Partagez | .
[Hana] Somewhere only we know
 MessageSujet: [Hana] Somewhere only we know   Sam 2 Aoû - 14:20

avatar
Misto

Eagle's Claw

Click



Somewhere only we know

PV Hana Takumi





La plaine respire. Balayée par le vent, les herbes hautes qui longent le chemin se plient dans un sens puis dans l’autre, rythmée par un son connu d’elles seules. Les voix fluettes des poulets parviennent jusqu’aux oreilles du groupe compact formé par les caravaniers et leurs familles. Les roulottes colorées semblent danser, au loin, découpées de mille manières différentes dans leur partie inférieure par le ballet de la nature gelée par l’hiver. Les chevaux hennissent de temps à autre, inquiétés par les allers et venues de la nuée d’oiseau qui les survolent, faisant sursauter la rousse installée sur le toit plat de la roulotte de tête. Cette dernière, plongée dans ses pensées, ne fait guère attention à autre chose qu’au discours incessant de ses esprits qui résonne dans son crâne. Pas de bandit aux environs, d’après eux. L’Aigle grogne. Allongée sur son paquetage, elle récupère de la nuit blanche passée à surveiller le campement pour donner un peu de repos à ses compagnons. L’éternel calme de ce voyage l’ennuie et malgré elle, elle ne peut s’empêcher de prier pour que quelque chose d’intéressant ne se passe tôt ou tard.

L’inactivité la rend statique et l’ankylose, si bien que lorsque le cheval s’arrête de façon un peu trop marquée, elle dégringole du toit pour atterrir les fesses les premières dans la poussière du chemin. Elle jette un regard meurtrier à l’écuyer, un des jeunes enfants qui apprend peu à peu le métier de la Grande route, avant de se lever en soupirant pour voir ce qui lui valait de se faire éjecter de sa position. Le gamin frissonne alors qu’elle le dépasse sans même s’attarder sur son état. Son regard encore endormi s’est mué en deux émeraudes glaciale, cherchant la moindre trace du danger, allant même jusqu’à tenter dans humer l’odeur avant de se retourner vers les caravaniers qu’elle escorte en arquant un sourcil. Il n’y a rien aux alentours, pas moins le moindre petit mulot. Misto s’approche du cheval de trait et lui flatte l’encolure en haussant les épaules à l’adresse de son employeur. Elle ne sait pas ce qui a dérangé la brave bête, mais ce n’est pas un bandit ni une bête sauvage. L’Aigle s’étire en baillant et saisit le bord de la caravane pour remonter à son poste.

Sachant qu’elle ne pourrait pas se rendormir, elle se mit à jouer pour atténuer la monotonie de la grande plaine de Bumichi. Elle est bientôt rejointe par certains membres de la troupe. La jeune Shida a cru comprendre, le matin de son départ avec les marchands ambulants, que d’autres mages s’étaient joins à la demande d’escorte mais elle n’en avait pas encore aperçu. Peut-être que le maitre caravanier s’était-il fait berner. Mais qu’importe. La musicienne laisse libre court à sa passion en se liant d’amitié avec le percussionniste du groupe puis donne quelque peu du fil à retordre au luth qui tente de s’immiscer dans la mélodie. Elle finit par baisser le rythme, laissant à son utilisateur le temps de s’accorder.

L’heure du déjeuner approche lentement mais surement, attirée par le jeu de rythme qui tourne au concert entre les trois musiciens. Misto se surprit à regretter de ne pas avoir de chanteur pour les accompagner et modifie quelques accords pour tomber sur une vieille balade, bien connue des voyageurs comme eux. Les oiseaux, eux, continuent à tournoyer autour de la mage avant de repartir aussi sec dans leur mission de reconnaissance. Ils finissent par presque tous se poser, se relayant à la corvée lorsque le morceau change de meneur. L’absence toujours plus marquée de voix finit par pousser Misto à se lancer dans une chanson beaucoup plus populaire, espérant obtenir ce qui lui manque … avant de dégringoler pour la seconde fois de la journée. Cette fois-ci, elle pousse un juron et se frotte les fesses avant de ranger son instrument en observant la clairière.

« Nous allons déjeuner ici, nous repartirons aussitôt après. Si tout va bien, ce soir, nous dormirons dans une auberge. »

La nouvelle est saluée par une exclamation de joie de tous et la jeune femme soupire. Il est hors de question qu’elle mette les pieds là-bas. Cela grouille de chasseur de prime et d’agent infiltré du Conseil. Non pas qu’on en veuille à sa vie mais il pourrait traverser l’esprit de ces charmants flambeurs de bière d’essayer de la capturer. La rousse se lève et va s’installer dans un petit coin en hauteur pour surplomber le camp. Elle regarde le cuisinier passer devant chaque personne, le sourire aux lèvres, et baisse les yeux sur sa ration qu’elle commence à mâcher sans se préoccuper de sa nature ou de son gout. Perdue dans ses pensées, elle laisse échapper un faible murmure.

« Pitié, faites que quelque chose se passe aujourd’hui, que je puisse au moins justifier ce que je leur fait payer pour l’escorte… »

© Lutèce Factory @ Misto

Voir le profil de l'utilisateur
 MessageSujet: Re: [Hana] Somewhere only we know   Dim 3 Aoû - 1:17

avatar
Invité


Click



La Mélodie
« Je serais le chant de votre chanson... »



Takumi Hana - Shida Misto
______________________________________________

Assise en boule dans l'une des caravanes, une petite fleur ne bougeait pas. Elle n'avait pas voulu être ici, et elle avait peur. Pourquoi avait-il fallu que Soledad-Sama et Ania le lui demande ? Pourquoi ne savait-elle pas refuser ?
Elle était terrée au plus profond d'une des roulottes, et attendait patiemment, voulant en terminer au plus vite de cette mission.

***

Alors qu'elle avait été assise au comptoir de la guilde, s'essuyant les yeux après une nouvelle crise, Soledad-Sama s'était approchée d'elle. Elle l'avait consolée du mieux qu'elle avait pu, mais, ayant conscience de la douleur intérieure d'Hana, elle n'avait rien pu faire, hormis lui rendre le sourire pour un temps.

Cependant, se rappelant du drame de la première mission de cette petite sirène, Ania, qui avait été auprès de la maîtresse pour consoler la fleur, avait décidée de lui confier une autre mission, plus dangereuse, semblait-il, mais surtout, qui ne permettrait pas, selon elle, à Hana de penser à sa grand soeur.


***

Ainsi, notre sirène se retrouvait embarquée dans le cortège d'artiste nomades, devant être là en cas de danger. Bien sûr, Ania, pas folle, s'était assurée de la présence d'autres mages, plus puissants. Son but était d'occuper Hana, pas de la blesser.

Elle avait cependant échouée, sans le savoir, car tout se déroulait sans encombre, si bien que, toujours autant effrayée par la foule, et les hommes, Hana s'était recroquevillée sur elle même, froissant sa robe bleutée.
Et, évidemment, elle pensait à Ohatsu, l'air triste. Et personne ne la voyait.

Après un premier arrêt brutal, la petite, ne s'y attendant pas, se cogna la tête à une barre en métal, violemment. Heureusement, elle ne perdit pas connaissance, mais une pointe de sang s'éclipsa de son front... Elle fondit en larmes, si bien qu'elle ne put entendre la chanson jouée par trois musiciens à bord.

Le second arrêt, cependant, ne la surprit pas, et elle parvint à s'accrocher à la poignée en face d'elle.
Entendant la voix annoncer l'heure du repas, elle souffla, et sortit doucement de la caravane, le visage rouge de larmes.

Elle se cacha un peu, et trouva un arbre sur lequel s'adosser, ou grimper. Arrivée près du corps d'écorces et de bois, elle entendit le cuisinier arriver, et, terrifiée par les hommes, se décida à se cacher, le temps de la pause, en haut de l'arbre. Arrivée à destination, une branche entourée de feuilles, et dans son élément, la petite parvint à souffler un peu, se tenant toujours le front. Elle gémissait un peu, de temps à autres, la douleur physique remplacée par la forte douleur psychologique...

Une rousse arriva ensuite contre l'arbre, et sans doute remarqua t'elle les gouttes salées des larmes, ou les gouttes rouge de sang. Quoi qu'il en soit, Hana posa sa tête contre l'arbre, juste au dessus de Misto.

Au bout d'un moment, elle fredonna une chanson, improvisée, utilisant sa tristesse pour en faire ressortir les paroles. Et ce fut avec une voix douce et mélodieuse, triste mais magnifique, qu'elle chanta.



Oh wild flower... ♫


La chanson d'une fleur, la chanson d'un malheur. La petite fleur, seule dans ce monde, seule et sans personne pour s'assoupir heureuse... Depuis plus de six ans, Hana ne pensait qu'à Ohatsu, et était malade de sa séparation avec elle... L'avait-elle abandonnée ? L'avait elle perdue ? Etait-elle... ?

Oh dignified flower, ♫
What can you see from there?
And why can’t people
forgive each other? ♫


S'en voulait-elle de ne pas pouvoir pardonner cette action à sa soeur ? S'en voulait elle de ne pas oublier cette supplication passée ? Sûrement...

In a summer with much rain ♫
Blue was substituted.
Becoming one... ♫


Sa voix flottait dans les airs, et quelques personnes aux alentours pouvaient l'entendre, sans parvenir à en déterminer l'origine. Hana était cachée, après tout... En cet instant, seule la rousse adossée à deux mètres sous la branche de la sirène pouvait la trouver... Et Hana ne le savait pas...

How do you convey
your love ? ♫


Elle finit par baisser la tête, pour la rejoindre de ses mains, et éclater en sanglots.

Tu n'aurais pas due partir...


Elle sentit ses larmes sur son visage entier, le parcourir pour venir s'éclipser en dehors, et tomber deux mètres plus bas.

... Ohanee...


Puis, accompagnant ses pleurs, un bruit craquant se fit entendre... La branche, vieille, allait céder, malgré la légèreté de l'enfant...


Amétrine sur Epicode
 MessageSujet: Re: [Hana] Somewhere only we know   Jeu 21 Aoû - 15:47

avatar
Misto

Eagle's Claw

Click



Somewhere only we know

PV Hana Takumi





La rousse lève les yeux vers la voix. Pas un seul instant elle n’essaie de se joindre à la musique. Pas une seule seconde elle ne fait mine de fredonner pour accompagner la fillette. Elle reste totalement stupéfaite. Cette voix, cette apparence … Elle a l’impression d’être elle-même sur cette branche, de chanter elle-même cette vieille comptine, de verser elle-même chacune des larmes de crocodile de la gamine. Le cœur qu’elle y met résonne dans l’âme de Misto comme un écho lointain, un autre temps qu’elle avait cru mort et enterré mais pourtant … L’aigle s’immobilise contre le tronc sans oser respirer. Elle est consciente qu’elle est surement témoin d’un moment volé, mais pas par sa volonté. La surprise et la curiosité l’empêche de s’éloigner, elle est trop proche de ses souvenirs pour oser interrompre ce brusque jeu du destin. Si bien qu’elle manque de ne pas réagir lorsque la branche pousse un cri déchirant avant de céder.

Les réflexes bien rodés, une agilité un peu rouillée, voilà la rousse qui saisit la gamine en roulant comme un cabri dans l’herbe. Ses mains, plus larges qu’avant, sont toutes craintives à l’idée de trop serrer la frêle jeune fille alors que le son mat de la grosse branche qui heurte le sol alerte tous le camp. Elle s’étonne de la fragilité de cette fillette qu’elle n’avait pas remarquée, espère que tout va bien alors qu’elle roule une fois de plus avant de la relâcher, le souffle court. Les cheveux en corolles, elle a l’air un peu paumée dans ses vêtements un peu large et ses yeux rouges sombres qui respirent la tristesse. La rousse à côté d’elle a le plus grand mal à ne pas trahir ses émotions. Le regard vague, un peu incertain, elle tend sa main à la petite.

« Pas de mal jeune fille ? »

Misto la voit hésiter, larmes aux yeux et prête à éclater, et ignore une fois de plus quoi faire. Elle se revoit elle-même, terrifiée par la mort de sa famille, à cheval entre les ténèbres et les abysses. Elle ne cesse de se souvenir, toujours plus loin, toujours plus douloureusement de chaque minutes passées. Son trouble se sent presque trop, sans compter la gêne qui l’envahit et qui finit par la pousser à saisir une des mains pâlottes de la fillette, doublée de près par un loup un poil trop curieux. L’animal roux flamboyant lui lèche goulument la joue, le sourire de clown jusqu’aux oreilles qui lui déforme habituellement le visage.

« Rien de cassé choupette hein ? J’suis sûre que tu vas bien, juste assez pour me gratter un peu sous le menton … »

L’aigle redresse la fillette en pouffant alors que l’esprit se met à sauter dans tous les sens. Elle lui doit une fière chandelle à ce vieux papa poule qui sait consoler un enfant. Misto se sent déjà bien assez bête de ne pas savoir quoi faire, mais elle ne peut s’empêcher d’imaginer que cela aurait été pire si la petite s’était mise à pleurer. Une remarque perçante de Runolf lui tire un maigre sourire alors qu’un nouvel esprit apparait pour sauter sur Asulf. Les panaches roux et noir s’enroulent gaiement dans l’herbe avant de venir percuter leur maitresse qui bascule tête la première parterre. Les deux loups remuent la queue en fixant la demoiselle, sagement assis sur le dos de Misto, complice jusqu’au bout.

« Hé hé hé, ça te dis qu’on joue à chat choupette ? »

© Lutèce Factory @ Misto

Voir le profil de l'utilisateur
 MessageSujet: Re: [Hana] Somewhere only we know   Sam 23 Aoû - 3:45

avatar
Invité


Click



La Mélodie
« Je serais le chant de votre chanson... »



Takumi Hana - Shida Misto
______________________________________________

Un craquement résonna dans les oreilles de la sirène, qui n'eut pas le temps de pleurer, de crier, ou de se rattraper, annonçant la césure de la branche. Elle tomba. Elle avait les yeux fermés, la peur au ventre, et quelques larmes décollaient de ses yeux pour s'envoler.

Alors qu'elle allait percuter le sol, elle sentit des mains l'attraper, et des bras l'entrelacer. Elle fut attrapée en vol, et l'auteure de cet acte, après de nombreuses roulades au sol avec la jeune fille, finit par s'arrêter, et libérer Hana de son emprise. Celle ci la regarda, ne sachant quoi penser. Elle était contente, et reconnaissante, mais la peur de l'inconnu, mêlée à sa tristesse lui fit perdre ses mots.

Pas de mal jeune fille ?


Hana profita de cet instant pour dévisager sa sauveteuse. Les cheveux rouges, l'assurance bien visible, la beauté mise en avant, les yeux verts... Elle était très belle, et Hana rougit un instant, avant de se faire relever. Elle s'essuya les yeux avec la manche de son vêtement, et ne vit pas la sortie, et la venue du loup roux.

Rien de cassé choupette hein ?
J’suis sûre que tu vas bien, juste
assez pour me gratter un
peu sous le menton …


Au début étonnée, Hana recula un peu, passant de la position "à genoux" à "assise sur les fesses".
Voyant finalement l'enthousiasme du loup, et l'absence de réaction offensive de sa bienfaitrice, Hana s'arrêta de bouger, et tendit la main, pour venir grattouiller le menton de l'animal au pelage douillet...

Un sourire se dessina finalement sur le visage de la petite fleur, quand elle vint caresser la tête du canidé de son autre main. Evidemment, le fait que ce loup lui parle ne lui était en rien étrange, n'ayant jamais vu de loup auparavant.

O...Oui... Je... Je n'ai rien...
Merci...


Puis elle se tourna vers Misto, toujours la tête d'Asulf entre ses douces mains, et baissa la tête, pour la remercier, comme Ohatsu lui avait dit un jour...

M...Merci à vous aussi...


Alors qu'elle venait de parler, un nouvel animal sortit de nulle part, pour sauter sur la peluche vivante de la petite Rose. Puis, lorsque les deux canidés renversèrent Misto, un petit rire s'échappa de sa bouche.

Hé hé hé, ça te dis qu’on
joue à chat choupette ?


Elle sourit, mais ne savait pas ce que ces loups appelaient "jouer à chat". Fallait il miauler ? Fallait il se mettre à quatre pattes et ronronner ? Elle qui n'avait jamais vu qu'un seul chat, elle ne savait que cela.
De plus, le terme "choupette" lui étant inconnu, elle crut que la raison de cette appellation était l'ignorance de son prénom. Elle s'empressa alors d'écarter tout malentendu possible.

Euh... Je... Je m'appelle Hana...
pas "Choupette"... et...
et vous ?


Elle s'adressait aux loups, mais également à leur maîtresse située en dessous d'eux. Puis, après avoir obtenu sa réponse, Hana osa une autre caresse, sur le museau du nouveau loup, avant de demander

Et... Pardon, mais...
Vous... Vous êtes... Vous
êtes quoi comme animal ?


Elle était rouge de honte, d'avoir oser poser cette question. Sa soeur le lui avait pourtant dit, autrefois. On ne devait pas poser ce genre de question...

Enfin, sa dernière question vint, en rapport avec ce "jeu de chats".

Et... euh... comment on "joue à chat" ?



Amétrine sur Epicode
 MessageSujet: Re: [Hana] Somewhere only we know   Sam 28 Mai - 23:06

avatar
Misto

Eagle's Claw

Click



Somewhere only we know

PV Hana Takumi





« Nous ? » Asulf fit un clin d’œil à son compagnon loup. « On est des loups, choupette. Les plus beaux de tous les loups du continents !
- Moi, c’est Runi. Et le roux qui ment comme un arracheur de dent, c’est Asulf. On n’est pas des loups, techniquement, on est des esprits de Misto….
- En forme de loups. » Intervint la seconde boule de poil, vexée.
« En forme de ce que je veux oui ! » Joignant geste et parole, l’image de l’animal sombre se brouille et s’étire doucement. Une paire d’oreille ronde et de grosses papattes remplacent la finesse du canidé alors qu’il pose son royal postérieur d’ourson sur le sol. Etirant son museau dans un sourire, il lève sa paume vers l’enfant rendue confuse par le changement. « T’as vu Hana, c’est drôle non ? » Nouvelle métamorphose et un magnifique Paon noir aux plumes rouges se met à faire la roue devant la gamine en se dandinant gracieusement. « Mais pour jouer à chat, c’est pas très pratique.
- Pire que ça. Mais on peut toujours essayer. Alors les gars, comment on joue à chat ?
- Ma fille, tu choisis ton chat et tu vas te percher en catastrophe avant qu’il ne t’attrape. C’est simple, tu vois Hana ? Sinon, on peut toujours s’amuser à prendre les formes d’animaux que tu demandes. Tiens, vas-y, essaie ! » Devant l’hésitation de la fillette, Asulf insiste. « Demande ce que tu veux ! Si je ne connais pas, c’est pas grave. » Elle finit par murmurer le nom d’une race de chat et se retrouve envahie par une fumée orange-rouge, cherchant longuement sa forme avec de la prendre sur genoux, écartant ses pattes en l’air après s’être redressé. « TADAAAAA ! »

Asulf saute des cuisses de la petite aux cheveux rousses et sautille jusqu’au paon avec toute la dignité de l’espèce de gros chat mal dégrossi qu’il a choisi. Une nouvelle tentative d’Hana et une nouvelle silhouette apparait. Verte pomme, la queue touffue de l’écureuil qu’il affectionne tout particulièrement, Runolf dévisage ses compagnons avant de secouer la main vers eux d’un geste las.

« Regardez-moi ça. Pas fichu de se transformer correctement. De la grâce mes petits ! Faites preuve de grâce par tous les dieux ! » A son tour, le petit écureuil prend la pose pour changer de forme en un battement de paupière. Une seconde Hana dévisage les autres esprits avec mépris avant de faire la révérence devant l’original. « Comme ça. Ce n’est pas si compliqué. »

La petite aux cheveux verts se met alors à rétrécir pour mieux reprendre sa forme duveteuse d’écureuil. D’un regard, il dédaigne ses deux compagnons pour recommencer à lisser sa queue sous le rire de Misto auquel il adresse un coup d’œil assassin. Un nouvel animal apparait sur sa tête, étirant ses ailes de chouettes pour mieux saluer son public. Grise, elle détaille chacun avant de soupirer longuement et de sauter de son perchoir pour prendre place à côté de la jeune fille. Un loup se matérialise dans un sursaut, sortant sa tête de derrière le dos d’une Misto assise avant de de se cacher derrière elle avec un cri plaintif lorsqu’Hana croise son regard. Quand sa tête se pose sur l’épaule de sa maitresse, un petit Quetzal aux yeux violet l’orne et salue l’invité de la petite bande dans un cri joyeux. La farandole de couleur s’agrandit lorsqu’un autre paon, identique à son compère si ce n’ai la couleur et les yeux vitreux, se joint au fouillis créée par le concours de métamorphose. Les noms d’animaux se mélangent, alors que chacun leur tour, les esprits se prête au jeu pour faire rire la gamine. Un éléphant prend corps dans la petite clairière, manquant d’écraser Misto et provoquant une pluie de juron de la part de Runolf. Un lion fait fuir les oiseaux du coin alors qu’un fourmilier se jette sur lui pour mieux l’envoyer rouler plus loin. Un aigle géant se mêle bientôt à la fête, chassant d’un coup de patte le tatou roux qui se trouvait sur son chemin.

« Hey ! Alors comme ça on s’amuse sans moi, pendant que je fais de la reconnaissance ?! » Rugit Henning, au comble de la vexation tandis que le pauvre Asulf dévale la pente devant lui pour mieux passer dans le campement comme un bolide et s’arrêter brutalement après avoir trouer une caisse de bois. « Vous êtes vraiment méchant. Moi qui ne demande que de m’amuser plutôt que de me tourner les pouces ! Même pas vous ne m’appelez !
- Suffit dramaqueen.
- Viens participer au lieu de pleurer comme un bébé !
- Bébé ? J’ai au moins deux siècles de plus que toi, mon vieux Radulf.
- Qu’importe, tu n’as pas la moindre once de chance à ce petit jeu. »

Le Quetzal bat des ailes pour se poser à l’écart avant de se transformer en cerf, sous les applaudissements des deux femmes. Le balais d’animaux reprend. Un ours blanc se bagarre avec un cervidé au regard d’un violet pur. L’éléphant laisse place à une otarie, qui se met à dispute le putois qui remue la queue devant son divin odorat. Le fourmilier tente un phacochère un peu bizarre avant de se rabattre sur un cochon, tandis que le gros lion adopte une forme plus convenable de poney nain. Asulf revient au milieu de la pagaille, marchant de travers, la tronche en bien, puis s’écroule à côté de Misto dans un soupir. Il regarde les autres esprits se disputer dans cette grande parade d’animaux, puis finit par lâcher, contrit :

« J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est qu’on va pouvoir continuer encore une heure. La mauvaise, c’est qu’on s’en va. Faut qu’on remonte sur la caravane. »

Sept paires d’yeux se tournent vers le loup roux, puis dérivent vers Misto dans un chaos de mécontentement et de protestation. La musicienne lâche un grognement puis fait taire la foule de casse pieds avant de lancer finalement un défi de taille : faire une volée d’oiseau pour Hana pendant une heure. D’une main tranquille, la mage invite la jeune fille à monter avec elle et, allongées toutes deux sur le toit d’une roulotte de la caravane, elles admirent le vol chaotique et bourré de jurons floraux des neufs esprits. Le temps passe, peuplé de course d’autruche, de parade de pélican et autre joyeuseté plumé. Runolf s’essaie au vol en rase motte en goéland, manquant de percuter le condor-Radulf au passage. Autour d’eux, la caravane s’émerveille du vol tout bonnement aléatoire des esprits alors que la plupart d’entre eux s’élance comme de petit fou aux quatre coins de la plaine, oubliant jusqu’à l’essence du mot discrétion. Le chef de file hurle bien un peu puis s’apaise, conscient que le manque d’action tue tous les membres à petit feu. C’est donc non sans une fin de trajet peuplé de créature peu commune, que tout le monde rejoint la ville de destination pour mieux se séparer après un long moment de réjouissance dans la taverne où les deux musiciennes et les esprits ont achevé leur délicieuse cacophonie par un concert délicat. Laissant la voix d’Hana faire son travail et emmener chacun dans un monde délicat et coloré, la musique de Misto donna corps à son univers, tandis que les loups devenaient petit à petit, les acteurs principaux du conte de fée que les deux demoiselles dessinait avec minutie.

© Lutèce Factory @ Misto

Voir le profil de l'utilisateur
 MessageSujet: Re: [Hana] Somewhere only we know   

Contenu sponsorisé


Click

   
Page 1 sur 1

 Sujets similaires

-
» Fruit de l'éclosion / Hana Hana No Mi
» Ano Hi Mita Hana no Namae o Bokutachi wa Mada Shiranai
» Hana Uchiha - Genin
» Hana la gardevoir...
» Gothicmade

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Fairy Tail RPG :: Archives :: Archives RP :: Arc 9