tu as perdu la vie ce soir.
 MessageSujet: tu as perdu la vie ce soir.    tu as perdu la vie ce soir.  EmptyMar 21 Juin - 23:24

Yuuki Makonor
Yuuki Makonor

Silver Sword

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ce soir.


le froid.

C'est cette impression d'aller de l'avant quand quelque chose te retiens. Cette même impression qui pèse sur tes épaules autant que le regards d'inconnus portés sur le tiens. Là où dans la foule, les regards se croisent, se confrontent et peuvent même s'admirer. Ce sentiment d'appartenir à un ailleurs quand l'endroit auquel tu appartiens vraiment, ne te reconnais pas et t'accuses. Quand tu avances d'un pas et que le temps, que ton environnement et que ton expérience te demande pourtant de reculer de deux. Ce reflet que tu ne reconnais pas dans le miroir, les actions que tu effectues qui ne te ressemble pas ou plus et que même les gens que tu pensais connaître, finalement, ne te reconnaissent plus. C'est ce souffle qui s'évapore dans l'air et qui pèse aussi lourd que ton court vécu. Des gens ont vécues des choses bien plus graves tu sais ? Pourtant – Tu as l'impression de te fatiguer dans chacun de tes gestes – de te mutiler à chaque mot prononcé – de t’effondrer à chaque nouvelle que tu entends.

Tu sais yuuki – cette tenue de milicien, elle te va tellement bien. Certains te l'ont dit, habillé de cette manière, ils ont l'impression de faire face à un autre homme. Est-ce le cas alors qu'au final, ce n'est qu'un nouveau masque que tu portes ? ce n'est qu'une nouvelle mascarade ? N'est-ce pas une simple manière de te donner l'impression d'appartenir à quelque chose, alors que tu n'es que toi, avec toi. Pour encore combien de temps ? Pas si longtemps. La parquet grince à chaque pas que tu fais pour rejoindre l'armoire de ta chambre sous le regard intrigué du marcassin. Tu attrapes chaque habille pour venir les plier proprement, distinctement, avec douceur, armé du peu de force qu'il peut te rester. Une fois fait, tu t’assois sur un coin du lit et fixe la lune. Ce soir, elle est belle, la lune. La lumière qu'elle dégage pénétre les vitres pour venir se refléter et se mélanger à ta chevelure blonde. Le seul éclat qui se dégage de ton visage plongé dans l'obscurité.

Tu ressens la sensation de quelque chose contre tes mollets – Botan. Il vient se trémousser contre toi, tapotant son front contre tes jambes d'un air triste que tu tentes de consoler par un faux sourire. Et soudain – c'est une larme qui s’échappe et qui vient se perdre dans sa fourrure. Alors tu attrapes l'animal et vient le lover contre toi, son regard attendrissant ne peut que t'attrister d'avantage. Ce genre de regard auquel tu as envie de répondre par un ' ne t'inquiète pas, ça va aller '. Mais tu n'en a pas la force. Lorsque tu réalises que tu ne parviens pas à t'exprimer, tu le serre d'avantage et plaque ton visage contre lui. Ne sois pas triste Botan.

Yuuki, ne sois pas triste non plus. Alors tu le repose mais il ne part pas, il reste auprès de toi, juste là à quelques centimètres. Comment peux-tu lui faire une telle chose ? Tu ne te sens pas coupable ? Si bien sûr, mais tu n'as pas les idées claires ce soir. Tu lui jette un dernier regard vitreux et t'avances vers la fenêtre, suivant le chemin du rayon de lune qui illumine la pièce.
Yuuki, tu es sûr ?
Yuuki, tu t'es assez battu ?
Regarde yuuki, le monde t'attends encore.
Non yuuki, le monde ne te juge pas ce soir.
Tentes d'écouter la voix d'helena, tentes d'interpréter son signal, de là où elle est, elle ne t'invite pas à la rejoindre, elle t'invites à poursuivre ton chemin. Tu as toujours était comme ça yuuki, tu te trompes, tu fait des erreurs, tu tentes de les rattraper. Seras-tu capable de rattraper celle-ci ?

Tu te le dit certainement - ' j'ai essayé ' Et si Arkhana te voyait faire ça ? Et Misto te voyait faire ça ? Et si Ethan te voyait faire ça ? Et si Kôta ?
Tu te jettes de là-haut. Ton corps vient percuter le sol pour se briser lamentablement accompagné d'une dernière respiration. Tes ailes d'aigles n'ont pas suffit. Ton accoutrement de milicien ne t'a pas sauvé. Tu as perdu la vie ce soir yuuki.

Botan gigote dans toute la chambre, paniqué, il percute la petite table de chevet d'où un petit bout de papier vole dans l'air.
«  Merci de ramener Botan au nid. Yuuki. » C'était tes derniers mots, écrits de ta froideur habituelle qui s'empare maintenant de ta silhouette, étalée contre les pavés.
Tu as perdu la vie ce soir, yuuki.

If i lay here, if i just lay here.
Would you lie with me. And just forget the world ?

@Yuukiël.
 MessageSujet: Re: tu as perdu la vie ce soir.    tu as perdu la vie ce soir.  EmptyMer 22 Juin - 21:13

Misto
Misto

Eagle's Claw

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Tell me Why
PV Yuuki et d'autres ~


Une lumière aveuglante, un clignement d’yeux. Il faut un long moment à la rousse pour se faire à cet environnement. Assise au milieu d’un vide prodigieux, où le ciel et le sol se ressemble comme deux goutte d’eau, elle n’arrive pas à reconnaitre le rêve où elle se trouve. Pour une fois, le destin a choisi de lui épargner un énième cauchemar ou même un énième retour dans les Limbes. Devant elle, l’horizon s’étend à perte de vue pour mieux s’unir et disparaitre dans une ligne sombre et tenue. Il n’y a rien d’autre que le musicienne, au centre de tout un univers nouveau, qu’elle se met à l’arpenter presque sans y penser. Elle sent le vent remuer une longue robe qu’elle n’a jamais vu, elle sent l’eau qui fait office de sol lui chatouiller la plante des pieds alors qu’elle laisse de larges sillages derrière elle. Un pas après l’autre, la jeune femme se perd dans le rêve. Elle marche, pas à pas, allant obstinément vers l’horizon pour savoir si l’endroit parait si infini qu’il le représente. Le nez levé, Misto cherche des repères mais abandonne vite en apercevant le motif de ciel se répéter. Minute après minute, elle continue d’un pas lent à avancer dans le flou. Cette sensation la rend nerveuse mais sa curiosité l’emporte. Elle veut savoir.

Lorsque son regard revient à l’horizon, elle les aperçoit. Solis, Miku, Nywell lui font face, un sourire gravé sur le visage. La sœur de Misto la salue de la main avec énergie, titillant vaguement l’un des deux blonds qui s’observent en chien de faïences, à la fois taquins et grognons de se retrouver là. Un pas après l’autre, la marche se transforme en course. L’Impératrice s’élance, faisant voleter sa drôle de robe rouge dans son sillage. Son cœur bat la chamade. Ils sont là, enfin, elle les retrouve. Plus elle s’approche d’eux, plus les larmes lui brouille les yeux. Sa tristesse, si profondément enfouie, ressurgi et semble décupler sa vitesse. Un pied après l’autre, la musicienne comble la distance, le cœur au bord de l’effondrement. Un miroitement après l’autre, elle entend bientôt le piano et le violon qui chante en fond. Le monde autour de Misto change subtilement. Un nuage par-ci, un mouvement de l’eau par-là, des choses s’ajoutent. Des arbres, des oiseaux, une ambiance chaleureuse comme une journée d’été. Le visage de Nywell disparait sous un chapeau de paille qui menace de s’envoler avec la brise. Miku se retrouve en maillot de bain, une glace à l’eau de mer à la main. Solis cherche avec frénésie une des clés de son trousseau pour échapper à une Vela en bikini. Lorsque Misto arrive enfin à leur hauteur, elle saisit sa sœur dans ses bras, mais sans succès. Alors lentement, elle recule et s’immobilise. Aucun d’entre eux ne semble la voir, pas plus qu’elle-même n’arrive à les toucher. Ils se chamaillent tous les trois, comme un vieux couple, sur l’identité du « nouveau venu ». Visiblement, ils attendent quelqu’un. Quelqu’un, mais pas elle. La jeune femme fait volteface et reste un instant coite. Dans l’horizon, une silhouette se dessine. Sa démarche, elle la connait, pour l’avoir vu, pour l’avoir côtoyé pendant quelques temps. Lentement, les pièces se mettent en place dans son esprit et un hurlement déchire la quiétude du rêve, le teintant d’une couleur de sang.

*

« Yuuki, non ! »

Misto se réveille en nage. Son cœur, brisé, bat à tout rompre alors qu’elle dégringole du lit pour attraper ses ocarinas. Sans attendre, elle dévale les marches qui la séparent de la sortie du nid. Que les aiglons la voient en t-shirt large et culotte, elle s’en moque. La jeune femme pousse les portes de bois dans un fracas assourdissant, s’élançant pour mieux se faire engloutir dans la nuit. Ses pas précipités la mène jusqu’à la falaise où elle aime prendre son envol avec ses esprits. Sans même y songer, elle saute les deux pieds en avant et retombe dans une roulade parfaitement exécutée sur le dos d’Osulf. Il faut qu’elle le voie, en personne. Son rêve ne peut pas être réel, elle se trompe forcément. L’aigle s’envole, tirant dans les réserves de Misto pour gagner Arcadia en un temps record. Elle se trompe. Il ne peut pas en être autrement. Et pourtant, l’Impératrice sent au fond d’elle-même que non. Son instinct la poignarde sans arrêt, jouant de son doute comme d’une épée pour mieux lui rouvrir jusqu’à la plus douloureuse des plaies de son cœur.

« Plus vite, il faut qu’on aille plus vite, Osulf. »

L’esprit répète à nouveau son enchantement et l’air grossi dans son sillage. Toutes deux, elles gagnent en vitesse et Misto manque de passer par-dessus bord à cause de la force du vent. Elle rallie bientôt Arcadia et s’y pose en catastrophe dans la première enceinte. Dans la précipitation, l’Impératrice oublie de s’identifier auprès des gardes, qui commencent à la prendre en chasse alors qu’elle ouvre brutalement la porte des locaux de Silver Sword. Elle sait qu’elle n’a pas le droit d’être là, qu’elle enfreint la loi mais c’est plus fort qu’elle. Elle doit savoir. Elle ignore les appels, poussant les gens de la guilde qui la regarde, interloqués de voir l’Impératrice ici à cette heure. Pas à pas, elle se rapproche de la chambre de Yuuki, impossible à arrêter tant la détresse émane de chacun de ses gestes. Un coup de pied brutal fait sortir la porte de ses gonds et Misto s’immobilise à nouveau.

Botan est là, devant elle. Le marcassin est désorienté, percutant tout ce qui se trouve à sa portée. Une pensée abrupte ramène Misto à la réalité. Yuuki. Il ne serait jamais parti sans Botan. Un pas après l’autre, la jeune femme traverse la chambre jusqu’à la fenêtre. Elle y passe la tête et le temps s’arrête. Il est là, paisiblement allongé en bas. Son corps, désarticulé, est presque entièrement entouré de sang. Les genoux de la rousse se mette à trembler, jusqu’à ne plus la porter. Elle s’écroule sur le parquet, les oreilles pleines des bruits de bottes et de la voix de Gregory Saliman, celui qu’elle sait responsable de Yuuki. A ses côtés, Botan presse sa tête contre l’une des mains de Misto. L’animal ne comprend pas, il est perdu. Pourtant, il voit les larmes de la jeune femme et, dans un mouvement mainte fois répété, il monte sur ses genoux d’un bond pour mieux se coller contre elle pour la consoler. L’Impératrice pose ses paumes sur le petit marcassin, touchée par son effort mais incapable de sourire pour le lui montrer. Elle reste là, en larmes avec Botan sur ses genoux. Elle écoute le chaos qu’elle a provoqué. Les pas des miliciens, les ordres des supérieurs et les murmures curieux des habitants des locaux. La rumeur de sa présence s’est répandue comme une trainée de poudre. Gregory lui-même semble s’être déplacé jusque dans la chambre pour déterminer ce qui s’y passe. Misto le voit passer devant elle mais ne réagit pas alors qu’il se penche par la fenêtre, comme elle. Elle le voit secouer la tête et reculer, elle entend son âme qui ne semble pas comprendre, son visage qui n’exprime rien d’autre qu’un ferme désintéré. Alors l’Impératrice se réveille. Elle pose délicatement Botan à terre, pour l’épargner de ce qu’elle va faire. Elle fait un pas, puis un deuxième. Un troisième s’y joint et la main de Misto s’envole pour claquer bruyamment contre la joue du Commandant de Silver Sword. Sans un mot, elle s’éloigne de l’homme qui se tient encore la joue, stupéfait de ce qu’elle vient de faire et saisit Botan avant de grimper sur la fenêtre à son tour.

« Il est parti du Nid parce qu’il croyait en vous. Et moi aussi. » La voix de Misto se brise. Lorsque Gregory fait mine de vouloir parler, les poings de la mage se serrent violemment. « Fermez-là et foutez le camp. J’ai du travail. » Sans laisser une chance à son interlocuteur, la jeune femme saute. L’air lui chatouille le visage, alors qu’elle prend pied sur le dos d’un premier oiseau, puis d’un second. Sans s’arrêter, elle dévale l’escalier que forment ses esprits et atterrit aux côtés de Yuuki. Arrivée à la lisière de son sang, elle dépose le marcassin et lui caresse la tête. « Ne bouge pas, Botan, j’arrive tout de suite. » Alors seulement, la jeune femme pose son premier pied nu dans la mare de sang. Elle avance doucement, traçant un passage éphémère jusqu’à son ami dans l’hémoglobine. Arrivée à ses côtés, Misto se laisse tomber et le saisit dans ses bras en laissant libre cours à sa tristesse.

Les sanglots secouent son corps, tandis que la magie l’envahit. Runolf apparait, brutalement expulsé de son réceptacle par la puissance de l’appel de Misto. Il implose sans combattre pour se déposer contre elle et Yuuki, commençant un travail de soin qu’il sait inutile mais sans doute salvateur pour la musicienne. Lentement, les os se ressoudent et les muscles se réparent. Les artères retrouvent leur place originale, les organes referment leurs blessures. L’Impératrice, quant à elle, est entièrement recouverte du tatouage vert de Green Ether. Ondulant et luisant de son éternel vert malsain, il pulse sous sa peau et lui envoie chaque décharge de douleur nécessaire à la cicatrisation. Recroquevillée sur elle-même malgré son t-shirt rougit de sang, Misto ne se préoccupe que de soigner son ami. Peu lui importe si la vie en est partie, peu lui importe que ça change ou non les choses. Elle le fait par conviction, parce qu’en elle se répercute sans cesse la démarche claudiquant et son visage traversé par la douleur, le rêve se teintant brutalement de rouge derrière lui. Elle le fait pour Botan, qui menace de la rejoindre malgré le sang qui les sépare. Elle le fait pour que leurs derniers souvenirs soient uniques, inoubliables. La brume verte pomme autour d’elle s’étiole peu à peu et la rousse referme un peu plus sa prise sur Yuuki avant de nicher sa tête dans son cou pour continuer à pleurer, murmurant sans relâche la même phrase, recrachant sans cesse les mêmes mots plus ou moins rendu compréhensible par le chagrin.

« Pourquoi tu n’as rien dit ? J’étais là, Yuuki, j’étais toujours là. Je l’aurais toujours été pour toi. »

 MessageSujet: Re: tu as perdu la vie ce soir.    tu as perdu la vie ce soir.  EmptyMer 22 Juin - 22:39

Isaiah B. Stone
Isaiah B. Stone

Weer Lopen

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Pray for him!


Yuuki…





J'aurais aimé pouvoir dire qu'il avait guéri miraculeusement, mais ça n'a pas été le cas. Il a juste cessé de respirer. Et j'aurais aimé pouvoir vous dire qu'il n'était pas mort pour rien, que sa mort avait eu un sens pour la suite de notre vie ou même que sa vie avait eu une signification particulière, qu'on avait donné son nom à un parc, à une rue, ou que la cour suprême avait changé une loi à cause de lui.  Mais rien de tout ça ne s'est produit. Il est partie c'est tout. Il est redevenu un morceau de ciel bleu et nous devons tous continuer à vivre.

Nous devons tous continuer à vivre.
Je dois continuer à vivre.

Mais tu sais Yuuki, je ne suis pas triste, je ne le serais jamais, parce que ton souvenir est heureux. Je veux me souvenir de toi de la meilleure façon qu’il soit possible de se souvenir de quelqu’un. Je n’ai pas la prétention de dire que je te connais bien et différemment de tous ces autres, je ne suis pas en colère. Pourquoi le serais-je ? Qui suis-je pour critiqué ton choix ? Quel droit ai-je sur ta vie ? Après tout qui sommes-nous l’un pour l’autre ? Tu sais, je me suis souvent posé la question et je n’ai jamais trouvé la réponse, pas même aujourd’hui. Je ne sais pas. Je ne saurais jamais. Et toi ? Tu le sais ? Sans doute que non car si tu le savais, tu ne serais pas partis. Pas comme ça.

Alors à tous ces autres qui ne te connaissent pas, je dirais ceci : Pour parler de lui, utilisez le prénom avec lequel vous l’avez toujours appelé. Parlez de lui simplement comme vous l’avez toujours fait. Ne changez pas de ton, ne prenez pas un air grave et triste. Riez comme avant aux blagues qu'ensemble nous apprécions tant. Jouez, souriez, pensez à lui, vivez pour lui et avec moi. Laissez son prénom être le chant réconfortant qu'il a toujours été. Prononcez-le avec simplicité et naturel, sans aucune marque de regret. La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié. Tout est toujours pareil, elle continue, le fil n'est pas rompu. Qu'est-ce que la mort sinon un passage? Relativisez et laissez couler toutes les agressions de la vie. Pensez et parlez toujours de lui autour de moi. Parce qu’aujourd’hui, si je n’ai qu’un seul vœu à formuler, ça serait celui-là.

Ne soyez pas triste pour lui, ni désolé pour moi. Ni désolé pour vous. Pour ces autres qui l’ont connu et pour tous ceux qui ont une fois eu la chance de le voir graviter autour de vous. Riez, parce que Yuuki c’était la joie, c’était l’amour et la tendresse. C’était un amas de beaucoup de choses.
C’était la définition de l’être humain. Celui qui aime plus qu’il n’est aimé. Celui qui aide plus qu’il n’est aidé. Celui qui regrette plus qu’il ne sera regretté. Parce que tu sais Yuuki, entre nous, ils oublieront vite. Ils t’oublieront. Mais moi, jamais. T’oublier c’est avoir la lâcheté de prétendre que tu n’as jamais existé. T’oublier c’est avoir l’idée saugrenue de dire que tu n’étais « qu’un pauvre gars ». Tu sais, un de ces pauvres gars qui se suicide sans raison. Celui qui abandonne la vie. Celui qui s’abandonne lui-même dans les abîmes.

Un jour tu m’as demandé, en me regardant droit dans les yeux « J’ai fuis par lâcheté » et je t’ai dis que c’était du courage que d’avoir fuis pour sauver sa vie. Aujourd’hui, j’aurais peut-être un discours différent mais à ce moment-là, je ne savais pas…que tu en finirais comme ça.
Mais bon…ainsi va la vie.

D’ailleurs, je suis certain que tu t’es dit que je m’en fichais personnellement ? Que je ne dirais rien ? N’est-ce pas ? Tu y as pensé n’est-ce pas ?

Mais je te le dis, du fond du cœur…Je ne pleurerais pas. Pas pour toi. Jamais. Parce qu’aujourd’hui, tu es partout. Tu es un tout. Partout où l’on sera, tu seras là à côté de nous. Partout, j’entendrais ta voix. Partout, ton rire résonnera.

C’est comme cela que l’on doit se souvenir de toi....


   
(c) MEI

   

   
 MessageSujet: Re: tu as perdu la vie ce soir.    tu as perdu la vie ce soir.  EmptySam 25 Juin - 14:43

Hirata Kôta
Hirata Kôta

Silver Sword

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wet wipez

un deux trois repos un deux trois repos un deux trois repos un deux trois stop – rythme effréné pour se sculpter, entretenir une musculature athlétique, aucune pensée en tête rien que le décompte devenu naturel, immiscé jusqu’au plus profond de son psyché, part de lui-même émancipée, autonome, dictant son intellect – les pores s’ouvrent, totalement dilatés et laissent filtrer la transpiration abondante – vraiment aucune pensée si ce n’est le décompte maladif – la sécrétion vient se mélanger à l’odeur des autres personnes présentes dans la salle mais personne n’y prête attention

l’eau gelée refroidit les muscles entrainés tandis que les mains écartent les mèches trempées de cheveux blanc qui lui barrent le regard – éliminé des impuretés le corps peut revêtir l’uniforme de son rang et se mouvoir en direction du lieu de travail – complète aphasie dans cette période post-entrainement où le corps prend le pas sur l’esprit, relégué ailleurs – une conversation de couloir parmi tant d’autres évoqua le suicide de Yuuki Makonor mais tu ne tiquas pas en continuant ta marche rapide pour ne pas arriver en retard sur ton poste de travail où des tonnes de dossiers attendent ton avis. Tu déverrouillas la porte, tu t’installas au bureau et tu t’emparas du premier dossier sur la pile, que tu commenças à étudier. Au bout de quelques minutes, tu interpellas ton secrétaire qui se présenta alors devant toi pour lui demander ce qu’il en est de cette affaire de suicide et il te répondit qu’il a sauté par la fenêtre en laissant un simple mot et que c’était une triste affaire ce que tu confirmas avant de le renvoyer pour continuer ton travail. Mais tu n’arrivas pas à rester concentré tant une colère émergeait progressivement de sa latence au fond de toi. Tu relâchas ton stylo subitement et te calant au fond de son siège pour vociférer quelques insultes envers le blond que tu avais recruté. Tu patientas quelques secondes mutiques avant de reprendre ton travail. Une ou deux heures après, le secrétaire revint après que tu l’aies sommé et il expliqua, pour répondre à ta requête, que le mot qu’il avait laissé était bref et qu’il n’y avait pas (encore) d’indice sur les motivations qui l’avaient poussé à se défenestrer. Pour mettre fin à l’entrevue, tu balanças une phrase toute faite, quelque chose du genre
il aurait pu faire ça chez lui pour ne pas entacher l’image de la milice ce qui conduisit le secrétaire à repartir. Tu soupiras pour expier tes derniers relents de colère en replongeant dans ton travail fastidieux.
 MessageSujet: Re: tu as perdu la vie ce soir.    tu as perdu la vie ce soir.  EmptyMer 13 Juil - 19:43

Alouarn Grimgorson
Alouarn Grimgorson

Indépendant Légal

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Je suis un comédien Et je suis ma destinée !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Grey Fullbuster
Résumé • Eté 792. Mort de Yuuki Makomor.



Ce soir.


La troupe était arrivée à Arcadia depuis quelques jours. C’était la première fois que je venais à la nouvelle capitale du royaume, et je n’avais pas vraiment eu le temps de la visiter car mon grand frère m’avait interdit de quitter le lit pour que la profonde blessure causée par les combats entre mages et démons cicatrise dans les plus brefs délais. J’avais eu du mal à respecter sa consigne. Il me retrouvais souvent hors de mon lit en train de dessiner par terre, dans des positions étranges et qui, ma foi, n’étaient pas si confortables que ça, mais elles avaient le mérite de ne pas élancer la douleur dans ma jambe. Il avait du se fâcher plusieurs fois, et j’étais alors resté des heures à bouder sur mon matelas. Le médecin finissait toujours par venir me voir. J’étais alors tout heureux qu’il s’occupe exclusivement de ma personne.

Il avait fini par me laisser sortir. D’abord, se furent de petites excursions dans l’enceinte que formaient les roulottes. Puis, nous allâmes de plus en plus loin. Aujourd’hui, nous nous étions mis d’accord pour aller flâner vers le palais royal et le quartier général de Silver Sword. Je voulais revoir ces jolis uniformes. J’espérais apercevoir Yuuki. Ca faisait longtemps que je ne l’avais pas vu, et j’avais plein de choses à lui raconter. Je ne pris d’abord pas garde au remue ménage qui eut lieu. Ce n’est qu’en apercevant la rousse chevelure de Misto entrer en trombe dans les quartiers de la milice que je compris que quelque chose n’allait pas. Il fallait que j’aille l’aider. Elle était de la famille, après tout, et on n’abandonne jamais la famille.

Me prenant pour un preux chevalier, je volais au secours de la demoiselle en détresse. Avec ma jambe, je ne pouvais pas aller vite, et je la perdis rapidement de vue. Je m’enfonçais rapidement dans le dédale des bâtiments. Je savais plus ou moins que je n’avais pas le droit d’être ici, mais je tenais absolument à faire mon devoir pour la guilde. C’était une mission sacrée pour moi que de venir en aide à mes « amis ». Enfin, il fallait tout de même avouer que, du monde, j’en avais rencontré, mais il n’y en avait pas beaucoup que je pouvais qualifier de véritables amis. Je soupirais, avant de tourner une nouvelle fois à droite.

Je finis par me cacher derrière un grand et lourd rideau. Je chantonnais tout bas pour me donner du courage. Je n’avais pas conscience que si l’on me trouvait en ces lieux, dissimulé de la sorte, on me prendrait certainement pour un voleur ou un brigand. Je n’étais pourtant pas armé, et la petite chansonnette que je poussais n’avait rien du valeureux guerrier. J’étais juste un homme dont l’âme d’enfant avait pris le dessus.

Je ne saisis pas tout de suite les mots qui s’alignaient. Deux gardes parlaient d’un milicien qui s’était jeté par la fenêtre. Je tendis l’oreille : est ce que ça arrivait souvent ce genre de choses dans la milice de la reine ? Est-ce que ces hommes qui étaient censés nous protéger étaient malheureux dans leur travail ? Je devins blanc comme un linge lorsque je compris qu’ils parlaient de Yuuki ! Je restais, peut être quelques minutes, peut-être plus, les bras le long du corps, à tenter de digérer la nouvelle. Je ne pouvais pas admettre qu’il soit parti pour de bon. Il fallait que j’en aie le cœur net.

Je finis par quitter ma cachette, et, après avoir tourner quelques minutes en rond, je finis par demander mon chemin. Les miliciens me regardèrent avec de grands yeux. Certains se mirent à murmurer des choses à propos de civils dans l’enceinte de Silver Sword, mais ils eurent la décence de m’écouter jusqu’au bout. L’un d’eux finit par accepter de me conduire jusqu’au lieu du drame, comprenant que je ne partirais pas sans l’avoir vu. Nous discutâmes un peu durant le voyage. J’appris que mon guide était père de famille, et qu’il trouvait ça fort triste que l’image de la milice soit tâchée par ce « fâcheux incident ». Je finis par lui répondre :

❝ ▬ Vous savez, monsieur, on ne choisit pas la façon dont on nait. Néanmoins, on se décide à mettre fin à nos jours de la façon dont on aimerait que les hommes se rappellent de nous. Je pense que la mort que l’on se donne n’est pas une question d’images, mais bien d’une perception que l’on se fait de la vie. Entre nous, je ne croirais à ces boniments que lorsque j’aurais vu le corps de Yuuki. Mon esprit pense déjà à l’après. Il n’arrive pas à se faire à l’idée qu’un homme est mort aujourd’hui. ❞

❝ ▬ Et pourtant, monsieur, c’est la bien triste vérité. Les rumeurs vont bon train en ce qui concerne les raisons qui l’ont poussé à se défenestrer. Je n’ose m’avancer sur ces dernières, je ne connaissais pas plus que ça le milicien Makomor. ❞

❝ ▬ La mort nous atteint tous un jour ou l’autre. Dans votre métier, et surtout ces derniers temps, je pense que vous la côtoyez beaucoup. Peut-être est-ce une idée que je me fais, mais vous ne devez pas voir des choses faciles. Je ne m’hasarderais pas sur ce qui a poussé mon ami à faire une telle chose. Je ne dirais pas non plus que ce soit le fruit du hasard ou du destin. Nous sommes tous maîtres de notre fil. Je pense qu’il était temps pour lui de rejoindre nos ancêtres. Je me sens… étrange en pensant à lui. Je ne sais pas bien comment l’expliquer… ❞

❝ ▬ Nous y voilà, monsieur. Je vous laisse passer l’attroupement par vos propres moyens. Je dois retourner à mon poste. ❞



❝ ▬ Mais… Nous n’avons pas fini notre discussion. Attendez, je… ❞




Et mon interlocuteur disparut derrière l’un des bâtiments. Je me faufilais entre les miliciens qui n’avaient visiblement rien d’autre à faire que de regarder dans la direction du corps sans vie de Yuuki. Je dus jouer des mains et des coudes pour que l’on me laisse passer. C’est essoufflé que je me retrouvais face à Misto : elle était au milieu d’une marre de sang, tenant le corps de Yuuki dans ses bras. La poitrine de ce dernier ne se soulevait plus : la vie l’avait quitté. Un homme que je ne connaissais pas se tenait non loin de là. Je ne remarquais pas tout de suite la présence des esprits, trop concentré sur le malheureux duo. Que devais-je faire ? Je remarquais alors Botan, le marcassin de mon ami défunt. Il ne savait plus où donner de la tête. Il semblait vouloir rejoindre le corps de son maitre, mais la tâche rougeâtre l’empêchait d’accomplir sa tâche.

Je finis par m’approcher doucement. Je pris Botan dans les bras et on s’avança tous les deux vers Misto et Yuuki. Je m’accroupis, remarquant enfin les personnages qui entouraient la bulle dans laquelle je m’étais enfermé. Qu’elle ne fut ma stupeur de remarquer une petite fille, une jeune femme, et… mon ami. Je pensais alors à une nouvelle hallucination, car il était tout bonnement impossible qu’il soit à deux endroits à la fois dans un même lieu. Je soupirais, avant de reporter mon attention sur ce qui m’intéressais. Je tendis la main vers le visage du milicien. Il était tout froid. Il était tout blanc. Je finis par demander d’une toute petite voix :

❝ ▬ Dites, vous croyez qu’il est heureux là où il est maintenant ? ❞




J’étais triste, mais les larmes ne vinrent pas. Chez nous, du moins, dans notre troupe de festivaliers, nous étions élevés dans un cycle de vie perpétuel. Nous devions la célébrer pour que les êtres qui nous quittaient puissent continuer à veiller sur nous dans le monde des esprits. La mort, même si elle nous touchait souvent de près, ne devait pas être source de chagrin car il retenait les âmes sur terre. Je devais avouer que je n’étais pas très bon dans ce domaine. Je n’avais jamais accepté la mort de grand-père. C’était peut-être le moment de tourner véritablement la page, et de lui confier l’âme de Yuuki. Je m’assis par terre tout en serrant Botan contre moi. Je fermais les yeux et commençais ma prière :

❝ ▬ Grand-père, je sais que je ne suis pas souvent venu vers toi ces derniers temps, certainement parce que la rancœur qui m’habitait ne me permettait pas de te laisser partir. Aujourd’hui, je me tourne vers toi pour te confier l’âme de Yuuki. Je sais que l’enveloppe charnelle que l’on nous offre sur terre n’est pas immortelle. Nos ancêtres ont rappelé à eux Yuuki et, bien que je ne le connaisse pas aussi bien que je l’aurais souhaité, je ne peux me résoudre à laisser partir un ami vers les champs célestes sans m’assurer qu’il sera guidé vers un repos éternel. ❞

Je fis une pause, ouvris les yeux, jetais un petit coup d’œil vers les personnages qui gravitaient autour de notre sphère : pourquoi ne partaient-ils pas ? Je ne voulais pas faire une nouvelle crise de schizophrénie devant tout ce beau monde. Je n’étais pas très doué pour ce qui était de me comporter normalement en société, et grand frère n’était pas là pour me protéger. Et si je me faisais arrêter ? Non, non, non, il ne fallait pas que je pense à des choses aussi horribles. Je devais continuer ma prière. Pour grand-père. Pour Yuuki.

❝ ▬ Grand-père, je sais que toi et moi, on est pareil. On a vécu beaucoup de choses ensemble, et qu’il est temps pour toi de rejoindre la sphère d’en haut. Avant de te laisser partir, je voudrais que tu prennes la main de Yuuki et que tu sois pour lui le protecteur que tu as toujours été pour moi. Je sais que c’est un grand garçon, mais même les plus forts d’entre nous ont besoin d’une personne qui veille sur eux. Je sais que tu prendras à cœur ta mission. Ne t’inquiète pas pour moi, grand frère sera toujours là pour veiller sur moi, et je ferais tout pour que tu sois fier de moi. ❞

Je me tus. Est-ce que c’était grave de pleurer ? D’un côté, j’étais soulagé de laisser partir grand-père pour de bon. Il le méritait. Et moi aussi. D’un autre, l’angoisse de me retrouver éternellement seul me talonnait. Je pris une grande inspiration et Botan vint se serrer contre moi. Je m’adressais ensuite à Yuuki :

❝ ▬ Yuuki, puisses-tu trouver la paix que tu n’as su trouver parmi les hommes d’en bas. J’avoue que l’idée de t’en vouloir m’a un instant effleuré l’esprit, mais je ne peux me permettre de te laisser te morfondre sur cette terre. Si nos Ancêtres t’ont rappelé à eux, j’accepte volontiers leur jugement. Je te pardonne d’être parti sans nous dire au revoir. Je te pardonne de nous avoir laissé, Botan et moi. Avec ton accord, j’aimerais pouvoir emmener Botan avec moi. Je ne veux pas le laisser tout seul à la guilde. Nous apprendrons à nous connaître, nous nous découvrirons l’un l’autre. Nous continuerons à vivre notre existence, pour toi, pour grand-père. De là où tu ais maintenant, je t’implore de veiller sur nous et notre descendance. ❞

Une larme vint s’écraser sur ma joue. Grand frère disait souvent qu’exprimer nos émotions était une bonne chose. Nous ne sommes pas des dieux, mais de simples mortels, des humains qui trouvent leur vaillance, leur foi et leur bravoure dans ce que peuvent manifester leurs sentiments. Je pris une grande inspiration et approchais Botan du visage de mon ami pour qu’il lui dise au revoir une toute dernière fois. Il vint poser son museau sur la joue froide du milicien, et poussa un petit grognement. Je conclus :

❝ ▬ Yuuki, je sais que nous nous sommes vu qu’en de rares occasions. Mais je garde un bon souvenir de nos retrouvailles. Si tu le permets, Botan et moi chérirons la mémoire, celle-là même qui nous permet de nous rappeler que nous avons, un jour, croiser ta route. Tu fais maintenant parti de la grande troupe des festivaliers, et nous devons, de ce fait, honorer ta mémoire. Nous le ferons de bon cœur. Avant que tu nous quittes pour de bon, je te confie mon grand-père. Tu verras, c’est un vieil homme très gentil. Il te guidera dans les méandres de l’au-delà. Veillez l’un sur l’autre, c’est tout ce que je souhaite. On se retrouvera un jour… Dans une autre vie. Je vous souhaite à tous les deux une bonne route. ❞

Je me penchais et déposais un petit baiser sur le front de Yuuki, puis sur celui de Misto. Je lançais, les larmes coulant toujours sur mes joues, mais un sourire, triste, mais un sourire quand même, s’affichant néanmoins sur mon visage :

❝ ▬ Misto, il faut le laisser partir maintenant. Je ne pense pas qu’il aurait voulu qu’on se souvienne de lui dans des moments de peine. Nos Ancêtres veillent sur lui maintenant, et lui veille sur nous. Nos larmes vont couler, et, quoi que le monde dira, il marchera éternellement à nos côtés. Tu sais, je suis sûr qu’il nous aimait de tout son petit cœur, et que ce n’était pas dans son intention de nous faire mal. ❞

Je ne savais pas vraiment comment la consoler. Mes larmes se tarirent et le sourire de Yuuki se figea dans ma mémoire. Je finis par demander :

❝ ▬ Dis, Misto, je peux garder Botan avec moi s’il te plait ? ❞







© By Halloween



 MessageSujet: Re: tu as perdu la vie ce soir.    tu as perdu la vie ce soir.  EmptyVen 15 Juil - 14:55

Misto
Misto

Eagle's Claw

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Tell me Why
PV Yuuki et d'autres ~


La fureur enfle à l’intérieur de Misto. Elle en veut au monde entier, tant sa peine la poignarde avec violence. Il n’y a plus que ça, dans son cœur, alors que les souvenirs reviennent un à un passer devant ses yeux. Elle en vient même à haïr de tout son cœur ceux qui ose troubler le silence religieux autour d’elle, allant même jusqu’à maudire sur dix générations ceux qui restent là à la regarder, vide de sentiment envers le mort. Elle sent Runolf se reformer à côté d’elle et poser une main sur sa tête. Une tentative pour l’apaiser, comme lorsqu’elle était enfant. Mais ça ne marche pas.
L’esprit sent la colère prendre le pas sur l’entendement. Son visage, emprunté à Nywell, se crispe d’anxiété. Il sait que la situation va dégénérer. Il ne tourne pas la tête lorsque la fenêtre vole en éclat, bien trop préoccupé par ce que Misto peut ou va faire. Il aurait aimé dire aux gens, les plus proches du moins, de rentrer à l’abri. Par prudence, par lucidité aussi. Il sait que la température monte, lentement mais surement. Il sait que le volcan va exploser et advienne que pourra pour ceux qui auront l’audace de rester trop près. Ses gardes fous ne sont pas là, personne ne l’arrêtera. Runolf ouvre la bouche avant de la refermer aussitôt. Il aurait voulu dire quelque chose. Un mot, juste un mot, à défaut d’avoir la phrase que la jeune femme veut entendre au milieu de tout. Mais une étrange distorsion l’arrête net, allant même jusqu’à lui faire lâcher Misto.

Dans un ensemble étrange, la musicienne et son esprit tourne la tête vers le nouvel arrivant. Outre sa couleur de cheveux tapageuse, ils ne voient qu’une chose. Des âmes. Mais pas n’importe lesquelles. Celles d’Hana et de Yuuki. Le cœur de la rousse se déchire un peu plus, le poignard repassant sur de vieille plaie, pas tout à fait cicatrisée. Toute la fureur de Misto se retrouve alors concentrée en un point et un seul. Un nouvel esprit apparait aux côtés de la Kashu, lui prenant le corps tout neuf du blondinet des bras avec douceur. Il faut le préserver avant tout. Un pas après l’autre, la jeune femme traverse la distance entre elle et l’inconnu et sa copine.

« Toi… » murmure-t-elle en arrivant à sa hauteur. Sa main se tend brutalement pour le saisir au col et le soulever dans un sursaut de colère, sans effort. Son visage déformé par les larmes et la douleur, elle plonge son regard dans celui de son interlocuteur. « De quel droit oses-tu ramener de force des âmes à la vie ? » Sa poigne se resserre comme un étau sur les vêtements du jeune homme. Jamais de toute son existence, elle n’avait vu pareille chose. Jamais elle n’avait vu quelqu’un rompre le tabou et tirer les âmes de leur sommeil sans autorisation, à partir d’un fragment d’eux même.

Un brusque reflux d’énergie traverse le corps de la mage et elle sent les esprits vaciller, non loin d’elle. Le corps de Yuuki avance au rythme d’Osulf, qui finit par le remettre à un des gardes qui pleurait non loin de là. Dans un sourire, elle tapote la tête de l’homme avec familiarité alors que son corps de guerrière commence à s’étioler. Runolf secoue la tête, désolé. Toujours au milieu de la mare de sang, sa chevelure verte pomme commence à décliner. Encore une fois, ils n’ont rien pu faire pour enrayer le mécanisme. Autour à Liam, la température chute brutalement et la tenue de Misto se remodèle. Sa robe légère, noire et sang, remplace le t-shirt et des jambières recouvrent ses jambes nues. Un tintement accompagne la fin de la transformation et les menottes retombent contre les chevilles de la rousse.

« Répond-moi. Montre-moi que tu sais au moins un minimum ce que tu fais en jouant avec les âmes. »

La glace s’étend sur le col, léchant la peau puis le collier sans véritablement réussir à prendre le dessus sur ce dernier. Le fléau gelé reprend alors sa course, progressant au hasard, évitant le collier de son mieux. La meute se dessine dans son dos, déchirant le silence de plomb d’un hurlement sinistre. Reniflement, grognement et couinement peuple alors la nuit, entourant les deux mages d’âmes dans un cercle unique, un cercle bestial qui ne souffrait d’aucune interruption. Leurs yeux rouges vacillent dans l’ombre fumeuse de leur corps, passant d’une personne présente à l’autre en claquant des mâchoires. Un avertissement bestial qui pourtant semble diablement efficace. Rien d’autre que leur présence ne dissuade bien des gens d’approcher. Mais comme dans toutes les situations, il y a une exception. La voix d’Alouarn prend le dessus sur la scène, prend le dessus sur la colère de la jeune femme. Le ténor chaud de l’aiglon s’insinue dans la tête de l’Impératrice, dessinant une lumière apaisante au milieu des ténèbres incertaines.

« Yuuki, je sais que nous nous sommes vu qu’en de rares occasions. Mais je garde un bon souvenir de nos retrouvailles. Si tu le permets, Botan et moi chérirons la mémoire, celle-là même qui nous permet de nous rappeler que nous avons, un jour, croisé ta route. Tu fais maintenant parti de la grande troupe des festivaliers, et nous devons, de ce fait, honorer ta mémoire. Nous le ferons de bon cœur. Avant que tu nous quittes pour de bon, je te confie mon grand-père. Tu verras, c’est un vieil homme très gentil. Il te guidera dans les méandres de l’au-delà. Veillez l’un sur l’autre, c’est tout ce que je souhaite. On se retrouvera un jour… Dans une autre vie. Je vous souhaite à tous les deux une bonne route. »

La poigne de Misto se relâche imperceptiblement et la glace cesse de progresser sur Liam. Son regard le quitte et se pose sur le comédien qui fend la meute, un sourire calme contrastant avec les larmes qui coule sur son visage. Derrière lui, l’homme qui tient le corps de Yuuki le suit. Il jette un regard inquiet aux loups mais rien ne bouge et cela semble le rassurer. Botan se rapproche de la mage, sautillant autour d’elle avec humeur, comme pour lui intimer de prendre sur elle et de lâcher prise, à son tour. Un message qu’à défaut de saisir, la jeune femme transforme immédiatement. Alouarn. Botan. Si je continue, je vais leur faire du mal. Les mains de la rousse s’ouvrent et Liam tombe au sol, tandis qu’elle esquisse un mouvement de recule à l’approche de son camarade. Elle est gelée. Elle va le brûler.
Pourtant il ne recule pas. Il continue, îlot de quiétude au milieu de l’océan tourmentée de sa colère. La peur prend le dessus alors que le jeune homme pose ses lèvres sur son front. C’est chaud. Douloureusement chaud mais c’était ce qu’il lui fallait. L’électrochoc parcourt son corps, refoulant au mieux les sentiments au loin pour garder le contrôle sur le chaos qui se déchaine autour d’elle. La température remonte. Les loups s’écartent un peu, délaissant les spectateurs du regard pour se concentrer uniquement sur le fou qui avait osé ramener les mors à la vie sans permission. Les deux émeraudes de l’Impératrice se fixent sur le sourire torturé de son ami, hypnotisés par le mouvement de ses lèvres et la douceur du timbre de sa voix.

« Misto, il faut le laisser partir maintenant. Je ne pense pas qu’il aurait voulu qu’on se souvienne de lui dans des moments de peine. Nos Ancêtres veillent sur lui maintenant, et lui veille sur nous. Nos larmes vont couler, et, quoi que le monde dira, il marchera éternellement à nos côtés. Tu sais, je suis sûr qu’il nous aimait de tout son petit cœur, et que ce n’était pas dans son intention de nous faire mal. » La rousse tente d’articuler quelque chose mais échoue. Ses lèvres s’entrouvrent, articulant des mots sans qu’aucun son ne sorte. Elle recommence une fois, deux fois, mais toujours rien. Aussi tente-t-elle d’avancer vers lui avant de s’arrêter, prisonnière de l’état de sa seconde magie. Encore une fois, Alouarn reprend son envoutement, inconscient du pouvoir qu’il avait en l’instant, alors que l’Impératrice se tenait au bord du gouffre.

« Dis, Misto, je peux garder Botan avec moi s’il te plait ? »

Ce fut la goutte de trop. La mage tombe à genoux devant lui, posant ses deux mains sur son collier pour révoquer tout ce qu’elle venait de faire. Alors qu’elle imagine sa tenue disparaitre dans le néant avec les loups, rien ne se produit. Elle est coincée. Si elle devait paniquer pour ça, Misto ne bouge pas. Elle regarde stupidement ses mains et pousse un profond soupir, teinté de lassitude. Parce que oui, Misto est lasse. Lasse de voir les siens mourir, lasse d’être à deux doigts de se foutre en l’air, à chaque nouvelle mort, chaque nouvelle disparition. Lasse d’être seule à devoir tout porter, alors qu’elle ne devrait pas tout affronter sans aide. Le silence qui suit la réponse de l’aiglon s’étiole dans la respiration de la musicienne alors qu’elle réunit tant bien que mal son courage.

« Je t’en prie. Il sera plus en sécurité avec toi. N’oublie pas de me l’amener quand tu rentres, je suis sûre que ça nous fera du bien de passer du temps ensemble, tous les trois. » Un début de sourire encourageant. Un lien, un soutien. Maintenant. Jiro n’est pas là et pourtant, elle n’a jamais eu aussi besoin de lui. Son seul point de repère se situe dans la présence calme et rassurante d’Alouarn. A lui seul, il fait barrière au chaos qui menace de sortir et d’encourage Misto à ravager la zone pour se soulager. Tout doit sortir, tôt ou tard mais elle retarde l’échéance pour lui. Parce qu’elle le lui a promis en entrant dans le Nid. Elle sera toujours là pour le protéger, même lorsqu’elle-même sera en position de faiblesse. Ils sont une famille, prêt à s’épauler les uns les autres pour faire face, tête haute. Les larmes montent dans les yeux de Misto, coulant comme un torrent le long de ses joues. Ses lèvres tremblent et sa voix s’enroue, rendant ses murmures à peine compréhensible. « Il est mort, Alouarn. Il est mort alors que j’avais dit que je l’aiderais. » La seconde magie de la musicienne s’évapore  et elle franchit l’espace de sécurité qu’elle avait laissé entre eux. Sa tête se pose contre son torse, accentuant la faiblesse de l’Impératrice par mégarde. « Il est mort et je n’ai rien pu faire. »

Les larmes coulent encore et encore. La chevelure rousse bouge un peu, dégageant un œil vers le jeune homme qu’elle avait failli transformer en statue de glace. Elle ne le quitte pas des yeux, sa respiration saccadée en guise de fond sonore. A cet instant elle hésite. Elle veut saisir l’occasion et parler avec Yuuki, un peu, jusqu’à ce que les pleurs se tarissent. Elle veut se rappeler avec lui, dans un sourire, pour lui dire au revoir autrement. Mais une autre chanson fait écho dans son cœur. Il est mort, son âme n’est pas partie. Elle est Kashu et il est de son devoir de lui ouvrir la voie.  Elle le doit, mais elle n’ose pas. Elle ne l’a jamais fait pour un proche, jamais pour quelqu’un qu’elle a connu. Quand bien même elle connait la marche à suivre par cœur, quelque chose l’en empêche. Pourtant Alouarn a raison, il mérite le repos. Contre son ami, la jeune femme réfléchit. Que doit-elle faire, à présent ? Enlever Yuuki aux griffes de ce saltimbanque oui, ça ne fait aucun doute. Mais a-t-elle vraiment le droit de le reconduire sans un mot de sa part ? L’Impératrice lève les yeux vers l’aiglon qu’elle envahit allègrement.

« Veux-tu discuter un peu avec Yuuki et moi ? Je vais l’aider à rejoindre ton grand-père bientôt mais j’ai envie d’une dernière fois. J’ai encore envie de l’entendre rire et nous dire au revoir. Juste une dernière fois, avant de lui ouvrir le passage. » Elle se dégage de lui, attrapant sa main dans un sourire qu’elle veut plus encourageant que triste. A eux trois, ils y arriveront. Ils arriveront à faire le deuil quoi qu’il advienne. Alors seulement, elle ose reposer entièrement son attention sur le fou qui croit pouvoir ramener les morts impunément. « Ce que tu fais, ce n’est pas les aider. Tu les projettes dans la réalité à partir d’un reste, d’une rémanence. Ce n’est pas de leur plein gré, qu’ils viennent à toi. Tu les ramène de force et tu les enchaines sous prétexte de les soulager de leurs regrets. »
Un peu de courage te revient. Tu fais ça pour Yuuki. Parce que ce qu’il lui fait, c’est dangereux et il doit le savoir. Une âme complète ne lui répondra pas toujours et, ce jour-là, il n’aura pas la chance que tu sois là pour rattraper les pots cassés. « Je ne te le demanderais qu’une fois. Laisse-le partir. Il prendra le chemin que je vais lui créer s’il veut mais jamais, tu ne dois le forcer à revenir comme ça. Plus jamais. »
 MessageSujet: Re: tu as perdu la vie ce soir.    tu as perdu la vie ce soir.  EmptyVen 2 Sep - 4:56

Jasper Féamor
Jasper Féamor

Indépendant Légal

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Hey "Bro". Cela fait longtemps n'est ce pas ? Lorsque je t'ai vu, je n'ai pas cru que c'était toi. Comment se faisait-il que tu sois dans la même ville à ce moment là ? Je pensais à toi d'ailleurs. J'ai souvent rêvé de toi ces derniers temps. Plus que cela devrait être raisonnable pour un ami. Mais je te rassure, je ne suis pas gay. Je pense que le fait que j'aille de de rêver de toi viens surtout du fait que tu étais la personne qui me ressemblait le plus et qui étais tout mon contraire en même temps dans ce monde. Je ne pensais pas rencontrer quelqu'un d'aussi pragmatique et desespéré mais visant une chose qui n'était pas ou déjà plus de ce monde, comme moi. Une personne ? Un endroit à toi tout seul ? Je ne sais pas et je ne le saurai donc jamais. Tant pis. C'était ta vie, pas la mienne.

Désolé si je suis un peu cru. Il faut dire que tu n'as pas hésité à l'être avec moi, donc bon. Ton plongeon je parle. Je n'en ai pas raté une miette. A part sans doute le choc contre le sol, où à cet instant, j'avoue, j'ai détourné les yeux. Mais qui ne l'aurait pas fait ? Personne ne regarde jamais clairement la mort dans les yeux. Ca m'a fait un choc de te voir comme ça. Je suis resté de longue secondes choqué. Je... Je n'aurais jamais cru qu'une chose dans ce monde puisse autant autant me perturber. Il a fallu d'ailleurs que l'une de mes invocations s'occupent de m'amener loin de ce spectacle immonde que tu m'offrais. Mais je ne t'en veux pas plus que ça, comme tu dis plus haut, tu avais sans doutes tes raisons et plus que ça, bien raison de faire ça.

Nous sommes deux faces d'une même pièce. Le désespoir et l'espoir. Toi cherchant à retrouver tout ce que tu avais perdu et savant pertinnemment que tu ne le pourrais pas, Moi faisant de même mais en y croyant le plus fort possible. Et j'y croyais... Et y croit toujours. Mais plus de la même façon. Ta mort m'a convaincu. ce n'est pas une question d'espoir ou désespoir, cela va bien plus loin que ça. En mourrant, tu m'as offert cette force. La force qui, même abandonné, ne peut s'éteindre. Cela ne doit pas faire beaucoup de sens pour beaucoup, mais je me plais à croire que tu vas le comprendre, Bro. Et même si c'est pas le cas, tant pis, le fait que j'y crois suffit largement.

Raaah, je suis en train de me relire, ça veut rien dire ces conneries ! Enfin si, mais pas quand on est pas dans ma tête. Enfin bref, il vaut mieux que je m'arrête ici, sinon je vais continuer à m'enliser dans mes paroles, et vais laisser mes futures actes parler pour moi. Regarde moi bien d'où tu es, Yuuki, Enfer ou Paradis, âme errante ou juste le corps dévoré par les nécrophages grouillant sous terre. Ton sacrifice m'aura été bénéfique en bien des points moraux, même si tu dois t'en douter, si j'avais pu te sauver, ou que tu aurais survécu, je t'aurais achevé de mes propres mains pour avoir tenté un suicide.

- Je suppose que ça ira comme ça. Pas la peine de faire dans le larmoyant ou trop compliqué, ce n'est pas notre style.

Je m'approche de la pierre face à moi et dépose le bout au pied de celle-ci.

- C'est l'ultime fois que l'on se verra, car je déteste regarder en arrière, tu dois t'en douter. Je ne chercherai pas à honorer ta mémoire ou quoi que ce soit. Juste, j'espère que le spectacle que je m'apprête bientôt à t'offrir va te plaire. Adieu, Yuuki. Repose en paix.

Me détournant, je m'arrête au bout de quelques, et, surgissant de l'ombre d'une des tombes face à la tienne, Karîn apparaît et viens m'enlacer et me tire rapidement vers cette ombre au sol, pour disparaître de ce monde, ne laissant plus âme qui vive ici, tout comme toi.

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