tu as perdu la vie ce soir.
 MessageSujet: tu as perdu la vie ce soir.    tu as perdu la vie ce soir.  EmptyMar 21 Juin - 23:24

Yuuki Makonor
Yuuki Makonor

Silver Sword

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ce soir.


le froid.

C'est cette impression d'aller de l'avant quand quelque chose te retiens. Cette même impression qui pèse sur tes épaules autant que le regards d'inconnus portés sur le tiens. Là où dans la foule, les regards se croisent, se confrontent et peuvent même s'admirer. Ce sentiment d'appartenir à un ailleurs quand l'endroit auquel tu appartiens vraiment, ne te reconnais pas et t'accuses. Quand tu avances d'un pas et que le temps, que ton environnement et que ton expérience te demande pourtant de reculer de deux. Ce reflet que tu ne reconnais pas dans le miroir, les actions que tu effectues qui ne te ressemble pas ou plus et que même les gens que tu pensais connaître, finalement, ne te reconnaissent plus. C'est ce souffle qui s'évapore dans l'air et qui pèse aussi lourd que ton court vécu. Des gens ont vécues des choses bien plus graves tu sais ? Pourtant – Tu as l'impression de te fatiguer dans chacun de tes gestes – de te mutiler à chaque mot prononcé – de t’effondrer à chaque nouvelle que tu entends.

Tu sais yuuki – cette tenue de milicien, elle te va tellement bien. Certains te l'ont dit, habillé de cette manière, ils ont l'impression de faire face à un autre homme. Est-ce le cas alors qu'au final, ce n'est qu'un nouveau masque que tu portes ? ce n'est qu'une nouvelle mascarade ? N'est-ce pas une simple manière de te donner l'impression d'appartenir à quelque chose, alors que tu n'es que toi, avec toi. Pour encore combien de temps ? Pas si longtemps. La parquet grince à chaque pas que tu fais pour rejoindre l'armoire de ta chambre sous le regard intrigué du marcassin. Tu attrapes chaque habille pour venir les plier proprement, distinctement, avec douceur, armé du peu de force qu'il peut te rester. Une fois fait, tu t’assois sur un coin du lit et fixe la lune. Ce soir, elle est belle, la lune. La lumière qu'elle dégage pénétre les vitres pour venir se refléter et se mélanger à ta chevelure blonde. Le seul éclat qui se dégage de ton visage plongé dans l'obscurité.

Tu ressens la sensation de quelque chose contre tes mollets – Botan. Il vient se trémousser contre toi, tapotant son front contre tes jambes d'un air triste que tu tentes de consoler par un faux sourire. Et soudain – c'est une larme qui s’échappe et qui vient se perdre dans sa fourrure. Alors tu attrapes l'animal et vient le lover contre toi, son regard attendrissant ne peut que t'attrister d'avantage. Ce genre de regard auquel tu as envie de répondre par un ' ne t'inquiète pas, ça va aller '. Mais tu n'en a pas la force. Lorsque tu réalises que tu ne parviens pas à t'exprimer, tu le serre d'avantage et plaque ton visage contre lui. Ne sois pas triste Botan.

Yuuki, ne sois pas triste non plus. Alors tu le repose mais il ne part pas, il reste auprès de toi, juste là à quelques centimètres. Comment peux-tu lui faire une telle chose ? Tu ne te sens pas coupable ? Si bien sûr, mais tu n'as pas les idées claires ce soir. Tu lui jette un dernier regard vitreux et t'avances vers la fenêtre, suivant le chemin du rayon de lune qui illumine la pièce.
Yuuki, tu es sûr ?
Yuuki, tu t'es assez battu ?
Regarde yuuki, le monde t'attends encore.
Non yuuki, le monde ne te juge pas ce soir.
Tentes d'écouter la voix d'helena, tentes d'interpréter son signal, de là où elle est, elle ne t'invite pas à la rejoindre, elle t'invites à poursuivre ton chemin. Tu as toujours était comme ça yuuki, tu te trompes, tu fait des erreurs, tu tentes de les rattraper. Seras-tu capable de rattraper celle-ci ?

Tu te le dit certainement - ' j'ai essayé ' Et si Arkhana te voyait faire ça ? Et Misto te voyait faire ça ? Et si Ethan te voyait faire ça ? Et si Kôta ?
Tu te jettes de là-haut. Ton corps vient percuter le sol pour se briser lamentablement accompagné d'une dernière respiration. Tes ailes d'aigles n'ont pas suffit. Ton accoutrement de milicien ne t'a pas sauvé. Tu as perdu la vie ce soir yuuki.

Botan gigote dans toute la chambre, paniqué, il percute la petite table de chevet d'où un petit bout de papier vole dans l'air.
«  Merci de ramener Botan au nid. Yuuki. » C'était tes derniers mots, écrits de ta froideur habituelle qui s'empare maintenant de ta silhouette, étalée contre les pavés.
Tu as perdu la vie ce soir, yuuki.

If i lay here, if i just lay here.
Would you lie with me. And just forget the world ?

@Yuukiël.
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 MessageSujet: Re: tu as perdu la vie ce soir.    tu as perdu la vie ce soir.  EmptyMer 22 Juin - 21:13

Misto
Misto

Eagle's Claw

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Tell me Why
PV Yuuki et d'autres ~


Une lumière aveuglante, un clignement d’yeux. Il faut un long moment à la rousse pour se faire à cet environnement. Assise au milieu d’un vide prodigieux, où le ciel et le sol se ressemble comme deux goutte d’eau, elle n’arrive pas à reconnaitre le rêve où elle se trouve. Pour une fois, le destin a choisi de lui épargner un énième cauchemar ou même un énième retour dans les Limbes. Devant elle, l’horizon s’étend à perte de vue pour mieux s’unir et disparaitre dans une ligne sombre et tenue. Il n’y a rien d’autre que le musicienne, au centre de tout un univers nouveau, qu’elle se met à l’arpenter presque sans y penser. Elle sent le vent remuer une longue robe qu’elle n’a jamais vu, elle sent l’eau qui fait office de sol lui chatouiller la plante des pieds alors qu’elle laisse de larges sillages derrière elle. Un pas après l’autre, la jeune femme se perd dans le rêve. Elle marche, pas à pas, allant obstinément vers l’horizon pour savoir si l’endroit parait si infini qu’il le représente. Le nez levé, Misto cherche des repères mais abandonne vite en apercevant le motif de ciel se répéter. Minute après minute, elle continue d’un pas lent à avancer dans le flou. Cette sensation la rend nerveuse mais sa curiosité l’emporte. Elle veut savoir.

Lorsque son regard revient à l’horizon, elle les aperçoit. Solis, Miku, Nywell lui font face, un sourire gravé sur le visage. La sœur de Misto la salue de la main avec énergie, titillant vaguement l’un des deux blonds qui s’observent en chien de faïences, à la fois taquins et grognons de se retrouver là. Un pas après l’autre, la marche se transforme en course. L’Impératrice s’élance, faisant voleter sa drôle de robe rouge dans son sillage. Son cœur bat la chamade. Ils sont là, enfin, elle les retrouve. Plus elle s’approche d’eux, plus les larmes lui brouille les yeux. Sa tristesse, si profondément enfouie, ressurgi et semble décupler sa vitesse. Un pied après l’autre, la musicienne comble la distance, le cœur au bord de l’effondrement. Un miroitement après l’autre, elle entend bientôt le piano et le violon qui chante en fond. Le monde autour de Misto change subtilement. Un nuage par-ci, un mouvement de l’eau par-là, des choses s’ajoutent. Des arbres, des oiseaux, une ambiance chaleureuse comme une journée d’été. Le visage de Nywell disparait sous un chapeau de paille qui menace de s’envoler avec la brise. Miku se retrouve en maillot de bain, une glace à l’eau de mer à la main. Solis cherche avec frénésie une des clés de son trousseau pour échapper à une Vela en bikini. Lorsque Misto arrive enfin à leur hauteur, elle saisit sa sœur dans ses bras, mais sans succès. Alors lentement, elle recule et s’immobilise. Aucun d’entre eux ne semble la voir, pas plus qu’elle-même n’arrive à les toucher. Ils se chamaillent tous les trois, comme un vieux couple, sur l’identité du « nouveau venu ». Visiblement, ils attendent quelqu’un. Quelqu’un, mais pas elle. La jeune femme fait volteface et reste un instant coite. Dans l’horizon, une silhouette se dessine. Sa démarche, elle la connait, pour l’avoir vu, pour l’avoir côtoyé pendant quelques temps. Lentement, les pièces se mettent en place dans son esprit et un hurlement déchire la quiétude du rêve, le teintant d’une couleur de sang.

*

« Yuuki, non ! »

Misto se réveille en nage. Son cœur, brisé, bat à tout rompre alors qu’elle dégringole du lit pour attraper ses ocarinas. Sans attendre, elle dévale les marches qui la séparent de la sortie du nid. Que les aiglons la voient en t-shirt large et culotte, elle s’en moque. La jeune femme pousse les portes de bois dans un fracas assourdissant, s’élançant pour mieux se faire engloutir dans la nuit. Ses pas précipités la mène jusqu’à la falaise où elle aime prendre son envol avec ses esprits. Sans même y songer, elle saute les deux pieds en avant et retombe dans une roulade parfaitement exécutée sur le dos d’Osulf. Il faut qu’elle le voie, en personne. Son rêve ne peut pas être réel, elle se trompe forcément. L’aigle s’envole, tirant dans les réserves de Misto pour gagner Arcadia en un temps record. Elle se trompe. Il ne peut pas en être autrement. Et pourtant, l’Impératrice sent au fond d’elle-même que non. Son instinct la poignarde sans arrêt, jouant de son doute comme d’une épée pour mieux lui rouvrir jusqu’à la plus douloureuse des plaies de son cœur.

« Plus vite, il faut qu’on aille plus vite, Osulf. »

L’esprit répète à nouveau son enchantement et l’air grossi dans son sillage. Toutes deux, elles gagnent en vitesse et Misto manque de passer par-dessus bord à cause de la force du vent. Elle rallie bientôt Arcadia et s’y pose en catastrophe dans la première enceinte. Dans la précipitation, l’Impératrice oublie de s’identifier auprès des gardes, qui commencent à la prendre en chasse alors qu’elle ouvre brutalement la porte des locaux de Silver Sword. Elle sait qu’elle n’a pas le droit d’être là, qu’elle enfreint la loi mais c’est plus fort qu’elle. Elle doit savoir. Elle ignore les appels, poussant les gens de la guilde qui la regarde, interloqués de voir l’Impératrice ici à cette heure. Pas à pas, elle se rapproche de la chambre de Yuuki, impossible à arrêter tant la détresse émane de chacun de ses gestes. Un coup de pied brutal fait sortir la porte de ses gonds et Misto s’immobilise à nouveau.

Botan est là, devant elle. Le marcassin est désorienté, percutant tout ce qui se trouve à sa portée. Une pensée abrupte ramène Misto à la réalité. Yuuki. Il ne serait jamais parti sans Botan. Un pas après l’autre, la jeune femme traverse la chambre jusqu’à la fenêtre. Elle y passe la tête et le temps s’arrête. Il est là, paisiblement allongé en bas. Son corps, désarticulé, est presque entièrement entouré de sang. Les genoux de la rousse se mette à trembler, jusqu’à ne plus la porter. Elle s’écroule sur le parquet, les oreilles pleines des bruits de bottes et de la voix de Gregory Saliman, celui qu’elle sait responsable de Yuuki. A ses côtés, Botan presse sa tête contre l’une des mains de Misto. L’animal ne comprend pas, il est perdu. Pourtant, il voit les larmes de la jeune femme et, dans un mouvement mainte fois répété, il monte sur ses genoux d’un bond pour mieux se coller contre elle pour la consoler. L’Impératrice pose ses paumes sur le petit marcassin, touchée par son effort mais incapable de sourire pour le lui montrer. Elle reste là, en larmes avec Botan sur ses genoux. Elle écoute le chaos qu’elle a provoqué. Les pas des miliciens, les ordres des supérieurs et les murmures curieux des habitants des locaux. La rumeur de sa présence s’est répandue comme une trainée de poudre. Gregory lui-même semble s’être déplacé jusque dans la chambre pour déterminer ce qui s’y passe. Misto le voit passer devant elle mais ne réagit pas alors qu’il se penche par la fenêtre, comme elle. Elle le voit secouer la tête et reculer, elle entend son âme qui ne semble pas comprendre, son visage qui n’exprime rien d’autre qu’un ferme désintéré. Alors l’Impératrice se réveille. Elle pose délicatement Botan à terre, pour l’épargner de ce qu’elle va faire. Elle fait un pas, puis un deuxième. Un troisième s’y joint et la main de Misto s’envole pour claquer bruyamment contre la joue du Commandant de Silver Sword. Sans un mot, elle s’éloigne de l’homme qui se tient encore la joue, stupéfait de ce qu’elle vient de faire et saisit Botan avant de grimper sur la fenêtre à son tour.

« Il est parti du Nid parce qu’il croyait en vous. Et moi aussi. » La voix de Misto se brise. Lorsque Gregory fait mine de vouloir parler, les poings de la mage se serrent violemment. « Fermez-là et foutez le camp. J’ai du travail. » Sans laisser une chance à son interlocuteur, la jeune femme saute. L’air lui chatouille le visage, alors qu’elle prend pied sur le dos d’un premier oiseau, puis d’un second. Sans s’arrêter, elle dévale l’escalier que forment ses esprits et atterrit aux côtés de Yuuki. Arrivée à la lisière de son sang, elle dépose le marcassin et lui caresse la tête. « Ne bouge pas, Botan, j’arrive tout de suite. » Alors seulement, la jeune femme pose son premier pied nu dans la mare de sang. Elle avance doucement, traçant un passage éphémère jusqu’à son ami dans l’hémoglobine. Arrivée à ses côtés, Misto se laisse tomber et le saisit dans ses bras en laissant libre cours à sa tristesse.

Les sanglots secouent son corps, tandis que la magie l’envahit. Runolf apparait, brutalement expulsé de son réceptacle par la puissance de l’appel de Misto. Il implose sans combattre pour se déposer contre elle et Yuuki, commençant un travail de soin qu’il sait inutile mais sans doute salvateur pour la musicienne. Lentement, les os se ressoudent et les muscles se réparent. Les artères retrouvent leur place originale, les organes referment leurs blessures. L’Impératrice, quant à elle, est entièrement recouverte du tatouage vert de Green Ether. Ondulant et luisant de son éternel vert malsain, il pulse sous sa peau et lui envoie chaque décharge de douleur nécessaire à la cicatrisation. Recroquevillée sur elle-même malgré son t-shirt rougit de sang, Misto ne se préoccupe que de soigner son ami. Peu lui importe si la vie en est partie, peu lui importe que ça change ou non les choses. Elle le fait par conviction, parce qu’en elle se répercute sans cesse la démarche claudiquant et son visage traversé par la douleur, le rêve se teintant brutalement de rouge derrière lui. Elle le fait pour Botan, qui menace de la rejoindre malgré le sang qui les sépare. Elle le fait pour que leurs derniers souvenirs soient uniques, inoubliables. La brume verte pomme autour d’elle s’étiole peu à peu et la rousse referme un peu plus sa prise sur Yuuki avant de nicher sa tête dans son cou pour continuer à pleurer, murmurant sans relâche la même phrase, recrachant sans cesse les mêmes mots plus ou moins rendu compréhensible par le chagrin.

« Pourquoi tu n’as rien dit ? J’étais là, Yuuki, j’étais toujours là. Je l’aurais toujours été pour toi. »

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 MessageSujet: Re: tu as perdu la vie ce soir.    tu as perdu la vie ce soir.  EmptyMer 22 Juin - 22:39

Isaiah B. Stone
Isaiah B. Stone

Weer Lopen

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Pray for him!


Yuuki…