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Condoléances [Abi]
 MessageSujet: Condoléances [Abi]   Mer 9 Mar - 19:34

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Adrien Campbell

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Condoléances
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Au village d'Isais, tout le monde se connaît. Les gens se saluent le matin dès qu'ils se croisent dans la rue, ils sont heureux, ils aiment vivre dans leur village. Lorsque Golden Crown a décidé qu'il s'agirait de son quartier général, la guilde a conclu un pacte avec ses citoyens : des jewels pour tout le monde à la condition que personne ne laisse échapper la présence de la guilde en haut de la colline dans l'immense manoir qu'on croyait abandonné. Golden Crown a vu le jour grâce aux fonds cachés et aux trésors de Black Jack. En plus de cela, elle vit à tous les jours grâce à la taxe imposée aux citoyens par le maire du village pour l'entretien des routes et la construction des bâtiments. Mais cette taxe est échangée par les services de protection de Golden Crown et de son Roi et de sa Reine. Étant loin des villes importantes ou des sites touristiques, la présence du couple royal fait certainement le bonheur des citoyens qui ne se sentent, ainsi pas oubliés par la Royauté officielle de Fiore. Ça leur fait un sujet de conversation et ils croient fermement en la protection de la guilde et ils savent que si le mot se propage à l'extérieur, il pourrait avoir des conflits à l'intérieur. Cela imposerait une hausse des taxes et un sentiment de sécurité beaucoup moins réconfortant.

Le soleil n'a pas atteint son apogée. Environ deux heures doivent s'écouler avant le repas du midi. Tout le manoir est déjà bien réveillé. Certains sont déjà partis s'affairer avec leurs missions personnelles alors que d'autres s'affairent à leurs tâches quotidiennes comme le ménage et la préparation du repas prochain. Pour ma part, j'ai commencé ma journée avec un bon bain chaud et un massage. Il n'y a rien de mieux que cela pour passer une journée des plus exquises... J'ai pris un petit-déjeuner avec des agrumes qu'ils font pousser tout près de la forêt et des oeufs des poules de ces fermiers fort généreux. Puis, me voilà assis au fond de mon trône à siroter mon premier thé de la journée, à patienter le retour d'un de mes espions ou bien celui de ma douce et tendre Ohatsu...

Les villageois l'ont bien vue la demoiselle qui vient d'entrer, de franchir le premier pâté de maisons. Un homme avec sa charrette l'aperçoit et la salue chaleureusement et lui demande même comment ça va. Des curieux se penchent à leur fenêtre. La rumeur a déjà fait le tour. « Une touriste, ici? » Personne ne vient jamais ici, il n'y a rien à voir. Même cette église brûlée en reconstruction n'attire plus aucun curieux. Alors qu'est-ce qui l'amène ici? Un peu plus loin, un des As du Roi fait aiguiser son arme chez le forgeron. Il l'a vue, il fronce les sourcils et il trouve ça bizarre. Il la rejoint, l'arrêtant presque sur son chemin de son imposante stature et se la joue comme s'il faisait partie de la milice du coin. « Je peux vous aider mademoiselle? »

Le mot s'est déjà rendu aux oreilles de Terence qui veille toujours sur sa précieuse fenêtre. D'où il est, l'activité au village paraît tout à fait normale. Alors qu'est-ce qu'une femme seule viendrait faire ici si elle n'est pas là pour marchander avec les agriculteurs? Il trouve alors important de m'informer de la situation. Je trouve cela curieux, mais je souris à mon garde du corps et lui dis en toute innocence. « Mais invitez-la donc! » Terence qui s'est prosterné relève la tête. Il parle entre ses dents parce qu'il trouve ça absurde: « Votre Majesté, ce serait risqué. Golden Crown n'est pas prête à faire parler d'elle... » Je dépose ma tasse sur le bras de mon trône et m'avance vers lui pour lui poser une main sur l'épaule. « Allons... Depuis notre épisode glorieux à Bosco, je crains que Golden Crown ne soit plus un secret pour personne, ne crois-tu pas? » Il se contente d'acquiescer de la tête avant de s'excuser et quitter la salle du trône pour faire parvenir l'invitation à la dame qui s'est sûrement égarée en cherchant les plages touristiques...

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 MessageSujet: Re: Condoléances [Abi]   Mar 26 Avr - 16:27

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Abigail Phoibos

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Le goût du néant
❝Par toi je change l'or en fer et le paradis en enfer❞


La tempête s'abat un jour dans la fenêtre de l'âme, elle s'y engouffre et y expulse les murs contre les parois de l'esprit jusqu'à l'en meurtrir et l'assécher comme un fruit pourri, condamné à se faire ronger par les regrets et les vers. Elle se sent desséchée, Abigail, même si ses sourires ne se brisent jamais, son esprit s'est dissout et s'est éparpillé dans l'univers. Elle erre sur la terre, la vengeance au cœur et la haine aux poings, enchaînée à la honte de n'avoir jamais pu sauver et protéger ceux qui faisaient son monde.
Mais même ses rencontres, au fond, n'efface pas le vide qui s'est installé en elle comme une gangrène. Enfermée dans ses propres murailles pour se protéger du monde, s'accrochant dans ce mutisme qu'elle a invoqué comme terre promise. Elle s'est fracassée dans le temps, Abigail, vivant comme un spectre, lâchant l'édifice de ses principes et les valeurs que sa guilde lui a inculpé.
La mort de Bob a, indéniablement, entraînée la sienne.

« Écoute, Abigail, j'ai entendu des dires. Des rumeurs et j'ignore si elles sont vraies. Mais pour ôter ce qui te hante, il faut que tu y ailles. Vers le sud de Fiore, non loin de l'Archipel, il y a peut-être un des hommes que tu cherches. Je ne suis sûr de rien, mais au cours de mes voyages, je me suis intéressé au monde qui m'entourait. A ton tour de faire de même. Vas-y. »

Ce sont les paroles d'Ellio qui lui reviennent, comme une vague de souvenir, lorsqu'elle doute de ce pourquoi elle est ici. Comme si l'autopsie de sa vie dépend de ce voyage et de ce qui en résultera, comme si Ellio, tente par des moyens habiles et variés, de la ranimer entre les vivants et de lui faire oublier les morts.
Abigail est la courbe de l'épée, avec cet éclat d'ambition et de loyauté, elle protège et détruit.
C'est ce qu'Ellio aimerait qu'elle redevienne. Cette Dame de Fer qui a été forgée dans l'acier le plus tranchant et qui s'est laissée rouillée, rongée par les sanglots des autres. Il souhaite qu'elle revienne et qu'elle apprenne encore, elle est bien trop jeune pour se laisser périr.

Secouant la tête lentement pour chasser ses pensées, et après des jours de recherches. Les mots soufflés par Elilo se sont retrouvés dans les lèvres d'autres. L'on parle d'un homme qui bientôt, deviendra grand. Un homme si grand, dont la bonté et la paix exhume de lui tel un parfum. Alors Abigail, pendant quelques jours, suit à la trace les vestiges de ces légendes pour enfin arriver devant un village. Le doute la prend subitement, comme un tremblement de terre.

Mais qu'est-ce que je fais ici ?
Pourquoi ?

Ses sourcils se froncent douloureusement. Abigail traque les fantômes de Légion mais sa paume se referme constamment sur du vide.
Inlassablement.
Alors elle s'engouffre comme une rafale encore muette dans le village d'Isais, cherchant sur les traits des gens de la peur ou du doute. Quelque chose qui la mettrait sur une piste, n'importe laquelle. Son questionnement ne se confronte qu'à des sourires ou de la politesse, alors elle répond avec l’automatisme qui sied, sourit et s'évapore de ses lèvres des prétextes aussi brumeux que de la fumée. Mais Abigail n'est pas idiote, elle sent que sa présence intrigue et les yeux se posent sur elle comme si elle était un aimant à question.
C'est le torse d'un homme qui lui fait barrage et lever la tête. Il n'est pas là pour la saluer, sa rigueur est celle de ces hommes bardés d'une volonté de fer.
Elle sourit pour désamorcer la tension entre eux, immédiatement.

« Je suis Abigail, une ancienne mage de Blue Pegasus. »

Elle contourne les mensonges, elle ignore si sa réputation est connue ici et préfère ne pas se faire remarquer.

« Je cherche quelqu'un.  »

Ses yeux scrutent les siens, comme si elle tente à détecter le moindre indice quant à la finalité de sa phrase. Elle ne sait pas si l'âme qu'elle recherche n'est qu'un fantôme ou s'il est encore fait de chair et d'os. Elle ne sait pas qui elle peut trouver ici, Frost l'épouse de la glace, Jiro le marionnettiste ou encore Adrien Campbell, l'homme à la peau grise, ou encore celui qu'on nommait la mort noire.

« Mais j'ignore où le trouver, on m'a conseillé de venir ici. »

Un léger silence qui est comme la caresse d'un flottement.

« Et pas que pour le chercher, pour les plages aussi. »

Sa phrase se ponctue d'un sourire, elle ignore si l'homme se targue de méfiance vis-à-vis d'elle mais ça n'a plus vraiment d'importance.
À vrai dire, elle n'a plus grand espoir.
Ce village est bien trop paisible pour accueillir en son sein un ancien mage noir, général de Légion.

©junne.

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 MessageSujet: Re: Condoléances [Abi]   Lun 2 Mai - 19:35

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Adrien Campbell

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Le garde au regard dur comme le fer continue de la scruter par méfiance. Il l'écoute parler, se présenter et dire pourquoi elle est là. Une mage de Blue Pegasus ici qui aurait un air aussi sympathique que celui-ci, c'est étrange tout autant que sa présence sur cette île au milieu de nulle part. Il l'écoute sans rien dire, « chercher quelqu'un » est un but plutôt vague auquel il ne saurait répondre dans l'immédiat. Qu'est-ce qu'il devrait faire? Qu'est-ce qu'il devrait lui répondre? Sa dernière phrase semble avoir brisé la glace. Un sourire mi-forcé, mi-franc écarte la pointe de ses lèvres de droite à gauche. « Eh bien pour les plages, vous êtes servie! Surtout que les touristes se font rares dans la région alors il est clair que vous aurez la paix. »

Terence arrive dans la foulée en courant derrière lui. À bout de souffle, c'est sa respiration qui marque son arrivée et qui fait se tourner sur lui-même le colosse vers lui. Il se demande bien ce qu'il fait-là. Terence se met sur la pointe des pieds et chuchote à l'oreille du grand soldat. Quand son message a été transmis, il se retourne vers la mage aux cheveux de blé et s'incline respectueusement vers elle avant de repartir aussi vite qu'il est arrivé. « Peut-être que notre Roi saurait vous aider dans votre quête. Il est plein de ressources... » Il la regarde dans son expression neutre habituelle en attendant sa réponse. Si elle accepte, il lui tendra le bras tel un gentleman pour la guider vers le manoir mais autrement, il la laissera se prélasser sur la plage.

****

Terence arrive à la course au manoir et s'écroule sur les tuiles de marbre du plancher. Il n'arrive plus à respirer ou presque. En le voyant ainsi, je suppose que mon message a été transmis. Bien qu'il ne soit pas d'accord avec toutes mes décisions, il reste un homme de confiance. Je me lève de mon trône en attirant une servante d'un geste de l'index. « Vas nous préparer du thé s'il-te-plaît » Elle s'incline et quitte la salle du trône en direction des cuisines. J'élève les bras dans les airs pour m'étirer. Je quitte la salle en marchant, serein, zen et souriant. Je marche dans les couloirs les mains dans le dos, me rends au rez-de-chaussée où ma servante est déjà prête avec la théière et deux tasses sur son plateau. Je lui fais un signe de tête pour qu'elle me suive. Elle hésite, c'est rare que je demande à ce qu'elle me suive. Peut-être a-t-elle peur, peut-être ne sait-elle pas si elle devrait vraiment quitter le manoir. Je lui souris encore plus et lui fais un geste plus insistant. Elle danse un peu sur place avant de finalement me suivre. Arrivé devant les grandes portes de l'entrée, mes gardes les ouvrent, libérant ainsi les rayons vers l'intérieur. Quelques pas vers la sortie, les pieds sur l'herbe longue, ma servante un peu en retrait, j'attends patiemment si mon invitée daignera se montrer.

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 MessageSujet: Re: Condoléances [Abi]   Ven 24 Juin - 21:39

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Abigail Phoibos

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Les larges épaules de l'homme pesaient contre le ciel, comme s'il portait le centre du monde du haut de sa stature colossale. Abigail observa ses traits avec une certaine attention, délaissant sa peau d'indifférence pour un temps lorsqu'il lui jeta quelques informations à la volée, cherchant à récupérer un indice qui l'amènerait au général qui avait jeté les racines de la haine dans son cœur, gangrénant un fruit pourri et indigeste, qui contamine tous ses organes malades dans une seule et unique quête vengeresse.

Le mal de l'âme est le plus lourd des maux parce que le temps ne l'apaise jamais, il ébranle en permanence les remous de la rancœur et de l'impuissance. Abigail préfère renier sa vie, faire tomber la tête des bourreaux de son existence pour tenter de trouver la paix qui ne l'habite plus. Abigail ne veut plus ressentir cette haine passionnelle et dévorante envers les autres, alors elle cherche sans but précis, espérant se perdre pour mieux se retrouver.

Elle hoche la tête poliment, par respect.
Puis un maelström intrigué agite son esprit frénétiquement. Un Roi ? Ici ? Un homme de pouvoir réside ici, régnant dans le plus grand des silences. Abigail ignorait son existence.

_ Je vous remercie pour votre hospitalité, si votre Roi m'accepte pour écouter ma requête, je vous en serais réellement reconnaissante. L'homme lui offre son bras pour qu'elle puisse y prendre appui, peu accoutumée à ce genre de pratique gentleman, Abigail le saisit avec une certaine maladresse.

Il l'escorte jusqu'à une route pavée de dalles, très bien construite. Abigail regardant droit devant elle en voyant l'esquisse du manoir à l'horizon comme une fatalité. En chemin, ils croisent une personne qui affirme que le roi a entendu parler de sa présence en ville et qu'il souhaite la rencontrer. Les pensées se bousculent comme une immense vague déferlante ; cet homme semble être gorgé de ressources, elle qui espérait être tapie dans un lambeau d'anonymat, sa présence était comme l'épicentre d'un tremblement de terre.

_ J'imagine que vous n'avez pas l'habitude des étrangers. Lâche-t-elle, comme une simple constatation, intriguée par le fonctionnement de cette contrée de mystère, sous le joug d'un autre homme qui a décidé de ne pas respecter l'allégeance à la jeune reine. Elle glisse habilement une mèche derrière son oreille. La politique est semblable à des rites de religion, elle façonne les hommes mais Abigail tient à s'en tenir à bonne distance, trop de loups déguisés en agneaux sont cachés en son sein.

_

Dans le hall du Manoir, Abigail se perd dans toute cette noblesse, cette force qui anime les lieux comme un véritable chef d'œuvre. Abigail regarde autour d'elle, subjuguée par ces tapisseries qui jonchent les murs comme une seconde peau.
Magnifique.
Elle attend la venue du Roi ou d'un autre de ses serviteurs pour être conduite à lui. Elle reste dans cet endroit trop grand pour elle, semée de tableaux et de soldats qu'elle observe en silence.
Soudain, elle se tourne et un frisson étrangement familier la secoue et c'est comme si elle on l'avait jeté contre un mur. Il a l'air d'un conquérant, qui parcoure les terres de son empire, habillant sa posture d'une parfaite humilité. Abigail n'arrive pas à comprendre ; un sentiment mitigé germe dans son cœur. Cet air familier l'obsède mais elle ne reconnaît pas ses traits, elle le fixe étrangement.
Puis reprend brutalement ses esprits comme si elle émergeait d'un coma et courba légèrement ses épaules vers l'avant.

_ Excusez-moi ! J-J'ai cru que nous nous connaissons, l'espace d'un instant. Je m'appelle Abigail...

Elle redresse légèrement son buste, laissant un léger sourire discret arborer ses lèvres.

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 MessageSujet: Re: Condoléances [Abi]   Sam 25 Juin - 3:30

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Au loin, sur l'horizon, des silhouettes se dessinent et nagent comme des poissons dans l'eau. Une jambe après l'autre, la tête rivée dans la même direction. Terence arrive à mes côtés à bout de souffle et m'avertit de leur arrivée. Mes pieds fauchent le sol et je retourne à l'intérieur afin de l'accueillir comme il se doit. Je suis ravi qu'elle ait accepté l'invitation... et aussi que sa présence dans cette ville n'ait pas causé de tornade dans le coeur de ces villageois. C'est calme, trop calme pour quelqu'un de l'extérieur mais pour nous, c'est paisible, harmonieux et chaleureux. C'est chez nous, rien de moins. Le vent berce les brindilles et les cheveux de la pauvre femme qui me suit avec le plateau, soudainement aveuglée par ses propres mèches. Je m'empresse de m'approcher pour lui dégager la vue avec délicatesse, tout sourire.

Nous pénétrons le manoir et nous dirigeons vers la salle de trône là, où mon garde du corps viendra sûrement la guider. La teneuse de plateau, rougissante de timidité me suit à petits pas et se tient juste à côté de moi alors que je prends place sur mon grand siège. Seul. Le marbre de la demeure se voit ensuite honoré de la présence de l'ancienne Pégase qui admire les lieux comme s'il s'agissait d'un musée. À son entrée, elle commence par s'excuser. Un peu maladroite? Ou bien dois-je lui redresser cette mémoire en place? Je lui souris alors qu'elle se courbe avec politesse. Je fais signe à la jeune dame au plateau de se rapprocher de la Pégase avec la théière et une tasse. En toute innocence, je lui demande :

« Thé? »

La servante aux longs cheveux d'ébène lui tend la tasse dans une soucoupe avant de revenir vers moi pour refaire le même geste. Thé entre les doigts, mon ton de voix devient un peu plus inquiétant. Pas mystérieux, pas malin, seulement un peu plus triste. « Laissez-nous. » Parce que je sais ce qui s'en vient. Le garde et la servante s'inclinent, les musiciens font de même tout comme la femme de ménage qui époussetait le dessus d'un portrait au fond de la pièce. Les grandes portes se referment derrière eux, nous voilà seuls. Je bois une gorgée pour prendre le temps de peser mes mots puisque je ne sais pas par où commencer...

« Abigail Phoibos, je sais qui vous êtes. Sachez qu'aujourd'hui comme dans le futur, je ne suis pas votre ennemi. »

Une autre microgorgée avant de déposer la tasse sur le bras du trône et de me lever pour descendre les deux marches qui me séparent de son niveau. « Nous pourrons êtes amis, mais je pense qu'aujourd'hui, j'aurai le rôle de livre ouvert. » Je m'avance de quelques pas avant de me stopper à quelques mètres d'elle et de la regarder droit dans les yeux, le visage complètement neutre d'émotions, la voix franche et posée, je commence : « Autrefois... » Dans une lumière brillante, l'Adrien Campbell qu'elle a connu, le zombie, le cannibale assoiffé de meurtre apparaît. Imitant seulement un corps en attente d'un ordre quelconque, je poursuis : « ...j'étais cela. Pris dans une malédiction qui m'a poussé au bout du gouffre et qui m'a traîné jusque dans les bras du Mal Incarné. Oui Abigail, nous nous connaissons. »

Je fais disparaître le double qui me représentait au moment de l'attaque de Légion. Je pose mes mains derrière mon dos, n'avance pas et je continue : « Je suis Adrien Campbell, ancien mage de Legion... sous son apparence véritable. » Je sais que c'est risqué. Une femme de cette stature telle que la Dame de Fer s'avère à être un adversaire dangereux. Cependant, ainsi à découvert, l'air calme, disposé à répondre à toutes ses questions, peut-être saura-t-elle se montrer diplomatique? « On m'a informé que votre présence ici n'est pas un hasard. Est-ce que je peux vous venir en aide pour quelque chose? »

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 MessageSujet: Re: Condoléances [Abi]   Sam 5 Nov - 15:48

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Les espaces étaient trop grands pour Abigail, les murs habillés de tapisseries et des tableaux, les couloirs semés de gardes et valets – qui étaient prêts à se donner corps et âme pour celui qui régnait dans ces lieux. Abigail n’avait pas l’habitude, parce qu’elle n’avait connu que les murs de sa guilde.
Sa mâchoire se crispa comme secouée d’une douleur atroce.
Une jeune femme s’avança vers elle – alors qu’une voix lui intimait si elle désirait du thé. D’un hochement de tête, elle accepta en se saisissant de la tasse. L’effluve chaude vint lui effleurer les lèvres – mais elle ne boit pas – pas encore, gênée, peut-être par l’ambiance presque religieuse qui y régnait.
L’homme dit la connaître, Abigail fronce imperceptiblement les sourcils en gardant une attitude en apparence calme, chassant ses doutes dans un fond de son âme.

_ [color=IndianRed]Qui êtes-vous ? [color=IndianRed][b] Questionna-t-elle, presque du bout des lèvres, échappée comme un murmure. [b]Pourquoi ai-je l’impression de vous connaître ?

En guise de réponse, un général de Légion apparût comme une onde de choc, faisant lâcher la tâche d’Abigail qui vint s’écraser au sol, se brisant en éclat de porcelaine. Son poing se mit à trembler de manière incontrôlable – habitée d’une fureur divine, prêt à se fondre sur celui qui avait mis à feu et à sang sa guilde, qu’elle chérissait avec autant de ferveur qu’une nonne.
Mais son âme s’affole et son cœur s’agite comme un incendie à entre ses deux poumons, réclamant vengeance et le sang de ceux qui ont fait tomber son père et ses frères.

_ Adrien Campbell, c’est vous, c’est vous ou l’un de ceux qui formait Legion que je cherchais. »

Elle prit une profonde inspiration – ne te montre pas faible face à lui, ne daigne pas poser les genoux au sol et te laisser à pleurer, tu es plus forte que ça. Ne pas se démonter – ne pas se démonter.

_ J’étais venue pour vous tuer, vous et les autres.

C’était lâché comme ça, comme une bombe de mots aussi violents que les poings. Mais ça ne sonnait pas comme une menace, juste une pensée qui l’habitait.

_ J’étais venue chercher vengeance.

Un silence. Elle posa sa main sur son cœur.

_ Pour apaiser ce qu’il se passe ici.

Elle restait silencieuse un moment.
Des moments de douleurs - dans son cœur s’abat l’averse, ses cognements se lamentent contre sa poitrine.
_ J’avais tellement envie de vous faire payer ce que vous nous avez fait.
Mais elle s’en veut,
Parce qu’elle n’arrive pas à lui sauter à la gorge.

©junne.



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 MessageSujet: Re: Condoléances [Abi]   Lun 5 Déc - 19:17

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Adrien Campbell

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La tasse glisse de ses mains dans un fracas épouvantable. Quel gâchis, ce thé était parfaitement infusé... La surprise l'a figée sur place, elle cherche à se contrôler, à dire des mots qui sauront exprimer ce qui pèse sur sa conscience, mais je sais mieux que personne que les mots ne suffisent jamais à exprimer complètement un état d'âme. Je n'aurais jamais été capable d'expliquer que mon âme se faisait consumer peu à peu par le mal qui me contrôlait ou l'amour que j'ai éprouvé pour Ohatsu... ni le chagrin qui a suivi sa mort. Elle dévoile la raison de sa venue sur cette île : elle cherchait justement des mages de Legion. Je n'ose même pas tenter d'imaginer la raison de ce souhait et de toute façon, elle poursuit en évoquant la dite raison... c'est bien ce que je craignais.

Ses poings tremblent, son coeur doit battre à tout rompre, son envie de voir ma tête rouler doit la ronger, mais je ne réagis pas... pas sur le coup. Je laisse la poussière retomber devant des mots aussi pesants. Elle cherche vengeance, elle est assoiffée de sang, elle veut la justice, calmer son état d'esprit, son coeur et sa tête qui doivent lui sommer de m'écraser sous ses poings.

« Abigail, je suis le mieux placer pour vous dire que la vengeance n'apaise pas l'âme. Les conséquences pèsent beaucoup plus lourd que le chagrin et la peine. Vous êtes quelqu'un de bien qui n'a pas à endurer le calvaire du sang sur les mains. »

Je prends une pause pour inspirer et expirer avant de poursuivre :

« Hélas, je ne peux pas réparer les erreurs commises par le passé, ni vous ramener ce que Black Jack vous a enlevé, mais je peux tenter d'apaiser votre âme en vous donnant la possibilité de revoir un vieil ami... »

Mon cou s'illumine d'une brève lumière jaune et devant elle, une nouvelle silhouette s'illumine. Des cheveux de couleur du feu, des yeux vivants d'un braise ardent, habillé tout aussi classe qu'il avait l'habitude de le faire, des bagues aux doigts, il sourit, il sourit tellement qu'il a l'impression que ses joues se déchirent.

« Abi!? »

« Il n'y a pas de tour de magie, il s'agit bel et bien de Diego. Je vais vous laisser un instant... »

Je contourne la jeune femme pour retrouver les portes de la salle du trône. Diego s'avance vers Abigail avec enthousiasme jusqu'à ce qu'il se stoppe, se rappelant soudainement le geste qu'il a commis pour mettre fin à ses jours.

« Je... je suis désolé Abi. Je vous ai causés tellement de chagrin à toi et Damaz... »

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 MessageSujet: Re: Condoléances [Abi]   

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