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Le Moulin rouge (PV Zenn)
 MessageSujet: Le Moulin rouge (PV Zenn)   Jeu 21 Avr - 11:29

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Alouarn Grimgorson

Indépendant Légal

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Je suis un comédien Et je suis ma destinée !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Zenn
Résumé • Eté 792. Il arrive parfois que les fantômes du passé, du présent et du futur se retrouvent dans des lieux qu’ils ont au moins fréquenté une fois dans leur vie. Il se trouve que le Moulin Rouge est l’un de ces lieux où paillettes et cravates se rencontrent à foison. Chaque soir, alors que le bâtiment ferme, les fantômes prennent place sur la grande scène du Moulin rouge. Pour être convié à ces soirées, en tant qu’humain, il suffit d’être recommandé par un fantôme. Ces soirées devinrent rapidement très populaires et, comme beaucoup n’avait pas un sou, le spectacle devint gratuit pour tous. On finit par manquer de placer. Le gérant de l’établissement fait appel à des mages comme vous pour régler cet épineux problème : tout le monde sait que les fantômes, ça n’existe pas. Le gérant promet une récompense de 20 000 jewels pour ceux ou celles qui lui règleront cette affaire.



Le Moulin Rouge


Mes doigts jouaient avec les cordes de mon instrument de musique : je prenais garde à tendre correctement les fils. La confection d’un violon tel que celui-ci m’avait pris plusieurs semaines et j’espérais pouvoir l’utiliser cet après midi durant les festivités qui se dérouleraient dans les rues de Magnoria. La troupe était arrivée il y a quelques jours, et, comme nous étions en avance, nous avions pris le temps de nous installer, avec la bénédiction des autorités de la ville. Je m’étais établi à l’entrée de ma caravane, voulant échapper à la fournaise de mon atelier. Nos roulottes étaient étonnantes car, grâce à un sortilège, elles étaient beaucoup plus grandes à l’intérieur qu’à l’extérieur. Malheureusement, il n’y avait rien à faire concernant la chaleur de cet été. Les vieilles personnes racontaient souvent que des temps pareils annonçaient un hiver très rude. Je grimaçais rien qu’à cette idée : si c’était vraiment le cas, je n’osais imaginer ce que nous allions endurer. Mais, il était encore temps d’y penser. Il ne sera là que d’ici quelques mois. Enfin, je ne réalisais pas bien que nous allions devoir nous y pencher dès la fin du festival.

Mon regard s’assombrit : je n’aimais pas beaucoup l’hiver. C’était toujours une période très difficile, et les nourrissons comme les vieillards ne survivaient généralement pas. On était loin du confort des grandes villes. C’était une saison qui semait mort et destruction derrière elle. Bon, soyons francs, nous n’étions pas non plus à la rue, mais les trajets entre nos différentes destinations étaient particulièrement rudes, et les spectacles ne rapportaient pas assez pour subvenir à tous nos besoins. Cette année, les Anciens avaient demandé aux mages de la troupe de faire différentes missions en prévision de ces temps là. Isa était même heureuse de me voir intégrer une guilde. Eagle’s Claw. Ce nom avait quelque chose de magique. J’espérais pouvoir lui faire honneur. A dire vrai, j’avais encore du mal à me départager entre mes devoirs envers la troupe et ceux pour la guilde. Je n’avais pas vraiment eu le temps de visiter les bâtiments de cette dernière, et il me tardait d’avoir du temps libre pour me rendre dans les montagnes du Jura et de faire connaissance avec tous les membres. Je ne voulais pas être aux abonnés absents. Ca serait trop bête. Je rêvais de rencontrer Misto. Misto, c’était la princesse des princesses. C’était aussi le chef. Et, à dire vrai, les objectifs de la guilde n’étaient pas particulièrement clairs pour moi, et j’avais hâte de pouvoir lui demander de plus amples explications.

Un mouvement sur ma gauche. Je levais la tête de mon œuvre et la tournais vers cette agitation. Joshua, mon neveu, grommela quelques mots, avant de se mettre sur le côté et de continuais à dormir. Grand frère et sa femme me l’avaient confié le temps qu’ils aillent discuter avec les Anciens de je ne sais quel sujet. Cela devait bien faire une heure qu’ils étaient partis, peut-être un peu plus, et leur absence commençait à m’inquiéter. Je n’aimais pas être tout seul trop longtemps. Bien sur, il y avait le petit bout de choux et les autres membres de la troupe qui n’étaient pas très loin mais, ce n’était pas vraiment pareil. J’étais rassuré à l’idée que, lorsque je rentrais le soir chez moi, ma famille m’attendait tranquillement. C’était un peu compliqué entre Linus et moi depuis qu’il s’était marié avec Astrid et qu’ils avaient eu un fils. J’étais plutôt du genre fusionnel avec lui, et j’avais du mal à faire de la place à deux nouvelles personnes dans ma vie.

Linus. C’était le médecin de la troupe, mais surtout le mien. Il avait été nommé il y a une petite dizaine d’années, lorsque grand-père était mort en fait. Son objectif ? S’occuper de moi pour que je puisse m’intégrer au mieux à la société. C’est vrai que ce n’était pas facile tous les jours. Etant schizophrène et légèrement paranoïaque, j’avais besoin d’un soutien extérieur. Enfin, ne parlons pas de choses qui fâchent. Moi, je me voyais comme un gars normal… Non, pas vraiment… Enfin si, c’était les autres qui faisaient des montagnes pour des choses simples de la vie. Enfin, je crois. Bon, je l’avoue : sans mon grand frère, je ne serais plus qu’une loque ambulante. Je n’imaginais pas ma vie sans lui. Il était toujours là pour me rappeler à l’ordre, et seuls les dieux savaient ô combien j’en avais besoin. J’avais du mal à me concentrer sur beaucoup de choses du quotidien, mais j’étais un expert lorsqu’il s’agissait de faire des automates ou des spectacles. Je vivais dans un monde à part, une terre où j’étais un chapelier fou.

Aie. J’enlevais précipitamment ma main. Une des cordes du violon venait de lâcher et avait, au passage, fouetté mes doigts. Une longue trainée de sang vint colorer ces derniers. Je restais, perplexe, face à mon instrument. Le liquide rouge se mit à couler le long de mon bras, laissant des marques sur ma chemise blanche. Je ne savais pas vraiment comment réagir. Et si ça continuait à dégouliner, ma boite à musique sera toute sale. Les larmes me montèrent aux yeux. Je ne voulais pas que mon travail il soit tout gâché. Joshua se réveilla. Il bailla un grand coup avant de se mettre à regarder de tous les côtés. Lorsqu’il me vit, il se mit à battre des mains, et à gazouiller. Et si je salissais les vêtements du petit bout de choux, est ce que je me ferais gronder ? Grand frère m’aimera-t-il encore ? Il fallait que je reste absolument connecté à la réalité. Et si j’appelais au secours, serais-je toujours un chevalier ? Homère, accompagné de l’un de ses enfants, passa près de moi au moment où Joshua se mettait à pleurer. Je commençais à paniquer, ne sachant pas du tout comment réagir. Ma respiration s’accéléra et je me mis à tanguer d’un pied sur l’autre. Comme je restais planté droit comme un i devant mon violon, il revint sur ses pas et me dit gentiment :

❝ ▬ Alouarn, Joshua est en train de pleurer. Ca serait bien que tu le consoles en le prenant dans tes bras. ❞



Je me grattais la tête puis le visage avec ma main blessée, laissant au passage de belles trainées de sang. Homère réagit tout de suite. Il prit Joshua dans ses bras, et me demanda calmement :

❝ ▬ Alou’, où est Linus ? ❞





J’ouvris plusieurs fois la bouche, mais aucun son n’en sortit. Le petit bout de choux que mon ami tenait dans ses bras tendit les siens vers moi. Je finis par accepter de le prendre, alors que les larmes coulaient sur mes joues. Homère n’était pas très rassuré de me laisser Joshua. Il interpela son fils :

❝ ▬ Va voir si Linus est dans la caravane, s’il te plait ! ❞




Je m’assis à même le sol et berçais le petit en lui murmurant une chanson que grand-père me chantait quand j’étais petit pour que je m’endorme. Il semblait être heureux, et il finit par se calmer. Je levais les yeux vers Homère, et bredouillais :

❝ ▬ Linus, il n’est pas là. Pouf, il est partit. Avec Astrid, il est. Alouarn pense qu’ils sont partis par là… Ou peut-être par ici. Alouarn ne sait plus. Maintenant, Alouarn voudrait que son grand frère rentre à la maison. Alouarn ne veut pas être tout seul avec Joshua. ❞

Asgeïrd et Béralde arrivèrent. Je ne savais pas qu’ils étaient là. Quand est ce qu’ils étaient arrivés ? Homère leur expliqua rapidement la situation.

❝ ▬ Linus et Astrid ne devraient pas tarder mais, par mesure de sécurité, peux-tu aller les chercher, s’il te plait ? Béralde et moi allons essayer de calmer le jeu. Je ne sais pas dans quel monde Alou’ est parti, mais il ne faudrait pas qu’il blesse Joshua dans ses délires. ❞

Asgeïrd s’approcha doucement de moi, et, après s’être assis à mes côtés, il sollicita mon attention :

❝ ▬  Bonjour, Alou’… ❞





❝ ▬ Non, mais faut pas embêter Alouarn et Joshua. Ils attendent grand frère. Linus, il a dit qu’on devait être très sage. Oh non, non, non, on va être puni. ❞


Je serrais un peu plus fort le petit bout de chou contre moi.

❝ ▬ Calme-toi. Tu me donnes Joshua ? ❞





❝ ▬ NON ! Alouarn donnera Joshua uniquement à son grand frère. Parce qu’Alouarn, c’est un chevalier. Et Alouarn sera un chevalier jusqu’au bout. ❞


❝ ▬ Un chevalier peut aussi déléguer, tu ne crois pas ? ❞




❝ ▬ Alouarn n’est pas un chevalier de pacotille. NON ! Faut pas toucher Joshua. Si tu le touches, Alouarn va être obligé de te mordre. Alouarn est peut-être blessé à la main, mais Alouarn sait encore se servir de ses dents. Tu veux que Alouarn te montre ? ❞

❝ ▬  Non, merci. Tu m’expliques comment tu t’es blessé ? ❞




❝ ▬ C’est la corde du violon. Elle a fait paf sur la main d’Alouarn. Et les vêtements sont tous tâchés maintenant. Ce n’est pas bien, pas bien du tout. Va falloir tout frotter pour essayer de récupérer. Alouarn a peur d’Astrid. Elle va être fâchée. Alouarn n’aime pas quand elle est en colère. Alouarn pense que c’est une sorcière quand elle est fâchée. ❞

❝ ▬ Calme-toi. Ce n’est pas grave. On lui expliquera tous les deux ce qui est arrivé. ❞




Ma respiration commençait à se faire plus rapide. Mes larmes se firent plus abondantes. Je ne voulais pas être puni. Je n’avais pas fait exprès. Astrid, elle n’était pas contente même quand ce n’était pas fait exprès. Et grand frère, est ce qu’il m’aimera encore ? La voix de Linus se fit alors entendre :

❝ ▬  Qu’est ce qui se passe ici ? ❞





Je sursautais. Je me levais précipitamment et courus vers lui. Il fut surpris de voir une trainée de sang sur mon visage. Il y en avait aussi sur les vêtements de Joshua. Astrid ne put s’empêcher de retenir un cri de terreur et s’empressa de vouloir récupérer le petit. Je fis un bon en arrière.

❝ ▬ Personne y touche Joshua, sinon, Alouarn le mord. Alouarn le donnera qu’à son grand frère. ❞



Linus éleva tout de suite la voix pour calmer les esprits qui étaient en train de s’agiter autour de moi. Il savait que plus il y aurait de tensions, moins je serais enclin à répondre à ses questions et à l’écouter.

❝ ▬  Je vais tous vous demander de reculer de quelques pas. Non, Astrid, tu n’as pas ton mot à dire. Et arrête de diaboliser Alou’, je suis sûr que Joshua n’a rien du tout ! Il ne ferait pas de mal à une mouche, et encore moins à notre fils, et tu le sais bien ! Fais moi plaisir : arrêtes de monter sur tes grands chevaux. Non, je ne veux pas savoir. Prends sur toi. ❞

Il se tourna ensuite vers moi et me demanda :

❝ ▬  On se calme, mon grand, je suis là maintenant. Je peux m’approcher ? ❞




Je fis « oui » avec la tête, alors que je les regardais tous reculer. Ils formaient un cercle autour de moi. Ce n’était pas bon, pas bon du tout. Je murmurais :

❝ ▬ Alouarn, c’est un chevalier. ❞





❝ ▬  Je sais, mon grand. Et qui dois-tu défendre ? ❞




❝ ▬ Joshua. Parce que… Parce que il y a pleins de gros méchants. Là, là, et là. Partout, partout. Ils vont nous attaquer et manger notre cervelle. Alouarn n’a pas du tout d’idées. Il faut qu’Alouarn fasse travailler sa petite tête. Alouarn ne veut pas que Joshua il s’en aille. Alouarn, il était bien avec Joshua, jusqu’à ce que platch ! ❞

❝ ▬  Qu’est ce qui a fait platch ? ❞





❝ ▬ Euh… Euh… Alouarn ne se rappelle plus très bien. Mais ça a fait bobo à Alouarn. Et après, Alouarn a pleuré. Et Joshua aussi. ❞



❝ ▬  Et Joshua est blessé ? ❞





❝ ▬ Non, parce que ça n’a pas fait platch sur Joshua. Que sur Alouarn. ❞




❝ ▬  Tu veux bien me donner Joshua ? ❞





❝ ▬ Pourquoi ? Alouarn peut s’occuper de lui. Parce que grand frère a confié Joshua à Alouarn. Alouarn est un grand garçon. ❞



❝ ▬  Mon grand, je sais que tu t’en occupes très bien, mais maintenant, Joshua doit aller retrouver sa maman. Elle se fait beaucoup de souci pour lui. ❞


❝ ▬ Mais Alouarn aussi se fait beaucoup de souci pour Joshua. ❞




❝ ▬  Tu ne dois pas aller combattre des méchants ? Joshua sera en sécurité avec sa maman. Tu connais la maman de Joshua. Elle est très gentille. ❞


❝ ▬ Non, c’est une sorcière… ❞





❝ ▬  Une sorcière, pourquoi ? ❞





❝ ▬ Parce qu’elle se fâche tout rouge même quand Alouarn n’a pas fait exprès. Oui, oui, oui, Alouarn sait. Il ne veut pas que Joshua soit puni à cause de lui. ❞


❝ ▬  Personne ne sera puni, mon grand. On est tous très inquiet pour Joshua et toi. Ce n’est pas grave : les tâches, ça se nettoie. Astrid et moi, nous savons très bien que tu fais ton devoir de chevalier en protégeant Joshua. ❞

❝ ▬ Mais, grand frère, est ce qu’Alouarn pourra continuer à jouer avec Joshua ? ❞




❝ ▬  Bien sûr. Pourquoi tu ne pourrais pas ? ❞




❝ ▬ Parce que ça a fait platch sur Alouarn. Et maintenant, Alouarn, il a mal. ❞




❝ ▬  On va te soigner, d’accord. ❞





❝ ▬ Est ce que grand frère pourra aussi enlever les voix dans la tête d’Alouarn ? ❞




Je ne vis pas le regard inquiet que s’échangèrent les autres membres de la troupe. Cela faisait longtemps que je ne leur avais pas parlé des « voix ». Inconsciemment, je savais qu’elles seraient toujours là, à me pourrir la vie. Mon corps se mit à trembler légèrement. Cela n’échappa pas à l’œil aguerri du médecin qui, lentement mais surement, me prit par la taille et me dirigea vers Astrid. Il me demanda simplement :

❝ ▬  Peux-tu donner Joshua à sa maman ? ❞





Astrid tendit les bras vers nous. J’eus un mouvement de recul. Je sentis les petites mains de Joshua s’accrocher à mon tee-shirt.

❝ ▬ Joshua et Alouarn n’ont pas très envie d’être séparé. Est ce qu’on peut rester encore un peu ensemble ? ❞



❝ ▬  Mon grand, il faut que je te soigne. Et Astrid doit changer Joshua. Tu le retrouveras tout à l’heure, d’accord ? ❞



❝ ▬ Promis ? ❞





❝ ▬ Oui, c’est promis mon grand. ❞





Je marmonnais quelques mots à l’oreille de Joshua : celui-ci me lâcha et tendit les bras vers sa mère. Elle le récupéra un peu brusquement : je me raidis en sentant cette agressivité. Je ronchonnais :

❝ ▬ Alouarn n’aime pas ça du tout. Alouarn veut juste qu’on s’occupe de Joshua… ❞




Linus jeta un regard noir à sa femme puis, avant que je ne remarque qu’elle vérifiait si, effectivement, il n’était pas blessé, il m’entraina vers la caravane. C’est alors que deux explosions se firent entendre : cela devait certainement être des pétards ou des fusées. Quoi qu’il advienne, je sursautais et me mis à courir dans tous les sens en hurlant. Linus et Asgeïrd finirent par m’attraper et me plaquèrent au sol. Cela ne m’empêcha pas de crier tout ce que je pouvais, gigotant pour me libérer de leurs emprises. Je finis par me calmer, quelques vingt minutes plus tard. Toujours persuadé que l’on me voulait du mal, le médecin finit par me libérer. Mon beau frère restait néanmoins près de nous, au cas où l’idée de partir en vadrouille me prendrait. Assis par terre, j’avais enlevé mes chaussures. Mes chaussettes ornaient mes mains : elles étaient devenues des marionnettes qui discutaient avec mes orteils. Tout ceci se faisait, bien entendu, sous l’œil attentif de ma famille. Astrid était rentré dans la roulotte avec Joshua car ce dernier s’était aussi mis à hurler dés que j’avais commencé à vociférer dans tous les sens. Comme nous n’entendions plus de cris venant de la caravane, tout le monde en déduisit qu’il s’était calmé. Je finis par me lever et vins chercher un peu d’amour auprès de mon grand frère : je chantonnais doucement tout en m’approchant de Linus, Asgeïrd et Béralde. Isa était un peu en retrait, et regardait notre petit groupe. Je n’écoutais pas vraiment ce qui se disait, je voulais juste qu’on fasse taire ces voix… Et qu’on s’occupe un peu de moi. Je murmurais quelque chose en regardant une chevelure rose s’échappait derrière une de nos habitations. J’enlevais mes chaussettes et les jetais dans les airs : je les regardais s’écraser sur le sol.

❝ ▬  Paf… Comme des mouches. Mais des grosses mouches… Ou alors, des vers de terre… Mais, le ver de terre, ça fait plus scratch… ❞


Je tendis ma main blessée à Linus. Le sang avait arrêté de couler et formait maintenant une croute. Je continuais :

❝ ▬  Alouarn… Non… Je… Enfin… Ma main, elle est en train de mourir je crois. ❞




Je pris un air scandalisé avant de reprendre :

❝ ▬  Mais… Mais… Mais mes doigts, ils vont tomber. Pouf… Comme ça ! Et même qu’après ils vont pourrir et… et… ❞



Linus sourit faiblement avant de me dire :

❝ ▬ Ne t’inquiète pas, mon grand. On va aller soigner tout ça. Les blessures ne sont pas très graves. Tu verras, on va mettre du désinfectant et un bandage et tes doigts seront comme neufs. ❞

Je répondis, d’un air inquiet :

❝ ▬  Mais… Mais… Pas du qui pique, hein ? Je n’aime pas le qui pique ! Est-ce que je pourrais avoir du sirop à la fraise ? C’est pour que ça guérisse plus vite ! ❞


❝ ▬   On ne soigne pas des blessures corporelles avec du sirop, mon grand ! ❞




❝ ▬  Et ça pourrait peut-être faire partir les voix dans ma tête ? ❞




❝ ▬ Non plus, j’en ai bien peur ! ❞





❝ ▬  Pfiou, mais je ne peux jamais avoir du sirop à la fraise. Sinon, je ne peux pas juste en avoir comme ça ? ❞



❝ ▬   C’est un médicament, mon grand. On ne donne pas de médicaments quand on n’est pas malade. On ira chercher de la grenadine tout à l’heure si tu veux ! ❞


Mes yeux s’illuminèrent. Je fis quelques pas de danse, avant de me cogner violemment la main contre le battant de la porte d’entrée. Je secouais ma main dans tous les sens, avant de me mettre à râler. Linus se dirigea calmement vers moi et me pris par la taille.

❝ ▬   Allez, viens, on y va ! ❞





❝ ▬  Est ce qu’on peut jouer au docteur ? ❞





❝ ▬   On ne va pas faire que s’amuser, mon grand. Il faut vraiment que je te soigne. ❞




❝ ▬  Mais, est ce qu’on peut aller dans ton cabinet et que je m’allonge sur ton super fauteuil de la mort qui pète ? ❞



❝ ▬ Allez, file, je te rejoins. Mais, pas de bêtises, d’accord ? ❞




❝ ▬  Mais, tu ne viens pas avec moi ? Moi, j’aimerais bien que tu t’occupes que de moi. Les autres, ils sont grands. ❞



❝ ▬ Toi aussi tu es un grand, non ?❞





❝ ▬  Oui… Mais non, pas vraiment… Ce n’est pas ce que je veux dire… ❞




❝ ▬ Qu’est ce que tu veux raconter alors ? ❞





❝ ▬  Et bien, que tu es que à moi et que je ne veux pas te partager. Pourquoi est ce que je serais obligé de partager mon grand frère avec des autres qui sont tout moches ? Je trouve qu’on est très bien que tous les deux. ❞

❝ ▬ Qu’est ce que tu as à te refermer sur toi-même ? ❞




❝ ▬  Ce n’est pas de ma faute… C’est à cause de la feuille que Eagle’s Claw m’a envoyé ! Moi, j’en ai marre que la guilde m’envoie des papiers. Je ne veux pas être tout seul. ❞


❝ ▬ Attends, de quelle lettre parles-tu ? ❞





❝ ▬  De celle qui est… pouf… cachée sous le lit ! ❞




❝ ▬ Pourquoi tu n’en as pas parlé plus tôt ? ❞




❝ ▬  Parce que… Je voulais que tu sois fier de moi. Je voulais être comme tous les autres garçons qui font des missions tout seul sans avoir besoin de personne. ❞


❝ ▬ Mais, mon grand, tu n’es pas comme tout le monde. Pourquoi veux-tu absolument être comme autrui ? ❞



❝ ▬  Parce qu’après, tu pourras aller vivre ta vie avec Astrid et Joshua. Je… Je ne veux plus que tu ais honte de moi. ❞



Il déposa un baiser sur mon front, avant de me dire :

❝ ▬   Je n’ai pas honte de toi. C’est hors de question que je te lâche, même quand ça ira mieux. Tu sais, la famille, c’est très important. Et tu en fais parti. Je ne veux pas que tu t’en ailles de ma vie. ❞

❝ ▬  Des fois, Astrid, elle aimerait bien que je sois un peu plus normal. Ca se trouve, elle ne m’aime pas du tout et que je suis en train de gâcher sa vie. ❞


❝ ▬ Je sais que ce n’est pas facile avec elle, mais je suis sûr qu’elle t’apprécie pour ce que tu es. Tu sais, tout le monde n’est pas parfait. On n’a tous nos vices. Regarde, ce n’est pas parce que je suis alcoolique, que tu ne m’aimes pas. ❞

Je le regardais d’un air horrifié.

❝ ▬  Mais… Mais… Ca serait horrible si tu n’étais pas là. Moi, je m’en fiche que tu ais des soucis avec la bouteille… Je… Je… ❞



❝ ▬ Tu vois, tu n’imagines pas ta vie sans moi. Et bien, c’est pareil pour moi. Je ne veux pas que tu fasses tout pour ressembler aux autres, je veux simplement que tu sois toi. Tu sais, ça serait beaucoup plus simple si tu acceptais ta maladie. ❞

❝ ▬  J’en ai marre que les gens rigolent en me regardant passer. Et puis, après, la troupe, elle perd en crédibilité… Et… Et… ❞



Isa, qui s’était approchée, intervint :

❝ ▬ Alouarn, ce n’est pas parce que tu es différent que tu n’es pas un membre à part entière de la troupe. Il faut que tu comprennes que ce sont nos oppositions qui font notre force. Et je vois mal notre compagnie se passer de tes services. Tu es un membre très actif, et il est hors de question que l’on te mette de côté. Linus a raison, il faut que tu apprennes à vivre avec tes maladies. Elles sont, certes, importantes et encombrantes, mais ce n’est pas ce qui doit t’empêcher d’avancer. Tu sais, quand tu es toi, tu aides beaucoup plus de monde que tu ne le crois. N’essaies pas de ressembler à autrui. Sois unique, et fais ce que tu as toujours su faire : apporter de la joie et de la bonne humeur à ton auditoire. Le monde n’est il pas une grande pièce de théâtre ? ❞

Je ronchonnais :

❝ ▬  Oui, mais elle est un peu triste la comédie, là ! Avec tout ce qui c’est passé dernièrement, je ne sais pas comment vont réagir les gens. ❞


❝ ▬  Tu sais, dans ces heures sombres, les hommes ont besoin de rigoler. Le spectacle leur permet de penser à autre chose… Les festivals sont là pour éviter que les hommes sombrent dans la folie. ❞

❝ ▬  Mais, ne suis-je pas fou ? ❞





❝ ▬  Peut-être est ce le monde qui est régit par des critères dits de normalité. Personne ne saura vraiment ce qu’est la véritable réalité. Nous en avons tous une perception différente. Accroche-toi à la tienne, car elle fait, sans l’ombre d’un doute, rêver plus d’une personne dans le royaume. ❞

❝ ▬  Dis, grand frère, est ce que je pourrais emmener mon doudou pour faire de la musique dans la rue ? ❞



❝ ▬ Tu es sûr de vouloir nous accompagner ? ❞




❝ ▬  Bah, oui, pourquoi ? Je ne veux pas rester à tourner en rond dans la maison alors que vous serez en train de vous amuser comme des petits fous. Et puis, voyons le bon côté des choses : je serais occupé à faire danser et rire les habitants de la ville. Et… J’en profiterais pour effectuer ma mission ! ❞

Je gigotais un peu pour me libérer de l’étreinte de Linus, et je rentrais dans la maison. Je ne fis pas attention à la mine renfrognée de mon frère lorsque je fis mention de la mission. A dire vrai, je n’avais aucune idée de comment m’y prendre. L’idée de la faire seul ne m’emballer pas plus que ça. Je montais à l’étage et m’installais sur le fauteuil du patient. Le médecin entra, suivi d’Asgeïrd et d’Isa. Je demandais :

❝ ▬  Mais, y’a besoin de tout ça pour me soigner ? ❞




❝ ▬  Non, mon grand, mais il faut qu’on discute tous les quatre de plusieurs choses. Tu es d’accord qu’ils restent avec nous ? ❞



Je l’interrogeais, inquiet :

❝ ▬   Que toi qui me guéris, hein ? ❞





Il me sourit, avant de répondre :

❝ ▬ Ne t’inquiète pas ! Il n’y a que moi qui te touche. Les autres sont juste là pour discuter. ❞



❝ ▬   Ah, tant mieux ! Parce que je n’ai pas envie, même m’effleurer, je veux que ça soit que toi. Mais, pourquoi on doit bavarder ? On ne peut pas faire ça plus tard, parce que j’ai bien envie d’être que avec toi ! ❞

❝ ▬ Tu voulais me parler de quelque chose en particulier ? ❞




❝ ▬ Euh… Non, non, pas tout de suite. Une autre fois… Peut-être ! ❞




Linus se mit à fouiller dans les différentes armoires et sortit le nécessaire pour soigner ma main blessée. Asgeïrd et Isa s’assirent sur des fauteuils qu’ils avaient mis de façon à nous faire face. La vieille femme prit la parole :

❝ ▬ Comme tu dois le savoir, Astrid et Linus sont venus discuter avec les Anciens. Asgeïrd  et Béralde étaient là aussi. ❞



❝ ▬ Pourquoi je n’étais pas invité moi aussi ? ❞




❝ ▬  Parce que tu étais notre principal sujet de conversation et que ce que nous avions à nous dire ne pouvait pas être fait devant toi. Ne fais pas cette tête-là, Alou’. Il faut que tu comprennes que l’on doit trouver un équilibre dans ta famille, et que s’occuper de toi demande beaucoup de temps et d’efforts. Ce n’est pas un reproche : c’est une réalité à laquelle nous devons faire face. De ce fait, il a été décidé qu’Asgeïrd et Béralde rejoindraient notre troupe durant le festival et pour une durée indéterminée. Ils auront la tâche difficile d’apprendre à quelques uns d’entre nous à se défendre face à des brigands. Ils nous enseigneront aussi quelques tactiques. ❞

❝ ▬ En fait, ils sont là pour qu’on devienne des chevaliers ? ❞




❝ ▬  En quelque sorte. Mais ils ne seront pas là que pour ça. Ils prennent aussi place dans ta famille. Au même titre que Linus et Astrid, ils s’occuperont de toi. ❞


❝ ▬ Mais pourquoi tout le monde y veut s’occuper de moi ? Je suis un grand, moi. ❞




❝ ▬  Cela ne veut pas dire pour autant que tu n’as pas besoin d’aide. Regarde dans quel état tu t’es mis tout à l’heure. Tu as besoin d’eux autant qu’eux ont besoin de toi. Je te demande de faire une petite place pour eux dans ton cœur. Bien que Linus reste ton référent principal, il se peut que tu sois amener à écouter Asgeïrd et Béralde. ❞

❝ ▬ Mais, pourquoi ce n’est pas que grand frère que j’écoute ? ❞




❝ ▬ Parce qu’il ne sera pas tout le temps là. ❞




Je me bouchais les oreilles, horrifié. Je me mis à hurler :

❝ ▬ Arrêtez de dire que grand frère il va s’en aller. ❞




❝ ▬ Alouarn, tu te calmes. Bien sûr que Linus sera tout le temps là pour toi. Mais, comme je compte l’envoyer faire une ou deux missions pour la troupe, il faudra bien que quelqu’un s’occupe de toi à la maison. ❞

❝ ▬ Et bah, je veux que ça soit Joshua qui s’occupe de moi. ❞




❝ ▬ Il est encore trop petit. Tu sais bien que ta demande n’a aucun sens. ❞




❝ ▬ Ce n’est même pas vrai. Il s’occupe mieux de moi que beaucoup de grandes personnes. Il est gentil et très pédagogue. ❞



❝ ▬  Tu n’as pas tort sur ce point. Mais, tu comprendras qu’on ne peut pas te laisser seul avec lui en ce moment. Tu es trop instable. ❞


❝ ▬ Ca veut dire que je ne pourrais plus jouer avec lui ? ❞




❝ ▬ Bien sûr que si, mais toujours avec un autre adulte. ❞




❝ ▬ Pfiou, j’en ai marre qu’on me prenne pour un petit. Moi je veux être considéré comme un grand. Pourquoi je ne peux pas être comme vous ? ❞


❝ ▬ Alouarn, on en a déjà parlé. Tu es quelqu’un de spécial. Et nous sommes obligés de te traiter en tant que tel. Cela ne veut pas dire pour autant qu’on ne te confiera aucune tâche. Tu sais très bien comment nous fonctionnons. Je sais, tu vas me dire que c’est des petites choses, mais elles sont très importantes pour la bonne organisation de la troupe. Tu es un élément aussi considérable que les autres. ❞

❝ ▬ Mais moi je voulais faire du spectacle comme quand il y avait Eric. ❞




❝ ▬ C’est vrai que tu n’as pas joué dans l’une de nos productions depuis longtemps. Nous avons trop besoin de toi pour les automates. J’ai néanmoins entendu ta demande. J’en discuterais avec les Anciens. D’ici là, promets moi d’être sage ? ❞

❝ ▬ Est-ce que c’est du qui pique ? ❞





❝ ▬ Non, mon grand. Ca ne fera pas mal. Réponds à la question d’Isa, s’il te plait. ❞




❝ ▬ Je serais sage que si on est gentil avec moi et qu’on ne me traite pas comme un bébé. ❞



❝ ▬ Est ce que quelqu’un n’a pas été aimable avec toi ? ❞




❝ ▬ Ce n’est pas ce que je voulais dire. Je me suis trompé de mots. ❞




❝ ▬ Que voulais-tu dire alors ? ❞





❝ ▬ Moi, je n’aime pas qu’on se fâche alors que je suis sage. ❞




❝ ▬ Si on se met en colère, c’est pour une bonne raison, mon grand. ❞




❝ ▬ Non, pas toujours. Dés fois, c’est parce qu’on a peur de ce qu’on ne comprend pas. Moi, j’ai peur de me faire encore plus disputer si Asgeïrd et Béralde viennent à la maison. Ils vont forcément prendre le parti d’Astrid qui ne comprend pas ma maladie. Et après, ça va créer des tensions. Je n’aime pas quand c’est tout électrique. Je sais qu’elle fait des efforts. Mais, c’est comme si on n’arrivait pas à se comprendre. ❞

❝ ▬ Peut-être qu’une discussion ce soir, au coin du feu, pour mettre tout ça à plat permettrait de calmer le jeu. Qu’est ce que vous en pensez ? ❞


❝ ▬ Je pourrais aussi dire ce que je pense ? ❞




❝ ▬  C’est le but de cette conversation, mon grand. ❞




Asgeïrd se leva et vint s’agenouiller près du fauteuil où j’étais installé. J’eus un mouvement de recul. Il tendit sa main et attendit que je la prenne dans la mienne. Mes épaules se décontractèrent lorsque je compris que je n’avais rien à craindre. Il prit alors la parole :

❝ ▬  Tu sais, Alou’, je ne demande qu’à vous aider, ton grand frère et toi. Je sais que toi et moi, nous ne sommes pas aussi proches que Linus et moi, mais je ferais tout ce qui est possible pour t’aider. Je ne dis pas que ça sera facile mais, es-tu d’accord pour que nous tentions l’aventure ? ❞

❝ ▬ Est-ce que tu sais chasser les monstres de la nuit qui habitent sous mon lit ? ❞




Il resta quelque peu perplexe face à ma question. Linus, après lui avoir fait un clin d’œil, répondit à sa place :

❝ ▬   Il est même très fort pour ça ! C’est lui qui m’a appris à les renvoyer dans leur monde ! ❞



Mes yeux s’illuminèrent. Je repris, le plus sérieux du monde :

❝ ▬ Tant mieux. Parce qu’il va falloir faire une expédition pour faire la poussière, et je crois qu’il y en a un gros qui se cache dans l’ombre. Même qu’il pousse des petits grognements quand je veux éteindre la lumière. Il faudrait que grand frère et toi alliez lui dire de me laisser tranquille. Ou alors, je demanderais à Béralde qu’il aille le faire frire à la poêle… Je ne sais pas si c’est bon à manger ! ❞

Les adultes sourirent alors que je partais dans de grandes explications. Le premier lien entre Asgeïrd et moi était établi. Nous discutâmes légèrement jusqu’à ce que Linus ait fini de faire mes bandages. Je lui fis un petit bisou, sautais du fauteuil, fis trois petits pas de danse, et lançais :

❝ ▬ C’est quoi le programme de cet après midi ? J’aurais le droit de faire du spectacle moi aussi ? ❞



Isa répliqua :

❝ ▬ J’étais justement venu vous donner votre ordre de mission. Réunissons nous au salon. ❞



Linus ajouta :

❝ ▬   Puis, comme nous serons tous réunis, tu pourras nous parler de la missive que t’a envoyé ta guilde. ❞



❝ ▬ Oui, mais c’est moi qui fais la besogne que Misto m’a confié ! Je trouverais bien un autre mage pour la faire ! ❞



❝ ▬ Tu ne veux pas que nous t’accompagnons ? ❞




❝ ▬ Nous avons tous des tâches à accomplir. Et celle-ci me concerne. Je ne peux pas me permettre d’utiliser des membres de la troupe pour effectuer une mission qui ne la concerne pas. Je trouverais bien une solution. Il y en a toujours. De toute façon, je sais que je ne l’effectuerais pas seul… Même si je pense sincèrement qu’elle ne soit pas dangereuse. ❞

❝ ▬ Tu nous en diras plus dans quelques instants. Allons-y. ❞




Nous descendîmes au rez-de-chaussée. Béralde, Astrid, Homère et Joshua étaient tranquillement installés au salon et discuter de tout et de rien. Je me précipitais vers le parc du petit. Sa mère fit la grimace, singerie qui disparut bien vite lorsque mon grand frère vint poser ses mains sur ses épaules. Il lui murmura à l’oreille :

❝ ▬ Laisse-les donc s’amuser. Ils ne craignent rien tous les deux. ❞




Je m’assis dans la salle de jeux avec Joshua : ce dernier me sourit avant de s’avancer à quatre pattes vers moi, et de s’asseoir à mes côtés. Il me tendit une petite vache. Et nous commençâmes à nous amuser. Parfois, la discussion des adultes était interrompue par nos cris de joie et nos rires. Le médecin finit par venir me chercher :

❝ ▬ Tu viens, mon grand, la réunion commence. ❞




❝ ▬ Et Joshua, on le laisse tout seul ? ❞





Comme s’il avait compris que quelque chose d’important aller se passer, il vint se blottir contre moi. Je le pris dans mes bras, et sortis du « parc » pour petit bout d’homme. Isa avait pris l’un des deux grand fauteuil ; Asgeïrd avait pris l’autre, Béralde était assis sur l’accoudoir ; Linus s’était assis entre Astrid et Homère et avait passé le bras autour des épaules de sa femme ; je m’assis aux pieds de mon grand frère, le dos contre ses jambes, Joshua sur mes genoux. Ce dernier jouait avec les ficelles qui nouaient le haut de ma chemise. Isa prit la parole :


SUITE SUR LE PROCHAIN MESSAGE



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 MessageSujet: Re: Le Moulin rouge (PV Zenn)   Jeu 21 Avr - 11:48

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Alouarn Grimgorson

Indépendant Légal

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Je suis un comédien Et je suis ma destinée !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Zenn
Résumé • Eté 792. Il arrive parfois que les fantômes du passé, du présent et du futur se retrouvent dans des lieux qu’ils ont au moins fréquenté une fois dans leur vie. Il se trouve que le Moulin Rouge est l’un de ces lieux où paillettes et cravates se rencontrent à foison. Chaque soir, alors que le bâtiment ferme, les fantômes prennent place sur la grande scène du Moulin rouge. Pour être convié à ces soirées, en tant qu’humain, il suffit d’être recommandé par un fantôme. Ces soirées devinrent rapidement très populaires et, comme beaucoup n’avait pas un sou, le spectacle devint gratuit pour tous. On finit par manquer de placer. Le gérant de l’établissement fait appel à des mages comme vous pour régler cet épineux problème : tout le monde sait que les fantômes, ça n’existe pas. Le gérant promet une récompense de 20 000 jewels pour ceux ou celles qui lui règleront cette affaire.



Le Moulin Rouge


SUITE DE LA REPONSE

❝ ▬ Nous avons eu des autorisations nous permettant de jouer dans différents lieux de la ville. Certains endroits ne méritent aucune préparation particulière alors que d’autres auront toute notre attention. L’une des grandes places de Magnoria accueillera l’un de nos spectacles. Comme il y a beaucoup de monde qui y passe, nous devons accorder une importance toute particulière à cet emplacement. Il faudra, entre autre, monter une scène assez imposante, des automates et tout le décor qui va avec. Les premières représentations auront lieux dans les jours à venir. Vous avez deux jours pour venir à bout de ce chantier. Je ne vous cache pas que vous risquez d’y passer un sacré bon bout de temps pour que la place soit prête à temps. ❞

❝ ▬ Pourquoi ne pas avoir commencé avant ? ❞




❝ ▬ Nous n’avions pas encore la bénédiction des autorités. Si vous rencontrez un quelconque problème, notre contact au sein de la milice est un certain Aelig Nedelec. N’hésitez pas à le solliciter, il est stationné à la caserne principale. ❞

❝ ▬ Quel est le thème de ce lieu ? ❞





❝ ▬ Les légendes bretonnes et celtiques. Nous allons, entre autre, jouer Rebelle, et d’autres petits spectacles qui ne seront pas aussi importants que cette pièce. Néanmoins, les comédies secondaires seront autour du roi de Bretagne, Arthur Pendragon. ❞

❝ ▬ Ce n’est pas vraiment les mêmes décors. ❞




❝ ▬ Et pourtant, il y a bien une unité entre ces représentations. Je ne vous donne pas plus de directives pour que vous laissiez libre court à votre imagination. Je vous fais entièrement confiance. ❞

❝ ▬ Mais, ça veut dire qu’on ne fera pas de spectacles tout de suite ? ❞




❝ ▬ Il faut bien qu’on se prépare, mon grand. Les divertissements marqueront durablement l’esprit de la population si nous prenons le temps de les confectionner avec attention. ❞

❝ ▬ En plus, Rebelle, c’est un nouveau numéro. Personnellement, je n’ai pas les costumes adéquats pour les personnages. Je n’ai pas eu le temps de les faire. En revanche, j’ai les automates de la pièce, comme tu me l’avais demandé. Nous avons même les personnages principaux. ❞

❝ ▬ Ne t’inquiète pas pour ça, Homère les a confectionné avec ses enfants. Il faudra que vous preniez du temps pour les ajuster aux marionnettes. ❞


❝ ▬ J’espère que nous n'aurons pas du mauvais temps. Cela serait dommage pour le matériel. ❞



❝ ▬ Je dois admettre que les derniers automates ne sont encore jamais sortis de l’atelier. J’ai peur qu’ils prennent les nuages, la pluie et le vent en grippe : ils ne sont pas encore bien huilés face aux intempéries et au grand air. Qui surveillera les lieux de représentation ? ❞

❝ ▬ La milice est en sous-effectif en ce moment. J’ai bien peur que nous ayons à assurer la défense de notre matériel. Mais, ne nous leurrons pas : qui voudrait voler d’aussi lourds matériaux ? ❞

❝ ▬ Je n’ai pas vraiment d’idées pour la scène et les automates, en revanche, les costumes sont de très bonnes qualités. Et les hommes des villes sont un peu étranges. N’oublions pas que certains vêtements pourraient se revendre un bon prix sur le marché noir. Je me vois mal monter et démonter les accoutrements des marionnettes tous les jours. Les robes ne sont pas légères, et les perruques sont trop fragiles pour qu’on se permette de les déplacer à chaque fin de représentation. ❞

❝ ▬ Nous organiserons des tours de garde. Quoi qu’il arrive, vous êtes, pour le moment, responsables du matériel de cette place. Vous vous organisez comme vous le souhaitez. Je laisse aussi à votre soin la publicité concernant ce lieu. ❞

❝ ▬ Ca fait beaucoup de choses à faire en très peu de temps. ❞




❝ ▬ Les affiches sont presque terminées. Se sont les plus jeunes qui s’en sont occupés et, croyez-moi sur parole, ils se sont surpassés cette année. ❞


❝ ▬ Nous partirons en début d’après midi avec le matériel. Nous chargerons le matériel dans l’une des vieilles roulottes vides. ❞


❝ ▬ Ah bon, il nous en reste ? Je croyais qu’elles avaient toutes brûlées dans un incendie il y a cinq ans. ❞



❝ ▬ Il se trouve qu’Asgeïrd et moi en possédons une chacun. Comme nous sommes maintenant rattachés à cette troupe, il est normal que nous mettions notre matériel à disposition de cette dernière. Elles sont moins grande que nos habitations, mais sont tout de même assez conséquentes pour contenir le plus gros de l’équipement. ❞

❝ ▬ Alouarn, je compte sur toi pour apprendre à Asgeïrd et Béralde le maniement des automates. Je sais que je te prends un peu de court, mais il faut qu’ils comprennent le plus rapidement possible comment les spectacles fonctionnent ici. Ne me regarde pas avec ces yeux de merlan fris. Tu sais très bien que les spécialités changent d’une compagnie à l’autre. ❞

❝ ▬ Ils ne commenceront pas par les plus faciles. Et si nous devons rentabiliser notre temps, ce n’est pas là où on aura besoin d’eux. ❞


❝ ▬ Je comprends ton point de vue, mais nous devons rentabiliser la perte de temps par cet apprentissage : imagine que nous ayons besoin d’automates et que tu sois déjà sur un site, nous ne pourrions pas avancé sous prétexte que tu fais déjà quelque chose. ❞

❝ ▬ Mais, je ne suis pas le seul à faire des automates, dans la troupe. ❞




❝ ▬ Non, mais tu es l’un des meilleurs, et c’est à toi que je les confie. ❞




❝ ▬ Je ne sais pas comment on fait le professeur. ❞




❝ ▬ Ne t’inquiètes pas, mon grand, tu sauras très bien te débrouiller. Tu leur apprendras comme tu as fait avec moi, d’accord ? ❞



❝ ▬ Maintenant que nous avons fait le point sur votre programme de la journée, pouvons-nous nous pencher sur la missive qu’Alouarn a reçu d’Eagle’s Claw ? ❞


❝ ▬ Moi, je n’aime pas être le centre d’intérêt. On ne peut pas parler d’autre chose ? ❞



❝ ▬ J’ai bien peur que non. Je soupçonne cette requête d’être l’un des facteurs de ta crise de tout à l’heure. Tu veux bien aller nous la chercher ? ❞


Béralde se leva et souleva un gros livre : dessous, une feuille. Les nombreuses pliures qu’elle avait à sa surface montraient qu’on l’avait chiffonné. L’emblème de la guilde trônait en haut de la lettre.

❝ ▬ Je suis allé la chercher pendant que vous étiez en train de discuter en haut. ❞




Je me mis à ronchonner :

❝ ▬ Eh, c’était dans MA chambre ! Personne n’y rentre sans mon invitation. ❞




❝ ▬  Ne m’en veux pas, Alou’, mais comme cela semblait t’inquiéter plus qu’outre mesure, j’ai pris les devants. Tu nous en parles ? ❞


❝ ▬ C’est une mission. ❞





❝ ▬ Mais encore ? Ce n’est pas assez pour qu’on comprenne de quoi il en retourne, mon grand. Elle raconte quoi, cette requête ? ❞



❝ ▬ En fait, c’est au Moulin Rouge que l’enquête aura lieu. ❞




❝ ▬ Enquête ? Quelle enquête ? Nous ne sommes pas dans ta tête. Il faut que nous ayons plus de détails. ❞



❝ ▬ Et bien, le gérant du Moulin Rouge prétend que, lorsque l’établissement est fermé, des personnes se faisant passer pour des fantômes font un spectacle pour les plus pauvres d’entre nous. Selon ses dires, on ne peut y entrer que si nous sommes invités par un fantôme en personne. Enfin, il ne croit pas que les esprits existent, et il veut que cela cesse. Je n’ai pas vraiment compris pourquoi. En tout cas, il y a une récompense de vingt mille jewels à la clé. ❞

❝ ▬  C’est une sacré somme que voilà. Et, qu’est ce qui t’inquiète là dedans ? ❞




❝ ▬ Mais, s’il y avait vraiment des fantômes et qu’ils viennent me hanter parce que j’ai arrêté leur spectacle ? Enfin, je ne pense pas qu’ils existent mais, on ne sait jamais, hein. Non, ce n’est pas ce que je voulais dire. Certains mages utilisent les esprits mais, même si je pense qu’ils sont là pour une bonne raison, je doute que le lieu soit hanté. Ca me paraît bizarre que des fantômes se baladent en plein jour pour inviter des passants au Moulin Rouge. Non, je pense que tout cela fait parti du spectacle que certains citoyens ont envie de donner. C’est un moyen comme un autre de se battre contre la désolation qui s’est abattue sur le royaume. Néanmoins, je pense que le gérant n’en a que faire de mes états d’âme. De toute façon, ça ne sert à rien que je me torture l’esprit tant que je ne suis pas allé sur les lieux de l’enquête. ❞

❝ ▬  Pourquoi veux-tu la faire avec quelqu’un ? Ca à l’air plutôt facile comme mission. ❞



❝ ▬ Tu sais, Béralde, on doit toujours se méfier de l’eau qui dort. Ici, c’est pareil. Et puis, le gérant ne me paraît pas net. J’ai l’impression qu’il cache quelque chose, mais je ne sais pas quoi. L’attaquer de front serait une erreur. Qu’on se le dise, dans une mission, il faut toujours quelqu’un pour assurer tes arrières, par sécurité. Quand on est deux, on peut veiller l’un sur l’autre. Et c’est aussi une façon de se faire des amis et un réseau. ❞

❝ ▬  Tu n’as pas tort. Et tu comptes partager la récompense avec lui ? ❞




❝ ▬ Bah oui, ça serait logique. Dix mille jewels, c’est déjà pas mal. Je pense en donner une partie à la guilde, et l’autre, bah, je donnerais à Linus. ❞


❝ ▬  Tu ne veux pas en garder un peu pour toi ? ❞




❝ ▬ Bah, pour quoi faire ? Que veux-tu que je fasse des jewels ? ❞




❝ ▬ Tu voudrais peut-être t’acheter des objets ou les utiliser pour une quelconque transaction. ❞



❝ ▬ Mais, si j’ai besoin de quelque chose, je demande à grand frère. Les jewels, je ne sais pas trop m’en servir, tu sais. Je sais qu’on peut acheter plein de trucs avec, mais je ne sais pas réellement ce dont on a besoin. Autant que cela soit utilisé intelligemment, non ? ❞

❝ ▬ Il faudrait qu’on t’apprenne à gérer un budget. ❞




❝ ▬ Pourquoi ? Linus ne peut pas le faire ? Je n’ai pas très envie de savoir. Et puis, je ne suis pas le chef de la maison. ❞



❝ ▬ Ce n’est pas totalement vrai. La caravane t’appartient. Et… ❞




❝ ▬ On en parlera une autre fois, les garçons. Nous avons plus important à faire pour le moment. ❞



Je m’allongeais sur le sol, Joshua sur le ventre, et m’endormis en l’espace de quelques minutes, sous le regard attendri de mon grand frère. Je me laissais bercer par leurs douces voix. Je fus réveiller une heure plus tard par le médecin : il était temps pour nous de nous mettre en marche. Il nous fallut trois bonnes heures pour charger les deux caravanes. Midi était largement passé lorsque nous regagnâmes ma roulotte : Astrid avait préparé des patates qu’elle avait mélangé à des lardons, des oignons et du fromage. Je fus tout content de pouvoir me resservir. C’est le ventre bien plein que nous nous dirigeâmes vers la place qui nous avait été dédiée. Les rues étaient bondées de monde. A dire vrai, l’approche du festival animait les rues d’un air tout autre. Je ne savais pas comment été la tendance le reste de l’année mais les festivités apportaient toujours un peu de bonne humeur. Bien entendu, il y avait, comme n’importe quel autre lieu, lors de gros rassemblements comme celui-ci, des personnages qui profitaient des spectacles et autres réjouissances pour détrousser les spectateurs. La milice ne pouvait pas être partout. Nous dûmes faire plusieurs détours car les deux roulottes ne passaient pas dans les petites ruelles. Nous finîmes tout de même par arriver à bon port. Asgeïrd, Béralde et Homère mirent les barrières de sécurité en place et c’est instinctivement que la population se mit à entourer le lieu, curieux de ce que nous allions mettre en place. J’entendis un petit garçon demander à sa mère :

❝ ▬  Mais, maman, comment c’est possible de faire tenir autant de choses dans d’aussi petites maisons ? ❞



Je m’approchais du duo, tout sourire, puis, après être passé de l’autre côté des barricades, je m’accroupis face à lui, et répondis, alors que sa mère était restée perplexe face à cette question :

❝ ▬ Bonjour, comment t’appelles-tu ? Moi, c’est Alouarn. ❞




L’enfant se cacha dans les jupes de sa mère. Je tendis ma main devant moi, pour lui montrer qu’il n’avait rien à craindre. Je repris, tout en lui faisant un clin d’œil :

❝ ▬ Tu veux connaître le secret des caravanes ? ❞




Il fit « oui » avec sa tête.

❝ ▬ Tu sais, je ne vais pas te manger. ❞





❝ ▬ Ma maman, elle dit que je ne dois pas parler aux gens que je ne connais pas ! ❞




❝ ▬ Mon grand frère me répète souvent ça, aussi. Mais, après tout, maintenant que nous nous sommes parlés, nous ne sommes plus vraiment des inconnus, tu ne crois pas ? ❞


Il réfléchit quelques instants, avant de reprendre :

❝ ▬ Je m’appelle Eymeric. ❞





❝ ▬ Et bien, Eymeric, je suis content de faire ta connaissance. Ca te dit de venir avec moi dans les roulottes ? ❞



❝ ▬ C’est vrai, je peux ? ❞





❝ ▬ Il faut demander à ta maman, mais je ne vois pas d’inconvénients à ce que tu puisses venir avec moi pour… ❞



❝ ▬ Monsieur, je suis sûr que cela part d’un bon sentiment mais, voyez-vous, je ne vous confierais mon enfant pour rien au monde. Vous n’avez pas une dégaine des plus rassurantes. Allez, viens Eymeric, on y va ! ❞

❝ ▬ Mais, maman, pourquoi on s’en va ? Je veux aller voir comment c’est ! ❞




❝ ▬ Ne discute pas ! On rentre à la maison ! ❞




❝ ▬ Madame, je… ❞





Alors que je tentais de les rattraper, Linus vint poser sa main sur mon épaule.

❝ ▬ Laisse-les s’en aller, mon grand. Je sais que tu ne pensais pas à mal, mais il faut que tu comprennes que les gens ont peur, même des plus innocents. ❞


❝ ▬ Est-ce que je fais peur ? ❞





❝ ▬  Disons que tu peux être assez impressionnant avec tes tatouages et tes longs cheveux rouges. Ne tiens pas rigueur de ce que cette femme a pu te dire. Ce n’est pas vraiment contre toi. ❞


❝ ▬ C’est contre qui alors ? ❞





❝ ▬ Contre la société et les gens en général. Tu sais, avec ce qui c’est passé avec Ajatar, la population a peur. Je sais que tu as envie de te faire de nouveaux amis mais il vaut mieux que tu te montres moins entreprenant avec les enfants, et que tu sois plus enclin à discuter avec des adultes. ❞

❝ ▬ Mais, pourquoi je ne peux pas être copain avec des enfants. Je suis bien copain avec Joshua. Et puis, les mômes, c’est ceux qui ont le plus d’imagination. S’ils sont heureux, leurs ainés seront, eux aussi, joyeux. ❞

❝ ▬ Un gamin est inconscient du danger qui le guette. Toi et moi, nous savons que tu as un bon fond, la famille le sait aussi, mais les gens que nous ne connaissons pas ont peur de l’inconnu. Il faut que tu le comprennes. Tu ne peux pas discuter avec tout le monde. On te prendrait pour un fou. Et puis, la mauvaise réputation qui entoure notre profession est, pour beaucoup, source d’ennui. ❞

❝ ▬ Je ne comprends pas, ils se rassemblent bien le temps d’un festival. Pourquoi n’ont-ils pas peur de ce que nous sommes ? ❞



❝ ▬  Nous sommes, l’espace d’un instant, les personnages d’un conte, d’une légende, d’une histoire. Dans ces instants, nous ne sommes pas vraiment des gens. Lorsque nous redevenons des comédiens itinérants, nous ne valons plus grand chose à leurs yeux. ❞

❝ ▬ Mais, pourquoi ? ❞





❝ ▬  Les comédiens sont considérés, par beaucoup, comme des hérétiques. La religion ne nous accordera pas le repos éternel à notre mort car le théâtre et notre profession sont contraires à l’éthique, bien qu’ils soient autorisés par le royaume. Après tout, ce que nous faisons sort de l’ordinaire. Et ce qui sort des sentiers battus, ça fait peur. Tu devrais le comprendre mieux que personne avec ta maladie, mon grand. Ce n’est pas pour autant que nous sommes mauvais mais, disons que certaines troupes, plus que d’autres, ont amené une certaine image de nous aux sédentaires. ❞

❝ ▬ Mais, nous ne sommes pas tous des voleurs et des violeurs. Pourquoi est ce qu’on ne peut pas vivre comme tout le monde ? ❞


❝ ▬  Parce que nous vivons sur les routes. Parce que nous ne travaillons pas comme tous les honnêtes gens. Parce que nous n’avons pas de domiciles fixes. Parce que beaucoup de nos familles dépendent des spectacles pour survivre. Parce que nous n’avons pas de revenus fixes. Parce que nous sommes souvent porteurs de maladies. Il y a pleins de raisons qui pousseraient les gens à nous détester. Allez, viens, ne restons pas là. Les autres ont besoin de notre aide. Il faut que nous ayons fini avant ce soir, et le tout ne va pas se construire d’un claquement de doigts. ❞

Je suivis mon grand frère en boudant un petit peu : ce n’est pas avec des visions aussi restrictives de la vie que j’allais me faire des amis. Je soupirais et nous reprîmes le travail. Au bout d’une trentaine de minutes, je remarquais un blondinet, âgé certainement d’une vingtaine d’années, et une petite fille de cinq ou six ans, qui nous regardaient. Pourquoi eux plutôt que d’autres ? Car, qu’on se le dise, ils n’étaient pas les seuls à nous regarder travailler. Je fus un peu déçu qu’aucun d’entre eux ne s’avancent pour nous saluer et nous demander des informations car, je savais qu’ils savaient que nous savions : nous préparions un spectacle, et le programme n’ayant pas encore été distribué, je me demandais s’ils étaient tous trop peureux pour nous demander ou alors ils s’en foutaient complètement. Linus me fit les gros yeux lorsqu’il me vit trotter vers mes deux nouvelles victimes. Bon, je vous l’accorde, dis comme ça, on pourrait me prendre pour un gros psychopathe… Je voulais prouver au monde que ce n’était pas le cas. Et, sans vous mentir, j’étais passé plusieurs fois à côté d’eux, et il me semblait avoir vu l’emblème de la guilde de Sabertooth sur la main de l’homme. Si c’était le cas, je tenais peut-être une chance inespérée : celui de trouver un comparse pour ma mission. Et puis, les mages de cette guilde étaient réputés pour être les meilleurs ! Je me plantais devant eux, mains sur les hanches, un sourire sincère s’étirant jusqu’à mes oreilles. Je les saluais de la sorte :

❝ ▬ Bien le bonjour, amis passants ! Dites-moi, mon brave, ne seriez vous pas de la guilde de Sabertooth ? Non pas que je mêle de ce qui ne me regarde pas, mais il se pourrait que je puisse vous proposer une mission… ❞

❝ ▬  Alouarn, je t’ai déjà dit de laisser les gens tranquilles ! Ca ne se fait pas de les aborder de la sorte ! ❞



❝ ▬ Mais, grand frère, le monsieur, c’est un mage… Enfin, je crois. Vous êtes mage ? ❞




Linus leva les yeux au ciel, et s’adressa à Zenn de cette façon :

❝ ▬  Monsieur, ne lui répondez pas, ça va l’encourager dans ses délires de trouver une personne pour effectuer la mission. ❞



Je pris un air scandalisé :

❝ ▬ Mais, grand frère, je croyais que tu étais d’accord pour que je trouve un copain pour faire une mission ! ❞




Il me répondit :

❝ ▬  On a du pain sur la planche. Ce n’est pas le moment de chercher un partenaire de mission. ❞



❝ ▬ Et pourquoi pas, je te pris ? Je sais, tu es jaloux que je me fasse de nouveaux copains. ❞



❝ ▬ Enfin, mon grand, ce ne sont pas tes amis. Monsieur, dites-lui que vous n’êtes pas là pour la mission ? Et, tout à fait entre nous, ce n’est pas cher payé pour ce que vous avez à faire. ❞

❝ ▬ Mais… Je ne te permets. Enfin, dites lui monsieur ! Ne vous laissez pas faire par mon grand frère ! Il a juste peur que je tombe sur quelqu’un de mal intentionné. Vous n’êtes pas un méchant, dites ? Tu sais, grand frère, s’il est à Sabertooth, c’est que ça doit être un monsieur droit et franc. Il n’accepte pas n’importe qui, là bas, tu sais ! Et puis, comme il n’accepte que les meilleurs, je suis sûr que si la mission tourne au vinaigre, il saura me défendre ! Hein, monsieur, dites lui comme vous êtes fort ! ❞

❝ ▬ Tu vois bien qu’il est avec sa… petite sœur. Il y a des chances pour qu’il ne soit pas là pour travailler. Laisse le donc profiter de sa journée ! ❞


❝ ▬ Mais, ce n’est pas juste ! Il faut bien que je la fasse, moi, ma mission ! Et si tu m’empêches de la faire, je vais continuer à faire des cauchemars et à dormir sous mon lit pour que personne ne vienne me chercher ! Et surtout pas les monstres de mes rêves. ❞

Je croisais les bras sur mon buste, puis demandais, sûr de moi :

❝ ▬ On a qu’à laisser choisir le monsieur ! ❞





Je me tournais vers Zenn et sa petite sœur, et lançais :

❝ ▬ Alors, mes braves, que voulez-vous faire ? Si vous avez peur de laisser votre petite sœur toute seule, ne vous inquiétez pas, mes amis s’occuperont bien d’elle. Vous verrez, c’est une mission cool avec des spectacles et des peut-être fantômes. Et si on se dépêche, on sera peut-être de retour avant la fin de la première représentation de ce soir. ❞

❝ ▬ Alouarn, n’essaie pas de l’influencer. Et nous ne pouvons pas prendre en charge une enfant avec tout le travail qui nous attend. ❞



❝ ▬ Je sais. On vous aide à terminer le montage, et comme ça, vous allez vous reposer pendant que nous on va voir de quoi en retourne notre mission. C’est pas cool, ça, comme programme ? Allez, monsieur, je vous en prie, dites oui ! Et on fait moitié moitié pour la récompense de 20 000 jewels ! ❞




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 MessageSujet: Re: Le Moulin rouge (PV Zenn)   Ven 6 Mai - 17:08

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Zenn

Sabertooth

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Le Moulin Rouge
Alouarn Grimgorson

Les rayons du soleil inondaient la pièce à travers la fenêtre grande ouverte. Dehors, un temps radieux, j’entendais déjà des bruits provenant de la piscine de la guilde. Déjà ? Certains se levaient bien tôt pour aller s’amuser dites-moi…il devait être à peine huit heures…

Me retournant dans mon lit pour me mettre sur le dos, je tendis la main devant mes yeux, mes protégeant un peu des rayons du soleil. Sur ma main trônait un tatouage couleur or, celui de Sabertooth. Ça faisait un petit moment que j’étais rentré à Sabertooth. Je commençais à m’y plaire, la vie à la guilde était plus qu’agréable, Ariel s’intégrait plutôt bien, malgré le fait qu’elle ne puisse faire des missions par elle-même, elle aidait dans toutes les tâches, du mieux qu’elle pouvait. Elle n’avait malgré tout pas encore osé demander à Yukino de la laisser lui montrer les deux ou trois recettes de gâteaux qu’elle connaissait, elle avait peur de la vexer.

M’oui décidemment, je pense que j’avais fait le bon choix en venant ici. On toque à ma porte.

« -Zenn t’es là ? Y’a Ariel qui commence à être intenable, t’as intérêt à te dépêcher ou je crois que je vais péter un câble ! »

Ah oui c’est vrai, j’étais rentré hier de mission, et j’avais prévu de prendre deux trois jours de repos grâce à l’argent que j’avais gagné. D’autant qu’un festival se déroulait en ce moment même à Magnoria et j’avais l’intention d’emmener Ariel au festival bien évidemment.
Depuis qu’elle avait été mise au courant, elle n’arrêtait pas de poser des questions sur le festival de Magnoria à tout le monde et en particulier à Dorian. Le pauvre devait en avoir marre, depuis six heures du matin, elle devait déjà être debout à faire les cents pas dans le hall, prête à partir pour Magnoria.

« -J’arrive, j’arrive ! »

Je saute dans mes habits vite fait, je passe une main dans mes cheveux rapidement pour leur donner un semblant d’ordre et j’ouvre la porte sur un Dorian désespéré.

« -Plus jamais tu m’obliges à rester avec elle toute une heure durant lorsqu’elle t’attend !

-Aha t’inquiètes pas Dorian, tu finiras par t’y faire….ou pas ahaha !

-Pfff…amusez-vous bien.

-Ouaip, compte sur nous ! »

Ariel m’attendait en bas des escaliers, dans le hall. Elle avait déjà préparé notre sac pour nos petites vacances et elle semblait ne plus tenir en place, elle trépignait littéralement d’impatience.

« -Alors t’es prête ?

-Evidemment que je suis prête ! Pourquoi t’as mis autant de temps grand-frère ? On va rater le festival !

-Ahah t’inquiètes pas on ne risque pas de le rater, il dure plus d’une journée tu sais.

-Hmm, mais maintenant que t’es là on y va n’est-ce pas ?

-Hm je sais pas j’hésite, j’ai encore deux trois trucs à faire je crois…

-Arrête t’es pas drôle !

-Ahaha T’as raison, on y va et tout de suite ! »

Sur le trajet, Ariel n’a pas arrêté de parler, elle s’était renseignée au maximum sur le festival.

« -Tu sais grand-frère, il y aura plein de trucs ! De la musique, des vendeurs de bonbons, glaces et autres. Il y aura sûrement pleins de souvenirs aussi !

-Hm et c’est tout ?

-Ah non, il y aura aussi pleins de comédiens et de troupes différentes ! Tu m’emmèneras voir des spectacles hein ?

-T’inquiètes pas, on va en voir des tonnes de spectacles ! Et tous plus magnifiques les uns que les autres ! »

Le train s’était arrêté, nous voilà enfin à Magnoria. La ville qui était déjà d’ordinaire plutôt pleine, était à présent véritablement bondée de monde.

« -Tu ne me lâches pas d’une semelle hein Ariel ? J’ai pas envie de te perdre dans cette foule. »
Elle acquiesça brièvement.

Le festival n’avait pas encore officiellement commencé et donc beaucoup d’artistes et autres exposants en étaient encore à la phase d’installation, mais déjà retentissait de la musique un peu partout dans les rues et les premiers marchands et artistes du festival commençaient déjà à se produire.

« -Bon alors Ariel, tu veux commencer par où ?

-Je veux aller partout !!

-Héhé t’inquiètes pas on va tout faire, mais d’abord j’ai faim, on va voir ce qu’ils proposent de ce côté-là. »

En effet, qui dit festival, dit artistes, musiques, jeux mais aussi bonne nourritures, spécialités locales ! Et de ce côté-là, ils étaient au rendez-vous. Des mets alléchants disposés un peu partout n’attendais que d’être mangés…ils m’appelaient j’en étais persuadé !

Un stand en particulier me faisait de l’œil…des brochettes de viandes caramélisées…miam ! Ni une ni deux, je me précipitai sur le stand, Ariel à ma suite.

Le vendeur nous aperçut et commença à nous vanter les mérites de son plat devant nos regards plein d’envie. Je sens que mes joyaux vont fondre comme neige au soleil pendant ce festival...

« -Ceci mesdames et messieurs, sont des brochettes de Banta, élevées non loin d’ici. C’est un mets délicieux et marié avec la pomme et le caramel ainsi qu’avec une épice dont j’ai le secret…le résultat est tout simplement ravageur ! »

La bave commençait à couler au coin de ma bouche, n’hésitant plus une seconde, je cirai :

« -J’en prends six !

-Et bien, voilà un jeune homme avec beaucoup de goût. En voilà six, bonne dégustation ! »

Une fois nos brochettes à la main, nous nous sommes promenés un peu partout pour commencer à repérer les artistes et les différentes animations qui étaient proposées.
Alors que nous écoutions deux musiciens de rue qui s’étaient lancés dans un magnifique duo, je senti une gêne dans ma poche droite. Mes vieux réflexes de voleurs revinrent vite et je saisi la main du petit malin qui s’amusait à me faire les poches.

C’était un gamin, pas plus vieux qu’Ariel. L’air un peu miséreux il me rappelait mes jeunes années. Moi aussi j’avais été forcé de voler pour survivre. Non pas que ça me déplaisait, à l’époque ça m’amusait et c’était plus un genre de jeu pour moi. Il n’empêche que je connaissais tous les trucs, il n’était pas prêt de me voler quoi que ce soit avec une approche aussi basique. Tenant toujours sa main pour qu’il ne puisse prendre la poudre d’escampette, je m’abaissai à sa hauteur. Les joues un peu creuses, les habits sales, mais avec cependant le regard fier et bravache. M’oui il me faisait vraiment penser à moi il y a quelques années.
Je commençai à lui sourire doucement, pour le rassurer.

« -Alors comme ça tu essayes de me voler ?Ahaha C’était bien essayé, se servir du nombre incalculable de diversions qu’offrent les artistes c’est intelligent. Mais il faut que t’améliore ton toucher, tu as encore la main trop lourde pour qu’elle passe complètement inaperçue dans les poches d’une cible. »

Je fis un petit signe de tête à Ariel. Acquiesçant, elle sortit une petite bourse de joyaux et piochant une poignée, elle la tendit au garçon. Lui souriant une dernière fois, je relâchai ma prise.

« -Allez files, et évites de te faire prendre, t’auras pas tout le temps la chance de tomber sur moi. »

Le garçon empocha les joyaux et après un dernier regard encore stupéfait en notre direction, il disparut dans la foule.
Me redressant, j’observais un peu mieux la foule. J’en comptais au moins cinq autres qui circulaient entre les spectateurs. Dans ma tête surgissaient des images d’autres festivals…les images de mes anciens camarades et enfin moi, circulant un peu comme ces gamins au milieu des foules pour grappiller ce qu’on pouvait. Aaaaah c’était il y a bien longtemps.

On était arrivé sur une grande place. Là, des barrières avaient été placées et une grande scène était en train d’être montée. Ariel était tout excitée.

« -Tu crois qu’il va y avoir quoi comme spectacle ici ?

‘-Je ne sais pas Ariel, je ne connais pas le programme par cœur.

-J’ai cru voir des automates tout à l’heure tu crois qu’ils joueront une pièce avec ? J’ai envie de voir comment ils font !

-Ahah il faudrait que tu sois comédienne pour ça Ariel.

-Dommage, on pourrait aller leur demander ?

-Je ne crois pas qu’il faille les déranger dans leur travail. On a qu’à repasser plus tard, on pourra certainement en savoir plus. »

Alors que nous allions partir, un énergumène aux cheveux rouges et couvert de tatouages surgit devant nous.

« -Bien le bonjour, amis passants ! Dites-moi, mon brave, ne seriez vous pas de la guilde de Sabertooth ? Non pas que je mêle de ce qui ne me regarde pas, mais il se pourrait que je puisse vous proposer une mission… »

Jetant un coup d’œil presque par réflexes à mon tatouage, j’étais un peu surpris par la soudaineté de son apparition.

« -E-et bien oui je suis bien de Sabertooth… »

Un autre homme aux cheveux blancs se détourna de son travail pour réprimander gentiment le jeune homme tatoué. Son frère apparemment.

« Ahah oui je suis également mage…et….une mission ? »

J’étais un peu perdu, il semblait être des comédiens à première vue, alors de quelle mission parlaient donc-t-ils ? Eh merde ça y est, ils avaient éveillés ma curiosité….Celle-là même qui me pousse à rester dans certains manoirs alors que cette Rose tentait à tout prix de m’en faire partir…il fallait que j’en sache plus sur cette mission !

Ils se disputaient légèrement, ils étaient drôles et touchants à la fois. Celui aux cheveux rouges semblaient un peu…décalé et le blanc semblait parfois s’adresser à lui comme à un enfant alors que l’homme semblait plutôt avoir la trentaine.

« -Enfin, mon grand, ce ne sont pas tes amis. Monsieur, dites-lui que vous n’êtes pas là pour la mission ? Et, tout à fait entre nous, ce n’est pas cher payé pour ce que vous avez à faire.

-Mais… Je ne te permets. Enfin, dites lui monsieur ! Ne vous laissez pas faire par mon grand frère ! Il a juste peur que je tombe sur quelqu’un de mal intentionné. Vous n’êtes pas un méchant, dites ? Tu sais, grand frère, s’il est à Sabertooth, c’est que ça doit être un monsieur droit et franc. Il n’accepte pas n’importe qui, là bas, tu sais ! Et puis, comme il n’accepte que les meilleurs, je suis sûr que si la mission tourne au vinaigre, il saura me défendre ! Hein, monsieur, dites-lui comme vous êtes fort !

-Ahah il est vrai qu’à la base je ne suis pas venu ici pour une mission particulière…mais vous m’intriguez là je dois dire… »

Souriant l’homme tatoué, j’acquiesçai.
« - Eh bien je ne pense pas être foncièrement mauvais, et je sais me défendre un minimum oui. »

Il proposait de me laisser choisir. Apparemment, il s’agissait d’une mission que le jeune homme aux cheveux rouges voulait faire. Il avait parlé de fantômes ? Intéressant. En tout cas, s’il y avait vraiment des fantômes, je ne pouvais pas emmener Ariel là-dedans, elle en avait une peur bleue. D’un autre côté, il proposait de garder Ariel avec eux, au sein de la troupe…c’était tentant, vraiment tentant…je sais que j’étais normalement en vacances…mais là ma curiosité était piquée au vif et il avait l’air d’être un drôle de personnage.

Je regarde Ariel…elle était tournée vers moi, ses yeux me suppliants de dire oui. Elle en rêvait, participer au montage d’une pièce, approcher les comédiens…il n'en fallait pas plus pour que je me décide.

« -Ahah il semblerait que je ne puisse pas dire non à une mission qui m’a l’air prometteuse, et puis Ariel rêverait de pouvoir vous aider et voir les coulisses de la pièce, elle adore les pièces et les troupes de théâtre. »

Me tournant un peu plus vers l’homme en blanc, je m’adressai à lui :

« -Du coup si vous n’y voyez pas d’inconvénient, on est prêt à vous aider et Ariel se fera une joie de vous assister pendant toute la durée de la mission. Vous verrez qu’elle sait se rendre utile. Dites-nous quoi faire et on fera le maximum comme à notre habitude ! »

Ariel explosa. Enfin de façon figurée bien sûr.
« -Oui s’il vous plaît ! Je veux vous aider, vous pouvez compter sur moi !!! »
Le sourire jusqu’aux oreilles, je demandai :

« -Alors ? Par quoi on commence ? »

© Adrenalean pour Epicode
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 MessageSujet: Re: Le Moulin rouge (PV Zenn)   Sam 14 Mai - 21:48

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Alouarn Grimgorson

Indépendant Légal

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Je suis un comédien Et je suis ma destinée !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Zenn
Résumé • Eté 792. Il arrive parfois que les fantômes du passé, du présent et du futur se retrouvent dans des lieux qu’ils ont au moins fréquenté une fois dans leur vie. Il se trouve que le Moulin Rouge est l’un de ces lieux où paillettes et cravates se rencontrent à foison. Chaque soir, alors que le bâtiment ferme, les fantômes prennent place sur la grande scène du Moulin rouge. Pour être convié à ces soirées, en tant qu’humain, il suffit d’être recommandé par un fantôme. Ces soirées devinrent rapidement très populaires et, comme beaucoup n’avait pas un sou, le spectacle devint gratuit pour tous. On finit par manquer de placer. Le gérant de l’établissement fait appel à des mages comme vous pour régler cet épineux problème : tout le monde sait que les fantômes, ça n’existe pas. Le gérant promet une récompense de 20 000 jewels pour ceux ou celles qui lui règleront cette affaire.



Le Moulin Rouge


Une douce musique s’éleva dans les airs. Des compagnons d’autres troupes nous avaient rejoint sur la place, et divertissaient les passants à grands coups de contes et de légendes. Mes yeux s’illuminèrent lorsqu’ils se posèrent non loin de l’endroit où nous montions la scène. Linus me regarda tendrement, avant de me rappeler à l’ordre à l’aide d’une petite tape sur la tête :

❝ ▬ Mon grand, je sais que tu meurs d’envie d’aller les rejoindre, mais nous avons du pain sur la planche. Nos deux nouvelles recrues vont avoir besoin de directives, et c’est toi qui vas te charger de leur donner. ❞

❝ ▬ Mais, grand frère, comment je vais faire s’ils racontent une histoire que je ne connais pas ? Je ne pourrais pas la rajouter dans mon cahier ! ❞


❝ ▬ Tu sais très bien qu’ils ne commencent jamais un festival avec de nouveaux récits. Ces derniers commencent à affluer dés que le défilé d’ouverture est terminé. Et puis, de là où nous sommes, nous entendons très bien la musique. Ca nous permettra peut-être de travailler un peu plus vite. ❞

Mes yeux brillaient de mille feux. Un grand sourire illuminait mon visage. Je voulais être partout à la fois. Linus écarta les barrières pour laisser passer nos deux amis. Je me mis accroupis, à la hauteur de la petite fille. Je lui tendis ma main en guise de salut et lui tint à peu près ce langage :

❝ ▬ Bien le bonjour, jeune demoiselle. J’ai entendu dire, par le rossignol chantant et la brise matinale, que tu étais une charmante princesse en quête d’aventures. Me permettras-tu d’être ton preux chevalier ? Je serais à ton service tout au long de ta périlleuse mission si, toutefois, tu l’acceptes. Es-tu prête à commencer, Ariel ? ❞

Si je m’en tenais à ce qu’avait dit le jeune homme, c’était ainsi qu’elle se nommait. Linus demanda :

❝ ▬ Tu ne crois pas que tu en fais un peu trop ? ❞




❝ ▬ Absolument pas ! Il n’y a rien de plus merveilleux que d’être au service de la population. J’apprends juste à ce petit bout de femme notre métier. Et quoi de mieux que de le présenter comme étant sorti tout droit d’un conte de fées. N’écoute surtout pas mon grincheux de grand frère, il a décidé que se serait une mauvaise journée. ❞

Le médecin me pinça le bras, et nous éclatâmes tous les deux de rire. Il m’aida à me relever, et je me tournais vers le blondinet. Je ne savais pas vraiment comment l’aborder, comme si mon assurance avait totalement disparu. Je décidais de faire trois fois le tour de moi-même et de me cacher derrière mon grand frère. Ce dernier fut un peu surpris :

❝ ▬ Et bien, mon grand, qu’est ce qui se passe ? Pourquoi fais-tu ton grand timide ? ❞




❝ ▬ Il y a trop de gens qui me regardent. Moi, je voulais juste être copain avec Ariel et le monsieur qui l’accompagne. ❞



❝ ▬ Depuis quand les regards des autres t’importunent ? Ils ne vont pas te manger tu sais ! ❞



❝ ▬ Ils pensent trop forts. Et ça m’énerve quand ils pensent trop forts ! ❞




❝ ▬ Parce que tu peux lire dans leurs pensées ? ❞




❝ ▬ Non. Je ne crois pas. J’ai déjà bien assez à faire avec les miennes. Parfois, elles sont tellement beaucoup dans ma tête que je crois devenir fou. ❞


Il se retourna et prit mon menton dans sa main : il le releva pour que mon visage soit à la hauteur du sien. Une lueur d’inquiétude dansait dans ses yeux. Il demanda :

❝ ▬ Qu’est ce qui ne va pas, Alou’ ? ❞





❝ ▬ Alouarn, il voulait juste se faire des amis. Mais… ❞




Je pointais du doigt plusieurs endroits où des personnes conversaient entre elles.

❝ ▬ Alouarn est sûr qu’ils sont en train de se moquer de lui. ❞




❝ ▬ Mon grand, calme-toi ! Les gens ont bien le droit de discuter entre eux. Et, crois-moi sur parole, tu es loin d’être le centre du monde. Ils ne te connaissent même pas ! Pourquoi voudrais-tu qu’ils parlent de toi ? Ils ont bien plus important à faire ! ❞

Je me grattais la tête, tournant les explications dans tous les sens. Il n’avait pas tord : son interprétation de la réalité était tout à fait plausible. Je n’arrivais toutefois pas à me défaire de l’idée qu’ils étaient là pour se jouer de moi.

❝ ▬ Reviens dans la réalité, mon grand ! Reste avec moi ! Tu ne veux pas aller montrer à Ariel les automates et les costumes ? ❞


❝ ▬ Et au monsieur aussi ?  ❞





Je me rapprochais du blondinet en marchant comme un crabe. Je trouvais ça rigolo. Une fois arrivé à destination, j’approchais mon visage du sien. Puis, sans vraiment tenir compte de ce que pourrait engendrer ce geste, je lui léchais le visage, avant de me reculer, mort de rire ! Je lui tendis ma main pour le saluer :

❝ ▬ Bonjour monsieur de Sabertooth ! Moi, c’est Alouarn ! Tu peux m’appeler Alou’ si tu veux ! Ca fait plus court, et ça utilise moins de salive ! Mon grand frère, c’est Linus ! Il est un peu bougon, mais très gentil. C’est lui qui s’occupe de moi ! Même si je suis un grand, souvent, j’ai besoin qu’on m’aide un petit peu dans le quotidien, qu’on me rappelle à l’ordre. Mais je sais faire plein de trucs tout seul, hein, je ne suis pas bête ! ❞

Je tirais la langue, avant de demander :

❝ ▬ Et toi ? Tu t’appelles comment ? Tu fais quoi dans la vie ? Tu as un métier à part celui de mage ? ❞



Un long sifflement se fit entendre derrière moi. Linus et moi nous retournâmes. Asgeïrd nous fit de grands signes. Je lui fis coucou avant de reprendre ma conversation avec mes deux nouveaux amis :

❝ ▬ Vous aimez les festivals ? Je dois avouer que j’aime particulièrement les faire. J’ai l’impression d’apporter un peu de bonheur en ces heures sombres à tous ces pauvres gens. La vie de comédien itinérant, ça à quelque chose de palpitant. Bien sûr, ce n’est pas aussi dangereux que d’autres métiers, mais ça à son lot de risques. Par exemple, sur les routes, ils nous arrivent d’être attaqués et malmener par des brigands de grands chemins et… ❞

❝ ▬ Alouarn, je suis sûr que tu as plein de choses intéressantes à raconter à nos jeunes amis, mais les autres nous attendent. ❞



❝ ▬ Mais… Je n’ai pas fini de parler ! Ce n’est pas très gentil de me couper dans ma tirade ! ❞



❝ ▬ Je sais que tu aimes beaucoup parler, mais ça ne va pas avancer nos préparatifs. Tu sais que c’est très important pour la survie de la troupe que les représentations se passent pour le mieux. La scène que nous préparons est pour l’un des plus gros spectacles du festival, et il faut que nous soyons dans les temps. Et tu es le meilleur pour tout ce qui concerne les automates. Alors, si tu dois parler, c’est en travaillant avec tout le monde. ❞

❝ ▬ J’ai le droit de discuter en montant les marionnettes ? ❞




❝ ▬ Bien sûr, si cela ne te fait pas perdre en efficacité ! Tu auras tout le temps de faire ce que tu veux après que nous ayons tout installé ! ❞


❝ ▬ On pourra aussi aller au défilé d’ouverture ? ❞




❝ ▬ Certains d’entre nous participent même au cortège ! Il faudra les aider à enfiler leurs costumes. De plus, la troupe qui s’occupe des chars aura certainement besoin de bras pour amener ces derniers au lieu de rassemblement. ❞

❝ ▬ Mais, ça fait beaucoup de choses à faire avant d’aller se reposer. ❞




❝ ▬ Et c’est pour ça qu’il faut que nous nous dépêchions. Allez, jeunes gens, au travail ! ❞




Je pris la main d’Ariel et de Zenn, et je les entrainais à ma suite. Nous arrivâmes rapidement près de la scène. Je pris le temps de tous les présenter :

❝ ▬ Le monsieur chauve, c’est Béralde ! C’est aussi un mage ! Son rôle, au sein de la troupe, c’est surtout de nous protéger des gros méchants ! Il va même nous apprendre à nous battre, mais un petit peu, hein ! Moi, je n’ai pas très envie de faire mal aux gens. Ce n’est pas trop mon truc le combat. Il a un frère et une sœur… ❞

❝ ▬ Alou’, c’est qui cela ? Qu’est ce que tu nous as encore fait ? ❞




❝ ▬ Rien du tout ! Je ramène juste des nouveaux copains pour nous aider à monter la scène pour les représentations. ❞



❝ ▬ Tu ne crois pas que nous sommes déjà assez en retard pour nous enticher de débutants ? ❞



❝ ▬ Ne fais pas ton mauvais bougre, Béralde, ils vont apprendre ! Comme tout le monde ! Ce n’est pas parce qu’on est débutant qu’on ne peut pas aider ! Ne faites pas attention à lui ! Il est toujours en train de râler. Son grand frère, c’est celui avec des piques sur la tête ! Il s’appelle Asgeïrd. C’est aussi un mage qui protège la troupe ! ❞

Alors qu’il allait répondre à ma présentation, une voix de femme se fit entendre :

❝ ▬  Alouarn, tu peux m’expliquer c’est quoi ce bazard ? ❞




Je me retournais et fusillais Astrid du regard :

❝ ▬ Oh, vous allez arrêter d’être tous des gros méchants. Vous m’agacez sérieusement. J’amène des bras pour nous aider à monter la scène, j’ai dit. Ah non, et ne commencer pas à faire vos âmes renfrognées, je vous rappelle qu’on est tous débutants en quelque chose, et que, en l’occurrence, si nous devions tous les virer d’ici, vous partiriez avec le lot. Alors, arrêter de tout prendre de travers ! ❞

❝ ▬ Nous, c’est notre métier ce que nous faisons, alors qu’eux… Ce sont d’honnêtes citoyens ! ❞



❝ ▬ Ne va pas me faire croire que nous ne sommes pas non plus d’honnêtes citoyens. Je pensais que tu avais une image plus reluisante de nous-même. Ce n’est pas parce que nous venons de deux mondes complètement différents que nous ne pouvons pas nous entendre ! ❞

Asgeïrd intervint :

❝ ▬ Assez ! Alouarn a raison. Nous ne sommes pas là pour faire de distinction de rang. Si ces deux personnes veulent nous aider, aussi jeunes soient-elles, nous devons les accueillir comme il se doit. De plus, si Linus les a admis ici, c’est qu’il a une bonne raison de leur faire confiance. Je ne vois pas pourquoi nous devrions mettre en cause son jugement. Maintenant, remettons nous au travail. ❞

Je repris mes présentations, alors que la tension baissait d’un cran. Les esprits étaient un peu échauffés à cause des délais que nous devions tenir. Je sais que la tâche n’était pas facile, mais je n’avais nullement l’intention de les abandonner.

❝ ▬ La jeune femme aux cheveux verts, c’est Astrid. C’est la sœur de Béralde et d’Asgeïrd, ainsi que la femme de mon grand frère. Le petit retenu par un drap sur son ventre, c’est leur fils, Joshua. Il est trop mignon. Même que lui et moi, on est copain. On fait souvent la sieste tous les deux, et on fait des jeux avec ses petits animaux en bois dans son petit parc. Mais, je n’ai pas le droit de m’en occuper tout seul… Au cas où les voix dans ma tête prennent trop de place, vous comprenez ? ❞

Linus s’interposa. Il posa un doigt sur ma bouche et murmura à mon oreille :

❝ ▬ Ca, personne, hormis nous, a besoin de le savoir. Les gens ont peur des maladies mentales. Je te l’ai déjà dit. ❞



❝ ▬ Mais, si je ne lui dis pas et qu’une crise survint pendant la mission, il faut bien qu’il réagisse, non ? ❞



❝ ▬ En effet, ça peut toujours arriver, mais je te donnerais des médicaments pour limiter les risques et que tu sois plus détendu. Il ne faut pas que tu t’inquiètes pour ça ! Tout se passera bien ! Et puis, si tu te sens mal, tu n’auras qu’à rentrer à la maison ! Qu’est ce que tu en penses ? ❞

❝ ▬ Et perdre la face devant ce gentil jeune homme ? Jamais de la vie ! Je veux être fort comme lui ! ❞



❝ ▬ Personne ne te demande d’être fort pour faire pareil que les autres. Sois toi-même, c’est tout ce qu’on espère. Lorsque tu es toi, tout est plus facile. ❞


❝ ▬ Oui, mais ça veut dire que je ne rentrerais pas dans les normes ! ❞




❝ ▬ Ce n’est pas grave ! Vis ta vie à fond ! Tu sais que grand-père serait fier de toi si tu t’acceptais tel que tu es ! ❞



❝ ▬ Tu crois qu’il veille sur nous de là où il est ? ❞




❝ ▬ J’en suis certain. Et particulièrement sur toi ! Allez, file montrer à nos nouveaux amis les automates, les costumes et les décors ! On finit de poser les dernières planches de la scène ! ❞

❝ ▬ Quelqu’un a vu Homère ? ❞





❝ ▬ Il est certainement dans l’une des caravanes ! ❞




Je m’approchais de Zenn et d’Ariel. Je me plantais devant la petite fille, et lui demandais, un grand sourire sur les lèvres :

❝ ▬ Est ce que tu savais que nos roulottes sont magiques ? ❞




Je me penchais vers elle et lui murmurais à l’oreille :

❝ ▬ Elles sont beaucoup plus grandes à l’intérieur qu’à l’extérieur. Il y a souvent plusieurs pièces, et celles qui nous servent d’habitations ont pratiquement toutes un étage ! Mais, chut, c’est un secret ! Le monde a besoin de rêver, et qu’il se questionne sur le comment du pourquoi est une très bonne chose ! Après tout, même s’il ne porte pas, en ce moment, les mages dans son cœur, il n’y a rien de mal à laisser un peu la magie des troupes de spectacle faire son œuvre, tu ne crois pas ? ❞

Je me relevais et demandais :

❝ ▬ Alors, Ariel, que préfères tu faire ? Aller avec Astrid, Joshua et Homère t’occuper des costumes, ou venir avec nous sortir les décors et les automates ? ❞


Puis, me tournant vers Zenn, je lui lançais :

❝ ▬ Je ne te fais pas la même proposition, on a besoin d’hommes pour porter ce qui est lourd ! J’espère que ça ne te dérange pas trop ! On pourra discuter de la mission et de notre programme de la soirée ! Ah, nous avons tellement de choses à faire en ce moment ! C’est la folie ! Mais, je préfère ça que m’ennuyer ! Qu’est ce que tu en penses ? ❞




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 MessageSujet: Re: Le Moulin rouge (PV Zenn)   Mar 7 Juin - 1:40

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Zenn

Sabertooth

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Le moulin rouge
Alou

Alors que la musique commençait à retentir derrière nous, le médecin ouvrit les barrières pour que nous puissions passer, le jeune homme aux cheveux rouges s’accroupit devant Ariel et se présenta, enfin se présenta comme un chevalier venu s’occuper d’une princesse. Ariel était ravie et amusée, prenant la main qu’il lui tendait, elle se tourna vers moi, le visage illuminé.

« -T’as vu grand-frère ? Il dit que je suis une princesse !

-Aha je me disais bien qu’une petite fille aussi jolie ne pouvait être ma réelle sœur !

-T’inquiètes pas, je t’inviterai dans mon château un jour !

-J’en doute pas un instant, j’ai hâte d’y être ! »

Se tournant à nouveau vers l’homme, elle brandit son autre main en l’air, fermant le poing.

« -Bien sûr que je suis prête ! Je suis une princesse de Sabertooth ! »

Au moment où le jeune homme se tourna vers moi, il prit comme peur soudainement et courut se cacher derrière son frère. L’avais-je effrayé ? Pourtant je n’avais rien dis de méchant…

« -Aha on dirait que je fais peur aux gens à présent… »

Sortant de derrière son protecteur contre le monde, il avança d’une bien étrange façon…ses pas ressemblaient à s’y méprendre à ceux d’un crabe. Pourquoi marchait-il comme ça ? Etait-ce une coutume chez eux ? Décidemment, ce mec était une véritable énigme ambulante…

Tout d’un coup, il s’approcha de moi et sans prévenir, il me lécha le visage avant de se présenter, hilare. J’étais tellement surpris de son geste que je restais planté sans rien faire pendant une longue seconde. Puis lorsqu’il eut fini de se présenter, j’éclatai de rire à mon tour.

« -Ahaha t’es un drôle de bonhomme Alou’, je ne doute pas une seconde que tu sois capable de pleins de trucs ! Moi c’est Zenn, tu peux m’appeler….eh ben Zenn c’est très bien Ahaha ! A part être mage pour Sabertooth je ne fais rien d’autre. J’ai été voleur à une époque mais c’est du passé, ton argent ne risque rien avec moi ahaha ! »

Un grand homme sembla les appeler en sifflant, sûrement un autre membre de la troupe vu comme Alou lui faisait signe. Linus interrompit Alou dans son discours pour lui rappeler qu’ils avaient des choses à faire. Ariel et moi, qui étions fans des festivals allions y participer ! C’était une grande première, j’étais au moins aussi excité qu’Ariel, sans le montrer totalement.

Alou nous entraîna vers la scène qui nous attendait. Des membres de la troupe commençaient déjà à déballer du matériel, ils s’afféraient un peu partout, on aurait dit des fourmis en plein travail. La vie d’artiste ne devait pas être aussi simple que certains pouvaient l’imaginer. Si je n’avais pas été voleur, je pense que j’aurais apprécié la vie que menait Alou et ses compagnons. Une vie faite de voyages, d’aventures, de magie aussi et surtout de spectacles…voilà qui faisait rêver ! Là-bas il commença à nous présenter.

Les saluant d’un signe de la main, nous écoutions attentivement tout ce qu’Alou pouvait nous dire. Surtout Ariel, elle semblait boire littéralement ses paroles.

Une jeune femme entra en scène, une certaine Astrid. Alou n’avait pas l’air de s’entendre à merveille avec elle, à moins que ce ne soit que la situation qui l’agaçait ? En tout cas, certains comédiens n’étaient pas forcément pour nous avoir dans les pattes. Le grand Asgeïrd s’interposa et remis les pendules à l’heure. Alou continua ses présentations, nous acquiesçâmes à chacune de ses paroles, tels des automates. Attendez une seconde…il avait parlé de voix dans sa tête ? Cela pouvait expliquer son comportement étrange par moment…M’enfin il n’avait pas l’air vraiment dangereux. Son frère s’approcha et ils discutèrent rapidement en chuchotant. Ensuite, Alou vint se placer devant Ariel.

« Est ce que tu savais que nos roulottes sont magiques ? »

Les yeux d’Ariel s’illuminèrent de plus belle, si ça continue, elle allait éclipser le soleil !

« -C’est vrai ? Elles volent ? Elles exhaussent les vœux ? »

Il se pencha alors à son oreille et chuchota. Elle écarquillait les yeux au fur et à mesure de son explication.

« -Woaaaaw, t’as entendus Zenn ?! Ils ont des roulottes plus grandes à l’intérieur ! Il faut qu’on en ait une, comme ça on fera le tour du monde avec !

-Aha si j’arrive à en trouver une promis, je nous en achète, en attendant on se contentera du ciel, de la lune et des étoiles, comme on l’a souvent fait.

-C’est vrai que c’est bien aussi la nuit dehors ! Tu te souviens quand nous étions dans cette immense forêt et que les esprits étaient montés vers la lune ? On aurait dit une nuée d’étoiles filantes mais venant de la terre ! Tu crois qu’on pourra retourner voir ça avec Alou un jour ?

-Je ne sais pas, il faut lui demander, Alou, t’aimes bien les nuits à la belle étoile ? »

Lorsqu’Alou nous demanda ce que nous voulions faire, Ariel n’hésita pas une seconde.

« -Je veux rester avec vous ! Je veux voir les marionnettes moi aussi !

-Aha on dirait qu’on va tous aller aux marionnettes alors ! On discutera de tout quand on aura le temps, on te suit Alou ! On va te déménager ça en rien de temps !»

Disais-je en faisant jouer mes muscles. J’allais vite déchanter.

Alou nous emmena devant les caravanes qui transportaient le matériel. Nous donnant à sa façon les directives, nous commençâmes à travailler. Je n’avais pas imaginé que déployer un décor demanderait autant de travail. Je portais avec Asgeïrd des pans entier de décors, représentant tour à tour une campagne, des châteaux, des villes, des montagnes. Mais ce qui caractérisait surtout ces décors c’était leur poids. Je transpirais à grosses gouttes sous la chaleur de l’été, et la lourdeur du matériel n’aidait pas. Mais la compagnie des gens de la troupe était agréable, ils étaient joyeux, aimables dans la discussion. Asgeïrd m’aidait régulièrement, surtout au moment de placer les décors, certains allaient sur des sortes de rails, certainement pour pouvoir les changer plus facilement.

« -Aller, un peu à droite….encore…

-Arg j’y suis presque….*clic* Là c’est bon ?

-Ouais nickel, bien joué Zenn !

- Aha, ils n’étaient pas faciles à mettre ceux-là ! »

C’était l’un des plus gros décors, sûrement le décor principal de la pièce qu’ils allaient jouer. En tout cas, il n’avait pas été commode à installer. Certains artistes commençaient déjà à retoucher certains décors, à en peindre de nouveaux, ils faisaient constamment évoluer leurs supports.

Une fois les décors amenés, je m’écroulais à l’ombre, prenant une bonne gorgée d’eau. Asgeïrd s’approcha de moi, hilare.

« -Alors Zenn, ça fatigue hein ?

-Aha t’as pas idée, je pensais pas que ce serait aussi physique à vrai dire, avec la chaleur en plus, ça épuise.

-Aha alors file aider Alou, il reste encore des pantins à mettre en place ! Et prends ça t’en aura besoin. »

Il me jeta une gourde avant de s’en aller, je courus rejoindre Alou pour l’aider. J’avais retiré mon haut sous l’effet de la chaleur. Je me mis alors à transporter les mannequins et les automates qu’Alou me désignait. Mettant toutes mes forces dans cette tâche, je faisais de mon mieux. Mine de rien, ces mannequins pesaient leur poids. Ariel quant à elle, aidait à transporter les parties de pantins plus petites, comme les têtes ou autre. Elle s’amusait parfois à faire parler les têtes qu’elle transportait, c’était marrant de la voir brandir une tête de pantin devant Alou, elle faisait alors bouger la tête et parlait derrière.

« -Bonjour je suis la tête magique de la princesse ! Je vous surveille chevalier Alou ! »

Elle partait ensuite en rigolant pour ranger la tête du pantin avec les autres.

De mon côté je suivais les directives d’Alou pour placer les pantins au mieux sur la scène, c’était très intéressant, je n’avais aucune idée des mécanismes qu’utilisaient les artistes pour leur spectacle et j’avais hâte de les voir à l’œuvre. Curieux, je posais la question à Alou :

« -Dis-moi Alou, les pantins, vous les animez par magie ou vous avez des systèmes de contrôle ? Tu me montreras comment ça marche ? »

La journée continua ainsi, presque sans répit, au bout d’un moment cependant, on prit une pause. Je m’assis à côté d’Alou, et vidant ma gourde d’un trait, je lui demandai :

« -Alors Alou, la mission, c’est à propos de quoi ? T’avais parlé de fantômes tout à l’heure, c’est vraiment le cas ? »

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 MessageSujet: Re: Le Moulin rouge (PV Zenn)   Ven 22 Juil - 10:15

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Alouarn Grimgorson

Indépendant Légal

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Je suis un comédien Et je suis ma destinée !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Zenn
Résumé • Eté 792. Il arrive parfois que les fantômes du passé, du présent et du futur se retrouvent dans des lieux qu’ils ont au moins fréquenté une fois dans leur vie. Il se trouve que le Moulin Rouge est l’un de ces lieux où paillettes et cravates se rencontrent à foison. Chaque soir, alors que le bâtiment ferme, les fantômes prennent place sur la grande scène du Moulin rouge. Pour être convié à ces soirées, en tant qu’humain, il suffit d’être recommandé par un fantôme. Ces soirées devinrent rapidement très populaires et, comme beaucoup n’avait pas un sou, le spectacle devint gratuit pour tous. On finit par manquer de placer. Le gérant de l’établissement fait appel à des mages comme vous pour régler cet épineux problème : tout le monde sait que les fantômes, ça n’existe pas. Le gérant promet une récompense de 20 000 jewels pour ceux ou celles qui lui règleront cette affaire.



Le Moulin Rouge


La journée touchait à sa fin lorsque je m’écroulais à côté de Zenn. Nous avions bien avancé, et j’étais plutôt content de notre travail. Les rayons du soleil s’étiraient paresseusement sur Magnoria, et la soirée promettait d’être agréable si le vent du sud se maintenait. J’espérais néanmoins que les orages n’éclateraient pas durant la parade. Cette dernière se pavanera dans les grandes artères de la ville dés que les premières torches brilleront dans la ville. Les jours à venir étaient consacrés aux festivités, et ça promettait d’être amusant. Le travail n’allait certainement pas manqué.

J’étais heureux d’avoir trouvé deux nouveaux camarades de jeux avec qui partager mes connaissances sur l’art des festivaliers. Bien sûr, je ne leur révèlerais pas tout : ils ne sont pas du métier. Il est vrai que nous pouvions être vu comme une sorte de secte, même si je pensais que le mot était un peu fort. Je me devais d’expliquer ma pensée. Nous vivions en communauté avec des codes qui nous étaient propres. Nous protégions des secrets depuis des générations sur les spectacles que nous proposions. Ce que le spectateur voyait n’était que la partie immergée de l’iceberg. Il y avait tout un mécanisme qui se cachait derrière chaque production. Je l’avouais : j’étais fier du métier que j’exerçais. Bien sûr, ce n’était pas facile tous les jours : les regards portaient sur les festivaliers n’étaient souvent pas de bonne augure. Notre métier était très mal vu par la société, et l’Eglise diabolisait ceux qui vivaient sur les routes, subsistant grâce aux différents spectacles et autres babioles qu’ils vendaient durant les festivités. De plus, les saisons ne nous faisaient pas de cadeaux. Nous avions perdu beaucoup des nôtres durant des hivers trop rudes, ou des étés trop chauds.

Perdu dans les méandres des préparatifs, je n’avais pas vraiment eu le temps de répondre aux questions posées par nos amis. Concentré comme je l’étais, j’avais à peine rigolé, tout juste souri, lorsqu’Ariel s’était amusée avec les têtes des automates. Certains diront que je prenais mon travail beaucoup trop au sérieux. Et ils avaient raison. Je savais à quel point tout ceci était important pour la troupe. Et l’idée que l’hiver serait des plus rudes cette année ne m’aidait pas à trouver un semblant de tranquillité. Je soupirais. Linus s’approcha de nous, des gourdes d’eau fraiche à la main. Il en tendit une à Zenn, une à Ariel, et s’assit à côté de moi. Il se racla la gorge pour me sortir de mes pensées, mais se ne fut pas suffisant. Il passa l’un de ses bras autour de ma taille et m’attira contre lui. Je me laissais faire, docile. J’aimais particulièrement quand il s’occupait de moi. J’avais envie d’être unique pour sa personne. Je posais ma tête sur son épaule. Il déposa un baiser sur mon front. De nous deux, c’était lui l’homme raisonnable, ancré dans la réalité. Je finis par demander :

❝ ▬ Dis, grand frère, est ce que Zenn et Ariel pourront rester un peu avec nous ? Ca serait cool qu’ils dorment à la maison. On pourra même faire des jeux de société. Ils seront nos invités, et on pourra leur faire visiter l’envers du décor, qu’est ce que tu en penses ? Je sais, je sais, on gardera le secret de fabrication de nos spectacles. Grand-père a dit que, de toute façon, un secret était un secret, et qu’on ne pouvait le partager que si nous étions sûrs des bonnes intentions de nos interlocuteurs. Je doute que nos amis veuillent un jour se dédier à la vie itinérante… En fait, ils pourraient tout à fait le faire, mais nous devons préserver nos idées pour éviter qu’elles tombent dans les mains de nos concurrents. Je dois avouer que nous sommes un peu tous dans la même galère, nous, les comédiens itinérants, mais il faut bien tirer notre épingle du jeu. C’est triste à dire, et même si nous nous entendons tous plus ou moins bien, nous formons tout de même une grande famille. Je pense que nous devrions faire une coalition où les informations circuleraient librement. Tu vois ? Je ne pense pas que nos secrets soient en danger s’ils restent au sein des compagnies. Nous pourrions apprendre plein de choses. ❞

❝ ▬ Ton imagination est débordante, comme d’habitude, mon grand. Tu sais, tu devrais soumettre tes idées à Isa. Elle les transmettra aux Anciens de la troupe. On pourrait avoir accès à d’autres univers, et je suis sûr que cela te plairait. En attendant, Zenn t’a posé quelques questions depuis le début du montage. La politesse voudrait que tu y donnes suite. Tu ne crois pas ? ❞

❝ ▬ Oui, mais on peut les inviter à faire dodo à la maison ? J’ai bien peur que seules les chambres les plus chères ne soient pas encore louées. Nous sommes en pleine saison, et il faut souvent réserver des mois à l’avance. Et, sans vouloir te manquer de respect, Zenn, je ne pense pas que les prix proposés soient dans tes moyens. A moins que vous ne comptiez rester qu’une journée… Ou dormir à la belle étoile. Tu dois le savoir mieux que personne, des personnes seules sont des proies faciles pour les brigands et les voleurs en tout genre. Mieux vaut que vous restiez avec nous le temps des festivités. Et puis, ça fera une occasion pour qu’à travers nous, nos guildes respectives se rencontrent et coopèrent. Qu’est ce que tu en penses ? ❞

❝ ▬ Ne crois-tu pas que tu vas un peu vite en besogne ? Tu espères en beaucoup de choses, mais entre ce que tu penses et la réalité, il y a quand même un sacré écart, mon grand. Ne crois-tu pas que tu pourrais envisager la possibilité que Zenn puisse se défendre seul ? Ou qu’il ait réservé une chambre depuis des mois ? ❞

❝ ▬ Oh non, ces solutions ne me plaisent guère. Ca veut dire que je ne pourrais pas faire un échange de connaissances avec eux. Et puis, ce n’est pas drôle de dormir dans l’un de ces hôtels. Ces auberges sont souvent bondées, et, bien que nous puissions y trouver de joyeux camarades, il n’y a pas assez de place pour la création. En plus, ils font souvent beaucoup de bruits, chantent des airs paillards sur des notes fausses, boivent comme des puits sans fond, sont saoules au point de te faire des propositions indécentes. Non, non, non, même si nous sommes là pour les distraire, il y en a beaucoup qui profitent de ces festivités pour faire les pires bêtises. Je ne serais pas rassuré de laisser Zenn et Ariel se faire une place dans ce monde de brutes. Nous devrions vraiment les inviter. Cela évitera bien des ennuis et des cheveux blancs à beaucoup d’entre nous. Et puis, maintenant, ce sont nos amis. Nous devons les soustraire à ce pan désagréable des festivités… ❞

❝ ▬ Calme-toi mon grand. Tu pars un peu loin. Il y a la milice qui veille au grain, et tu sais très bien que les gardes ne sont pas tendres avec les troubles fêtes. C’est vrai que certains quartiers malfamés de la ville ne sont pas recommandables, même pour un mage, surtout s’il est accompagné de sa petite sœur. Toutefois, cela ne concerne que peu de faubourg. N’écoute pas Alouarn, Zenn. Il est en train de se persuader que nous sommes la meilleure solution pour ta frangine et toi. Ne te sens donc pas forcer d’accepter la proposition qu’il est en train de te faire. ❞

J’ouvris plusieurs fois la bouche, mais Linus vint mettre un doigt devant cette dernière, comme pour m’inciter à me taire. Je fronçais les sourcils, pas content du tout que l’on contrecarre mes plans. Ils étaient parfaits. Tout ce que je voulais, c’est prendre du bon temps avec mes nouveaux amis. Nous avions travaillé d’arrache-pied pour mettre en place la scène et ses décors, et je trouvais ça triste que l’on se quitte sur une telle note. Le médecin reprit :

❝ ▬ Tu sais, mon grand, je sais que tu aimerais être ami avec le royaume entier… Et même avec les pays voisins. Mais, tu ne peux pas accorder une confiance aveugle à tout le monde. Tu tomberas sur des personnages tel Zenn et Ariel, mais, crois moi sur parole, le monde n’est pas bon en soit. Tu peux croire dans le meilleur de l’humanité, mais l’homme ne cherchera pas plus loin que le bout de son nez : nous vivons en marge de la société, et, en tant que festivaliers, nous sommes souvent considérés comme de la pire espèce. ❞

❝ ▬ Moi, je n’ai pas très envie d’écouter toutes les mauvaises nouvelles que tu me donnes, grand frère. Pourquoi ne peut-on tout simplement pas profiter d’une rencontre ? Les autres peuvent avoir toutes les mauvaises images des festivaliers, je ne changerais pas de travail. J’aime vivre sur les routes, les évènements qui s’y produisent sont plus souvent bénéfiques que néfastes, et même si nous vivons parfois dans la peur de se faire agresser sur les chemins de l’impossible, je ne voudrais pas modifier ma vie. Elle est très bien comme elle est. Nous avons encore mille choses à découvrir. Et puis, regarde, il y a encore des gens qui croient en nous. Zenn et Ariel en sont la preuve vivante. C’est pour ces sourires que je veux continuer. Tu comprends ? ❞

Je vins déposer un petit baiser sur les lèvres de mon frère, attrapais une gourde, l’ouvris, et bus à m’en faire éclater la panse. Je poussais un soupir de contentement lorsque je posais la bouteille à côté de moi. Je me frottais le nez, avant de répondre aux questions du mage de Sabertooth :

❝ ▬ J’ai déjà dormi à la belle étoile, mais jamais bien loin des caravanes. Souvent, avec grand frère, quand il fait beau, on s’endort près du grand feu du campement. Bon, je t’avoue que depuis que sa femme et son fils vivent avec nous, on ne l’a pas fait, mais j’aimerais bien qu’on le refasse. C’était cool. ❞

❝ ▬ Serais-tu en train de me faire passer un message, mon grand ? Pourquoi ne me le demandes-tu pas simplement ? ❞



❝ ▬ J’ai bien trop peur que tu me dises non. Et puis, comme je suis un peu tout cassé de partout, ce n’est peut-être pas une bonne idée. Dormir par terre pourrait tout me déplacer. ❞

❝ ▬ Peut-être pas à ce point, mais c’est vrai qu’il faudrait penser à comment t’installer si tu veux, effectivement, que l’on dorme dehors. ❞


❝ ▬ Mais, dis, tu feras dodo avec moi, hein ? Juste tous les deux ? Et un petit peu avec Zenn et Ariel. ❞



Il me sauta dessus et nous roulâmes tous les deux sur les pavés de la place en rigolant, sous le regard, parfois choqué, parfois attendri, de certains passants. Quand j’étais avec mon frère, plus rien n’avait d’importance. J’étais heureux qu’il soit avec moi, juste pour moi. Il m’aida finalement à me relever alors que le reste de la troupe se dirigeait vers nous. Asgeïrd prit la parole :

❝ ▬ Nous allons devoir nous arrêter là pour le moment. Comme nous participons tous au défilé, excepté Linus et Alou’, vous allez devoir rester ici pour surveiller le matériel. Nous repartons avec seulement l’une des deux roulottes. Celle contenant perruques et costumes va rester ici cette nuit. Zenn, je te propose que nous emmenions ta petite sœur pour qu’elle participe aux évènements. Je suis sûr que nous pourrons lui trouver un costume digne de ce nom. Elle restera, bien entendu, avec nous durant la durée du défilé. Cela permettra, si j’ai bien compris, qu’Alou’ et toi vous parliez, en toute convenance, de la mission que vous aurez à effectuer. ❞

❝ ▬ Tout en discutant, nous pourrions commencer à enclencher les mécanismes des automates pour le spectacle. Bien qu’il y ait encore un travail titanesque, nous vérifierons le matériel. Ca sera toujours ça de fait pour demain. ❞

❝ ▬ Je doute que vous puissiez tout faire avant que la relève ne vienne prendre votre place… ❞



❝ ▬ Là n’est pas le but de la manœuvre, Asgeïrd. C’est un moyen comme un autre de « tester » notre ami. On me l’a assez répété, le monde n’est pas tout rose… ❞


❝ ▬ Mon grand, ce n’est pas une raison de traiter Zenn de la sorte. Ne crois-tu pas qu’il nous a prouvé sa loyauté en nous aidant à monter la scène, les décors et les automates ? Je trouve que tu es un peu dur avec lui. Je te suggère de lui présenter tes excuses. ❞

❝ ▬ C’est tout à fait hors de question. Grand-père m’a souvent mis en garde contre les opportunistes. Il doit passer le serment pour aller plus loin dans l’exploration de notre monde. ❞

❝ ▬ Tu ne vas tout de même pas demander à un parfait inconnu de passer le serment qui lui donne accès à une partie de nos secrets ? Linus, fais quelque chose. Ce n’est tout bonnement pas possible. Bien que Zenn et sa petite sœur, Ariel, soient des plus généreux en nous aidant de la sorte, il n’a pas hésité à nous avouer qu’ils étaient, passé un temps, des voleurs. Qui nous dit que l’appât du gain ne va pas les faire plonger à nouveau ? ❞

❝ ▬ Et bien, Béralde, là est toute la question. Mon instinct me pousse à lui faire confiance. Mais, il ne fait pas tout. Même si je dois me baser sur ce dernier pour avancer et prendre des décisions, aussi importantes ou bénignes soient-elles, je vais m’assurer que nous ne risquons rien en leur ouvrant les portes d’un nouveau monde. ❞

❝ ▬ Calmez-vous, les garçons. Ne vous enflammez pas pour si peu. Je pense que la décision de prendre ce risque revient à Alouarn. Nous avons accepté que ces deux jeunes gens entrent sur les terres des festivaliers à partir du moment où ils ont commencé à travailler avec nous. Il est donc normal de s’assurer que nos secrets seront bien gardés avec eux, et là, il faudra bien plus que des mots. ❞

Astrid se tourna ensuite vers Zenn et lui lança :

❝ ▬ Ne te formalise pas pour si peu. C’est une procédure comme une autre pour que nous nous assurions que tu ne fais pas parti de ces malfrats qui pillent et volent les mystères que des générations de festivaliers ont mis en place, pour le bonheur des petits et des grands. Et puis, tu sais, au-delà de vos guildes respectives à Alou’ et toi, c’est toujours bon de savoir que l’on peut accorder une confiance aveugle à quelqu’un. Notre façon de procéder peut te paraître étrange, sournoise, mais nous tenons à faire cela dans les règles de l’art. Crois-moi sur parole, réussis ce que te propose Alou’, et cela t’ouvrira plus de portes que tu ne le penses. ❞

Linus continua :

❝ ▬ Je sais bien que la manière dont t’est présentée la chose n’est pas des plus nobles. Sache néanmoins que cela ne changera rien au fait qu’Alouarn veut trouver un toi un ami. Il ne t’abordera simplement pas de la même façon, bien qu’il restera jovial et accueillant. La proposition que de rester dormir ce soir chez nous tient toujours. ❞

Je me mis à bouder parce que tout le monde y allait de son petit commentaire, et on perdait du temps pour pas grand chose au final. Tout ce que je voulais c’est avoir un nouveau camarade de jeu avec qui partager mes secrets de fabrication. Zenn semblait s’intéresser au fonctionnement des automates, et j’étais prêt à lui ouvrir les portes de ce nouveau monde… S’il accepté de passer le serment inviolable et qu’il se portait garant de sa petite sœur. Elle était encore trop jeune pour comprendre les enjeux de cette soirée : elle n’était pourtant pas stupide, loin de là. Néanmoins, les enfants aiment raconter ce qu’ils ont vu et entendu, même à de parfaits inconnus, et qui sait ce qui arriverait si des malfrats apprenaient qu’une jeune fille sans défense avait les plans d’une invention qui pouvait rapporter de l’argent ? Non, il valait mieux qu’elle parte avec le reste de la troupe, et que cette soirée reste gravée dans sa mémoire. Il n’y avait pas anguille sous roche à aller faire un défilé : et puis, elle était quand même avec des mages aguerris. Asgeïrd et Béralde ne laisseront personne toucher à un seul cheveu d’Ariel. Et puis, Astrid avait aussi un sacré caractère. Elle se comportait un peu comme une maman… Ou une grande sœur. Je ne savais pas trop déterminé. Je finis par me rendre compte que tout le monde me regardait : je regardais de tous les côtés, me demandant ce qu’ils avaient à me dévisager de la sorte. Je n’avais pas écouté la fin de la conversation, et je ne savais pas vraiment où donner de la tête. Linus finit par demander à Zenn :

❝ ▬ Acceptes-tu qu’Ariel parte avec le reste de notre joyeuse petite bande et que nous restions tous les trois ici ? Estimes-tu qu’il te faille des garanties pour laisser partir ta sœur avec, ma foi, des inconnus ? En effet, nous nous connaissons que depuis quelques heures, et nous n’avons rien pour te prouver que nous sommes de bonne foi. J’ai bien peur que tout ceci repose sur cette confiance qu’Alouarn a placé en vous, avant même de vous connaître. ❞

❝ ▬ Dis, grand frère, pourquoi les gens envisagent d’abord le pire avant le meilleur ? On devrait plutôt faire l’inverse. C’est beaucoup plus rentable. Je pense que les hommes seraient plus heureux ainsi. Tu ne crois pas ? ❞

❝ ▬ Tu sais, mon grand, l’humanité ne croit quand ce qu’elle voit. Ainsi, les derniers évènements ne poussent pas à croire en un avenir meilleur. L’homme ne pardonne pas à ses conjoints les faux pas qu’il peut faire. Et puis, tu le sais mieux que personne, tout ce qui sort de l’ordinaire appelle la méfiance d’autrui. On n’aime pas ce qui est différent. On en a déjà parlé, nous n’allons pas revenir sur le sujet. ❞

❝ ▬ Et bien, tout ceci est fort triste. Ils ne savent pas ce qu’ils ratent. Crois-moi sur parole, mes amis imaginaires sont beaucoup plus loquaces que tous ces hommes. ❞


Je me tournais alors vers Zenn, un grand sourire sur les lèvres. Je n’avais pas conscience que mes mots pouvaient me faire passer pour un fou à ses yeux. J’acceptais plus ou moins ma schizophrénie. Et aujourd’hui, c’était plutôt un jour avec. Je lui demandais :

❝ ▬ Es-tu prêt à faire le grand plongeon ? Je répondrais à toutes tes questions une fois que nous aurons réglé certains petits détails. Entre nous, tu ne perds rien. Tu as déjà gagné mon amitié. A toi de voir si tu veux tenter dans le monde des festivaliers. ❞




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 MessageSujet: Re: Le Moulin rouge (PV Zenn)   Ven 12 Aoû - 13:38

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Zenn

Sabertooth

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Le moulin rouge
Alou

Linus était venu nous rejoindre, avec de quoi étancher notre soif. C’est marrant mais la relation, vraiment forte, qu’entretenait Alou et son frère, te faisait penser à celle que toi et Ariel pouvait avoir. C’était comme si le monde d’Alou était son frère et le mien Ariel.

Alou commença à parler, apparemment, il voulait qu’on passe la nuit avec eux. C’est vrai qu’avec notre budget serré, malgré une nette amélioration par rapport à avant Sabertooth ( au moins, nous ne sommes plus obligés de soulager quelques passants de leurs joyaux pour pouvoir manger ), nous n’avions pas prévu de dormir dans un hôtel pour le festival. Les toits de la ville fournissent des abris parfois bien plus sûrs qu’une chambre miteuse dans un hôtel douteux. Mais si les festivaliers étaient d’accord, rester avec eux pour la soirée ne pouvait qu’être amusant et enrichissant. D’autant que je commençais à les apprécier ces gens.

Surtout Alou, avec sa spontanéité et ses manières parfois étranges, il respirait l’innocence, les gens devaient vite s’attacher à lui.

Pendant qu’Alou parlait des secrets des festivaliers, Ariel me tira la manche. Elle semblait un peu perplexe.

« -Dis Zenn, pourquoi il parle de secret ? C’est mal de les aider et de voir ce qu’ils font ? »

Souriant, je lui caressai gentiment la tête.

« -Non Ariel, pas du tout, c’est juste qu’ils doivent garder certaines choses secrètes, pour conserver la magie de leurs spectacles. »

Alou a gentiment fait comprendre à son frère qu’il aimerait bien dormir un peu à la belle étoile, et pendant que les deux se roulaient par terre en rigolant, Ageïrd commença à parler du défilé, il proposa même d’emmener Ariel avec eux pour qu’elle participe aussi au défilé.

L’idée était séduisante, d’autant qu’Alou jugeait bon que je l’aide pour enclencher les mécanismes des automates.

Un rapide coup d’œil vers Ariel suffit pour se rendre compte qu’elle n’attendait qu’une chose : participer au défilé. Tournant à nouveau mon attention vers les festivaliers, je fus intrigué par cette histoire de serment, et de « test ». Comptait-il vraiment me montrer certains de leur secret ? C’était intriguant et excitant à la fois. Décidemment, ce festival nous réservait un programme…plein de surprises.

Ce que soulevait Astrid, la femme du frère d’Alou, n’était pas faux. Même si vous étiez honnêtes Ariel et toi, d’autres ne le sont pas forcément, et au vue de votre passé de voleur, ils ont toutes les raisons du monde de se méfier. Opinant du chef, je suivis le reste de la conversation, jetant de temps en temps un coup d’œil à Ariel, qui elle ne semblait pas vraiment comprendre la situation. Elle devait certainement déjà être en train d’imaginer le défilé.

Voilà donc ce qu’ils me proposaient, entrer dans le monde des festivaliers, passer de l’autre côté de la scène, et en échange, ils demandaient ma franchise et ma discrétion. Un acte de confiance impressionnant. Je réfléchis un instant, puis je me lançai.

« -Vous savez, il est vrai que rien ne peut prouver que vous ou moi soyons dignes de confiance. Mais je pense qu’Alouarn n’est pas le genre de personne qui soit capable de nous mentir et de nous mener en bateau. A vrai dire, je pense même qu’il soit incapable de toute malice, il sort de l’ordinaire, c’est certain, mais dans le bon sens. Et c’est quelque chose que j’admire et qui me pousse à vous et lui faire confiance. Je pense donc qu’Ariel se fera un plaisir de participer au défilé avec vous, à vrai dire, je pense qu’elle en rêve depuis un moment. Et ce serait un véritable honneur que de découvrir votre monde, soyez certains que rien ne sortira de ma part, ou même de celle d’Ariel, je m’en porte entièrement garant. »

Je m’interrompis un instant pour reprendre.

« -Pour ce qui est de rester pour la nuit…à vrai dire, on n’a pas vraiment l’habitude de décider d’où nous allons dormir à l’avance, les combles des toits des villes font de bons refuges, tout comme l’herbe d’une clairière, mais c’est avec grand plaisir que nous partagerons une soirée et une nuit avec vous. »

Ariel, tout sourire, bondit à ces mots.

« -Ouais et on fera des brochettes !

-Aha ouais, pourquoi pas Ariel. Bien, si cela vous va également, je pense qu’on devrait s’y mettre non ? »

Les festivaliers se levaient pour aller là où les attendaient leurs tâches, je pris Ariel à part un instant. Me penchant vers elle, je la fixais droit dans les yeux.

« -Bien Ariel, tu vas aller avec Asgeïrd et les autres, ils s’occuperont bien de toi. Mais on n’est jamais trop prudents, tu sais comme moi que tout ne se passe pas toujours comme prévu. Tu as toujours le lacrima qu’on avait acheté ? »

Souriant, elle pointa du doigt le lacrima incrusté dans le pendentif qu’elle portait.

« -Qu’est-ce que tu crois grand-frère ? Je ne perds j-a-m-a-i-s rien !

-Mouais, c’est ça, passe le moi deux secondes, il faut que je te le recharge. »

Prenant le lacrima, je déversai lentement ma magie à l’intérieur. Ariel n’étant pas encore capable d’utiliser la magie, c’est le meilleur moyen que j’avais trouvé pour qu’elle ait un moyen de défense.

« -Bien, voilà, n’oublie pas, tu n’as qu’à le tenir dans ta main, et penser très fort aux deux sorts qu’il contient. Et uniquement s’il y a une situation d’urgence hein.

-Mais les monsieurs vont s’occuper de moi non ?

-Oui comme je te l’ai dit, mais on n’est jamais trop prudents, il peut y avoir des gens malintentionnés dans la foule, ou parmi les autres troupes de festivaliers, et je ne serai pas là pour veiller sur toi.

-Bien, je ferai attention.

-Allez va les rejoindre, ils t’attendent. »

Me relevant, j’observai Ariel rejoindre Asgeïrd et les autres. Me tournant alors vers Alou, je déclarai :

« -Alors ? Par quoi on commence ? »

-

Ariel partit en courant rejoindre Asgeïrd et les autres festivaliers qui allaient se préparer pour le défilé. Elle regrettait un peu de ne pas pouvoir être avec son frère Zenn, mais d’après ce qu’elle avait compris, il allait faire un truc important avec Alou, le genre de truc qu’il valait mieux lui laisser. Elle devait se concentrer sur le défilé, elle devait être la plus belle pour que Zenn soit fier d’elle ! Toute joyeuse, elle suivi les festivaliers dans la roulotte qui devait rejoindre le camp. Tout au long du trajet, elle harcela Asgeïrd de questions sur le défilé, elle voulait savoir le thème, les couleurs, le nombre de participants, comment ça allait se passer, allaient-ils avoir un char, etc…
Plus ils approchaient du camp, plus elle semblait sur le point d’exploser, se retenant de sauter de la roulotte pour courir jusqu’au camp et découvrir les costumes qu’ils allaient utiliser.

Une fois les festivaliers et Ariel arrivés au campement, elle ne lâcha pas Asgeïrd d’une semelle, toute excitée à l’idée d’enfin voir et choisir un costume pour le défilé. Elle ne put s’empêcher de penser un instant à ce que faisait son frère de son côté, ça avait l’air d’être quelque chose qu’Alou prenait très à cœur. Est-ce que Zenn sera là pour la voir défiler ? C’était tout ce qui importait pour elle au final.

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