, impitoyable jusqu’au bout de son vallon pour mieux garder jalousement ses secrets.

Tapis au milieu des corniches et des falaises qui surplombent la route, une ombre fugace attire un instant l’œil des plus oisifs avant de retourner au ciel. Elle tourne un moment au-dessus de la caravane de la troupe avant de disparaitre, purement et simplement comme elle était venue. Si l’un des observateurs s’étaient attaché à son observation, il aurait sans doute pu voir une couleur blanche étrange pour un aigle des hauteurs avant qu’il ne s’évapore dans la nature. L’ondoiement de la troupe de théâtre continue avec une langueur indolente le long des sinueux chemins qui mènent aux plus hauts des villages. Sans le savoir, leur chemin s’étire toujours plus en longueur alors qu’ils ratent l’embranchement clé qui aurait pu les mener au bon endroit. Le dernier passage qui aurait pu les amener à s’assoir au coin d’une salle commune, tout près du feu de Bengale d’une cheminée gigantesque et animée en permanence. L’unique sécurité pour les voyageurs qui se perdent sans cesse dans les défilés complexes et toujours aussi identiques qui peuplent l’intégralité du massif. Subitement, un aigle géant se dresse sur la route, dévisageant les occupants de la roulotte de tête, avant d’étendre son aile pour lustrer ses plumes sombres. Son regard de saphir ne quitte pas les humains devant lui, puis, au bout d’un long moment d’immobilité pour tous, il ouvre ses deux ailes et se jette dans le vide. Les minutes s’égrènent sans qu’aucun bruit de chute ne trahisse l’échec de l’imposant oiseau. Bientôt, il réapparait devant les comédiens avec un cri aigu, massif et impérieux jusque dans la moindre parcelle de son envol. Dans toute sa majesté, il décrit un ultime arc de cercle à leur côté avant de se diriger vers les nuages.

Lorsque toute l’attention des comédiens revient sur la route, démystifiée depuis l’absence de l’oiseau géant, un nouvel obstacle se dresse sur le chemin. Ses cheveux rouges flottent comme un drapeau dans son dos, chatouillant délicatement la chouette qui orne son épaule. Leur regard, d’un vert et d’un violet hypnotique, se fixent sur leurs interlocuteur sans qu’ils puissent déterminer lequel des deux semblent le plus important. Les deux êtres restent immobiles devant eux, alors que la brume monte sur le chemin. Un sourire chaleureux éclaire le visage à peine femme de la rousse et la chouette pousse un ultime cri avant que le brouillard ne les enveloppe tous.

Bras croisés, enfermée dans une cape blanche beaucoup trop grande pour elle, Misto observe ses interlocuteurs avec l’œil neuf d’un curieux qui n’avait pas vu de candidat pour la guilde depuis un long moment. Personne ne s’aventurait plus dans les hauteurs et certainement pas sur ses chemins, oubliés même par les locaux. Son regard coule sur les couleurs vives et la joie latente de cette troupe qui s’est aventurée en terrain hostile sans même le savoir. Elle ne répond pas à ses interlocuteurs, consciente qu’elle n’aurait peut-être pas dû s’aventurer sur leur chemin, elle non plus. Son absence de mouvement semble renforcer l’aspect de mirage que lui donne sa présence sur la route, au milieu de nulle part. Mirage qu’elle tend à entretenir jusqu’à ce que Radulf s’impatiente. D’un mouvement ample, elle dégage son bras pour que la chouette s’installe finalement sur sa main gantée avant de troubler le silence religieux qu’elle avait maintenu jusqu’ici.

« Parmi tous les candidats que j’ai pu connaitre, c’est bien la première fois que je vois une caravane itinérante tenter l’entrée au Nid. Êtes-vous bien sûr, de vouloir continuer, Messieurs, Mesdames ? Êtes-vous bien sûr que vous souhaitez passer sur cette route et rejoindre Eagle’s Claw ?»
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 MessageSujet: Re: Even in darkness, We'll stand - PV Alouarn   Mer 8 Juin - 15:36

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Alouarn Grimgorson

Indépendant Légal

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Je suis un comédien Et je suis ma destinée !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Sei Kurogami
Résumé • Hiver 792, intégration d’Alouarn à la guilde d’Eagle’s Claw.



Even in darkness…


Cela faisait plusieurs jours que nous étions arrivés à Arcadia. Depuis les évènements d’Ajatar Virke, je n’avais pas beaucoup parlé. J’avais obstinément refusé de parler avec Astrid. Lorsqu’elle m’adressait la parole, je finissais toujours pas me boucher les oreilles et je partais en courant dans ma chambre. Linus n’avait pas eu plus de succès bien que je prenais le temps, avec lui, d’entendre ce qu’il avait à me dire. Isa était passée plusieurs fois pour essayer de me faire parler, mais rien à faire. Ils s’étaient rapidement rendus compte que je bavardais beaucoup, en revanche, avec Joshua. Toutefois, dés que je me rendais compte qu’ils écoutaient, je me taisais et partais dans une autre pièce de la caravane avec le petit bout de choux pour finir ma conversation. Ils avaient fini par comprendre que j’avais participé de très près aux incidents.

Dans le feu de l’action, je n’avais plus pensé à ma famille. Et je m’en voulais terriblement. J’aurais pu les détruire. Surtout mon grand frère. D’un autre côté, je leur en voulais d’être parti sans moi. Les Anciens avaient menti en affirmant que tout le monde était là. Ils étaient partis aussi loin de l’impact que possible. J’avais beau essayé de me raisonner, certaines connexions ne se faisaient pas dans ma tête. Lorsqu’ils s’étaient rendus compte que je n’étais pas là, Linus avait voulu retourner me chercher. Et tout avait explosé. Ils étaient revenus sur leurs pas, et ils n’avaient trouvé que mort et désolation.

Le médecin avait cru perdre la tête. Il avait eu si peur qu’il n’avait pas eu le courage de me passer un savon lorsqu’Asgeïrd et Béralde m’avaient retrouvé, inconscient, sous un tas de bois. Les nouvelles s’étaient répandues très vite, et les secours n’avaient pas tardé à arriver de tous les côtés. La troupe avait pris le temps d’aider, mais elle était repartie rapidement. Les tensions étaient trop fortes, et bien que la milice affirmait que toute aide était la bienvenue, les Anciens avaient pris la responsabilité de ne pas rester sur les lieux de l’incident.

Nous avions fait un arrêt à Arcadia. Elle venait d’être nommée nouvelle capitale du royaume. C’est là que nous avions eu confirmation de toutes les rumeurs qui circulaient dans Fiore. La reine organisait le pays. Je ne savais pas vraiment où me placer par rapport à tous ces évènements. C’était beaucoup trop pour moi. Je me réveillais la nuit en hurlant, haletant. Et si j’avais été dans une guilde, est ce que cela se serait passé autrement ? J’avais été pitoyable. Ma performance avait été négligeable. Je voulais faire beaucoup plus que le simple petit mage indépendant que j’étais.

Je voulais être libre de mes mouvements tout en ayant une appartenance à un groupe. Un peu comme la troupe, mais constitué uniquement de mages.
Je voulais être neutre et ne pas rentrer dans des conflits de guildes ou d’autres groupuscules qui ne se termineraient jamais.
Je voulais être indépendant mais défendre une famille.
Je voulais être comme l’aigle impérial.

C’est en déambulant dans les rues d’Arcadia, sous l’œil attentif de Linus et d’Astrid, que j’avais entendu parler d’Eagle’s Claw. Bien sûr, ce nom ne m’était pas inconnu. Lors des veillées de longues nuits, dans les tavernes, on avait déjà murmuré ce nom. On avait raconté plein de choses à son sujet. Mais je savais mieux que personne que les rumeurs étaient de fausses amies. Elles n’étaient construites que sur une part de vérité. Je devais aller vérifier par moi-même ces informations.

J’étais donc parti à la pêche aux informations. J’avais échappé à la vigilance de mon grand frère et de sa femme, et j’avais cherché pendant deux jours et deux nuits ce qui me semblait important pour ma quête. Arcadia foisonnait de petits coins et recoins, où les renseignements fourmillaient. J’avais marchandé, souvent sous forme de faveurs, les tuyaux. Ce ne fut qu’au petit matin du troisième jour que j’étais rentré chez moi.

J’étais tout sale. C’est Isa qui me vit arriver. Elle avait marché vers moi et, sans un mot, elle m’avait pris par les épaules, et m’avait conduit jusqu’à ma caravane. Astrid et Joshua étaient là. Isa demanda à Homère de partir à la recherche de Linus, Asgeïrd et Béralde qui sillonnaient les rues depuis ma disparition pour me retrouver. La vieille femme m’avait emmené me débarbouiller à l’étage, laissant le monde tourner sans moi.

Lorsque le médecin et mes beaux frères revinrent, j’étais tranquillement assis devant le feu, une tasse de thé entre les mains. Je regardais les flammes danser, sans un mot. Astrid aurait voulu me disputer pour ce que j’avais fait, mais Isa lui avait ordonné de se taire, demandant à la jeune maman de laisser Linus s’occuper de ce problème là. Isa me connaissait très bien. Elle savait que mes jours de mutisme étaient ma façon d’encaisser ce que j’avais vu.

Linus s’était approché de moi, et s’était assis à même le sol, à côté de moi, tandis que Asgeïrd et Béralde prenaient place sur les fauteuils. Mon grand frère avait lentement approché sa main de mon visage. Je m’étais raidi, alors qu’une larme s’échappait de mon œil droit. Il vint caresser ma joue : il finit par cueillir, à l’aide de son pouce, la goutte d’eau qui trainait sur ma pommette. Je posais ma tasse sur la table basse, et je laissais le médecin m’attirait contre lui.

Nous nous allongeâmes tous les deux sur le tapis moelleux. Je me recroquevillais contre lui, avant d’éclater en sanglots. Ses larmes, je les avais retenues autant que j’avais pu. Je ne voulais plus voir les horreurs que j’avais vues. Tous ces corps démembrés. L’odeur du sang qui prenait à la gorge. Les pleurs des familles. Il y avait du désespoir, de la haine, de la colère, de la tristesse. Pleins de sentiments auxquels je n’avais pas su faire face. Je m’en voulais énormément. Je ne comprenais pas comment j’avais pu rester en vie alors que j’étais si proche de l’explosion. Pourquoi moi et pas un autre ?

Je fus inconsolable pendant de longues minutes. Linus me serrait doucement mais fermement contre lui. Il finit par s’asseoir. Je m’assis sur mes jambes, tout en refusant de lâcher mon grand frère. Je jouais avec les doigts de sa main, comme si ces derniers me rattachaient à la réalité. Mes larmes se tarirent peu à peu. Je finis par m’allonger à nouveau, posant ma tête sur les jambes du médecin. Il se mit doucement à caresser ma tête. Il finit par demander :

❝ ▬ Est ce que tu veux bien me raconter ce que tu as sur le cœur, mon grand ? ❞




Je répondis en lui posant une autre question :

❝ ▬ Grand frère, comment on fait pour faire parti d’une guilde de mages ? ❞




Ils se regardèrent les uns les autres, restant quelques instants sans voix. C’est Asgeïrd qui répondit :

❝ ▬ Et bien, ça dépend la guilde que tu veux intégrer. Certaines demandent à ce que tu passes un test d’entrée. Les autres, comme Fairy Tail, il me semble que tu as juste besoin de te faire recruter par un de leurs membres. Pourquoi cette question ? ❞

Je me bouchais les oreilles et lançais, pas content du tout :

❝ ▬ Non, je discute que avec grand frère. Les autres, faut laisser Alouarn tranquille. ❞




Le médecin finit par attraper mes mains pour dégager mes oreilles. Il dit :

❝ ▬ Il va bien falloir que tu écoutes les autres, parce que je n’ai pas la science infuse concernant les guildes. ❞



❝ ▬ Mais… Mais… Je veux que tu sois que pour moi. Je n’ai pas très envie de devoir me partager entre tout le monde. C’est trop compliqué. ❞


❝ ▬ Qu’est ce qui est compliqué ? ❞





❝ ▬ De devoir assumer tous ces regards. Moi, je n’ai pas envie qu’on me regarde. Je veux juste qu’on s’occupe de moi, et qu’on enlève ce que j’ai vu de ma tête. Non, non, non, je ne veux plus voir la mort dés que je ferme les yeux. Personne ne méritait de mourir ce jour là. Pourquoi est ce que cet Ajatar Virke a voulu faire le gros méchant ? Même que y’avait du sang partout, partout. Les gens, ils pleuraient de tous les côtés. Tout le monde n’a pas pu s’enfuir, et je n’ai même pas pu arrêter la bombe. Elle a fait un gros « boum » avant même que je ne m’en rende compte. On raconte même que seuls les mages n’ont pas été touchés par ces dernières. Pourquoi est ce que tout est décombre maintenant ? Où est ce qu’ils vont aller habiter les gens, maintenant ? Ils sont tous seuls, face aux dangers de la vie. Pourquoi on n’est pas resté les aider ? Moi, je ne suis pas d’accord avec les décisions qui ont été prises par les Anciens. Pourquoi ces pauvres gens doivent tout reconstruire tout seul, alors qu’on aurait pu les aider ? On aurait même pu se faire de nouveaux amis… ❞

❝ ▬ Calme-toi mon grand. Tu apportes beaucoup d’informations et… ❞




❝ ▬ Mais… Grand frère, je n’ai pas fini de parler ! Ce n’est pas très gentil de couper la parole ! ❞



❝ ▬  Vu la cadence à laquelle tu débites tes phrases, tu es parti pour nous refaire le monde. Tu es perdu dans un flot de sentiments que tu ne gères pas, des décisions que tu ne comprends pas, et des incompréhensions qui te suivent où que tu ailles. Tu ne veux pas que je réponde à quelques unes de tes interrogations ? ❞

❝ ▬ Si, mais ce n’est pas ça ! Mais si je ne dis pas maintenant ce que j’ai sur le cœur, quand est ce que je pourrais le dire ? ❞



❝ ▬ Je te propose que l’on commence à en discuter maintenant et que… ❞




❝ ▬ Oui, mais je n’ai pas envie que tout le monde écoute ! Il y a des trucs que je veux dire que à toi ! ❞



❝ ▬ Laisse moi finir ! Je pense que tout le monde ici peut être de bons conseils. Alors, s’il te plait, arrête de faire ta mauvaise tête. Et puis, ce que tu ne souhaites pas partager avec les autres, on en discutera que tous les deux ! ❞

❝ ▬ Est ce que je pourrais faire des dessins pour t’expliquer ? ❞




❝ ▬ Si tu veux ! Et… ❞





❝ ▬ Est ce que je peux faire des petits dessins aussi maintenant ? Comme ça, c’est mieux pour dire les trucs que j’ai à dire ! ❞



❝ ▬ Allez, file chercher ton matériel. On t’attend ici ! ❞




❝ ▬ Tu restes ici, hein ? Tu m’attends ? ❞





❝ ▬ Mais oui ! On ne part pas sans toi ! ❞





Je ronchonnais quelques instants, avant de partir en courant vers ma chambre, et de revenir vers le salon, charger de tout mon attirail de dessin. Je ne sais pas exactement combien de temps nous parlâmes. Je fus tout content de pouvoir montrer mes personnages aux autres. On expliqua beaucoup de choses. Même Isa expliqua pourquoi les Anciens avaient décidé de partir sans moi. Elle ne chercha pas à se justifier, juste à poser des faits.

Nous partîmes dans la soirée pour les montagnes de fer du Jura. La vieille femme avait été parlée avec les Anciens concernant ma demande d’intégrer une guilde. Les discussions furent houleuses mais productives. Ils décidèrent que la troupe passerait par les montagnes et que si notre route croisait celle d’un membre d’Eagle’s Claw, j’en profiterais pour demander d’intégrer sa guilde. Tout le monde pensait que c’était une bonne idée que de me voir intégrer un groupe de mages : cela me permettrait de voir le monde autrement, mais aussi de développer mes compétences magiques qui, ma foi, n’avaient pas beaucoup bougé depuis la mort de grand-père.

C’est ainsi que nous nous retrouvâmes sur ces chemins. Je devais dire que la troupe tentait de garder le sourire malgré ces heures sombres. Beaucoup composaient pour les prochaines festivités et, bien que le cœur ne soit pas forcément à la fête, il fallait continuer à divertir les gens pour qu’ils oublient, l’espace d’un instant, toutes ces horreurs. J’étais dans l’une des caravanes de tête, et, je devais dire que la brume qui habitait ces monts me faisait froid dans le dos. J’étais persuadé que la montagne avait une âme, et chaque bruit me faisait sursauter.

Nous finîmes par prendre un embranchement qui, ma foi, avait une tronche qui ne me plaisait guère. N’étant pas celui qui conduisait aujourd’hui la caravane, je n’avais pas vraiment mon mot à dire. Je n’étais ni le pilote ni le copilote. J’aurais peut être du faire remarquer que la route se séparait en deux quelques instants plus tôt, mais il semblerait que la montagne elle-même ait des desseins bien particuliers nous concernant, et ce n’est pas moi qui allait la contredire. Si nous pouvions trouver Eagle’s Claw, j’en serais plus que ravi.

C’est alors que la caravane s’arrêta. Intrigué, je restais quelques instants sur mon siège, tentant de calmer les chevaux qui, ma foi, n’étaient pas très rassurés. Je finis par confier les rennes à Astrid, et descendis de mon siège pour me diriger vers l’avant. Je n’eus pas vraiment beaucoup de chemin à faire. Une jeune femme à la chevelure de feu barrait le passage, une chouette trônait fièrement sur sa main. Je reniflais bruyamment.

Qui était-elle ? Que faisait-elle seule dans un milieu aussi inhospitalier ? Elle prit la parole. Mon sourire s’élargit lorsqu’elle dit appartenir à Eagle’s Claw. Je m’avançais prudemment, les bras le long du corps. Ne surtout pas faire de gestes brusques qui pourraient être mal interprétés. Isa, qui s’était glissée lentement derrière moi, me laissa faire, prête néanmoins à intervenir si je me retrouvais en mauvaise posture. A dire vrai, la troupe entière était prête à en découdre si on s’en prenait à l’un des siens. Je finis par croiser les bras sur ma poitrine, et, tentant de cacher la crainte qui m’habitait, je dis d’une toute petite voix :

❝ ▬ La politesse voudrait que l’on commence par interpeler ces dames quand on s’adresse à un public. ❞



Je me grattais la tête. Par où commencer ? Il fallait que je prenne de l’assurance si je voulais que cette jeune femme me prenne au sérieux. Je pris une grande inspiration.

❝ ▬ A dire vrai, c’est pour moi que nous sommes là. Mes camarades s’en iront dés que tout danger sera écarté. Nous sommes des festivaliers (merci pour l’évidence, Alouarn) et la plupart d’entre nous auront une histoire à raconter ce soir, au coin du feu, lorsque tout ceci sera terminé. Je ne parlerais maintenant qu’en mon nom, et suis prêt à accepter les conséquences de mes actes. J’ai participé aux évènements qui ont secoué le royaume. J’étais présent lorsque la bombe a explosé à Hajurion. Bien que j’ai une famille et des amis dans cette troupe, je cherche à rejoindre une guilde de mages pour continuer à avancer. ❞

Je ne savais pas vraiment comment tourner la chose. Comment expliquer tout ce que je ressentais ? Je déglutis difficilement avant de reprendre :

❝ ▬ De part mes activités, j’ai beaucoup entendu parler des guildes durant mes incessants voyages. Je ne cherche pas à entrer dans le combat que mène le mage légal contre le mage illégal. Je veux faire ce qui me semble juste pour le pays, pour ma famille, pour mes amis. Je ne cherche pas à suivre aveuglément ce que les lois du royaume imposent au petit peuple. Il n’y a qu’une seule loi qui prédomine tout le reste : celle de la liberté. Je veux être libre de mes mouvements, de mes choix. Mais je veux avoir un but bien plus grand que ce qui se rapporte à ma petite personne. Le monde a besoin d’être protéger, mais, tout seul, c’est une tâche bien trop grande. Je ne suis ni le plus fort ni le plus grand, mais je veux mettre mon savoir et mes talents au service d’une guilde qui prône la liberté, l’indépendance, et la neutralité. Je veux être pris comme un individu à part entière, mais qui, comme l’aigle, prend soin de sa famille. Je… ❞

Je me tus. J’avais cette nette impression de m’emmêler les pinceaux. Je n’arrivais pas à m’exprimer comme je le voulais. C’est un comble pour le comédien que j’étais. J’espérais néanmoins que mes réelles intentions avaient été comprises. Mes doigts se mirent à s’entortiller les uns dans les autres. Cette femme me m’était mal à l’aise. A dire vrai, quelle femme me mettrait à l’aise ?




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 MessageSujet: Re: Even in darkness, We'll stand - PV Alouarn   Mar 14 Juin - 23:07

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Misto

Eagle's Claw

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Even in darkness, We'll stand
PV Aloulou


« J’étais à Crocus quand la bombe a explosé . » fut la seule réponse que la rousse leur offrit, parmi le flot des paroles de son interlocuteur. Elle ne prend pas la peine de creuser la conversation, ses yeux allant du jeune homme qui lui fait face à la troupe, jaugeant tout un chacun sans qu’aucune gêne ne vienne la faire rougir lorsqu’on lui rend son regard. Au fond de ses pupilles brillent encore la douleur de l’échec cuisant qu’elle a vécu face à Ajatar Virke. Elle avait sauvé les habitants mais cela ne lui suffisait pas. Elle aurait voulu faire mieux, plus vite, et sauver la ville en plus. Un long moment s’écoule alors que l’Impératrice soutient chaque regard, chaque menace sans ciller. Le vent balaye ses cheveux roux sans relâche, la brume occultant parfois sa vision pour mieux la lui rendre la seconde d’après. Il n’y a alors pas d’autre son que le hurlement de la brise qui se fracasse contre les monts et les cris tantôt joyeux tantôt alerte des aigles qui volent dans les parages. S’y joint alors le crissement des cailloux sous les semelles de Misto alors qu’elle fait un premier pas vers la caravane. La chouette sur sa main penche la tête sur le côté avant de prendre son élan pour s’envoler. Les ailes claquent comme des fouets tandis que l’oiseau s’élève au-dessus des comédiens.

« Ton nom .» Impérieuse, l’ordre semble troubler un peu plus le jeune roux. Il hésite, ne répond pas tout de suite mais Misto répète. Une fois. Deux fois. Trois fois. Autant qu’il lui faudra jusqu’à ce qu’enfin, il lui réponde. « Qu’est-ce que tu attends des aigles, Alouarn ? » Sans même lui laisser le temps d’esquisser une réponse, elle le dépasse et se met à longer les roulottes sous le regard de tous. Elle en admire la longueur et se met à en compter les occupants, sa chouette de compagnie faisant de grand cercle au-dessus d’elle pour ne pas perdre une miette de ce qui se passe. « Es-tu venu chercher la justice ? La force ? L’héroïsme et sa reconnaissance, peut-être ? » La main de la jeune femme se porte sur le flan d’un cheval, encore essoufflé par la montée, rude, pour parvenir jusqu’ici. L’animal l’observe lorsqu’elle brosse sa crinière avec les doigts avant de s’en désintéresser aussitôt. La musicienne sait mieux que quiconque à quel point la réponse à sa première question est primordiale. Tout partira de là et y finira. Que ce soit pour lui, pour les aigles ou même pour elle. Elle voulait qu’il soit conscient que s’il était à Eagle’s ce n’était que pour mieux apprendre à s’envoler par lui-même et, lorsque le temps serait venu, prendre les rênes de sa vie en main. Elle reprend. « Réfléchis bien avant de répondre, tu n’auras qu’une seule chance . » Misto replonge dans son mutisme pour lui laisser autant de temps qu’il le souhaite, ne troublant le silence que par ses pas légers qui descendent la procession des comédiens. Proche du vide, elle ferme les yeux sans aucune peur pour compter tranquillement le nombre d’occupant des caravanes. Elle finit alors par faire demi-tour et s’approcher de l’une des caravanes de tête, grimpant gentiment à bord bien qu’elle n’y ait pas été invitée pour s’assoir dans un coin sous le regard de ses occupants.

« Allez-vous laisser Alouarn seul au Nid ou comptez-vous le suivre ? » Un sourire répond aux expressions stupéfaites et interrogatives. Misto fait signe aux comédiens de s’approcher pour mieux écouter. « Je veux juste savoir s’il est judicieux de vous faire participer, ici et maintenant ou s’il est plus sage de vous emmener jusqu’au village en traversant le territoire d’Eagle’s Claw . » Elle les laisse parler et les écoute sereinement. Elle voit en eux quelque chose de soudé, de complet. Quelque chose qui, au contact de la disparité de sa propre famille, risque d’éclater en mille morceaux. Si en chacun d’eux, elle voit la blancheur pure des gens honnêtes et travailleurs, elle sait que parmi les grisés que sont les aigles, ils risquent de ne pas s’y sentir chez eux. Il faut qu’elle sache si oui ou non, ils comptent eux aussi prendre place au Nid et s’ils peuvent en supporter la vie. Lorsque le regard d’émeraude de l’Impératrice croise celui d’Alouarn, elle parle alors distinctement pour que même les personnes en queue de caravane puissent l’entendre. Ce qui va se passer à partir de maintenant sera déterminant. « Si je pose la question, c’est parce que je veux être sûre que personne ne prend cette histoire d’intégration à la légère. Vous allez tous risquer vos vies, comme bon nombre d’aiglon avant vous . » Le visage fermé, la rousse se dresse face à ceux qui l’entoure. Elle n’est pas plus grande que la plus part d’entre eux mais sa magie parle pour elle, faisant crépiter l’air à son contact. Du théâtre. Que des effets de scène dont elle sait qu’aucun d’eux ne sera dupe sur sa manœuvre mais qu’importe. C’est toujours surprenant à montrer, quand on dégage autant de puissance qu’elle. « Je vous préviens parce que c’est moi, qui mènera la danse d’Alouarn jusqu’au Nid s’il y arrive. Je vous préviens parce que c’est à ma famille, que vous aurez accès. Je ne saurais autoriser les écervelés et les idiots menacer notre cohésion et notre sécurité. Je ne saurais pas non plus autoriser quiconque n’est pas pleinement conscient des risques à tenter l’ascension . »
L’air s’apaise autour de Misto, alors qu’elle quitte la roulotte où elle avait établi domicile. Elle sent sur son dos les regards hostiles, méfiants ou curieux des comédiens. Elle ne leur en veut pas le moins du monde. Elle aurait aimé ne pas avoir recours à des subterfuges et à des fausses menaces mais elle n’avait pas le choix. Trop de sang a déjà coulé et jamais, au grand jamais, elle ne doit mettre en danger des gens qui ne savent pas ce qu’ils risquent en s’engageant.
« Peu importe que vous connaissiez mon nom ou pas. Le plus important maintenant, c’est lui . » La main de l’impératrice s’ouvre vers Alouarn et elle lui adresse un sourire chaleureux. Pour lui, elle se doit d’être une guide et en même temps bien plus que cela. Une amie, une sœur… La chape de plomb de sa fonction lui retombe brutalement sur les épaules, sans pour autant ternir la chaleur de son sourire. Quoi que sera sa réponse, il est de son devoir de lui montrer ce qu’il vise mais aussi, surtout, qui il est et le chemin qu’il veut parcourir.

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