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paradis rouge •• oméa
 MessageSujet: paradis rouge •• oméa   Mar 30 Déc - 14:40

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Zadig Cavalli

[HM] Ajatar Virke

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ELLE EST CETTE BLESSURE QUI TE RONGE





Il y a des choses qui se perdent, qui s'effilent comme du sable entre nos doigts impuissants. C'est comme les souvenirs qui se massacrent dans la jetée du néant, c'est comme les visages que l'on a aimé, qui s'écrase contre une paroi d'oubli, aussi résistante qu'une muraille. Tout ça, ça se passait souvent chez Zadig, il rencontrait les gens, leurs souvenirs se gravaient dans sa mémoire avant de s'effriter dans l'infini du monde, dans un creux où tout était purgé puis résonnant comme une sentence, oublié. Zadig avait vécu peu de rencontres marquantes, celle qui vous coupe le souffle, qui vous essouffle. Non, Zadig prenait un plaisir malicieux à rencontrer des gens, mais son intérêt se dissipait aussi vite aussitôt que leurs routes s'éloignait. Seul Ajatar Virke avait un point d'ancrage suffisamment puissant dans sa mémoire, comme si elle lui rappelait à chaque instant qu'elle était là, stigmatisée entre ses deux omoplates.
Ajatar, la fille des enfers. Elle avait rejeté ses mages de sa brume noire et épaisse, comme une indigestion. Ils étaient une armée d'ombre parmi les vivants.
Les mains toujours dans les poches, la chemise à moitié déchirée, recyclage de ses souvenirs au bar qui lui étire un sourire. Il arpentait toujours Fiore, guettant avec avidité et impatience les soit disant avancées du conseil ; comme l'avait promit la fille à la toge en comète argentée. Il avait oublié son visage, mais pas ses mots qui résonnait comme des percussions dans chaque coin de Zadig, comme des lancés de ricocher propulsés à l'infini.
Cette poussière timide de larme qui avait ourlé ses paupières éteintes.
Ca non plus, il n'avait oublié.
Il marchait toujours, comme s'il effectuait un pèlerinage jusqu'à attendre que les choses lui tombent dessus, dans les bras, sans rien attendre. Ca s'était déjà passé avec Circé et Enya. Il attendait déjà avec une impatience non-dissimulée la prochaine fois qu'il croiserait la route de quelqu'un. Zadig raffolait des rencontres. Encore plus quand il s'agissait de filles charmantes. Les filles trop gentilles, frêles et fragiles le charmait mais le lassait, Zadig préférait le danger. C'était bien plus amusant, les filles qui vous menace et qui vous crible de chaque balles à chaque regards, celles qui vous feulent dessus comme des fauves en colère. Elles sont comme des panthères – prête à vous assener un coup de griffe pour vous égorger.
C'était plus ça, le type de Zadig. Ce genre de fille qui oscille entre la sauvagerie et la grâce, entre la violence et la douceur. Une fille qui savait survivre sans compter sur rien ni personne. Elles étaient leur propre appui, leur propre équilibre. Zadig se complaisait à les admirer, de loin ou de près, ce genre de fille l'avait toujours intrigué car il n'avait jamais su les comprendre. Le contour de leur âme était aussi crissant qu'un miroir brisé.
Bientôt, l'astre solaire se meurt dans l'horizon, teintant les nuages d'une giclée de son sang, avant de trépasser derrière les montagnes. Zadig fut surprit par la beauté, mais il son attention s'écorcha sur une autre silhouette. Une fille au cheveux blond, comme si les derniers rayons du soleil se réfléchissait sur ses fils d'or. Un visage agréable à regarder, deux morceaux de ciels arrachés en guise d'yeux. Elle lui plût – peut-être parce qu'il savait au fond de lui, qu'elle était dangereuse. Pourtant, même si le danger l'amusait, il n'en avait jamais eu peur. Pas question de passer à côté d'elle, un intérêt certain s'éveilla dans les veines de Zadig. La terre sous ses pieds lui indiquait de ne pas émettre de terribles préjugés sur cette certaine candeur qui émanait d'elle.
Des fois les enfers se tapissent derrière lèvres d'un ange.
Pourtant il avait l'air d'un homme peu soigné, les cheveux en bataille, ébouriffés naturellement, sa chemise à moitié plissée, mais ses yeux luisaient. D'un sourire, il leva la main vers elle pour la saluer et attiser son attention sur lui.

_ Hey, attends !

D'une foulée tout à fait naturelle, mais pressée, il se présenta à elle. Les mains dans les poches, toujours.

_ Excuse-moi.

Il souriait toujours, d'un de ces sourires affables. Zadig mettait à l'aise parce qu' il avait l'air d'un con, pour changer. Il la désigna de sa main.

_ Tu fais quelque chose là, tout de suite ? J'aimerai bien t'inviter à boire un verre, je connais personne ici et ça m'a l'air bien mort.

Un léger clin d’œil complice.

_ Je suis Zadig. Et toi, tu es ?

Il lui tapait la discussion un peu à la même manière qu'Enya, tout à fait naturellement comme s'il la connaissait. Il aimait quand les paroles s’échangeaient entre les lèvres, le charme exquis et monstrueux qu'elle dégageait lui donnait chaud de l'intérieur. Parce qu'en plus d'être charmante, il en était sûr, elle était dangereuse. De ces dangers passionnels et langoureux dans lequel il aimerait bien s'engouffrer.

Laisse-moi me noyer dans le paradis rouge de tes lèvres vermillons.

Jouons-un peu tout les deux avec le feu.

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 MessageSujet: Re: paradis rouge •• oméa   Sam 3 Jan - 15:32

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Oméa K. Shizuka

Ajatar Virke

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Amoure Piccante


Son souffle saccadé te débecte. Coincée entre ses bras, tu lâches un soupir las avant de te soustraire à son étreinte. Ta main se tend vers tes vêtements, rejetant au loin les lourds draps tâchés de sang. Tu le dévisages sans un mot, sans un mouvement de compassion pendant qu’il porte ses mains en coupe autour du poignard qui dépasse de son torse. Il lève son regard vers toi et tu ne peux qu’hocher la tête pour le saluer. Les mots te manquent devant cet étrange mélange de surprise et de sommeil, là où toi tu t’attendais à ne voir qu’incompréhension, douleur et colère. Cette situation te déstabilise un peu, tu te surprends toi-même à ressentir la même chose qu’avant, des semaines auparavant dans le désert. Ce sentiment qui n’est pas tiens te dérange un peu, te pousse à vouloir en finir plus tôt que ce que tu as prévu, toi qui ne fait que suivre à la lettre la demande de cette riche dame. Mais tu n’en fais rien et tu le regardes mourir à petit feu alors qu’il essaie d’articuler ton nom.

« E-E-Eris… ? »

Lentement, tu enfiles ta chemise sans le quitter du regard. Au plus profond de toi-même, tu te bats pour ne pas lui trancher la gorge afin qu’il arrête de te fixer ainsi. Qu’il arrête d’être suppliant jusque dans sa façon de se trainer pour te rattraper. Lorsque sa main se tend fébrilement dans le vide qui vous sépare, tu recules d’un pas en finissant d’enfiler ta jupe. Elle retombe faiblement le long du lit et il murmure ton faux nom, encore une fois. Tu as du mal à ne pas lui dire de se taire, tellement la situation te met dans un état que tu ne te connaissais pas. Tu accueilles en toi cette étrange sensation, amer comme un citron, et tu achèves de t’habiller. Il ne gémit pas un instant, sans doute est-il conscient que vous êtes seul dans un endroit où personne ne pourra l’aider. Tu acceptes alors enfin de te rapprocher de lui, le visage toujours aussi lisse bien que tes yeux trahissent cette dérision qui est tienne. Alors qu’il fait mine de murmurer à nouveau ce nom d’emprunt qui est tiens, tu poses un doigt sur sa bouche.

« Oméa. »

Il semble alors sourire et ses paupières se ferment tout doucement. Son souffle douloureux se stabilise et sa tête retombe mollement sur l’oreiller. Tu comptes jusqu’à trois et alors tu pousses le corps au centre du lit. La chaleur commence déjà à le quitter lorsque tu saisis ton poignard et le retire de sa poitrine. D’un geste sûr, tu le fais disparaitre dans sa dimension et sort une carte de ta manche. Tu la déposes sur les draps après les avoir tirés sur son visage. Quand tu en as finis, tu te coiffes en soupirant avant de sortir de la chambre. La fenêtre, entrouverte, fait tressauter la petite carte sur laquelle la personne qui rentrera nettoyer la pièce lira les mots « Crime passionnel ».

A l’entrée de la maisonnée, Azariel t’attend. Le lion grogne un peu lorsque tu t’approches de lui puis finit par accepter ton contact malgré le dégoût qu’il ne cache pas pour ce qui vient d’arriver. Tu lui as pourtant dit mille fois. Pour devenir meilleure, tu dois te salir les mains à l’insu de tout un chacun. Lentement, tu finis par laisser aller ta joue contre son pelage doux et tu sens un certain réconfort lorsqu’il finit par poser une de ces grosses pattes sur ton épaule. Après un long moment, vous vous éloignez tous les deux. Derrière toi, le ciel est mourant. Le soleil rougeoie au milieu d’un ciel sans nuage, aussi brillant que lorsque tu l’avais quitté il y a de ça vingt-quatre heures. Son éclat se reflète sur l’argent pur du bracelet que tu as pris comme preuve que ton meurtre avait été commis. Même si son propriétaire ne le réclamera plus, toi tu vois encore son image rampante, égouttant son sang sur les pavés de la rue déserte. Alors que tu t’apprêtes à partir, tu tournes la tête vers le son qui s’échappe d’une ruelle. Le bruit des pas te décide à partir, ne voulant pas être associée à l’intrigue de cœur de cette dame sinistre. Ta marche se joint à celle de l’inconnu dans ton dos. La symphonie produite par vos pieds résonne contre les maisons et trouble le silence. Elle aurait pu continuer si la voix de ce jeune homme ne t’avait pas interpellée. Bien qu’anodin, ses premiers mots te font tout de suite passer sur la défensive. Nul témoin n’était toléré dans un meurtre parfait. Pourtant tu ne peux t’empêcher de secouer la tête devant ce sourire taquin et ce clin d’œil de théâtre. Ce n’est pas un témoin mais un crétin.

« Je ne suis pas du genre à traîner dans les bars, Zadig. »

Tu lui réponds avec le même sourire et siffle ton animal de compagnie. Le lion dévisage l’homme et ton murmure lui tire un grognement. Ta main se pose sur l’épaule du type. Tu la tapotes gentiment et ton regard se met à briller différemment. Tu hésites un instant entre l’envoyer chier ou le laisser jouer son jeu. Tu finis par craquer. Tu n’as rien de plus urgent à faire de toute façon. Peut-être se révèlera-t-il même être meilleur joueur que la plupart des autres. Amusée, tu te penches vers lui. Tu dois encore porter cette odeur qui n’est pas la tienne. Tu oses même te demander s’il ne va pas se dégonfler, à penser que tu es déjà attrapée dans une jolie cage. Tu te demandes aussi s’il reconnaitra le fumé discret du meurtre que tu portes encore. Est-il innocent, est-il lui aussi pétri par le mal ?

« Crois-tu vraiment que je vais t’offrir mon nom comme ça ? » Tu le lâches et tu le dépasses. Tu ne veux pas de quelque chose de simple pour aujourd’hui. Non, tu veux forcer les choses à se complexifier, à atteindre une autre dimension parce que tu es profondément lassé de la simplicité dans laquelle tu t’es enfoncée. « Un truc pareil, ça se mérite, tu ne penses pas ? »

Tes yeux brillent comme deux émeraudes. Tu veux savoir de quelle étoffe il est fait. Tu sens quelque chose en lui que tu ne pas nommer et c’est surement ça qui te fait rester là. Le lion te dévisage lorsque tu t’appuis sur le dos du jeune homme. Les bras croisés, les yeux fermés, tu attends. L’animal soupire puis te laisse derrière lui dans la ruelle. Ton souffle devient inaudible et tu quittes l’appui chaleureux que t’offre les épaules musclées du garçon. Il a l’air plus jeune que toi, maintenant que tu y penses. Non pas que ça t’importe réellement mais ce détail te fait sourire intérieurement.

« Allez mon grand, file. Tu ne devrais pas essayer de jouer avec les inconnues. C’est dangereux, quand elles n’appartiennent pas au même monde que toi. »

Tu reprends ta route. Qu’il fasse ses jeux, qu’il agisse vraiment s’il veut quelque chose de toi. Une aventure d’une journée n’a ni charme ni utilité et tu sens qu’il a bien mieux à offrir qu’une platitude draguerie enfantine. Tes talons troublent le silence en claquant sur le sol tandis que tu rejoins l’ombre couchée d’Azariel, curieuse de voir comment le petit Dom Juan allait réagir.
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 MessageSujet: Re: paradis rouge •• oméa   Jeu 8 Jan - 18:32

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Zadig Cavalli

[HM] Ajatar Virke

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PARADIS ROUGE






Le monde s'était éteint autour d'elle lorsqu'elle s'était mise à parler. Ses mots fauchèrent l'air comme des flèches aiguisées, elle s'arma de l'adjectif « dangereuse » et « inconnue » comme des épées. Mais ce n'est pas ce qui le freinera dans ses actes, au contraire, c'est un défi qui le poussera à s'engouffrer dans ses démarches bancales. Un sourire discret étira ses lèvres tandis qu'il suivait ses gestes d'un regard enjoué. Le danger semblait se tapir dans l'ombre de ses mouvements, comme une bête féroce, prête à s'écorcher les crocs contre sa chair.
Il sentit son dos rencontrer le sien et ce contact lui arracha un frisson délicieux qu'il savoura comme une gourmandise. Un rire léger et franc s'extirpa de ses lèvres avant de flotter quelques secondes dans le vent, puis de disparaître en une distorsion silencieuse. Il ne répondit pas, la note de ses talons s'apprêtait à s'anéantir dans le néant. Les mains plantées dans les poches, comme des racines, ses pieds le fit pivoter de profil. Il siffla dans l'air.

_ T'as raison, Oméa

Son visage se détourna vers elle, dissimulée par une partie d'ombre. Un rire s'échappa à nouveau, de sa main, il se gratta l'arrière du crâne.

_ Je connaissais déjà ton prénom, en plus.

Ses yeux se relevèrent vers elle, comme s'il guettait une réaction. Circé avait raison, ne jamais sous-estimer ce genre de tigresse car elles étaient imprévisibles, pouvant vous offrir un genre d'amour qui se plante comme une lame tranchante dans le cœur. C'était comme remettre votre vie entre leurs mains en sachant que vous succomberez à un moment ou un autre. Elles étaient sans pitié, et ne s'accordaient aucune empathie quand elles devaient ôter la vie. Elle l'amusait, elle l'intriguait. La mort semblait la suivre comme une vieille amie.

_ Pas du même monde ? (il rit)

A chaque mots, ses pas franchissaient la distance qu'elle avait instauré. Il consumait l'espace qui les séparaient, avant d'avorter sa marche une fois face à elle. Son dos se voûta pour lui murmurer, proche de ses lèvres en un ton amusé, de sa bouche, il cisaillait les syllabes.

_ On pourrait se ressembler beaucoup plus que tu ne le penses, Oméa.

Il huma son odeur, son effluve irradiait le meurtre, la violence discrète et muette, qui vous saisit avec la puissance d'une tempête et fracas. Une sorte de force endormie qui se devait d'être éveillée. Zadig se redressa, sortit une cigarette et l'alluma. Ses lèvres soupirèrent des nuages de fumée. Il baissa ses yeux vers elle et lui sourit.

_ Alors ? J'ai toute ton attention, maintenant ?

Zadig la fixait, de cet air mi-enjoué, mi-enfantin. La fumée défiait les cieux et dissimulait presque son visage. Oméa, cette jolie blonde. Un visage sur lequel on aurait pu imaginer greffer les septs vertus des anges. Elle avait un air presque innocent, Oméa était sûrement la tueuse qu'on ne soupçonnait pas. Ce qui l'avait façonné était sûrement la colère d'une vertu qui avait tâché chaque courbes, chaque traits qui composait son minois en une innocence exquisement démoniaque. Il s'adossa à un mur, amusé, posant sa tête contre l'une des briques miteuses, ses yeux oublièrent ceux d'Oméa pour se concentrer sur sa cigarette déjà bien consumée.

_ Ou je passe à la vitesse supérieure ?

Des murmures semblèrent jaillir sous terre, qui sembla vibrer au contact lascif de Zadig. Il s'imposait comme empereur sur la terre, établissant son royaume jusqu'aux pieds d'Oméa. Il lâcha un léger rire, la fixant puis jeta le mégot de sa cigarette. Se décollant à nouveau du mur. Cette fois-ci, il franchit le périmètre défensif d'Oméa, s'imposant, avant de se pencher à nouveau vers elle puis de chuchoter à son oreille.

_ Tu sens le meurtre.

Il se redressa, les mains dans les poches. Ses yeux la fixèrent. Allait-elle resserrer ses phalanges autour de sa gorge, ou cette fois-ci, se laisserait-elle approcher ?



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 MessageSujet: Re: paradis rouge •• oméa   Dim 11 Jan - 17:02

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Oméa K. Shizuka

Ajatar Virke

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Tu souris doucereusement lorsqu’il répond. Qui que ce soit, ce prénom n’est connu que de rares élus. Ces mêmes rares élus qui, à l’exception de deux, sont décédés. Tu aurais aimé qu’il reste enterré encore un peu, il est plus facile de se fondre dans la foule lorsque personne ne sait qui vous êtes, ni ce que vous faites. Vraisemblablement, l’un des deux lui a fourni l’information, ce qui ne peut signifier qu’une chose. A chaque fois que ses pas résonnent, tu sens ta peau se hérisser dans un mélange de de méfiance et d’excitation. Tout ce que tu as, c’est son nom et lui, il te donne la désagréable impression d’en savoir bien plus. Tu n’aimes pas cette sensation. En une seconde, ton humeur change comme un ciel de montagne. Tes sens sont à la recherche du moindre mouvement, imperceptible, qui trahit une intention d’attaque. Il veut quelque chose, oui, mais quoi ? Là où toute ton attitude frivole s’envole, se dévoile le regard acéré de ce toi qui sait exactement que tu pourrais ne pas ressortir entière de ce coupe-gorge.
Tu restes de marbre lorsqu’il se penche, de marbre lorsqu’il souffle à ton oreille ses mots pleins d’amusement et de moquerie. Sa chaleur n’a pas changé mais son comportement si, infime différence qui fait sortir ton propre fauve. Tu vois Azariel se rapprocher, tout aussi imperceptiblement. Ses crocs brillent en reflétant maladroitement la couleur rouge sang du soleil. Quand Zadig se redresse, tu n’es plus la même. Les dernières bribes de ton rôle de gamine effrontée fondent comme de la neige. Le badinage dans tes yeux s’est mué en quelque chose de plus sombre, plus neutre, tout comme les traits de ton visage ont perdu leur jovialité. Tu fais volteface en tourbillonnant sur un de tes talons. Inconsciemment, ta main se glisse dans la fourrure du lion et s’y verrouille. Il n’a toujours pas tu le grondement qui s’échappe de sa cage thoracique. Il te semble même qu’au fur et à mesure qu’il s’est approché, celui-ci c’est amplifié. Comme un avertissement.

La fumée qui s’échappe de ses lèvres s’étiole. Oui, ton attention il l’a. Toute à lui. Cette même attention qui cherche la moindre faille, le moindre signe avant-coureur d’un problème. Même ainsi, tu ressembles à une enfant, Oméa. Une enfant avec un mince masque de sérieux qui durcit un peu tes traits mutins. Ce même visage mutin qui dissimule une femme pétrie par les sept péchés dont elle porte les armes. Une inspiration plus longue soulève ta poitrine alors que tu le quittes un instant des yeux pour observer le mur. Un mince sourire narquois te déforme les joues et le fauve tapis disparait dans la lueur d’amusement communicatif de Zadig. Puis il vient se pencher. Tu respires à plein poumon cette odeur de tabac à peine froid puis celle, plus pernicieuse, des gens comme toi. Ceux qui grandissent dans le caniveau avec pour seule véritable amie l’étreinte aigre-douce de la main de la Mort sur vos existences. Un homme dangereux, donc. Ton sourire s’étire et le grognement agaçant d’Azariel s’éteint. Pourtant tu sais qu’il n’est pas rassuré, loin de là.

« C’est possible. Mais duquel parles-tu, Zadig ? » susurres-tu en te mettant sur la pointe des pieds pour être à sa hauteur.

Tu articules d’une voix à peine audible en posant tes deux mains sur ses épaules. Ton lion de compagnie feule et toi ça t’amuse. Tes lèvres s’approchent de son oreille dans le même mouvement doux que le sien. On peut sentir jusqu’ici cet intérêt grandissant en toi alors qu’il se coule le long de ta voix, comme une promesse. Tu te sens grisée par cette conscience que tu as sur sa réelle aura.

« Raconte-moi, que me vaut la charmante visite de quelqu’un d’aussi dangereux que toi, Zadig ? »

Une de tes mains glisse le long de son cou avant que tu ne rompes le contact. Un pas en arrière tout à fait innocent alors que tu fais tomber ton autre main le long de ta hanche. Ton sourire devient presque reptilien en sentant le contact froid de la dague dissimulée dans la fausse poche de ta jupe. Elle repose encore dans son fourreau alors que tu te complais à en caresser doucement le manche en réfléchissant à ce que tu pourrais faire. Ton regard croise encore celui de ton interlocuteur. Tu vois bien qu’il sait ce que tu penses et cela t’amuse encore plus. Et alors que ta main se referme, le mouvement brusque de ton corps correspond à celui qu’il te faudrait pour tirer cet objet de son carcan de cuir. Ton bras se stoppe sous sa gorge et tu éclates de rire. Oui, vraiment, voilà un homme dangereux. Ta main crispée se relâche et dévoile le vide qu’elle contient. Ce jeu qui est tiens est loin d’être sage pourtant il revêt pour toi une importance capitale, un peu comme si ça t’amusait de savoir qu’à la moindre friction entre vous, la situation pourrait ressembler à un magnifique feu d’artifice. Quel que soit d’ailleurs, la nature de cette friction qui vous opposera.

« Je crois que nous avons un verre à prendre, Zadig. »

Ta main s’enroule autour de son bras et tu l’invites à marcher. Azariel vous emboite le pas, d’un air sombre. Tu ne sembles même pas réagir au regard des passants devant votre singulier duo. Quelque chose de magnétique attire leur œil, sans vraiment qu’ils sachent pourquoi. Toi, la petite assassin, tu sais. Tu sais que derrière leur incompréhension, il se cache ce qu’on appelle un instinct de survie. Ta poigne s’allège sur le bras de Zadig, et tu te mets à tourbillonner en plein milieu de la rue. Ton visage s’anime d’une joie candide alors que ta jupe s’ouvre dans ton sillage. Lorsque tu t’arrêtes, tu observes la foule et pouffe conne une enfant devant l’air contrits des passants. Ils se détournent de toi alors que tu le rejoins d’une démarche sautillante, toute ancrée que tu es dans ton rôle de jeune femme mutine. Un bien joli mensonge que tu appuis de ton apparente main amoureusement placée sur le creux du coude du jeune homme. Ce même mensonge qui te pousse à plus ronronner que réellement parler en articulant ta question.

« Alors, où allons-nous ? »

Et ce même mensonge qui fait soupirer l’animal qui vous accompagne alors qu’il jette sur toi son regard violacé d’ange déchu. Alors qu’il porte sur toi l’éternel jugement qui ne peut que montrer au combien tu es, sous tes airs de gamine, un avatar des pêchés.
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 MessageSujet: Re: paradis rouge •• oméa   Lun 12 Jan - 18:40

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Zadig Cavalli

[HM] Ajatar Virke

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PARADIS ROUGE





Il sourit. Meurtrière qui ne cache pas ses méfaits. Une fleur interdite qui n’a pas peur de lui, qui a reconnu son odeur à lui aussi. Deux âmes meurtrières se jaugent dans des regards à moitié plissés, dans des paroles susurrées dans le creux de l’oreille. Un jeu qui pimente les esprits et qui fait des picotements dans le ventre.

Oméa était comme lui – une chérie sucrée qui marchait sur la ligne de vie qui se déroulait dans un gouffre béant en dessous d’elle. Oméa était sûrement de ces femmes qui se fondent sur les lèvres comme une gourmandise qu’on aurait tant convoité, avant de devenir un épice qui vous brûle le palais. Oméa, une femme qui laisse des cœurs transpercés, Oméa était une bien belle ébauche du danger – elle était comme une dague sous votre gorge, vous entaillant si l’amusement s’éternisait en routine. Elle posa ses mains sur ses épaules et vient souffler ses paroles en des murmures toujours sucrées, ses lèvres ressemblent à une confiserie, à onduler sous ses paroles. C’est les menaces sifflées par le félin qui l’amuse, il n’a pas l’air de beaucoup l’apprécier, même il semblerait presque prêt à lui sauter à la gorge. Il le fixa d’un air gentil « je ne ferais rien à ta maîtresse, elle est bien trop jolie. »

Elle était même plus dangereuse qu’il l’avait imaginé, bien plus joueuse aussi. Alors que sa main allait s’abattre comme la hache d’un bourreau au niveau de sa gorge, Zadig intercepta son geste en lui saisissant fermement le poignet. Elle ouvrit sa paume, seul le néant dansait dans le creux de sa main. Un sourire taquin, à demi-en coin. Bien plus amusante, aussi. Elle était réellement aussi surprenante que Enya, aussi imprévisible. Elle était comme une balle tirée à l’’avance, le bruit de la pluie contre la fenêtre, on ne savait jamais quand ça arrivait. Il rit.

_ Ah ! Je suis ravi que tu acceptes mon invitation.

Ses mains saisirent son bras et dans une marche presque amoureuse – piquante. Elle souriait et riait au point que les éclats viennent se planter dans le regard outré des personnes, elle ne s’en accommodait pas, au contraire, ce genre de regard farouchement intrigué franchissait son indifférence enjouée, comme si elle était imperméable. Elle était hypnotisante et piquante, votre marche ne faisait qu’accentuer cet espèce de duo qui irradie d’un magnétisme intriguant, reptilien. Comme si vous étiez deux serpents prêts à planter votre morsure mortelle. Il l’attrapa par la taille et la fit danser en levant son bras afin de la faire valser, histoire de faire grimper le taux de scandale. Que les passants s’offusquent et que leurs paupières se brisent sur leur danse improvisée sur l’asphalte, les talons d’Oméa se brisait contre comme un tonnerre de tambours féminin. Il la fit se déhancher sur un tango endiablé, tandis qu’il la guidait indirectement vers l’endroit qu’il avait prévu. Souriant.

_ Autant faire dans l’originalité.

La note de leurs pas s’estompèrent dans un silence de mort. Sa main ceintura à la taille et la fit basculer en arrière, dans une position de danse théâtrale. Il la redressa en riant. Ils étaient face à un bar, Zadig entra à l’intérieur et lui tint la porte pour qu’elle puisse y passer.

_ Belle danse, suis-moi.

Tout sourire, il la guida et commanda deux boissons alcoolisées. Il posa ses deux coudes sur le comptoir et la regarda avec une pointe de curiosité. Ca scintillait dans ses yeux comme quelque chose de sauvage, d’animal presque. Il but son alcool. Ils étaient dans un lambeaux d’ombre, tapissés dans une discrétion presque digne d’un futur meurtre. Abrités des regards un peu trop furtif et curieux.

_ Je voulais te parler de chose importante.

Il reposa le verre sur le comptoir. Ejecta une cigarette entre ses lèvres et l’alluma.

_ [color=RoyalBlue] J’ai entendu pas mal de choses à ton compte.

Il souriait toujours, comme si ça l’amusait de connaître ses meurtres qui avaient fanés des vies au sein de Fiore. Il tira sur sa cigarette.

_ [b] Et j’ai besoin de toi, Oméa. Vraiment. Je peux être convainquant quand je m’y met
(il tire la langue)

D’un coup, il parla mais ses lèvres ne sortirent aucun mot, sur ses paroles muettes. Elle aurait pu le voir, en distinguant qu’il disait « Ajatar Virke » mais tout était silencieux. Pour taire les soupçons de la foule, pour attiser encore plus intérêt.


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 MessageSujet: Re: paradis rouge •• oméa   Lun 19 Jan - 18:59

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Oméa K. Shizuka

Ajatar Virke

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Tu te laisses prendre à ton propre jeu, amusée qu’il prenne ainsi la tournure des choses. Lorsque sa main passe autour de ta taille, tu lèves la jambe et l’enroules lascivement autour de sa taille. Tu dévoiles ta peau lisse avec un sourire insolent en te cambrant. Tes deux mains se rejoignent alors que tu es suspendue à une poignée de centimètre des pavés de la rue. Tu sens le moindre de tes muscles s’étirer et la sensation te satisfait grandement. S’il fallait prendre la poudre d’escampette, tu étais maintenant fin prête. Pourtant, tu prolonges cette position acrobatique en inspirant à plein poumon la plénitude qui t’envahie. Cette danse t’amuse, presque autant que le sifflement grossier des clients qui s’apprêtait à rejoindre la taverne, tout comme vous. Tu les devines au bruit de leur pas, le gros et le petit qui doivent guetter le faux pas qui soulèvera ta jupe un peu plus haut que ça ne le devrait. Pauvres types, ce moment, il n’arrivera jamais et tu le sais. Ton rire se joint au sien alors que tu reviens près de lui, renforcé par les deux soupirs de déception qui s’échappent à l’unisson de leur poitrine. Azariel grogne non loin de là. Il n’a pas quitté Zadig du regard, comme si, quoi qu’il affirme, l’animal savait ce qui se passerait à l’avenir. Il dévoile ses crocs lorsque tu te redresses un peu trop près de l’homme et toi tu lui souris. Ta main se perd dans sa jolie crinière et l’agrippe aussi sûrement que si elle s’était refermée autour de tes armes. Tu lui adresses un clin d’œil complice en te glissant dans l’ouverture, laissant Zadig derrière toi. Ton rôle de jeune enfant s’arrête dans un battement de cil et tu regardes les lieux avec cette indifférence presque dédaigneuse qui t’es propre. Tranquillement, vos pas convergent vers le comptoir. Tu sers un sourire affable au serveur qui vous observe avec suspicion et tu te glisses sur l’un des sièges, nullement gênée par l’insistance de celui-ci sur l’animal qui t’accompagne. Azariel se pose entre lui et toi. Son obstination te tire une lueur d’amusement alors que tu te penches pour le caresser.

Zadig, lui, a fini de parler au barman. Tu le remarques aux deux sons qui se poursuivent, celui, sec d’un verre plein qui heurte la table, l’autre, charmeur, du type qui t’as accostée dans la rue. Ton regard se pose sur le contenu du premier avec un sourire moqueur avant de dériver sur le second. En le voyant ainsi fumer, tu te demandes de quel bois il est fait. Tu oses même laisser tes yeux pétiller à l’idée de le provoquer, de jouer à ton tour alors qu’il tente de te garder envoutée. Tu ris intérieurement en songeant qu’il craint peut être pour sa vie mais tu sais rien qu’à sa façon de détailler ton doigt tournant sur le sommet du verre que c’est faux. Le fauve en toi tourne en rond. Il note chaque mouvement et chaque ouverture avec une attention toute particulière. Il ne se cache pas, ressortant dans tes prunelles comme une promesse animale. Cette même promesse qui se met à ondoyer alors qu’il allume sa cigarette.

« Oh, vraiment ? Les nouvelles vont remarquablement vite . »

Tu es un brin moqueuse. Depuis ton retour, tu n’as presque rien fait. Il n’a fallu qu’une poignée de jour pour que tu te retrouves logée et de nouveau en lice. Il n’avait fallu qu’une poignée de coup pour que tu ajoutes déjà une dizaine d’homme et de femme à ton tableau de chasse. Tu te plais à sourire un peu plus avant d’éclater de rire. D’un geste rapide, tu saisis ton verre et en fait tourner le contenu pour le humer. Tu le fais descendre près de la truffe de ton compagnon et l’observe laper. Il éternue et détourne la tête. Tu reposes la coupe, calmée, et ton regard se plonge dans celui de Zadig. Tu l’as vu articuler deux mots mais la pénombre n’a pas voulu te laisser les lire. Tu aurais pu tricher, mais tu n’aimais pas dévoiler tes atouts, pas plus que tu ne souhaitais attirer l’attention de la salle, bien qu’elle ne soit pas encore pleine.

« Voyez-vous ça . » Ta voix le provoque presque autant que ton sourire. « Beaucoup me le dise. Mais je n’en ai jamais encore vu aucun qui puisse me le prouver . » Tu te penches vers lui avec une lenteur taquine. « Et toi Zadig, qu’est ce qui te rend différent des autres ? » Ta main s’attarde sur sa cuisse et tu sens le regard violacé du lion se fixer sur lui. Il remue un peu plus qu’il ne le devrait, ce qui te fait tourner la tête. Tu poses ta paume entre ses oreilles, quittant la chaleur tenue qui traversait le pantalon. « Tu as compris ce qu’il a murmuré, n’est-ce pas ? »

Une paire d’yeux fendus se pose sur ton visage et tu lis en lui comme dans un livre ouvert. Ce qu’il a lu le perturbe, bien plus que tu ne pourrais l’imaginer. Toi aussi, tu as entendu le nom circuler dans les sombres ruelles entre les tavernes. Un nom suintant à l’origine de la disparition temporaire de nombreux mages, qui menaçait doucement le Conseil. Toi Oméa, tu as entendu parler d’eux et tu en as souris, persuadée que tout leur secret n’était qu’un baisé de polichinelle, que la parole affolée d’une courtisane en manque d’action. Persuadée que ces racontars de soulard n’avait de vérité que pour terrifier les braves naïfs que tu regardais de l’autre côté de la barrière. Le conte pour enfant, à la limite du cauchemar. Ajatar Virke. Haziel se lève et tourne en rond. Ses crocs brillent à la lumière et toi, tu tentes de l’apaiser. Quoi qu’il ait dit, Zadig joue avec sa vie. Ton sourire cordial disparait et tu le jauges comme tu le ferais pour n’importe laquelle de tes proies. Tu ne sais pas vraiment ce qui l’affole mais ta confiance en lui prime sur le jeu magnétique que le blond tente de faire vivre. Ton visage hésite un instant entre son apparence candide et le prédateur bien éveillé qui cherche le piège. Le son de ta voix devient profond, caressant alors que tu saisis le verre. Votre jeu a pris un autre tournant.

« Je crois que tes deux mots ne lui plaisent pas. Si j’écoutais son instinct… » Tu avales une gorgée d’alcool et repose le récipient. Tu tends la main vers lui et saisit sa chemise. Solide, ta poigne le force peu à peu à se baisser alors que tu t’approches de son oreille. «Je serais en train d’essayer de te tuer . » Tu le relâches et apprécies la réaction qui apparait sur ses traits. Alors qu’il fait mine de parler, tu reprends. « Mais, je m’ennuie. J’en ai assez des contrats de seconde zone et surtout de ne plus pouvoir m’amuser. Il n’y a rien de pire qu’être privé de challenge, tu ne crois pas ? »

Ta jambe passe par-dessus l’autre dans un mouvement tranquille, faisant briller un peu l’arme qui orne la jarretière en haut de ta cuisse. Azariel te fusille du regard avant de s’arrêter, perplexe. Quand bien même il est l’ange de la compassion, il ne semble pas saisir la raison de ce dévoilement. Cela ne t’inquiète pas. Tu sais que Zadig saisira sans doute mieux l’invitation que lui. S’il est aussi fort que tu le penses, il sentira peut-être aussi la menace. En digne femme d’affaire, tu jauges cet homme qui cherche à t’engager pour un travail dont tu ne sais rien et qui pourtant, doit t’intéresser plus que raison pour que tu restes là, à le regarder en chien de faïence.

« Alors, Zadig. Raconte-moi donc pourquoi moi et pas quelqu’un d’autre, au service de ses deux mots mystérieux qui font trembler un lion . » Tu recommences à faire le tour des bords du verre avec ton doigt. Un sourire provocant se mélange à celui du reptile qui se tapit dans ton regard. «Si je m’ennuie à nouveau, je pourrais toujours voir si au-delà de tes beaux mensonges se cache quelque chose d’amusant. Un petit jeu, rien que toi et moi. Un de ceux passionnant où l’on apprend à tutoyer les étoiles et à ne plus craindre de jouer avec le feu. Je suis sûre que tu le connais, le but de ce jeu . » Tu finis ta phrase dans un murmure suave, nullement préoccupée par la patte insistante d’Azariel qui fait légèrement remonter ta jupe.

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 MessageSujet: Re: paradis rouge •• oméa   Dim 8 Fév - 19:00

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Zadig Cavalli

[HM] Ajatar Virke

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PARADIS ROUGE





Il frémit Zadig, le dos collé contre le comptoir miteux, il frémit. Le regard rivé sur Oméa, il s'en mordrait la lèvre, à s'en teindre de ce paradis rouge.
Il frémit. Elle a des cheveux, cet océan d'or qui captivent, des lèvres qui vous provoquent tel les feux de l'enfer et brûle dans son ventre en ébullition cette pulsion chaude qui se distille dans les artères.


Différent ? Il hausse les épaules, elles remontent comme si elles toisent le ciel en quête d'une réponse. Son dos se courbe et il se penche vers cette nymphe sauvage, dans un ton maquillé de confidence, oscillant entre la langueur et l'amusement. Je m'exprime mieux au travers d'actes. Je ne serais pas le baratineur qui te vends du rêve pour mieux t'égarer par la suite, je suis celui qui te promet l'aventure. Son regard faucha l'assemblée d'ivrogne d'un air amusé, avant de relever les yeux vers elle. Tu n'en as pas marre de ces ivrognes à abattre comme du bétail ? Tu n'as pas envie... de choses plus épicées ?

Elle était une âme égarée, gorgée d'une violence oubliée, qui ne demande qu'à détonner comme quand l'orage brise le ciel. Il ressentait les échos ténus de sa violence aussi aiguisée que les crocs d'un lion se briser en lui – une effluve de danger s'échappait d'elle en une réaction chimique fatale, collée à ses hanches qu'il aimerait posséder. Puis son sourire s'exile dans les contrées de son sérieux et disparaît de son visage. Zadig sourit. Il sait qu'elle a comprit, le feu s'ajoute à la situation. Vas-y, Oméa, délivre ce fauve que tu maintiens fermement dans le fond de tes iris, abat ta lame dans sa trachée, qu'est-ce que tu attends.
L'étreinte de sa main contre sa chemise de bûcheron pour le forcer à se pencher, un sourire prédateur s'esquisse alors qu'il tente de se pencher pour l'embrasser – mais ses phrases le freinent dans son élan, avorte sa tentative ratée. Un sourire déchire ses lèvres tandis qu'il glisse légèrement ses lèvres, amusé – terriblement. Dans un ton de défi, ses lèvres vint chercher son oreille pour y murmurer.

Qu'est-ce que tu attends, alors ? Elle se dérobe de la proximité qu'elle a fixé, elle joue comme un félin mais sera prête à planter ses crocs dans la chair si elle est agacée. Elle s'éloigne, intouchable des mains de Zadig. Le monde s'effondre entièrement autour de lui, comme s'il n'y avait plus qu'elle. Comme si le monde se faisait engloutir sous ses talons. Quand bien même une personne trépasserait que Zadig ne le remarquerait pas. Il eût un sourire amusé. Je te promet l'aventure Oméa, je te promet de vivre et bien plus encore.

Elle s'ouvre comme une fleur la belle chérie, il ne sait pas si ça la convaincra. Elle a l'air difficile cette chérie-là. De celle qui s'approche pour mieux vous repousser, de celle qui vous embrouille l'esprit d'un déhanché désabusé pour mieux vous posséder. Oméa est le genre de femme à s'ancrer dans les pensées jusqu'à les pourrir et vous soulager d'un coup de lame. Ô diable chérie, pourquoi es-tu si tentante ?
Elle pose les questions – Zadig rit et tire une dernière fumée de sa cigarette avant de le souffler devant lui, plongeant son visage dans un nuage gris et opaque. Seuls ses yeux sauvages la fixaient. Il baissa légèrement ses yeux vers sa lame – il se releva brusquement, sa main dérapa contre sa cuisse pour saisir l'arme, et la planter sur le comptoir. Proche d'elle, sa violence ne se tait plus face à la sienne. Elle explose comme un volcan en éruption – et il la toise avec cette espièglerie taquine. Si les dangers existent et narguent nos âmes, Zadig en serait le créateur ou un partisan qui servirait avec ferveur.

Pourquoi toi et pas une autre ? Il retire sa main de sa cuisse comme une caresse et la pose sur le comptoir, tout prêt de la lame. Son regard dévie vers le félin et un sourire qui suinte la provocation vient arborer ses lèvres insolentes. Sa vision oublie le félin et se focalise sur la chevelure d'or. Parce que tu n'as pas peur, tu n'es pas fragile et c'est bien ça qui m'intéresse... Il rit légèrement avant de poser son bras contre le comptoir. Et c'est bien parce que tu n'as pas peur du monde qui fait que tu es intéressante.

Il se recule d'elle, il a montré le peu de chose dont il était capable. Oméa, jolie chérie curieuse. Tu as le droit de t'engouffrer dans cette jungle qui lui sert de tête. Ô Oméa, si tu savais comme il se damnerait à la simple vue de tes jambes scandaleuses. Le verre s'écoule entre ses lèvres puis Zadig le pose sur le comptoir, lui redonnant la lame avec un éclat amusé.

J'aimerai t'amener dans un autre endroit.

Ses jambes le guident à l'extérieur du bar, ses mains plongent dans les poches de son pantalon et il se déplace avec nonchalance. La brise fraîche de la nuit apaise son esprit ébouillanté. Il se tourne vers elle, lentement par l'épaule.

Est-ce que tu as envie de me tuer ? Ou devrais-je dire... Il désigna le lion. Est-ce que lui, il a envie de me tuer?À sa réponse, son rire retentit entre les murs contre quelque chose de franc et d'amusant.

Il lui tourne le dos et se met à marcher devant elle, offrant ses omoplates comme cible parfaite – mais ça n'est pas si simple, n'est-ce pas ? Un sourire étire ses lèvres toujours, alors que la terre gronde de jalousie. Non Zadig n'a pas le droit de jeter son dévolu sur une chérie forgée par les flammes du monde souterrain. Non Zadig n'a pas le droit de succomber à cette chérie-là, elle est le fruit d'Eden. A ça, Zadig, tu ne dois pas toucher. Bientôt la ville fut submergée par le voile de la nuit et essouffle les dernières lueurs qui faisait briller l'asphalte. Alors qu'il marche, des fissures timides s'érigent sous ses pas.

Est-ce que tu as envie de me suivre, Oméa ? Ou est-ce que tu préfères vivre ta vie de femme libre, détachée de toutes contraintes, mais à te perdre dans ces contrats ? Il s'arrête dans sa marche, sa tête se lève vers le ciel. Les étoiles sont juste là. On peut apprendre à les tutoyer.Sa phrase résonne avec une justesse naturelle, avant qu'il ne se tourne vers elle.

Parce que vous n'êtes plus sur la route marbrée de dalles, vous n'êtes plus des âmes égarées dans la ville. Vous êtes dans les champs, à briller sous un drap d'étoiles.

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 MessageSujet: Re: paradis rouge •• oméa   Ven 13 Fév - 17:21

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Oméa K. Shizuka

Ajatar Virke

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Amoure Piccante

Tu es charmée, Oméa. Charmée par le son vibrant de ton poignard enfoncé dans le bar de bois précieux. Charmée par le souffle outré du barman qui vous scrute. Charmée par ce frisson que son passage laisse sur la peau de ta cuisse. Tu meurs d’envie de le pousser à commettre une erreur. Tu meurs d’envie qu’il ne soit qu’à toi, là maintenant, lui et ses paroles mielleuses. Ce que tu veux lui montrer, c’est l’ampleur du péché qu’il espère accomplir à ton côté. Oui, ce que tu veux lui montrer, c’est la couleur splendide de ta peau avant qu’elle ne lui soit volée par la chanson de tes dagues. Tu n’as pas peur de lui, contrairement à ce qu’Azariel tente de te pousser à faire. Non, en effet, ce n’est pas ta peur qui motive tes doigts à se refermer sur la garde de ton arme. Il te promet l’aventure et c’est bien là quelque chose que tu souhaites. Silencieusement, tu deviens son ombre lorsqu’il quitte la taverne. Tu tressailles à peine au rugissement de ton lion et le laisse ruminer la colère qui l’étouffe. Pour lui, tu n’es rien d’autre qu’une brebis égarée, une écervelée qui a signé avec le diable en laquelle il veut croire. Il croit se voir en toi, et ça t’agace prodigieusement. Pour toi, il n’est rien d’autre qu’un ami particulier, un chainon qu’on t’impose et que tu acceptes avec plaisir. Il croit se voir en toi, et tu sais que ce que tu vois en lui. Une balance, un équilibre fragile entre le bien et le mal. Un yin et yang bien subjectif, soumis à vos deux caprices.

Azariel rugit et tu éclates de rire doucement. S’il savait, Zadig, il n’aurait pas prononcé ces mots avec une sincérité poignante. Tu hausses les épaules pour toute réponse et l’ange déchu montre les crocs. Il n’aime pas le blond qui se moque de lui, tu ne te fais pas d’illusion. Toi tu le regardes partir lentement en jouant avec ton arme. Le tranchant reflète le doux ciel nocturne au-dessus de vous, t’offrant un éclat de lumière arraché à la Lune. Tu sens la terre ronronner pour l’homme qui s’éloigne. Tu sens le vent glacial te saisir dans une étreinte timide. Tes cheveux se soulèvent un instant et ton murmure disparait dans la mélodie de la bise. Ta tenue change lascivement, dévoilant ta peau blanche quelques secondes avant de la recouvrir avec jalousie. Les ténèbres semblent alors comme aspirés par ta présence, t’enserrant la poitrine et le bassin dans des volutes sulfureuses que le moindre mouvement pourrait faire révéler bien plus qu’il n’en faut. Ton fauve, qui tournait en rond depuis le début de votre rencontre s’est mis à rugir dans ta tête. Lorsque les derniers mots de Zadig s’étiolent dans le silence naturel, tu n’es plus devant lui. Fondue dans les ombres, tu marches avec prudence en effaçant jusqu’à la moindre trace de ta présence. Parvenue à sa hauteur, entourée par ton voile de ténèbres, tu surgis dans la lumière nocturne.

« Etre libre ne se rapproche pas de la définition que tu viens de me faire, Zadig. » Le manteau s’affaisse doucement, tu frissonnes en savourant son regard sur cette armure à peine plus épaisse que tes sous-vêtements. « Tu sais très bien que j’en meurs d’envie. Tu sais très bien que je ne peux pas dire non. » Tu fais un pas et pose tes deux mains sur ses épaules. Tu te laisses aller contre son dos, jusqu’à pouvoir ronronner dans ses oreilles. Tes yeux ne quittent pas Azariel, qui te dévisage avec un intérêt grandissant. Ton sourire, fauve, se retrouve dans le sien. Le voilà, l’équilibre capricieux, l’entente tacite entre vous. « Je te suivrais, bien sûr, mais je ne pourrais accepter sans savoir si tu en vaux réellement la peine, toi et tes petits copains. »

Tu le relâches et t’évanouies à nouveau dans les ténèbres alors que les nuages voilent la lune. Un sifflement s’échappe de tes lèvres et l’ange s’élance toutes griffes dehors. Tu sais très bien qu’il ne fait que t’ouvrir le chemin, que jamais il ne se résoudra à tuer ce frêle enfant. Tu les regardes danser tous les deux, le cœur amusé par les réjouissances qui se profilent. Un nouveau murmure franchit tes lèvres et ton poignard quitte enfin ta main. Le lancer est simple, efficace. Le son outré du métal résonne en se plantant dans le sol, juste devant Zadig, à quelque centimètre de sa chaussure. Le lion rugit à nouveau, couvrant le bruit feutré de tes pas. Tu réapparais face au jeune homme, ta main en forme de pistolet posée sur son front, ton visage déformé dans un sourire narquois.

« J’espère que tu comprends que, si je parviens à te toucher une nouvelle fois, notre danse de ce soir s’arrêtera là. » Ta main libre pend à tes côtés, crispée sur les deux pommeaux ronds qui ornent les dagues de Mammon. « Juste toi et moi, jusqu’à ce que l’un d’entre nous s’avoue vaincu. »

Ton corps tout entier respire de la promesse qu’il t’a faite. Tu ne le crois toujours pas, c’est bien pour ça que c’est toi qui joue avec le rocher solide et tranquille face à toi. Tu ne veux pas qu’on t’utilise, petit Oméa. On l’a déjà bien trop souvent fait, parce que tes deux magies mangent de ce pain-là. Tu recules simplement, respirant pleinement l’odeur d’humidité avant coureuse de la pluie qui se tapie dans les nuages. La Lune, cachée, vous surveille presque avec amour lorsqu’un cercle de lumière se dessine par hasard sur le lion qui arbitre ce jeu un peu fou. Mais pas plus fou que ton sourire coquin.

« A toi l’honneur, Zadig. » Une de tes armes saute dans la paume vide de ton autre main. Un instant, tu jongles avec pour calmer l’adrénaline qui monte en toi. Tu es consciente de ton effronterie. Tu trouves même savoureux de pousser le bouchon encore plus loin. « Je suis même prête à donner corps à un de tes rêves, si tu parviens à tes fins. » Lorsque les mots se perdent dans le silence, tu n’es plus là. Tu as disparu dans les ténèbres bénis par l’attention timide de la Lune, brillant au milieu d’un champ d’étoile.

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 MessageSujet: Re: paradis rouge •• oméa   Lun 6 Avr - 15:21

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Zadig Cavalli

[HM] Ajatar Virke

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PARADIS ROUGE






Oméa, tu seras son péché fatal. Elle alimente son brasier d'un magma sauvage et animal – alors que l'obscurité nébuleuse enlace sa poitrine d'un brouillard vaporeux et aussi obscur que les ténèbres, tandis que sa peau diaphane s'étouffe dans ce tissu qu'il souhaite arracher pour mieux la posséder avec cette pulsion de fauve que l'on a trop souvent enfermé en cage. Zadig balaye sa silhouette en se mordant la lèvre inférieure – et elle s'approche, et ses bronches se gavent de son parfum comme s'il se nourrissait de nicotine. Que sa main souhaite étreindre sa nuque pour l'emprisonner contre son torse et lui donner des baisers semblable à des coups de poings. Il sent sa présence, cette nuée froide, à peine plus lumineuse que cette lune envieuse. Et sa phrase, coupée à la hache, défie Zadig et que sa bouche se cisaille d'un sourire carnassier.

Oméa n'est une sainte, elle est pire que ces démones, elle a donne de ces envies qui rendent violent, comme un feu d'artifice de rage qui gît à l'intérieur du bas ventre. Ses yeux fauchent la nuit alors que le lion bondit sur lui, prêt à ébaucher ses griffures comme des esquisses frénétiques. Zadig se décala d'un pas sur le côté, et d'un mouvement habile des épaules, évita le fauve. Ce fauve qui était sous la coupe de la colère, alors que Zadig tournait comme un astre autour d'Oméa. La névrose de protéger celle qui embrassait les parjures des démons, ce félin voulant effriter Zadig, le faire devenir un souvenir de cendre, aspiré dans ce faisceau de noirceur.
La terre semble chuchoter dans la nuit et Zadig sourit.

Tout se met à gronder, et l'herbe se soulève, comme si sa chair hérissait son angoisse. Le bruit du métal contre sa chaussure le réveille subitement, l'arrachant à sa nonchalance enfantine, le forçant à prendre conscience de ce qu'elle souhaitait. Elle voulait des preuves, des morceaux de dévotion, Zadig sourit. Le baiser froid du revolver se posait comme une embrassade sur son front. Ce sont des sourires en biais qu'il envoie, qui s'étendent comme une ombre de géant sous sa silhouette d'homme. Il rompe la distance alors que le revolver s'appuie contre sa chair, menaçant de l'embrasser. Un murmure sifflé tout bas, comme pour ne pas réveiller la nature endormie.

« J'accepte. »

Ca s'envole, alors qu'elle lui laisse l'audace d'attaquer. Zadig, le dos courbé vers l'avant, les mains plantées dans ses poches, s'avance. La terre gronde à nouveau – elle n'est pas heureuse que tu flirtes avec elle, sa violence gonfle l'air et s'étend comme un étang gelé. Elle ressent les pas félins de cette fille aux cheveux de blé fouler son ventre, elle ressent ce désir de l'engloutir entre ses veines qui s'ouvriraient comme des fissures. La terre ne supporte pas qu'on s'en prenne à son protégé, elle rugit souvent face à ces femmes car elle ne pourra jamais être comme elles. L'aura de Zadig implose, comme une flamme violente, qui souhaite embrasser la chair de ses baisers de charbon et l'enlacer pour laisser dans ses assauts des brûlures.

Tout s'élève, et que la lumière de son aura défie les quelques gouttes de la pluie chantante, accaparée par la joie de ce duel presque érotique. Oméa se cache dans ses lambeaux de ténèbres. Zadig la sent, mais ne peut la localiser. Un cache-cache où pour l'instant il a les crocs du loup. Ses poings se serrent longuement, alors que les gouttes tâchent la terre de leurs larmes. Zadig enserrent ses poings et son aura éclate comme le bourgeon d'une fleur, fauchant l'herbe de sa chaleur, pour qu'Oméa s'extirpe hors de ses étreintes obscures. Si elle était proche, elle sera forcée de reculer pour ne pas être brûler par son aura écarlate. Dans la nuit, Zadig sourit.

«  Tu es par là, Oméa, hein ? Et il s'avance, alors que l'herbe desséchée s'abreuve de ces perles du ciel, que le sol luit sous le sol humide. La terre gronde à nouveau sous Oméa, comme si des fissures s'érigeaient en dessous d'elle, comme si elle voulait s'ouvrir pour ne pas qu'elle profite de Zadig. Elle est jalouse, cette terre, à vouloir engloutir le monde de Zadig en son sein. Bien trop possessive envers cet homme enfant, qui s'amuse avec elle.  Je crois que je t'ai trouvé. »

Sur ces paroles, ses mains plongent dans le flanc de la terre et comme s'il secouait frénétiquement un drapeau au vent, de la roche s'esquisse hors de la terre et fusent comme des étoiles filantes sur la position d'Oméa devinait par Zadig, ça ne restait que des hypothèses. Son bras s'étendit dans les ténèbres car il crut la voir, mais sa poigne se referma sur la poussière du vide. Il savait qu'elle était là, à lorgner une faille pour y engouffrer sa lame d'argent. L'envie de l'embrasser se fit soudain plus pressante – elle s'insinuait presque comme une obsession.

Et son aura se gonfla à nouveau, comme une plante carnivore, établissant un périmètre de sécurité et éloigner le lion farouche s'il était tenté de se faire les crocs sur ses os. Son cœur endormi se met à cogner plus fort, comme un tremblement de terre engourdie. La terre hurle à nouveau, et un nouveau grondement se fait sentir. Et dans cette pluie larmoyante, Zadig se fond aussi dans l'obscurité.

Comme un loup attendant l'avancée de la brebis.
Mais dans ce conte là, qui est le le loup et qui est la brebis ?

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 MessageSujet: Re: paradis rouge •• oméa   Jeu 28 Avr - 19:06

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Oméa K. Shizuka

Ajatar Virke

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Amoure Piccante

Oiseau de proie. D’apparence, d’abord, puis de sensation. Un danger. Un simple et unique danger bien réel où le moindre pas de travers ferait de toi sienne. Il était là, dominant au milieu des ombres alors que tu furetais partout, à la recherche d’une erreur que tu ne trouvais pas. Tu n’avais rien ressenti de tel depuis que Bastian t’avait laissée seule avec tes fantômes, comme Sylva avant lui. Sous tes pieds, la terre tremble, furieuse comme jamais, faisant écho à cette sensation surprenante de chaleur insupportable qui te dévore l’estomac. La précipitation te fait reculer dans frêle espace de lumière puis tu reprends ta danse, disparaissant dans l’ombre suivante puis encore celle d’après. Tu ne sais pas ce qu’il prépare. Tu sais à peine si ton jeu ne risque pas de te dépasser tôt ou tard. L’éclat argenté de tes lames dessinent un motif étrange, sans cesse brouillé par tes allers-retours et tes changements de direction soudain. L’herbe caresse tes pieds avec douceur alors que la terre, traitresse, tente encore et toujours de te faire chuter à chaque ronronnement. Partout où tu poses pieds, tu la sens brulante, avide presque de t’aspirer dans ses tréfonds. Serait-elle jalouse ? Cette observation t’absorbe curieusement et tu te mets à danser, goûtant presque avec amusement les craquelures que tu laisses dans ton sillage et les fragments de chaleur qui trahissent ta présence. Pour peu, tu en aurais presque oublié Zadig, bien trop occupée par la nouvelle invitée dans votre jeu. Bien trop amusée de jouer au chat et à la souris avec la Terre elle-même. Les éclats ta frôlent, faisant rugir de mécontentement la petite copine de Zadig jusqu’à ce que l’une d’entre elle trace un trait de feu sur ta joue. Le grincement, presque rire, manque de te faire choir parterre mais tu te rétablis de peu. La Terre triche, ce n’est pas juste, te surprends-tu à penser. Et c’est à ce moment-là que tu le sens. Avec la jalouse sous tes pieds, tu l’avais presque oublié, comme relégué à une priorité moindre dans ton esprit. Le fauve en toi se met à rugir. Il n’y aura pas d’autre avertissement.
Sa main te manque de peu et tu ressens le besoin impérieux de te glisser sous son étreinte comme un serpent. Son beau visage est teinté de quelque chose que tu as rarement vu briller si fort dans les prunelles d’un homme. Son désir, aussi chaud qu’un volcan en éruption, provoque un frisson de délice le long de ton dos. T’est-il seulement réservé après ce que tu viens de voir de la part de Gaïa ? Tu en doutes. Son poing saisit une volupté de ton armure, plus téméraire que les autres, tandis que tu roules sur l’herbe pour te mettre hors de sa portée. A peine rétablie, un nouveau frisson fait rugir ton fauve intérieur. La faille que tu attendais vient de naitre. Tu recules silencieusement et lance tes deux poignards sur la silhouette immobile d’un Zadig concentré. Cette même silhouette qui disparait dans le sol à l’endroit même où les armes viennent de se ficher dans un bruit mat. Zut. Trop lent.

Tu es maintenant seule dans l’herbe. Il n’y a plus de raison de te cacher, puisque l’attaque viendra de l’endroit le moins logique, celui qui te paraitra le plus prudent. Alors tu laisses tomber l’armure de Nergal et te retrouve à nouveau dans ta tenue civile. Alors tu quittes les ombres pour te tenir à sa place sous la lumière de la lune. Un sourire sur le visage, tu applaudis pour tromper le silence. Tu sais que la seule chose qui te permettra de le trouver a besoin de temps. Et maintenant qu’il n’est plus sous tes yeux, il faut que tu en trouves par tes propres moyens. Ton regard croise celui d’Azariel, qui s’est éloigné autant que possible de la scène en attendant patiemment son heure. Il hoche la tête, comme s’il avait saisi l’idée et se rapproche de toi avec entrain. Un murmure trouble le silence et un pendule tombe du ciel, directement dans tes paumes, accompagné de la silhouette d’un arc qui disparait presque aussitôt.

« La terre t’aime d’une façon originale, je trouve. » Le pendule chute encore et s’immobilise au-dessus du sol, comme s’il attendait quelque chose. « Espérons qu’elle ne soit pas jalouse, je n’ai pas envie de finir morte dans une crevasse. Vassago, où est l’homme blond qui se trouvait ici ? » Le pendule s’agite comme s’il était possédé. Valsant à droite, puis à gauche et encore à droite, il semble avoir du mal à suivre la trajectoire dans son intégralité mais fait de son mieux. Cette constatation te tire un sourire. Tu sais que même s’il est dépassé par les évènements, le pendule du démon ne se trompe jamais. Dans ton autre main, l’arc invisible semble impatient de prendre part à la bataille. La respiration tranquille d’Azariel se tait et il commence à tracer de grand cercle autour de toi, comme près à fuser ou il le jugera nécessaire. Ainsi tu attends immobile au milieu de la lumière de la lune, de savoir qui trouvera son utilité dans tout ton arsenal pour la prochaine passe entre vous. Ainsi tu patientes malgré tout le désir que tu éprouves de le toucher à nouveau, ton pendule se tordant sous ta main comme un serpent près à mordre. De loup et de brebis, tu sembles en ce moment le mélange presque parfait.

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