La vie est un travail qu'il faut faire debout (PV Ohatsu)
 MessageSujet: La vie est un travail qu'il faut faire debout (PV Ohatsu)   La vie est un travail qu'il faut faire debout (PV Ohatsu) EmptyDim 19 Juil - 8:04

Alouarn Grimgorson
Alouarn Grimgorson

Indépendant Légal

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Je suis un comédien Et je suis ma destinée !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Ohatsu Takumi
Résumé • Hiver 791, flashback. Alouarn et sa troupe vont en direction de Crocus, peu après les évènements qui eurent lieu à Magnoria. La route est longue et pénible, mais ils arrivent sans encombre jusqu’à la prochaine ville. Heureux que la chance leur sourit enfin, le sida d’Alouarn passe en stade deux. Ne connaissant pas encore l’origine de son mal, Linus envoie un échantillon de sang à un laboratoire de Crocus. Notre histoire débute au moment où, attendant les résultats, la troupe se prépare à une représentation dans les rues de la ville.



La vie est un travail qu’il faut faire debout !


Mes mains vinrent doucement caresser la tête en bois de l’automate que j’étais en train de confectionner. Il fallait qu’il soit le plus lisse et le plus rond possible. Il représentait une petite fille grandeur nature. Ses traits fins marqués par les coups de burin et la pierre ponce qui venait se jouer de son visage, me dévisageaient d’un regard encore vide. Je pris l’une des pierres et vint frotter cette tête aux allures fantomatiques : la marionnette sera dans son élément une fois habillée et maquillée. Je sifflotais un petit air doux, parfois la musique seule faisait danser ma crinière rouge, parfois quelques paroles venaient étoffer le tout, agrémenter cet art si subtile qu’était la confection d’automate. Je serrais ma ceinture : j’avais perdu cinq kilos dernièrement. Non pas que j’avais perdu l’appétit mais il semblerait que mon corps fasse des siennes. Je soupirais : mon esprit était déjà défaillant, pourquoi fallait-il que ma carcasse s’amuse de la sorte ?

Je fis asseoir la petite fille sur le rebord de la table : en ce moment, mes convictions étaient tels les châteaux de sable sur la plage. Oui, elles étaient balayées par l’océan. Je ne savais plus où j’allais, ce pour quoi j’existais. J’avais besoin que l’on me rappelle à l’ordre, que l’on fasse de moi un homme. Je sortis la peinture du placard et commençais à tracer les yeux. Il ne fallait pas qu’ils soient trop gros, ni trop petits. Je suivais les courbes du bois, laissant filer les poils du pinceau sur le visage chatoyant de… Comment allais-je bien pouvoir l’appeler ? Je souris en pensant à une femme que je n’avais plus vue depuis les évènements de Magnoria. Elle me manquait énormément, mais je n’osais l’avouer. Très bien, Ohatsu, tu allais devoir faire tes preuves en tant que gardienne des clés. Je ne te demande pas de te battre, moi-même je répugne à utiliser la violence pour me défendre.

Il fallait néanmoins apprendre à discerner ceux qui avaient besoin d’une épaule sur qui s’appuyer, et les autres. C’est sur ces autres que je m’arrêterais. Je ne les appréciais pas vraiment. Ils étaient le capitaine de la garde et son second. Ils étaient ces trois hommes qui, de par leurs coups, avaient mis fin aux jours d’une femme et de son enfant. Là, je devais avouer, que c’était en grande partie ma faute. Je n’avais pas tendu cette main à celle qui était dans le besoin. Quelle vie auraient-ils eu s’ils avaient survécu ? Je ne peux qu’imaginer que, de là où ils sont aujourd’hui, ils pourront voyager, voir le monde. J’espérais de tout cœur que cette mère puisse voir le fruit de ses entrailles grandir, sourire, marcher, étudier, s’amuser. S’ils ne pouvaient pas vivre aujourd’hui sur cette terre, j’aspirer à d’autres rêves pour eux : y avait-il une vie après la mort ? Je pensais sincèrement que chaque âme, une fois libérée de son enveloppe charnelle, s’envolait vers d’autres cieux, d’autres horizons.

Je m’étais puni pour mes bavures. S’ils étaient morts, c’était de ma faute. J’aurais du tenter quelque chose pour les sauver. Je suis arrivé trop tard. Et ils ont payé de leurs vies. La mère et son enfant. L’enfant et sa mère. Telles étaient les destinées que j’avais prises. Mes tatouages me le rappelaient. Je posais délicatement mon pinceau, et vins en prendre un autre que je plongeais dans un rose tendre et perçant. Il était temps de faire l’iris. Je laissais le bois guider mes doigts. Je fermais les yeux, alors que Linus entrait avec un plateau où était disposé une théière d’où sortait un fumet des plus exquis, et deux tasses posées respectivement sur deux soucoupes ; deux petites cuillères en argent avaient été disposées sur les coupelles ; et aujourd’hui, nous avions le droit à un peu de miel. Il ne dit rien, laissant cet instant enchanteur prendre le dessus.

Mon regard s’offrit à la lumière. Les couleurs et les contours d’abord sont flous, puis deviennent de plus en plus précis. Je connaissais bien mon métier de marionnettiste. Je travaillais sur le bois depuis plus d’une quinzaine d’années déjà. Mes pensées s’envolèrent vers mon grand-père. Etait-il bien où il se trouvait ? Continuait-il à amuser les gens dans l’au delà ? J’espérais de tout cœur qu’il savait encore faire la fête. C’est lui qui m’avait tout appris. Je lui devais beaucoup. Il m’avait presque tout donné, et pour ça, je le remerciais. Il ne m’avait pas jugé bêtement sur de simples présomptions, contrairement à mes parents, surtout mon père. Ma mère aimait bien trop mon père pour le contredire : c’était malheureux à dire, mais c’était la vérité.

Linus versa d’une main experte le thé dans nos récipients respectifs. Quant à moi, je m’attaquais aux sourcils de mon amie. Je sifflotais toujours un petit air tendre, que mon grand frère reprit en cœur avec moi. Il ajouta un peu de miel dans chacune de nos tasses et porta la sienne à ses lèvres. Il fit la grimace, montrant ainsi que le breuvage était encore beaucoup trop chaud pour être bu. Il s’approcha alors de moi, et passa ses mains autour de ma taille. Je souris lorsque je le sentis contre moi. J’avais passé la matinée sur cet automate, il était temps de faire une pause. Je vins m’asseoir avec lui. Nous étions installés sur deux chaises en bois, faites maison. La table basse était un tonneau de bière vide sur lequel nous avions posé une planche. Le médecin prit la parole, alors qu’il touillait, de manière énergique, ce qui se trouvait dans sa tasse :

❝ ▬ Nous avons beaucoup de choses à faire aujourd’hui. Je crains que tu n’ais pas le temps de te pencher sur ton ouvrage avant tard ce soir. Les Anciens prendront la parole durant le repas de midi. Il est dit qu’ils répartiront les tâches entre les membres de la troupe. Il me semble que nous nous verrons attribués les marionnettes. A moins que l’entretien des roulottes passe avant tout. Nous verrons bien. ❞

Je pris une gorgée du thé que Linus avait si gentiment préparé. Sa chaleur envahit ma bouche, tout comme la bonne odeur qui l’accompagnait. C’était un thé vert aux fruits rouges : celui que je préférais. Je me délectais de cet arôme. Je fermais les yeux alors qu’une nouvelle gorgée se mettait en place dans mon gosier. Je laissais le tout m’envahir, m’habiter, pour profiter au mieux de cet instant. Mon regard vint se poser sur mon grand frère, et je lui répondis :

❝ ▬ Je pense que l’entretien pourra attendre. J’ai entendu dire qu’aujourd’hui nous aurons à faire dans les rues de Crocus. Les frères Arthius nous rejoindrons après le discours des Anciens. Je ne sais pas trop ce que nous jouerons dans les méandres de la ville, mais il va de soi que nous devons gagner de l’argent pour réparer nos roulottes respectives. Je me suis laisser dire qu’il y avait de très bons artisans s’étaient installés dans cette cité, j’espère que nous pourrons négocier les prix. ❞

❝ ▬ J’en ai aussi entendu parler. Il paraît qu’ils appartiennent à une grande chaine de commerçants et que, si la commande était suffisamment grande, ils pouvaient faire de très bons prix sur la marchandise. ❞

❝ ▬ Néanmoins, j’ai des doutes sur la qualité de leurs produits. Oh non, ne me regarde pas comme ça. Laisse-moi t’expliquer. Je sais qu’ils sont très réputés dans tout Fiore pour la valeur de leurs marchandises, mais je ne peux m’empêcher de penser qu’ils ne respectent pas forcément la nature. Qui me dit qu’ils utilisent du bois en fin de vie ou déjà mort pour faire leurs pièces si unique en leur genre ? ❞

❝ ▬ Tout le monde ne respecte pas la nature comme ton grand-père te l’a appris. Néanmoins, ce n’est pas une raison pour les accuser de cette façon. Qui te dit qu’ils ne respectent pas la nature à leur façon ? Il est vrai que le bois jeune et vigoureux est de meilleur qualité que celui qui est vieux et rabougris. Nous avons besoin de ces pièces. Elles sont les raisons mêmes de nos roulottes, Alou’. Tu ne peux pas juger en si peu de temps ces commerçants. Laisse-leur donc une chance. Nous leur demanderons conseils et explications en temps voulu, tu ne crois pas ? ❞

Je fis oui de la tête avant de finir d’une traite mon thé. Le miel donnait un arrière-goût assez agréable. Je me levais et fis mine de vouloir ramener le plateau en cuisine. Linus prit alors la parole :

❝ ▬ Laisse, je m’en occupe. Profites-en pour aller te préparer. Il ne fait pas très chaud dehors. Je te conseille de bien te couvrir. ❞



❝ ▬ Crois-tu que nous aurons le droit de nous déguiser pour le spectacle de rue ? ❞




❝ ▬ Je ne sais pas, mon grand ! Nous en saurons plus lorsque nous aurons assistés au discours des Anciens. Si tu cherches ton pull préféré, il est en train de sécher à la salle de bain. Tu n’as qu’à prendre ton second tricot préféré. Il sera sec demain, je pense. ❞

Nous sortîmes une bonne demi-heure plus tard. Les gens de la troupe avaient déjà commencé à se rassembler au centre du campement. Nous prîmes place sur des fauteuils un peu bancals et nous attendîmes la suite. Au loin, une silhouette féminine se découpait dans la neige fraiche et jeune. Je ne la reconnus pas tout de suite, me raidissant même sur ma chaise, de peur que cela soit encore de mauvaises nouvelles.




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 MessageSujet: Re: La vie est un travail qu'il faut faire debout (PV Ohatsu)   La vie est un travail qu'il faut faire debout (PV Ohatsu) EmptyMar 11 Aoû - 4:06

Ohatsu Takumi
Ohatsu Takumi

Golden Crown [Queen]

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La vie, parfois, elle est si compliquée et parfois, elle est si simple. C'est dur de s'y retrouver.



Emmitouflée dans des couches de vêtements, Ohatsu avançait dans la poudreuse toute fraîche de ce matin. Au fur et à mesure qu'elle avançait, Crocus, la capitale des fleurs se dressait devant elle. A travers son écharpe rouge, de la buée s'échappait à chacune de ses respirations. Voilà plusieurs semaines qu'elle avait quitté la troupe d'Alouarn. Après "l'accident" avec Orihime, la mage n'avait pas souhaiter rester parmi eux. Une mage assurait déjà leur protection, elle n'avait donc pas de raisons de rester. Cependant, étrangement, elle n'avait accepté aucun paiement que les Anciens lui avaient proposé. En retour, ils lui donnaient quelques rumeurs qu'ils avaient entendu, concernant des clefs magiques. Avant de partir, elle avait laissé un mot sur la table, alors que tous dormaient.

Linus, Alouarn,

Je vous remercie pour ces quelques jours, qui certes n'ont pas été très joyeux, mais pourtant, j'ai pu profiter de la chaleur de votre foyer et de vos coeurs. Prenez bien soin l'un de l'autre, on se reverra peut-être bientôt.

Votre tendre amie,
Ohatsu.

Oui, elle n'avait pas parlé des blessures causées Orihime. Ils n'avaient pas besoin de savoir, ils n'étaient pas responsable, elle seule l'était. Elle seule, servira un jour, tôt ou tard, de repas à Serpens... Peut-être se posaient-ils des questions sur son départ précipité, mais elle était persuadée qu'un jour, ils se recroiseront et il est probable que ce jour là, elle leur révèle ses pensées les plus sombres à propos de cette fille.

Alors, qu'elle arrivait aux portes de la capitale, elle passait devant divers roulottes, semblable à celles de la troupe qu'elle avait quitté peu de temps avant. Elle remontait le col de sa veste ainsi que son écharpe, de façon à dissimuler son visage au maximum. Pourquoi une telle réaction ? As-tu honte Ohatsu ? As-tu honte de tes actions, de ta jalousie, de ta lâcheté et de ta fuite ? Evidemment qu'elle n'était pas très fière de cela ... Qui l'aurait été ? Elle avait peur de la réaction de Linus et de son frère, la détestaient-ils aujourd'hui ?

En reconnaissant la roulotte d'Alouarn, elle pressait le pas, pour au plus vite, se retrouver hors de portée de vue des comédiens.

" Hé! C'est la mage aux clefs magiques ! C'est Ohatsu !!! "

Un gamin, de moins de dix ans, aux cheveux bruns et court se dirigeait vers la constellationniste à toute jambe, très vite, deux de ses camarades le rejoignait. Des étoiles brillaient dans leurs yeux alors qu'ils voyaient la mage qui était un peu déconcertée.

"Ohatsu! Ohatsu ! Montre nous encore ta magie. "
" Oui Ohatsu, sort Bouboule !! "

Leurs frimousses si innocentes fit sourire la jeune femme, qui de ses mains gantées, sortit l'une de ses clefs. Après l'incantation habituelle, une petite boule rose sortit d'un portail, s'écriant avec enjouement le seul mot qu'elle connaissait, " Bouboule". Sautillant d'un pied à l'autre, elle s'amusait avec les gamins qui lui courait autour, tentant de l'attraper pour la serrer dans ses bras, pour le plus grand plaisir de la créature.
L'un des gamins, courrait vers les adultes, rassemblé un peu plus loin, pour attendre les anciens qui les avait convoqués.

" C'est Ohatsu !! Elle est revenue !!" s'écriait l'enfant de toute sa voix.

Eques, Never-Utopia.


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 MessageSujet: Re: La vie est un travail qu'il faut faire debout (PV Ohatsu)   La vie est un travail qu'il faut faire debout (PV Ohatsu) EmptyMer 11 Nov - 17:23

Alouarn Grimgorson
Alouarn Grimgorson

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Je suis un comédien Et je suis ma destinée !



PARTICIPANTSAlouarn Grimgorson & Ohatsu Takumi
Résumé • Hiver 791, flashback. Alouarn et sa troupe vont en direction de Crocus, peu après les évènements qui eurent lieu à Magnoria. La route est longue et pénible, mais ils arrivent sans encombre jusqu’à la prochaine ville. Heureux que la chance leur sourit enfin, le sida d’Alouarn passe en stade deux. Ne connaissant pas encore l’origine de son mal, Linus envoie un échantillon de sang à un laboratoire de Crocus. Notre histoire débute au moment où, attendant les résultats, la troupe se prépare à une représentation dans les rues de la ville.



La vie est un travail qu’il faut faire debout !


C’est le petit Nicolas qui vint nous transmettre la nouvelle : Ohatsu était revenue ! Enfin. Je devais avouer que j’éprouvais quelques rancoeurs à son égard : elle était partie sans dire un mot. La lettre qu’elle nous avait laissé n’expliquait rien. Je croyais pourtant que c’était mon amie. J’avais retourné le problème pendant des jours dans ma tête : je m’étais fait plus de mal que de bien. Néanmoins, je ne pouvais pas oublier ce qu’elle avait fait pour nous. La première fois que nous nous étions rencontrés, c’était autour d’un bon bol de soupe. Je souris en repensant à ce moment de partage. Linus vint doucement passer un bras autour de mes épaules. Je levais la tête vers lui et nos regards se croisèrent : il put lire dans le mien la bataille qui faisait rage en mon fort intérieur. Il me demanda alors :

❝ ▬ Qu’est ce qui se passe, mon grand ? Qu’est ce qui te perturbe à ce point ? ❞




❝ ▬ Est-ce que tu crois qu’on aura assez de bols pour la soupe ? ❞




❝ ▬ De quelle soupe parles-tu ? ❞





❝ ▬ Bah, de celle d’Ohatsu ! ❞





❝ ▬ Pourquoi veux-tu qu’elle vienne avec de la soupe ? Ce n’est pas tout à fait l’heure du repas ! ❞



❝ ▬ Moi, j’ai encore faim si c’est Ohatsu qui a préparé la soupe. Comme la dernière fois. Quoi que, ça ne nous avait pas porté chance. Crois-tu que c’est toujours notre amie ? ❞


❝ ▬ Pourquoi ses sentiments à notre égard auraient changé ? Elle est, certes, partie précipitamment mais le petit mot qu’elle a laissé donnait bien le ton de ses intentions, tu ne crois pas ? ❞

❝ ▬ Moi, je pense qu’elle est vexée parce qu’elle n’a pas eu le petit bisous chouchou de l’amitié ! ❞



La voix d’Isa s’envola dans les airs :

❝ ▬ Qu’attends-tu pour l’accueillir ? Il n’est jamais trop tard pour un petit bisou chouchou ! ❞



Je ne vis pas le regard noir que Linus lança à l’Ancienne : il était fâché pour une raison qui m’était alors inconnue. Comment aurais-je pu savoir qu’il avait peur qu’Isa prenne sa place dans mon ridicule petit cœur ? C’est le cœur léger que je me dirigeais vers la constellationniste. Mon sourire fut encore plus grand lorsque je vis les enfants jouer avec Bouboule. Je m’approchais de la jeune magicienne. Je restais quelques instants à la contempler, cherchant du regard le chaudron de soupe fumante. Je dus me rendre à l’évidence : elle n’en avait pas apporté cette fois-ci. Néanmoins, je restais persuader qu’elle avait plus d’un tour dans son sac : elle n’était certainement pas venue les mains vides. Je n’avais qu’à écouter les cris de joie des bambins qui s’amusaient tout autour de nous. Je tendis mon bras et je vins, du bout des doigts, toucher le visage de l’adolescente qui me faisait face. Je demandais, d’une toute petite voix :

❝ ▬ Tu es encore fâchée ? ❞





C’est à ce moment précis que mon ventre se mit à jouer des notes de musiques étranges : je rougis de honte. J’avais pourtant bien mangé ce matin. Sans crier gare, je me précipitais dans ses bras et la serrais contre moi. Je vins lui murmure à l’oreille :

❝ ▬ Tu nous as manqué ! ❞





Puis sur un ton de reproche, je continuais :

❝ ▬ Tu n’aurais pas du partir sans ton petit bisous chouchou ! Tu nous as laissé sur notre fin ! ❞



Avec un grand sourire, je terminais :

❝ ▬ Mais, je suis content que tu sois revenue ! Viens, je vais t’installer dans notre caravane ! ❞



Isa vint jouer les trouble-fêtes :

❝ ▬ Ne tardes pas trop, Alouarn ! Nous avons du pain sur la planche ! ❞




Puis à l’adresse d’Ohatsu :

❝ ▬ Bonjour jeune fille ! Je suis heureuse que tu es pue te libérer de tes obligations pour nous visiter. C’est toujours avec un grand plaisir que nous t’accueillons. J’espère que cette rencontre sera placée sous le signe de la bienveillance. ❞

A nouveau à mon adresse :

❝ ▬ Tu as dix minutes avant que nous commencions. Ne sois pas en retard, nous avons besoin de tout le monde sur le pont. ❞



Je fis un signe affirmatif de la tête avant de prendre la main d’Ohatsu et de l’entrainer à ma suite :

❝ ▬ Que deviens-tu ? ❞





J’entrais précipitamment dans la roulotte : un feu crépitait joyeusement dans l’âtre. Je lui proposais de prendre son manteau :

❝ ▬ Tu connais la maison. Je te laisse aller où bon te semble. Si tu le souhaites, tu peux venir participer aux débats de la troupe. Je crois qu’il va être question d’un nouveau spectacle. ❞

Je me dirigeais vers la cuisine :

❝ ▬ Veux-tu boire quelque chose ? On a du nouveau thé vert. Je crois qu’on a même du chocolat chaud. ❞



Astrid se trouvait dans la pièce : elle affichait fièrement un ventre bien rond. Elle accoucherait d’ici quelques semaines. Je vins doucement passer mes bras autour de sa taille alors qu’elle était en train de faire la vaisselle. Elle sursaute : elle poussa un petit cri et lâcha, sans le faire exprès, ce qu’elle tenait entre les mains. Elle se retourna précipitamment, ce qui me fit reculer. Elle posa ses doigts de chaque côté de son corps, et poussa un soupir de soulagement.

❝ ▬ Excuse-moi, mon grand, je ne t’ai pas entendu arriver ! ❞




Je devins rouge comme une tomate : est ce que Linus m’aimerait encore après ce que je venais de faire ? Devant mon mal être, elle tenta de me rassurer :

❝ ▬ Ce n’est pas grave, mon grand ! Je vais bien… Le bébé aussi ! ❞




Linus entra à ce moment là. Il demanda en voyant la situation dans laquelle nous nous trouvions :

❝ ▬ Qu’est ce qui se passe ? ❞





Je devins alors complètement hermétique aux paroles de la jeune maman.

❝ ▬ Non, non, non, Alouarn n’a pas fait exprès. Alouarn voulait juste un câlin et écouter bébé ! ❞



Je n’arrêtais pas de répéter ces mots alors qu’Astrid expliquait à mon frère ce qui c’était passé. Il s’approcha de moi et m’attrapa par les hanches. Je commençais à gigoter dans tous les sens :

❝ ▬ Non, non, non, pas punir Alouarn. Il n’a pas fait exprès. Non, non, non, Alouarn ne veut pas être puni. Il veut juste des câlins et beaucoup d’amour ! ❞


❝ ▬ Ce n’est pas grave, mon grand ! Tu ne seras pas puni parce que tu voulais un câlin ! ❞



Voyant que ses paroles n’avaient aucun effet sur ma personne, il me prit dans ses bras. Je vins enfouir mon visage dans son cou.

❝ ▬ Grand frère, est ce que tu m’aimes ? ❞





❝ ▬ Oui, mon grand, je t’aime ! ❞





❝ ▬ Même si je suis tout cassé ? ❞





Il m’attrapa doucement mais fermement par le menton. Il releva ma tête jusqu’à ce que nos regards soient au même niveau :

❝ ▬ Ecoute-moi bien, mon grand ! Le monde est fait de normes, elles sont grandes ou petites, invisibles ou visibles. Il arrive parfois que des personnages tels que toi, aussi illustres soient-ils, n’arrivent pas percer certains mystères de la société. Non, ne tente pas de parler. Laisse-moi finir. J’ai une chance incroyable de t’avoir : tu vois le monde à ta façon, tu souris à la vie. Alors, ne viens pas me dire que tu es tout cassé. Tu es juste différent, et c’est ça que j’aime chez toi ! Continue de croquer la vie à pleines dents, tu le mérites amplement. ❞

Je souris. Nos lèvres se rapprochèrent dangereusement avant de s’unir dans un long baiser passionné : Astrid nous couvait d’un tendre regard. Si elle était jalouse, elle le cachait bien. Heureux, le sourire aux lèvres, je vins fouiner dans les placards : je sortis, quelques instants plus tard, la boite à thés. Victorieux, je me tournais vers mon invitée et lui proposais les différents parfums que nous avions :

❝ ▬ Tu préfères du noir ou du vert ? Moi, j’aime beaucoup le dernier que nous avons acquérit : fruits rouges, citron vert, vanille. Il a une bonne odeur, il est léger, et il aide à dormir si tu es fatigué ! En fait, c’est de la potion magique ! Mais de la vrai, hein ! Ce n’est pas celle que l’on trouve dans les grandes surfaces et qui n’a aucun goût ! ❞

Mon ventre grogna à nouveau.

❝ ▬ Grand frère, tu es sûr que ce n’est pas l’heure de manger ? ❞




❝ ▬ Allez ! File rejoindre les autres, histoire que la réunion commence ! Je m’occupe de servir Ohatsu ! ❞



Je me précipitais dehors, laissant les adultes discuter entre eux. Je savais que la réunion était importante et que nous pourrions manger qu’une fois les préparatifs pour l’après-midi terminées. Alors que je m’installais tranquillement à une place, réservant celle de droite et celle de gauche (je voulais absolument être entre Linus et Ohatsu), mon grand frère servait un breuvage bien chaud à la jeune constellationniste. Il lui proposa de s’asseoir, tandis qu’il prenait une autre chaise. Astrid vint se placer derrière lui et posa ses doigts sur les épaules du médecin : il vint tendrement caresser ces derniers de sa main droite.

❝ ▬ Alouarn ne l’avouera jamais mais il a un petit faible pour toi. Après nos mésaventures, il a fait de nombreux cauchemars où, entre autre, il n’arrivait pas à te sauver. Il était toujours question d’ombres terrifiantes. Je crois, qu’au fond, il n’a jamais accepté que tu partes ainsi. Le mot que tu as laissé… Disons qu’il l’a très mal pris. On ne laisse pas des mots de ce genre. Et surtout pas à notre jeune ami. Il l’a déchiré en tous petits morceaux après avoir piqué une grosse colère, puis l’a jeté dans l’âtre. Il pense que les amis ne devraient pas se quitter ainsi. Tu étais une princesse pour lui : il aurait fait n’importe quoi pour te combler. Mais tu es parti, et il n’a pas compris. Il a pensé que son hospitalité n’était pas assez bonne pour toi. A dire vrai, il a eu honte de son emprisonnement. Le capitaine et son subalterne hantent encore ses rêves. Il s’en veut autant qu’il t’en veut. Surtout, ne te méprends pas sur ses intentions : il compte te présenter ses excuses, il le fera à sa manière, certes, mais il le fera. Ne t’avises pas de les refuser : tu te mettrais dans une bien étrange position. Le pardon vaut de l’or ici. Et j’ai bien peur que ça le rende malade si tu n’acceptes pas ses regrets. Tu sais, Alou’ a une chance incroyable de t’avoir. Pour lui, tu es un rayon de soleil au milieu des nuages moutonneux et grisonnants. ❞

Linus se tut et but sa tasse d’une traite. Il se leva, vint rincer sa tasse, l’essuya et la rangea. Il vint déposer un petit baiser sur la joue d’Astrid puis, tout en se dirigeant vers la porte, il lança joyeusement à Ohatsu :

❝ ▬ J’espère que tu choisiras de rester quelques jours parmi nous. Nous n’avons pas encore eu l’occasion de te montrer la vie au sein d’une caravane de festivaliers. ❞


Il prit son manteau, l’enfila et mit une écharpe autour de son cou. Avant de sortir, il dit :

❝ ▬ Quoi que tu choisisses, je te laisserais fermer la porte derrière toi. Rejoins-nous au centre du campement lorsque tu te sentiras prête. Dans le cas contraire, sache que personne ne te retiendra : j’ai appris, à mes dépends, qu’on choisit d’être festivalier, on ne subit pas cette profession. ❞

Et il disparut, laissant pour seules marques de son passage, des pas dans la poudreuse.




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