Mieux vaut être que paraitre (PV Isaiah)
 MessageSujet: Mieux vaut être que paraitre (PV Isaiah)   Mieux vaut être que paraitre (PV Isaiah) EmptyJeu 16 Juin - 18:25

Alouarn Grimgorson
Alouarn Grimgorson

Indépendant Légal

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Je suis un comédien Et je suis ma destinée !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Isaiah B. Stone
Résumé • Eté 792. Alouarn, poussé par son frère, se rend, en sa compagnie, dans un magasin de magie de Magnoria pour acheter de nouvelles cartes pour l’une de ses techniques. Ils font la rencontre d’un vieux monsieur qu’Alouarn invite aux festivités de la soirée. Maladroit comme il est, il fait tombé des objets sur le sol, alors que la sonnette du magasin retentit pour laisser entrer un nouveau client.



Mieux vaut être que paraitre


La nuit venait à peine de lever son voile que la chaleur avait pris possession des roulottes de bois qui stationnaient aux abords de Magnoria. Je m’étais levé aux aurores, n’arrivant plus à trouver le sommeil. J’avais tourné en rond dans ma chambre, m’arrêtant parfois pour jouer avec mes chaussettes, d’autres fois pour crayonner quelques esquisses sur mon cahier à dessin. Je n’osais pas sortir de ma chambre, de peur de réveiller toute la caravane. Après avoir jeter plusieurs coups d’œil dans l’embrassure de ma porte entrouverte, je me décidais à m’habiller légèrement : les tâches quotidiennes n’allaient pas se faire seules. Et puis, grand frère en mettait du temps pour venir me réveiller. A dire vrai, je n’avais pas vraiment conscience de l’heure qu’il était. Je flottais sur un petit nuage enchanté.

Je mis une heure à me préparer pour, au final, choisir ma tenue d’entrainement. Je pris plus ou moins conscience que j’avais vidé complètement mes armoires de vêtements et que, à l’instant où je vous parle, ils trônaient tous fièrement sur le sol. Oh non, non, non, grand frère n’allait pas être content du tout. Je me résonnais rapidement, et décidais de ranger mes habits par couleur en faisant des montagnes avec. Une fois cela fait, je poussais le tout sous mon lit, pour pas que ça fasse trop désordre, vous comprenez.

J’ouvris lentement ma porte. Le grincement de cette dernière résonna lugubrement dans toute la maison, ce qui me fit sursauter. Je n’aimais pas trop quand tout était endormi. Ca me rendait quelque peu nerveux. Je me dirigeais vers la cheminée : il ne restait plus que des braises dans l’âtre. Le foyer était entretenu régulièrement. Le dernier à aller se coucher chargeait le feu pour la nuit, pour que le premier lever puisse relancer ce dernier facilement. Je mis quelques bûches et branchages dans le bûcher, et notais qu’il était grand temps d’approvisionner en bois.

Je me dirigeais en silence vers la cuisine, et après avoir mis de l’eau dans la bouilloire, je pris conscience en lisant l’un des post-it laissait par mon grand frère que la lancée maintenant sur le feu pourrait mettre en danger toute la famille. J’avais tendance à oublier ce que je faisais dans le quotidien, et je ne me sentais pas prêt à tout faire comme un grand. Je demanderais à Linus de faire chauffer le tout quand il se sera levé. Mon ventre gargouilla. Il fallait que je m’occupe en attendant que l’on prenne le petit déjeuner tout ensemble.

Je m’approchais des placards et commençais à sortir le nécessaire pour le repas. J’aimais particulièrement celui du matin. Il débutait la journée et permettait à tout le monde de se réunir avant que chacun ne se lance dans ses propres activités quotidiennes. Certains jours, on ne faisait que se croiser tellement c’était la course. Je me grattais la tête en repensant à la discussion que nous avions eue hier soir avec le médecin. Il m’avait quelque peu disputé quand je lui avais avoué que mes entrainements n’étaient pas du tout à jour, et que, par conséquence, je devais rattraper mon retard. Néanmoins, je n’avais aucune idée comment mettre mes techniques en œuvre.

Je sortis le pain, la confiture et les céréales. Je soupirais puis me mis à ronchonner bruyamment lorsque je vis qu’il manquait du lait, et que, par conséquent, je devrais aller le chercher à la ferme du coin, mais que je n’avais pas de jewels pour payer le fermier. La dernière fois, j’avais passé une matinée entière à récurer l’étable pour avoir le droit à une bouteille de lait frais, et j’étais arrivé très en retard pour le petit déjeuner. Mon grand frère m’avait gentiment sermonné, et m’avait fait promettre que, la prochaine fois, je lui demanderais le nécessaire pour payer l’agriculteur. Fallait-il que j’aille le réveiller ?

Je pris le temps de prendre un à un les sachets de thé et d’en faire un petit train sur la table de la cuisine. Je sortis les tasses et les bols, et pris garde de me placer entre celui de Linus et celui de Joshua. Ne sachant pas trop si Asgeïrd et Béralde se joindraient à nous, je leur mis tout de même de quoi prendre un copieux petit déjeuner. Dans mes pensées, je m’arrêtais là, oubliant la moitié des objets. Je me mis à chercher les sceaux sous l’évier. Ces derniers nous permettaient d’aller chercher de l’eau au puits. Je savais qu’il fallait aller la chercher durant les heures les moins chaudes de la journée pour éviter que l’effort nous fasse faire une syncope.

Mon grand frère arriva une demi heure plus tard, en pyjama, en compagnie d’Asgeïrd et Béralde qui, ma foi, frappaient depuis dix minutes à la porte. Ils n’avaient pas pu entrer parce qu’elle avait été verrouillée la veille par mes soins. J’avais attendu que tout le monde soit couché pour aller tourner la clé dans la serrure : j’avais eu peur de l’un de mes cauchemars. Et je ne voulais pas que les monstres de la nuit prennent possession de la caravane. J’étais assis à même le sol, au milieu des produits ménagers. Je n’avais pas trouvé ce que je cherchais, et je m’amusais donc à faire des mélanges avec mes trouvailles !

Linus se précipita vers moi lorsqu’il vit que j’en avais mis de partout. Il poussa un soupir qui ne m’échappa pas. Je le regardais, et mon regard fut un puits de tristesse infinie. Je voulais juste faire des potions pour que le linge soit mieux nettoyé. J’essayais d’expliquer mes intentions au médecin, mais aucun son ne sortit de ma bouche. Je finis par éclater en sanglots. Avant que mon grand frère n’ait pu dire quoi que se soit, je m’étais levé, renversant au passage le savon en poudre pour la lessive, et partis en courant me cacher dans ma chambre.

On frappa trois petits coups à la porte de ma chambre restée entrouverte. Le médecin entra et me chercha du regard. Il me trouva dans un coin de la pièce, derrière un mur d’oreillers, mon doudou serré très fort contre moi. Il se fit une modeste place à mes côtés. Je me recroquevillais sur moi-même alors qu’il passait un bras autour de mes épaules et m’attirait vers lui. Je finis par accepter cette étreinte de douceur. Je vins cacher mon visage dans son cou, et me laissais bercer par ses caresses. Mes larmes coulèrent abondamment sur mes joues, et Linus attendit que je me calme pour entamer la discussion avec moi :

❝ ▬ Et bien, mon grand, qu’est ce qui c’est passé ce matin ? Je t’avoue que je ne m’attendais pas à ce que tu sois… Comment dire… Que tu ais envie de faire des expériences de bon matin. Je suis désolé. Je ne voulais pas te vexer. Tu veux bien me raconter ce que tu essayais de faire ? ❞

❝ ▬ Je… Je voulais aider Astrid à faire le linge en trouvant une potion qui nettoierait encore mieux le linge qu’avant. Comme ça, les tâches de nourriture et de peinture, ben, pouf, elles disparaitraient comme par magie. Mais, je voulais te faire une surprise. Mais tu es arrivé trop vite, et je n’ai pas eu le temps de finir. ❞

❝ ▬ Oh, je vois. Et tu as trouvé la formule de ta potion ? ❞




❝ ▬ Je ne sais pas si ça marche. Je n’ai pas essayé. J’ai mélangé plusieurs trucs qui sentaient bon ensemble, et je voulais aller essayer sur un torchon tout sale. ❞


❝ ▬ Et, te rappelles tu ce que tu as mis dans ta potion ? ❞




❝ ▬ Oui, j’ai tout marqué sur un morceau de papier. Comme ça, si ça marche, on deviendra riche avec la recette ! Et la troupe n’aura plus de problème pour se nourrir durant les longs mois d’hiver. Parce que moi, j’ai entendu les gens dire, hein, je ne suis pas sourd. Regarde, même que mes oreilles sont toutes propres de y’a deux mois ! ❞

❝ ▬ Deux mois ? Mais il va falloir les laver ! ❞




❝ ▬ Bah, pourquoi ? Elles ne sont pas sales ! Même que j’ai essayé de les sentir, et je ne crois pas qu’elles sentent mauvais ! Sinon, Astrid me l’aurait dit il y a longtemps déjà. Astrid, elle n’aime pas les trucs sales. En tout cas, mes oreilles sentent moins forts que sous mes bras. La nuit, je transpire tellement que je suis tout dégoulinant. Tu veux sentir sous mes bras ? ❞

❝ ▬ Non, non, mon grand. Je te crois sur parole. On ira prendre une douche tout à l’heure. Après le petit déjeuner. Et une fois qu’on aura rangé tes expériences. ❞


❝ ▬ J’ai essayé de préparer le petit déjeuner tout seul comme un grand, mais je crois que j’ai oublié… ❞



❝ ▬ Oublié quoi, mon grand ? ❞





❝ ▬ Bah… J’ai perdu le fil de ma pensée. J’ai lu le post it pour la théière sur le feu. Et puis, j’ai fait d’autres trucs. Et après, bah, je n’ai pas pensé à tout parce que j’avais des préoccupations plus urgentes… Enfin, je crois. Je ne sais pas. Je ne sais plus. Pfiou, j’en ai marre de ne pas être comme les autres petits garçons, grand frère. ❞

❝ ▬ Je ne te demande pas d’être comme les autres hommes, Alou’, je te l’ai déjà dit et répété. Tu n’as pas à leur ressembler. Soit toi-même, et on t’aimera pour ça. On ne te demande pas d’être autre chose que toi même. ❞

❝ ▬ Oui, mais… mais… ❞





❝ ▬ Arrête de te torturer l’esprit, mon grand. Tu sais que je ne t’abandonnerais jamais. Tu es ma raison de vivre. ❞



❝ ▬ Est-ce que je peux avoir un petit bisous ? ❞




Linus sourit et il vint poser ses lèvres sur les miennes. Surpris, j’eus un petit sursaut de recul. Je demandais d’une toute petite voix :

❝ ▬ Mais, tu ne les réserves pas à Astrid ? ❞





❝ ▬ Tu sais, mon grand, nous nous embrassions avant même que je connaisse Astrid. Il est vrai que maintenant que je suis marié avec elle, je fais attention, mais il est tout à fait hors de question que j’arrête de t’adresser de tendres baisers sous prétexte que je sois marié. Je n’ai nullement envie de perdre ces instants privilégiés d’échange avec toi. Est ce que ça te dérange que je continue à t’adresser ce genre de petites attentions ? ❞

Je lâchais mon doudou, attrapais Linus par la taille et le fis basculer sur le sol. Mes jambes vinrent encadrer son bassin et je vins doucement passer mes mains sous son haut de pyjama. Ces dernières vinrent doucement le caresser. Le médecin ferma les yeux et se laissa faire. Je fis comme il m’avait appris… Du moins, je fis de mémoire. Je n’avais pas voulu qu’une quelconque personne est ce genre de relation avec moi depuis que je m’étais fait honteusement violé il y a un an de cela. Mais le désir de plaire de nouveau à quelqu’un grandissait de nouveau en moi. Et, je devais admettre que plaire à mon grand frère était une chose que j’avais toujours voulu. Je voulais me faire désirer.

J’eus une pensée pour Isaiah : je ne savais pas trop ce qu’il devenait. Je me penchais en avant et vins déposer de nombreux baisers dans le cou de Linus. Il enroula ses jambes autour de ma taille, et me fit, à mon tour, basculer sur le dos. Les battements de mon cœur s’accélèrent légèrement. Mon frère prit doucement les choses en main. Il savait mieux que personne se faire désirer. Et, à sentir la bosse qui se formait dans son entrejambe, il n’était pas indifférent à ce que je lui proposais. Néanmoins, je ne saurais dire pourquoi, mais le visage d’Isaiah se formait dans ma tête dés qu’un quelconque sentiment se rapprochant d’une forte amitié se faisait sentir.

A dire vrai, je ne l’avais pas revu depuis ce que nous avions vécu dans le cirque. Ce pauvre monsieur n’avait pas eu de chances. Et nous n’avions pas pu l’aider comme j’aurais souhaité le faire. Le rythme de ma respiration augmenta lorsque ses lèvres, puis sa langue, vinrent doucement jouer avec mon cou, mes oreilles. Il poussa même le jeu à mettre sa main sur mon sexe qu’il commença lentement à caresser. Et je devais avouer que cela ne me déplaisait guère. Je savais qu’il n’irait pas contre ma volonté, et que, contrairement à ce que j’avais vécu l’année dernière, il prendrait soin de mon corps.

Pourquoi le visage d’Isaiah se maintenait dans ma tête ? Je devais avouer que j’éprouvais de forts sentiments pour mon frère, et que, parfois, cela pouvait être perçu de façon malsaine. Mais j’aimais sentir son corps contre le mien, ses caresses sur toutes les parties de mon corps, même les plus intimes, ses baisers sur ma figure, dans mon cou. Nos lèvres s’unirent dans un long baiser. Linus finit par s’allonger à mes côtés, rompant la magie. Je repris doucement mes esprits. D’un certain côté, j’étais heureux que nous ne soyons pas aller plus loin. Je reniflais bruyamment et m’assis.

Je finis par oublier la présence de mon frère et me mis à dessiner. Je passais facilement du coq à l’âne lorsque je n’avais aucun fil rouge qui régissait ma journée. Le médecin me regarda tranquillement faire. Même si je ne m’étais pas posé la question, il savait que ce qui venait de se passer m’avait mis dans tous mes états, et qu’inconsciemment, je m’étais réfugié dans mon jardin secret. Je plissais légèrement les yeux, esquissant les premiers traits de la scène que nous venions de vivre. Linus tourna la tête et ne put remarquer que les tas de vêtements qui s’amoncelaient sous mon lit. Il ne fit aucun commentaire. Il vint s’asseoir à côté de moi, et me regarda travailler pendant une dizaine de minutes, avant de briser le silence :

❝ ▬ Mon grand, je te sens un peu distant depuis hier. Non, ce n’est pas le mot. Tu es… Comment dire… Tu ne prends pas vraiment conscience de ce que tu fais, comme si tu ne voulais pas garder un fil rouge dans ta tête. Tout ce que tu fais est un peu fouillis. ❞

Je me détournais, comme pour échapper à la conversation, et lui offris mon dos. Je tentais de me concentrer sur mon dessin, mais les dires du médecin résonnait dans ma tête. Il avait raison. J’étais contreproductif depuis hier. Je finis par poser mon crayon sur le sol. Je jetais de petits coups d’œil vers mon frère avant de me retournais vers lui. Je poussais un profond soupir, et demandais d’une toute petite voix :

❝ ▬ Suis-je vraiment obligé de faire mes entrainements de magie ? ❞




❝ ▬ C’est donc ça qui te prend la tête depuis hier. Je ne pensais pas que cela t’aurait autant mis la pression. Pourquoi ne les ferais-tu pas ? ❞


❝ ▬ Je n’ai pas très envie de les faire. ❞





❝ ▬ Pourquoi ? ❞





❝ ▬ J’ai peur de ne pas y arriver. Avec grand-père, c’était beaucoup plus facile. Il avait le même pouvoir que moi, et il trouvait les mots justes pour m’apprendre ce que je ne connaissais pas. Là, il faut tout que j’apprenne et découvre tout seul. Je n’aime pas trop l’inconnu. ❞

❝ ▬ Où est donc passé le Alou’ aventurier que je connais depuis toujours ? ❞




❝ ▬ Oui, mais jouer avec la magie, ce n’est pas pareil que jouer dans un spectacle. Si j’utilise mal mes pouvoirs, ils pourraient m’anéantir. ❞


❝ ▬ Ton grand-père ne t’a-t-il pas laissé des instructions ? ❞




❝ ▬ Si, je crois… Un peu avant de mourir, il m’a dit qu’il allait donné notre secret à Isa et que, le jour venu, elle nous amènerait ce secret. Mais je ne sais pas si ça à un rapport avec la magie ou pas. En fait, je ne sais rien du tout. Il m’a appris les bases de quatre techniques que j’utilisais souvent à l’époque, mais, avec le temps, je les ai un peu oublié. Grand frère, est ce que je suis obligé d’être un mage ? ❞

❝ ▬ Ce dont je suis sûr, mon grand, c’est que tu as toujours rêvé de devenir comme ton grand-père. Et si ton grand-père t’a enseigné la magie, c’est qu’il croyait en ton potentiel. ❞

❝ ▬ Et si je le déçois ? ❞





❝ ▬ Tu ne le décevras pas. ❞





❝ ▬ Comment tu le sais ?  ❞





❝ ▬ Tu sais, le peu que j’ai parlé avec lui, j’ai pu comprendre qu’il t’aimait beaucoup. Il était très heureux de pouvoir s’occuper de toi, même si ce n’était pas facile tous les jours. Il a partagé avec toi son amour de la nature, des automates, des spectacles, et de la magie. Il ne voudrait pas que tu désespères devant la tâche. Il t’a appris à te battre pour ce que tu croyais juste, pour tes convictions et tes idées. Il ne faut pas que tu lâches maintenant, mon grand. ❞

❝ ▬ Crois-tu que je sois prêt pour apprendre de nouvelles choses sur la magie ? ❞




❝ ▬ Tout dépends de toi, Alou’. Je ne peux pas décider à ta place. Quoi qu’il advienne, nous allons tout de même passer par la boutique de magie de Magnoria pour que tu t’entraines à faire les techniques que tu connais déjà. Je ne veux pas que tu abandonnes la magie. Ta grand-mère m’a dit que tu parlais souvent de la magie avec ton grand-père, et que tu étais toujours émerveillé par ce qu’il était capable de faire. Tu voulais qu’il t’apprenne tous ses tours. Certains relevaient des fantaisies de la troupe, d’autres relevaient de la magie même. Tu devrais avoir plus confiance en toi, mon grand. Je suis sûr que ton grand-père ne voudrait pas que tu baisses les bras. Je sais, de source sur, que tu voulais tout faire comme lui. Tu voulais faire briller les yeux des enfants, émerveiller les grands comme les petits. Je sais que dernièrement tu n’as pas participer à beaucoup de spectacles, mais ce n’est pas une raison pour que tu oublies ton rêve. N’est ce pas toi qui voulais devenir le plus grand comédien ? Tu voulais montrer au monde que les automates et la comédie ne pouvaient faire qu’un pour celui qui savait garder un cœur d’enfant. Je sais que tu as beaucoup souffert de la perte de ton meilleur ami, puis de celle de tes grands-parents. Tu n’as plus vraiment cru en ta bonne étoile à partir de ce moment-là. Ne crois-tu pas que c’est le moment de lui laisser une chance ? ❞

On frappa trois petits coups à la porte et Astrid entra avec Joshua dans les bras. Elle nous salua joyeusement et, contre toutes attentes, elle me tendit son fils. Tout content, je le pris dans mes bras et me mis à discuter avec lui de grand-père et de la magie. La jeune femme fit signe à son mari de venir un peu à l’écart. Elle demanda à voix basse, tout en nous surveillant du coin de l’œil :

❝ ▬ J’ai écouté votre conversation, sans vraiment le vouloir. Je t’avoue que j’étais venu disputer Alouarn pour le bazar qu’il nous a mis dans la cuisine, puis, quand j’ai entendu que c’était pour m’aider à faire la lessive, je n’ai pas eu le courage de l’enguirlander. Je dois admettre que j’ai beaucoup de mal avec lui et que oui, je l’avoue, j’ai peur de sa maladie, souvent parce que je ne la comprends pas. Je sais qu’il fait de son mieux pour me faire plaisir mais je n’ai pas ta patience. ❞

Elle s’arrêta quelques instants avant de reprendre, alors que Linus allait s’expliquer sur les baisers que nous avions échangé :

❝ ▬  Sache que je ne t’en veux absolument pas sur le comportement que tu as en sa présence. Evite seulement de le faire en présence de mes frères, surtout d’Asgeïrd. Je sais que mes frères ont une grande ouverture d’esprit, mais tout de même, il ne faut pas trop leur en demander. Il faut bien que tu comprenne que ça a tout de même un petit côté malsain, simplement du fait que vous vous preniez pour des frères. Fais tout de même attention à Alouarn, même si je sais qu’il a très envie qu’on s’occupe de lui, je ne suis pas sûr qu’il soit prêt à reprendre du service au niveau du sexe. Tu sais très bien qu’il n’a presque pas parlé de ce qui c’était passé il y a un an, et que, malgré tout, il a encore très peur. Parfois, il essaie de m’en parler, mais les mots restent bloquer dans sa bouche. Il n’admet pas vraiment ce qui c’est passé. Il en a vraiment honte. Fais attention à lui. ❞

Puis, elle s’adressa tranquillement à moi :

❝ ▬  Alouarn, tu viens, on va ranger ce que tu as sorti tout à l’heure. On essayera ta potion sur un torchon tout sale si tu veux. ❞



Mes yeux se mirent à briller de mille feux :

❝ ▬ Pour de vrai ? ❞





❝ ▬ Oui, pour de vrai. Mais, en attendant, il faut que nous finissions de tout préparer pour le petit déjeuner. Béralde m’a dit qu’Isa viendrait prendre le thé avec nous. Je les ai envoyé chercher l’eau au puits et le lait à la ferme. Il devrait être de retour d’ici une petite demi-heure. Ca nous laisse le temps de préparer le reste. Tu veux bien nous aider ? ❞

Tout content qu’Astrid ne me dispute pas et qu’elle prenne même très au sérieux ma potion pour la lessive, je me levais, déposais un petit baiser sur sa joue, puis sur celle de mon frère, et me dirigeais vers la cuisine en chantonnant. Joshua, tout content, poussait des petits cris pour m’accompagner. Linus glissa dans l’oreille de sa femme :

❝ ▬ Merci pour ce que tu viens de faire pour Alou’. Je crois que c’est un bon début pour essayer de bien vous entendre, non ? Qu’est ce que tu en penses ? ❞


Ils s’embrassèrent puis vinrent nous rejoindre à la cuisine. J’avais installé le petit bout d’homme sur sa chaise, et j’avais attrapé la pelle et la balayette, et je ramassais le savon en poudre que j’avais renversé. Linus du m’arrêter dans mon élan parce que j’étais parti pour ramasser toutes les petites miettes qui trainaient sur le sol. La pression était quelque peu tombée, mais une petite voix dans ma tête n’arrêtait pas de me répéter que si Isa venait, c’était pour une bonne raison. Nous finîmes de ranger toutes les affaires au moment où Asgeïrd et Béralde revenaient avec l’eau et le lait. Je me précipitais vers eux et, avant même qu’ils aient eu le temps de poser les affaires, je leur fis un gros câlin avant de retourner discuter avec Joshua. Béralde lança :

❝ ▬  Et bien, il y en a au moins un d’humeur joyeuse ce matin ! ❞




Astrid demanda :

❝ ▬  Pourquoi ? Qu’est ce qui se passe ? ❞





❝ ▬ Le fermier nous a fait tout un foin pour son lait. Il voulait nous le vendre trois fois le prix qu’on trouve habituellement sur le marché. Au bout d’un long moment, il nous a fait comprendre qu’il n’avait pas de quoi payer des entrées à son petit fils pour les festivités, et qu’il espérait qu’en augmentant un peu le prix de son lait, il pourrait lui faire une belle surprise pour son anniversaire. Finalement, Asgeïrd lui a proposé de venir le voir dans l’après midi avec son petit fils pour qu’il lui fasse visiter les installations. Il a juste omis de lui dire qu’il les attendrait avec deux places pour le spectacle de ce soir. ❞

Linus répondit :

❝ ▬  C’est généreux de ta part, Asgeïrd. ❞





Asgeïrd sourit, avant de continuer :

❝ ▬   Et il y avait un de ces mondes, au puits. Une dispute à éclater entre deux vieilles femmes, et leurs maris, et leurs familles, en seraient venus aux mains si nous n’étions pas intervenu. Apparemment, de ce que nous on dit les villageois, ces deux factions s’affrontent depuis un demi siècle déjà. Ils me font penser aux Montaigu et aux Capulet dans Roméo et Juliette. Enfin bref, tout ça pour dire que ce n’est pas plus mal que nous soyons rentrés pour le petit déjeuner. Nous sommes passés chercher Isa. Elle nous a dit qu’elle récupérait quelque chose et qu’elle nous rejoignait. ❞

Je levais brusquement la tête, ce qui fit sursauter Joshua. Je lançais d’une toute petite voix :

❝ ▬  Olalalala, ce n’est pas bien du tout ! ❞





Je me recroquevillais sur ma chaise, et je me mis à parler tout seul. Parfois, je tournais la tête vers la fenêtre, m’adressais à quelqu’un qui, ma foi, était invisible pour les autres, avant de reprendre mon monologue. Linus vint s’agenouiller à côté de moi, demandant alors aux autres :

❝ ▬  Continuez à faire ce que vous avez à faire ! Ca permettra à Alou’ de ne pas se sentir épier par autrui. ❞



Il posa sa main sur les miennes, qui se frottaient énergiquement l’une contre l’autre. Je sautais sur mes pieds, et voulus sortir de la pièce. Asgeïrd me bloqua le passage. Il me sourit gentiment, alors que mon grand frère m’attrapait fermement par le bassin. Il me fit pivoter pour que je me retrouve face à lui. Je balbutiais quelques mots à son attention, avant de mettre mes doigts devant ma bouche et de secouais énergiquement la tête.

❝ ▬  Calme toi, mon grand, tout va bien se passer ! ❞




❝ ▬  Il y a… Non, je veux dire que… Les voix… Partout, partout… Ce n’est pas bien du tout, du tout… Je sais… Non, il ne faut pas raconter des bêtises… C’est moche de dire des mensonges… ❞

❝ ▬  Mon grand, concentre-toi sur ma voix, et uniquement la mienne. Essaie de faire abstraction des autres… ❞



❝ ▬  Non… Des voix… Beaucoup, beaucoup… Partout, partout… Je… ❞




Linus se mit à me parler doucement, tranquillement. Il me racontait des moments où on avait été heureux, parfois que tous les deux, parfois en famille. Je finis par me calmer. Mes bras s’enroulèrent autour de sa taille, et je vins poser ma tête contre son épaule. L’une de ses mains lâcha mon bassin, et vint caresser ma tête. Il me maintenait néanmoins fermement contre lui.

❝ ▬  Voilà, mon grand, c’est bien. Inspire profondément. Expire lentement. ❞




Au bout de quelques minutes, il me demanda :

❝ ▬  Tu me racontes ce qui ne va pas ? Qu’est ce qui te met dans tous tes états ? ❞




J’éclatais en sanglots.

❝ ▬  Isa, elle va venir nous punir. Peut-être même qu’elle va nous séparer pour toujours ! ❞



❝ ▬  Enfin, mon grand, qu’est ce qui te fait dire ça ? ❞




❝ ▬  Elle a dit qu’elle allait chercher un truc ! Peut-être que c’est quelqu’un d’autre ! Je n’ai pas envie que tu t’en ailles ! Je veux que tu restes avec moi toute la vie ! ❞


❝ ▬  Mais, mon grand, comment es tu arrivé à cette conclusion ? Pourquoi Isa ne pourrait-elle pas venir prendre le thé avec nous juste comme ça ? ❞


❝ ▬  Ce n’est pas vrai ! Quand Isa vient, c’est qu’il y a toujours un truc qui va de travers ! ❞



❝ ▬  Elle te fait si peur que ça, Isa ? ❞





❝ ▬  Oui, un peu ! Surtout quand elle vient avec un truc ! ❞




Isa entra à ce moment-là, un grand grimoire dans les mains. Je courus vers elle et me mis à genoux devant elle, comme pour l’implorer :

❝ ▬  Promis Alouarn, il sera sage. Mais il ne faut pas lui enlever son grand frère. Alouarn fera tout ce que vous voudrez ! Mais pas pitié, il ne faut pas que grand frère il s’en aille. ❞

Isa, surprise, tendit le grimoire à Béralde qui le prit. Elle s’agenouilla face à moi et me dit calmement :

❝ ▬ Enfin, Alouarn, il ne faut pas que ma venue te mette dans tous tes états. Tu n’as rien fait de mal. Je sais que, dernièrement, je venais pour le travail et quand ça n’allait pas, mais quand même. Je ne suis pas qu’annonciatrice de mauvaises nouvelles. Allez, sèches-moi tes larmes de crocodile ! ❞

❝ ▬  Mais grand frère, il reste avec moi, hein ? ❞




❝ ▬  Oui, je ne t’enlève pas Linus. Tu as le droit de le garder que pour toi ! ❞




❝ ▬  Un peu pour Astrid et Joshua aussi ! ❞





Je me relevais, et aida la vieille femme à faire de même. Elle reprit le grimoire, et nous nous assîmes autour de la table. Je restais accroché à mon grand frère : je refusais obstinément de lui lâcher la main. Les conversations se firent nombreuses autour de la table. Je finis par prendre le paquet de céréales : je restais quelque peu perplexe devant ce dernier, avant de prendre les céréales une par une et de les mettre dans mon bol. Linus finit par me dire :

❝ ▬  Tu sais, mon grand, tu peux verser directement les céréales dans ton bol. Ca ira beaucoup plus vite, et tu pourras manger en même temps que nous ! ❞


Je me grattais la tête avant de regarder l’intérieur du paquet, puis mon grand frère. Je vins murmurer à son oreille :

❝ ▬  Oui, mais si ça va trop vite, ça va faire « scroutch » partout, partout. ❞




Puis, sans dire un mot de plus, je continuais ma tâche. Le médecin finit par demander, quelques minutes plus tard :

❝ ▬  Alou’, est ce que tu veux que je te serve ? ❞




❝ ▬  Mais, grand frère, j’en veux juste trois cent vingt quatre ! Sinon, après, ça va faire trop ! Et je n’aurais plus de place dans mon petit ventre pour tout manger, tu comprends ? ❞


Linus attrapa le paquet, et me versa une bonne portion de céréales dans mon bol. Devant mon air horrifié, il me lança, sur un ton amusé :

❝ ▬  Ne t’inquiète pas, mon grand, tu auras assez de place pour tout ça dans ton ventre ! Je me rappelle très bien que le petit déjeuner, c’est ton repas préféré et que, s’il y a beaucoup de nourriture, tu ne diras jamais non. ❞

Il me versa un peu de lait dans mon récipient, attrapa ma tasse et y mit une bonne ration de thé. Je trempais ma cuillère dans les céréales, et me mis à les manger rapidement, ce qui fit rire la tablée. Le médecin finit par dire :

❝ ▬  Mange lentement, Alou’ ! Ton petit déjeuner ne va pas s’en aller. ❞




Je demandais, la bouche pleine :

❝ ▬  Est ce que je pourrais aussi avoir des biscottes de confiture ? ❞




❝ ▬  Finis déjà ce que tu as dans les mains, et on verra après. ❞




❝ ▬  Mais… Mon petit estomac a assez de place pour mettre plein de trucs dedans ! ❞




❝ ▬  Je n’en doute pas, mais ça serait dommage de faire plus que ce que ton ventre peut prendre. Je ne veux pas que tu te rendes malade à cause de la nourriture. ❞


Je me mis à ronchonner.

❝ ▬  Je ne vais pas être malade… Même que je suis un grand garçon maintenant ! ❞




❝ ▬  Aucun rapport, mon grand. Quand tu es inquiet, tu as tendance à manger à t’en rendre malade. Je te connais assez pour le savoir. Allez, arrête de râler, et finis tranquillement ton bol ! ❞

Le petit déjeuner se finit sans autre incident majeur. Je fus tout heureux de pouvoir manger deux grandes biscottes avec de la confiture de fraises, ma préférée ! On finit tranquillement le petit déjeuner, on débarrassa la table, et on fit la vaisselle. On finit par se réunir dans le salon, devant la cheminée : un feu crépitait joyeusement dans l’âtre. Je m’assis aux pieds de Linus, mon dos contre ses jambes, ma place habituelle. A dire vrai, la journée était rythmée par de nombreuses petites habitudes. Cela me permettait, entre autre, de ne pas être perdu dans le flot de ce que proposait la société et les hommes mais, surtout, de ne pas me perdre dans ma propre journée. Ainsi, Asgeïrd prit l’un des deux fauteuils, et Béralde s’assit sur l’accoudoir de ce dernier. Isa prit l’autre. Astrid et Linus s’installèrent sur le canapé, et moi, Joshua dans les bras, par terre. La vieille femme prit la parole :

❝ ▬ Pour ceux qui ne seraient pas au courant, il y a huit ans, avant de mourir, le grand-père d’Alouarn m’a confié ce grimoire. Il m’a juste fait savoir que, le moment venu, il retrouvera sa place auprès de sa famille. Il a toujours été très mystérieux sur beaucoup de sujets, et je n’ai pas réussi à savoir ce que contenait ce livre. J’ai bien essayé de l’ouvrir, mais, au départ, il n’y avait rien à faire. Il restait définitivement clos. Puis, un jour, je les retrouvais ouvert et des inscriptions dans une langue que je ne comprenais pas étaient apparues. De nouvelles données apparurent à chaque fois qu’Alouarn gagnait de l’expérience pour augmenter ses techniques… ❞

Tout en me curant le nez, je demandais :

❝ ▬  Mais, en fait, c’est un livre magique ? ❞





❝ ▬ Je pense. Je ne sais pas comment ton grand-père s’est procuré une telle magie, mais il va de soi que ce livre te revient de droit ! J’ai tardé à te le donner car Linus et moi-même pensions que tu n’étais pas encore prêt à reprendre le flambeau de ton grand-père. Il s’est passé beaucoup de choses ces dernières années, et tu avais d’autres préoccupations. ❞

Astrid se pencha en avant et récupéra Joshua. Linus me demanda :

❝ ▬  Mon grand, où est ton mouchoir ? ❞





❝ ▬  Il est caché quelque part. Mais il a oublié de me dire sa cachette je crois bien ! ❞



Le médecin attrapa un mouchoir en papier sur la table et me le tendit :

❝ ▬  Je t’ai déjà dit que ce n’était pas bien de se curer le nez en public ! ❞




❝ ▬  Mais, j’ai une crotte de nez qui me gène ! ❞




❝ ▬  Et bien, mouche toi ! ❞





Je pris le mouchoir qu’il me tendit et m’essuya les doigts dedans. Je me frottais le nez avec et le fis disparaître dans ma manche. Isa me tendit le grimoire. Je me mis à genoux et l’attrapais pour mieux le voir. Je le tournais dans tous les sens pour mieux voir comment il était fait. Je vins même renifler la couverture pour voir comment il sentait ! Je souris faiblement et dis d’une toute petite voix :

❝ ▬  Ca a l’odeur de l’atelier de grand-père ! ❞




Je posais le livre sur la table et l’ouvrit cérémonieusement. La première page était blanche. Je la tournais. Tiens, la suivante aussi. Je le feuilletais rapidement, et constatais qu’elles étaient toutes vierges. Grand-père était malin, je le savais. Je croisais les bras sur ma poitrine et me mis à réfléchir. Il devait y avoir quelque chose. Je murmurais alors les paroles de la Reine, dans Alice au pays des merveilles :

❝ ▬  Quand j’avais votre âge, je m’y exerçais une demi-heure par jour. Eh bien, il m’est arrivé parfois, avant même l’heure du petit déjeuner, de croire jusqu’à six choses impossibles. ❞


Je regardais le grimoire, puis fit le tour des personnages qui se trouvaient dans la pièce. Si Isa avait réussi à voir des écritures dans ce livre, moi aussi j’y arriverais. Et comme c’était un secret entre grand-père et moi, je pensais sérieusement qu’elle n’avait pas pu le lire à cause de ça. Je fermais les yeux, et me mis à réfléchir fortement à ce que je pourrais réaliser d’impossible aujourd’hui. Je souris et me mis à rigoler tout seul. Linus me demanda :

❝ ▬  Qu’est ce qui se passe, mon grand ? ❞





❝ ▬  Je pense à des choses impossibles… C’est rigolo ! On s’entrainait souvent avec grand-père à savoir qui, de nous deux, croiraient en le plus de choses impossibles avant le déjeuner. Et on faisait des concours à table. C’était très rigolo. Je pense que… Qu’il ne serait pas très fier de moi. J’ai arrêté de m’exercer, et c’est pour ça que le livre est tout blanc. Il va falloir que je remédie à cela. Je… Je vais ranger le grimoire dans une cachette secrète dans mon atelier. Personne y regarde où je le cache ! Il ne manquerait plus que je partage le secret de la magie avec vous ! ❞

❝ ▬  Tu ne voudras pas d’aide pour tes entrainements ? ❞





❝ ▬  Si grand-père me conseille d’avoir quelqu’un pour m’aider, je le ferais… Peut-être ! Mais comme il a toujours émis de bonnes recommandations, je ne vois pas où est le problème. Bon, je reviens. ❞

Je me levais et me dirigeais vers mon atelier. Je passais la porte et me mis à chercher une place dans l’un de mes placards. Je finis par décider de le mettre dans un coffre. Je fis plusieurs fois le tour de moi-même avant de conclure qu’il vaudrait mieux que je le ferme à clé et que je cache ce passe-partout quelque part dans la caravane, dans un lieu que moi seul visiterais. C’était une grosse et vieille clé : à dire vrai, c’était grand-père qui me l’avait donné quand j’étais petit. Il me racontait souvent qu’elle était aussi magique que les roulottes, et qu’il suffisait de devenir son ami pour qu’elle nous ouvre un monde féérique. Elle avait beaucoup voyagé, on avait beaucoup discuté. Je fis ma besogne puis, une fois que je fus sûr que la caisse était fermée à double tour, j’accrochais la clé à l’entrée de l’atelier, et je sortis rejoindre les autres. Ils discutaient tranquillement de tout et de rien, et Astrid était en train de servir le thé. Je m’installais confortablement et pris ma tasse après avoir remercié la jeune femme. J’écoutais d’une oreille distraite ce qui se disait. Je sursautais lorsque je sentis la main de mon grand frère sur mon épaule. Il me lança :

❝ ▬  Mon grand, tu vas te préparer ? On va bientôt partir pour le magasin de magie ! ❞



❝ ▬  Mais, je suis déjà tout habillé ! ❞





❝ ▬  Tu veux y aller en habit d’entrainement ? Tu ne vas pas avoir chaud dedans ? ❞




❝ ▬  Non, mais je suis bien dedans ! Et puis, je ne transpire pas trop avec ! Et puis, vu qu’on va au magasin pour que je m’entraine, c’est pour bien me mettre en condition ! ❞


❝ ▬  Alou’, tu sais que c’est un habit traditionnel et que les gens risquent de te regarder ? ❞




❝ ▬  Est ce que tu m’aimeras moins ? ❞





❝ ▬  Non. Mais… ❞





❝ ▬  Alors, tant pis pour le regard des autres. S’ils ne veulent pas comprendre, ce n’est pas mon problème. Ils ont une pensée souvent toute rikiki ! Et c’est vraiment moche les pensées toutes rikiki ! Moi, je me sens bien dans mes vêtements, est ce que c’est grave ? ❞

❝ ▬  Non, mon grand, ce n’est pas grave ! Je veux juste m’assurer que tu ne prendras pas mal le fait que la population chuchote sur ton passage, parfois se moque de toi. Le monde n’est pas tendre, mais tu le sais mieux que personne ! ❞

❝ ▬  La population doit être vraiment malheureuse pour s’arrêter sur mon accoutrement. Mais, moi, je veux garder mes vêtements quand même… Dis, grand frère, tu n’auras pas honte de moi ? ❞

❝ ▬  Pourquoi aurais-je honte de toi ? Tant que tu es bien dans ta tête et dans ta peau, ça me va amplement. Allez, file chercher tes affaires, on part dans cinq minutes. ❞


❝ ▬  Est ce que je peux mettre mes tatanes ? ❞




❝ ▬  Bien sûr ! Tu n’oublies pas ton sac avec les références de tes jeux de cartes. ❞




❝ ▬  Est ce qu’on pourra aussi passer chez l’horloger ? Je dois faire réparer ma montre. Elle n’arrête pas de retarder ou d’avoir des rater. Je ne sais pas trop ce qu’elle a. Je pense que c’est le mécanisme. Mais je ne suis pas assez fort pour la réparer. J’aimerais bien la garder. C’était celle de grand-père, et c’est elle qui permet de chronométrer mon temps dans le monde d’Hemingway. ❞

❝ ▬  Si tu veux, mais il va falloir qu’on se dépêche si on veut être rentrer pour le repas de midi. Nous devons faire la tournée des différents sites de spectacle qui ont des automates cet après midi pour faire une révision. ❞


SUITE SUR LE PROCHAIN POST



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 MessageSujet: Re: Mieux vaut être que paraitre (PV Isaiah)   Mieux vaut être que paraitre (PV Isaiah) EmptyJeu 16 Juin - 18:37

Alouarn Grimgorson
Alouarn Grimgorson

Indépendant Légal

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Je suis un comédien Et je suis ma destinée !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Isaiah B. Stone
Résumé • Eté 792. Alouarn, poussé par son frère, se rend, en sa compagnie, dans un magasin de magie de Magnoria pour acheter de nouvelles cartes pour l’une de ses techniques. Ils font la rencontre d’un vieux monsieur qu’Alouarn invite aux festivités de la soirée. Maladroit comme il est, il fait tombé des objets sur le sol, alors que la sonnette du magasin retentit pour laisser entrer un nouveau client.



Mieux vaut être que paraitre


SUITE DE LA REPONSE

Je soupirais en pensant au travail qui nous attendait. Je finis par me lever, et courus chercher mes affaires. Nous partîmes finalement une heure plus tard parce que je n’étais pas arrivé à me décider sur quelles boites de cartes vides j’allais prendre. Linus m’avait expliqué longuement que c’était inutile de toutes les prendre puisqu’elles avaient toutes la même référence. Je finis par en prendre cinq pour montrer les différentes devantures que les paquets avaient.

Le trajet fut assez rapide. J’étais heureux de passer cette fin de matinée uniquement avec mon grand frère. Je ne tenais pas vraiment compte des personnages qui se retournaient sur notre passage. Nous étions tous les deux, et heureux. Nous entrâmes dans le magasin de magie juste avant qu’une puissante averse dévaste Magnoria. Je fis la grimace en pensant aux automates : ils n’allaient pas apprécier ce traitement.

Je commençais à flâner dans les rayons sous l’œil attentif de mon grand frère. Je touchais un peu à tout, me demandant souvent à quoi pouvait bien servir les objets que je tenais entre les mains. J’arrivais bientôt devant les paquets de cartes qui m’intéressaient. Je fus surpris de l’apparence des ballotins. Les visages souriants des différents petits personnages avaient laissé place à une devanture uniforme. Je fis la grimace : je n’aimais pas du tout la texture de ces nouveautés. Je m’approchais du vendeur, que je pouvais apercevoir un peu plus loin, devant une tasse de thé, dans l’arrière boutique, et demandais :

❝ ▬ Excusez-moi… Bonjour monsieur. J’aurais besoin d’un renseignement. ❞




C’était un vieux monsieur sans âge. Il me regarda d’un air protecteur avant de me sourire. Il lui manquait plusieurs dents. Il se leva difficilement et se dirigea à pas lents vers le comptoir. J’eus un peu mal au cœur de le faire se déplacer : était ce un âge auquel on travaillait ? A dire vrai, dans la troupe, il n’y avait pas d’âge pour travailler, mais je ne pensais pas que les lois de la troupe s’appliquaient en ville. Il faillit tomber et se rattrapa de justesse à sa canne. Je me précipitais vers lui pour le soutenir et demandais :

❝ ▬  Monsieur, vous allez bien ? Venez par ici vous asseoir. ❞




Il avait l’air quelque peu essoufflé par l’effort. Je le fis asseoir derrière son comptoir et m’accroupis pour que mon visage soit un peu près au niveau du sien. J’affichais un air inquiet. J’interpelais le vieil homme de cette façon :

❝ ▬  Monsieur, vous êtes seul à tenir la boutique ? N’avez-vous pas quelqu’un pour vous aider dans votre tâche ? ❞



Il me répondit joyeusement :

❝ ▬   Mon fils et ma belle-fille sont sortis avec leurs enfants pour profiter des festivités de la journée. Je me suis proposé pour tenir la boutique en leur absence. ❞


❝ ▬  Vous n’auriez pas voulu participer, vous aussi, aux réjouissances ? ❞




❝ ▬ Ce n’est plus de mon âge, jeune homme. ❞




❝ ▬ Je ne pense pas qu’il y ait d’âge pour faire la fête. Ce soir, je passerais vous chercher, et nous irons regarder un spectacle ensemble. ❞


❝ ▬  C’est fort aimable à vous de vous soucier de ma personne, mais je doute que vous passiez un bon moment. ❞



❝ ▬  Si mon grand-père avait vécu un peu plus longtemps, il aurait certainement votre âge. J’aimais bien l’emmener voir des spectacles. Il avait toujours quelque chose à raconter. Souvent, le soir, nous prolongions la veillée autour du feu de camp, et il nous racontait des histoires d’un autre temps. ❞

❝ ▬  Vous n’êtes pas d’ici, je me trompe ? ❞





❝ ▬  Non. Je fais parti de l’une des troupes qui organisent le festival. ❞




❝ ▬  Oh, vous devez connaître beaucoup de choses. J’aurais beaucoup aimé voyager, mais je n’ai jamais pu quitter Magnoria. ❞



❝ ▬  Je vous raconterais alors. ❞





❝ ▬  Qui est l’homme qui vous accompagne ? ❞





❝ ▬ C’est mon grand frère. Il est très gentil, vous savez. Il veille sur moi pour que la société ne me mange pas tout crue. Enfin, je crois que c’est comme ça qu’on dit. ❞


❝ ▬  Peu d’hommes ont une parole. Je suis sûr que vous avez de bonnes intentions, mais la vérité c’est que rien en vous ne m’incite à vous faire confiance. ❞


❝ ▬  Mais… ❞





❝ ▬  Tenons-nous en là, voulez-vous ? Qu’êtes-vous venus chercher ? En quoi puis-je vous aider ? ❞



❝ ▬  Monsieur, c’est fort triste ce que vous venez de nous dire là. Pourquoi est ce que vous pensez que vous n’avez pas le droit de rire, de sourire, de pleurer comme tout le monde ? Pourquoi ne vous accrochez-vous pas à vos rêves ? Moi, je vous emmènerais bien voyager, le temps d’une soirée, à travers le temps et l’espace. Je sais que ce n’est pas facile tous les jours, mais c’est un devoir et une mission de chevalier que de vous aider à accomplir vos songes. ❞

❝ ▬  Vous m’avez l’air bien naïf. Qui se soucie d’un vieux monsieur de nos jours ? Ils passent devant eux comme si les croutons que nous étions devenus n’avaient plus rien à transmettre aux générations futures. ❞

❝ ▬  Laissez-moi réparer cette erreur. Si vous le souhaitez, emmenez votre famille, vos amis, transmettez le message que ce soir, c’est jour de fête ! ❞


❝ ▬  Mes camarades sont trop souffrants ou déjà enterrés six pieds sous terre. Quand à ma famille, elle sera certainement prise ailleurs. ❞


❝ ▬  Mais, c’est triste de passer des festivités tout seul. ❞




❝ ▬  Je ne vous croirais que lorsque vous serez devant moi ce soir ! ❞




❝ ▬  Ca veut dire que vous acceptez mon invitation ? ❞




❝ ▬  Je n’ai pas dit que je consentais à vous suivre. Venez me chercher à dix neuf heures. D’ici là, je me serais renseigné sur vous et vos petits amis festivaliers. Ce que vous trouverez ce soir sera la réponse à votre question. ❞

❝ ▬  Bien, monsieur. Dix neuf heures. Je serais là sans faute. ❞




Je jetais un coup d’œil à mon frère qui nous regardait tendrement. Etrangement, il ne dit rien. Je pensais qu’il m’aurait rabroué du fait que je propose à un inconnu de l’accompagner. Peut-être parce qu’il me voyait heureux de proposer à un grand-père de lui ensoleiller, rien que pour une nuit, sa soirée. Cela me rappelait mon propre grand-père. Je secouais la tête : il ne fallait pas que je parte dans des élucubrations en tout genre. Je reniflais bruyamment et demandais :

❝ ▬  Dites, monsieur, vous n’auriez pas des paquets de cartes pour l’illusion par le son mais avec des petits bonhommes. Attendez, je vais vous montrer. J’ai emmené des modèles. ❞

Je me relevais et, en tentant d’enlever mon sac, je fis tomber des objets qui étaient sur le comptoir. Je devins tout rouge. Je me mis à balbutier :

❝ ▬  Excusez-moi… A… Attendez, je v… vais ramasser. Je suis vraiment maladroit. ❞




Je me précipitais vers les bidules, et commençais à les rassembler en plusieurs petits tas alors que le tintement de la sonnette du magasin se faisait entendre.




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 MessageSujet: Re: Mieux vaut être que paraitre (PV Isaiah)   Mieux vaut être que paraitre (PV Isaiah) EmptyJeu 23 Juin - 2:18

Isaiah B. Stone
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