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[EXAMEN RANG S – MISTO] le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre.
 MessageSujet: [EXAMEN RANG S – MISTO] le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre.    Lun 30 Juin - 8:24

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[PNJ] Gorgones

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♠ Examen rang S. ♠
Misto Shida


Quand les souvenirs deviennent des cendres – et qu'un parfum de mort s'élève lorsque l'on ose réciter encore son nom du bout des lèvres timidement. Uhra la grande, défunte, celle qui s'est effondrée il y a quelques années. Uhra avait prospéré par son commerce riche, ses produits de qualités. Mais du jour au lendemain, sans prévenir, Uhra arrêta de produire. Et sans que l'on ne puisse expliquer le pourquoi du mal mystérieux qui rongeait Uhra – on la nomma la ville morte, on chuchotait qu'une imprécation foudroyait Uhra et ses habitants.

Avec les années, Uhra et ses habitants ne devinrent que des souvenirs, puis des légendes et enfin des cendres, perpétuaient encore par le bouche à oreille. L'on raconte qu'elle est devenue terne, grise et morte pour les quelques impétueux qui ont osés profanés les limites pour pouvoir la franchir, et élucider le mystère de l'effondrement d'Uhra. Mais à peine s'élançaient-ils, qu'ils ne pouvaient se résoudre qu'à faire demi-tour, rongés par un mal-être dès lors qu'ils allaient s'engouffrer dans les méandres de ses ruines.

On la nomma alors Uhra, la ville maudite. C'était comme cloué, et l'on se plaisait maintenant à susurrer des menaces sordides aux enfants peu obéissants.

« Si tu n'es pas sage, je t'emmène à Uhra ! »

Cela suffisait aux plus valeureux de sceller les lèvres et d'obéir sagement, de manière à ce que l'emprise de la menace ne marche plus.

_______________________

Ce jour-ci, il y avait une chevelure blanche, comme une cascade de coton qui chercha pendant des heures le nid des aigles et surtout pour rencontrer Misto Shida. Parce qu'elle savait qu'il n'y aurait qu'elle qui pourrait exaucer le vœux qu'elle allait lui demander. Athénaïs avait ouïe que la mage était de retour à Fiore pour rebâtir l'ancienne Eagle's Claw, qui avait prospéré de part son indépendance il y a six années. De ses yeux d'or, elle fixait l'horizon pour distinguer cette chevelure flamboyante, qui serait sûrement en train de guetter ou de surveiller ses aiglons avec regard de lionne.

Elle s'avança et déglutit, elle n'était pas mage et le simple fait de se trouver face à eux l'impressionnait.
Elle fit juste un pas, juste un. Puis elle ne pût s'empêcher de souffler, jusqu'à s'époumoner la respiration. C'était comme une prière face à un autel, on prie pour que l'on vienne nous sauver.

« Je me permet de me présenter, je me nomme Athénaïs Orvan, une commerçante. J'ignore si vous avez entendu parler d'Uhra la maudite, mais mon frère y habitait. Oh bien sûr, cela fait quelques années qu'il a disparu, en même temps que la ville s'est effondrée. Et avec les années, mes espoirs de le revoir se sont envolés. Mais il y a peu, j'ai reçu un lacrima, on y voit rien, pas même une image. Mais j'ai entendu plusieurs choses, comme si... comme s'il y avait encore de la vie là-bas, c'est très étrange. Mais je doute que cela suffise à des guides légales d'agir alors, je me tourne vers vous, Eagle's Claw, car je vous ai connu par le passé. Vous êtes l'unique espoir qu'il me reste de retrouver mon frère... »

Et sans faire plus de cérémonie, Athénaïs fouilla dans ses poches pour en extraire le lacrima et le poser sur les marches poussiéreuses. Et alors, elle se recula, prête à repartir. Elle n'avait plus vraiment d'espoir, mais peut-être le simple fait qu'elle puisse réussir à intriguer les aigles ne pouvait la combler plus.

Et c'est les doigts croisés qu'elle s'éloigna.
Spoiler:
 
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 MessageSujet: Re: [EXAMEN RANG S – MISTO] le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre.    Sam 23 Aoû - 15:07

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Misto

Eagle's Claw

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Between Fire and Ashes
Vers le Rang S et au-delà ~


Il n’y pas de bonne ou de mauvaise décision. Pas de fois où l’on a raison ou tort. Beaucoup de divergence d’opinion, une pincée de discorde et voilà ce qui constitue la dispute où l’on dit que bien et mal s’oppose. La dispute s’envenime, on en vient aux mains, c’est le début de la bagarre. Puis quand on se détache et que l’on y revient plus tard, armes au poing, c’est la guerre. C’est ceci que rédige sans doute la plume de la jeune femme penchée sur le bureau, au milieu des piles de papiers. Non pas la guerre mais un moyen de l’éviter, une faible fraction de quelque chose pour que celle-ci soit repoussée loin de ses terres et de ses habitants. Le grattement du papier n’est ni rapide ni saccadé, preuve que l’utilisatrice n’est envahie par rien d’autre qu’une réflexion intense qui laisse une marque toujours plus profonde sur chaque rapport. Une signature par ci, un bon de commande par là … La guerre se prépare à sa manière, lentement mais surement alors qu’elle regarde tristement par la fenêtre.

« Tu devrais aller prendre l’air, Misto. »

Des prunelles vertes sombres se détachent des arbres dansants pour fixer l’homme blond, assis sur le sol au milieu des papiers. Lui aussi, il se prépare à la guerre. D’une manière différente de la rousse, d’une façon à la fois plus douce et silencieuse mais tout aussi sombre et décadente que l’avatar aux yeux émeraude qui le dévisage. Cette dernière ne sait pas pourquoi ils en sont arrivés là. Comment peut-on à ce point laisser une situation tourner, s’enflammer et couver pour mieux éclater. Elle n’essaie pas de saisir ce qu’ils ont pensés. Pour eux, il n’y a que noir et blanc, que mal ou bien, que ce qui les arrange et ce qui les dérange. Sauf que le monde ne tourne pas comme ça. Sauf que voilà, le monde choisit chacun de ses pas pour mieux faire danser le hasard et le destin en son sens. Les forces vont s’opposer, une fois encore. Dans la passivité, dans la velléité de rébellion qui habite cette femme aux loups qui pose sa plume sur le bord de l’encrier.

« J’y vais Nadhij, j’ai besoin d’aller voir quelque chose en ville. »

Misto le plante là, sans rien dire de plus. Le jeune homme n’y fait même plus attention, trop habitué aux humeurs devenus changeantes de la petite Impératrice qui vient de claquer la porte. Seule avec elle-même, les loups l’assaillent un à un comme un vol d’étourneau. Les idées fusent dans la tête de la jeune fille qui en définitive ne va faire que se perdre en forêt pour réfléchir loin de la guilde. Chacun des aigles la regarde traverser la pièce commune, perdue dans ses pensées et marmonnant vaguement le nom d’un de ses esprits. De l’extérieur, tout semble couler. Elle n’a pas changée, elle est toujours cette fille un peu timide et renfermée qui cache difficilement cette puissance phénoménale en elle. Mais de l’intérieur, c’est une toute autre histoire. Son cerveau cogite alors que les battants s’ouvrent sur l’au-dehors. Ses traits sont devenu quelque chose qui s’approche de son esprit, quelque chose de féminin, de beau et de fier qu’elle cachait au plus profond d’elle de peur que cela se brise. La tête en l’air, les sens en berne, elle ne fait qu’avancer les yeux ailleurs, au-delà des montagnes et du ciel, quelque part entre deux monticules de neige d’où s’échappe, dans un soupir, les vestiges d’une vie enterrée par un passage dans les limbes.

Dehors, tout vie et vibre. Magie, son et mélodie, tout se précipite vers elle pour tenter de la capter, de l’hypnotiser pour qu’elle ne résiste plus à ce désir de plus en plus impérieux de se jeter de la cascades pour plonger dans l’onde glacée. Le glacier, sang de la montagne et ses bienfaits sont plus qu’une tentation mais elle s’en détourne, s’enfonçant au hasard sur l’un des sentiers sinuant entre les roches et qu’elle connait presque par cœur. Elle salue vaguement le groupe de chasse qui rentre au bercail pour le déjeuner et continu sa route descendante vers le pied. Misto veut voir la sentinelle. Beaucoup des aigles disent que celle-ci n’est pas humaine, qu’elle n’a qu’un corps emprunté, une existence passagère que s’achève pour mieux recommencer sur le même bout de rocher. Ces gens ont oublié que la sentinelle s’appelle Nëre ou Sylië suivant la température ou le temps doux de l’hiver. Les gens ont oubliés les visages poupons et la douceur des deux sœurs jumelles fusionnées. Elle arrive lentement mais surement près de ce vieux bout de cailloux dressé. Poli et brillant sous le soleil fané, ce n’est pas un vestige du passé mais seulement du caprice que lui a fait subir les intempéries. Une vraie planche savonnée pour quiconque ne savait pas comment se glisser à son sommet. Mais c’est en approchant la paroi taillée qu’elle s’arrête, comme tétanisée.

Les cheveux balayés par le vent, les yeux peu colorés voire absolument pas, l’étrangère se tenait légèrement voutée près de la pierre striée. L’or de ses pupilles se fixe à l’émeraude de la mage tête en l’air qui reste hébétée, bien trop surprise pour ne serait-ce que saluer cette drôle de créature tremblante sur son bout de rocher. Misto entend le claquement de quelques chaussures et les rires de ses compagnons. Peu à peu, ils se taisent et dévisagent à leur tour l’étrange albinos qui semble hésiter à ne serait-ce que faire un pas de plus pour s’approcher, pour qu’on puisse entendre son souffle malgré les hurlements du vent qui sifflent entre les pans des monts abimés. Puis soudain, l’oiseau craintif s’avance, les yeux d’ores et déjà plein de sa supplication. Sa voix tremblante, elle débite son histoire, sa volonté, ses espoirs alors que la rousse cesse enfin de rêver. Uhra la maudite, effondrée et disparue mais pas si oubliée que ça finalement. L’Aigle se laisse aller à sourire avec bienveillance quand la jeune demoiselle se baisse pour poser le lacrima à ses pieds, comme une offrande, pour mieux reculer et prendre la fuite. Bien que blanche comme neige, Misto ne peut s’empêcher de voir en elle une biche égarée, apeurée mais résolu à tout tenter si ça peut marcher. Rien que pour cela, l’Impératrice lui tirait son chapeau. Monter les pans escarpés pour espérer croiser l’un d’entre eux et peut être la rencontrer. Son sourire se teinte de chaleur alors qu’elle s’assoit sur les marches en saisissant l’objet qu’elle fait tourner et retourner dans ses mains. La jeune femme s’éloigne mais elle est encore à portée, si bien que sans la quitter des yeux, la voix de Misto se répond en écho sur la roche.

« Raconte-moi ton histoire jusqu’au bout, Athénaïs. Parle-moi d’Uhra, de ton frère, de tout ça. »

La nostalgie, la volonté que pour elle, elle puisse retrouver ce que la rousse elle-même a perdu. Une amie, bien plus, une sœur qui prend toujours une place douloureuse dans son cœur. La tristesse de la perte la secoue encore alors que la biche effrontée fait demi-tour, le visage peut être soulagé à moins que ce ne soit plein d’espoir retrouvé. Le groupe d’Aiglons derrière l’Impératrice la dévisage quand celle-ci attrape la petite commerçante fragile et fait demi-tour sur le sentier. Elle leur adresse un sourire confiant et leur tape amicalement l’épaule.

« Faites bonne route. Pensez aussi à vérifier qu’elle n’a pas été suivie. » L’un des esprits de la jeune femme se dessine sur son poignet, les ailes écartée et l’Aigle le salue d’un hochement de tête.« Va prévenir Will, nous avons une invitée. » Osulf adresse un regard curieux à la petite commerçante téméraire avant de s’envoler dans un cri perçant pendant que les deux femmes reprennent l’ascension. C’est quand elle arrive enfin au Nid que l’Impératrice se permet un sourire chaleureux à cette pauvre petite, le lacrima serré dans sa main à s’en faire blanchir les jointures. Elle n’échouera pas. « Entre Athénaïs. Je suis sûre que tu meurs de faim et de soif avec toute cette route. Prend tout ton temps pour te remettre puis dis-moi ce qui se passe à Uhra. »


HRP:
 
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 MessageSujet: Re: [EXAMEN RANG S – MISTO] le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre.    Mar 3 Mar - 15:22

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♠ Examen rang S. ♠
Misto Shida



La voix de l’aigle s’élève comme un chant d’orgue, il effleure les monts, et sonne comme un écho apaisant dans le cœur d’Athénaïs. Sa prière a été écoutée, et la jeune commerçante freine son élan, s’arrêtant, dos à l’impératrice des aigles. L’espoir qui semblait éteint se raviva en des braises timides et un sourire timide, aussi rapide et vif qu’un éclair, vint étirer ses lèvres.
Misto l’accueillit dans son nid, évitant les questions et laissant le temps à Athénaïs d’organiser ses idées confuses. Ce n’était pas une quête anodine, Uhra était une ville morte, disparu avec le temps. Seules les légendes la faisait encore vivre, Athénaïs se souvenait encore des complaintes de la ville bruyante. Des rires des enfants, des sourires des commerçants. Une fois arrivée au nid, Athénaïs ne put réprimer l’admiration envers la guilde qui s’était redressée et le courage de Misto d’avoir, par la force de ses bras et de sa volonté, hissée Eagle’s Claw vers sa gloire d’antan. D’un murmure, Athénaïs souffla un « merci ».

« Misto, puis-vous appeler comme ça ? Elle laissa l’aigle répondre puis hocha la tête. Un silence presque religieux s’installa entre elles. Athénaïs baissa légèrement les yeux. Uhra, en avez-vous déjà entend parler ? Une ville prospère, et dont le commerce était aussi fleurissant. Les gens étaient tolérants, même si comme de partout, des gens étaient fermés dans leurs opinions. Il y a quelques années… Uhra a été frappée par un mal, comme une malédiction. De la brume a tout envahi et elle s’est éteinte avec son peuple. Beaucoup de mages ont tenté d’y pénétrer, moi-même afin d’y trouver mon frère. Mais avant même d’y entrer, j’ai été pris d’un malaise, comme si la ville m’avait envoyé une malédiction. J’ai été forcée de faire demi-tour, comme tous les autres. J’ai essayé de faire mon deuil, mais c’était impossible tant que je n’avais pas la certitude que mon frère était en vie… Alors j’ai fait ma vie, guettant son retour comme une enfant. Est-ce que c’est lâche de ne pas y avoir été retourné ? J’étais tétanisée, puis après on finit par se faire une raison. J’ai ouvert un commerce, mais il y a peu… j’ai reçu ça.

Elle déposa un lacryma sur la table, il s’actionna de lui-même. Un rayon en émana, ce qui plongea la pièce dans un noir total, seule la lumière bleu et faible du cristal illuminait les deux jeunes femmes. On n’entendait rien, si ce n’est des vibrations. Mais ça, c’était ce qu’il y avait de voilé. Misto, toi, tu le sens, n’est-ce pas ? Ce requiem d’âmes abandonnées, ceux que l’on a oublié. Ce chant de mort et de vie, ce chant de menace et d’espoir qui se reflète dans les vibrations. Et une image voilée apparaît. Celle d’une personne encapuchonnée, puis une ombre difforme qui apparaît face au cristal, un grésillement sourd puis plus rien.
Un silence plus fort s’installa encore.

_ Je crois que c’est mon frère. Souffla-t-elle. Je crois que c’est lui qui a… voulu montrer qu’il était toujours en vie. Il a été courageux, bien qu’impulsif, il faisait les choses qui lui semblait le plus juste. Il n’était pas parfait, il avait des défauts comme tout le monde. Il n’est pas méchant, ni les hommes qui y ont été. Elle redressa son regard vers Misto. C’est pour ça que j’ai décidé de vous lancer un appel, je suis prête à y mettre le prix qu’il faut, même si je suis une modeste commerçante. Mais l’espoir de le revoir me tue, je ne sais pas s’il est encore en vie ou s’il est mort. Et je ne suis pas la seule dans ce cas-là, d’autres ne savent même pas si leurs fils, parents sont encore en vie, ou s’ils sont morts en même temps que la ville…

Sa main se glissa sur son omoplate pour se la caresser, comme si une gêne s’emparait d’elle.

_ Depuis peu, je rêve d’Uhra. Depuis que ce lacryma est arrivée dans ma boutique. Ce sont des visions flous, des cauchemars. J’entends des cris puis des silences, et cette brûme…

L’âme d’Athénaïs semble s’affoler. Ses yeux se redressèrent vers Misto.

_ Je crois que quelque chose s’est immiscé à Uhra, et que des gens en paient le prix fort. C’est tout ce que je sais, Misto…

Elle se mordit la lèvre et sa tête se secoua lentement.





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 MessageSujet: Re: [EXAMEN RANG S – MISTO] le feu qui semble éteint souvent dort sous la cendre.    Ven 6 Mar - 19:01

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Misto

Eagle's Claw

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Between Fire and Ashes
Vers le Rang S et au-delà ~


Misto esquisse un mouvement de tête affirmatif avant de prendre place sur une chaise. Elle n’arrive pas à saisir pourquoi les gens donnent tant d’importance à un simple prénom. Elle goûte à ce nouvel éclat que lui offre la jeune femme en dévoilant son histoire. L’espoir et la crainte résonne dans le hall de la guilde avec une étrange intensité, comme si Athénaïs elle-même redoutait que le mal ne s’installe dans le Nid. Cette pensée fait doucement sourire la magicienne alors qu’elle se redresse sur son siège. Des malédictions, elle en conte bon nombre dans les tavernes mais jamais encore elle n’avait entendu une aventure semblable. Son cœur se met à battre la chamade quand elle évoque son frère. L’image de Nywell passe un instant devant ses yeux avant qu’elle ne ferme les paupières. Athénaïs n’imagine sans doute pas à quel point l’Impératrice comprend ce qu’elle ressent. Doucement, les ongles de Misto s’enfoncent dans sa paume et elle concentre son attention sur cette douleur pour chasser son chagrin. Cette conscience, douloureuse, qu’ils sont là mais hors de portée… Si la jeune femme avait pu, elle s’en serait sans aucun doute rendue malade. Cependant, elle refuse farouchement de laisser les aiglons sans défense et, au-delà de tout ça, de sombrer dans une folie mielleuse dont elle ne sortirait pas. Lorsque la mage rouvre les yeux, la volonté illumine ses pupilles vertes au même titre que le feu de la cheminée derrière elle se diffuse dans toute la pièce. Brume ou pas, la rousse entrera à Uhra. Malédiction ou pas, elle n’en ressortirait qu’une fois accompagnée de l’homme. Misto ouvre la bouche et tend une main forte vers l’épaule d’Athénaïs. Avant même qu’elle n’ait pu achever son geste, le lacryma délivre son message.

Aussitôt, la mage d’âme saute sur ses pieds. La scène est totalement dénuée du moindre sens mais elle sent. Le contenu, sombre, fait hurler son sixième sens. Non pas de plaisir mais d’une sorte de cri inhumain qui la saisit jusqu’à l’os. Sans hésitation, elle ferme les yeux et contemple l’enregistrement. Son sourire disparait et sa mâchoire se contracte violement. Des dizaines de spectres colorés ondulent de manière psychédélique, lâchant une complainte déchirante, avant de s’étioler dans une espèce de fumée. L’enchainement de ses disparitions, conjugué aux cris, donne une brusque envie de vomir à la jeune femme. Elle porte une main à son oreille, alors que les loups se matérialisent de force. La musique s’empare du corps de la musicienne, la faisant frissonner jusqu’au plus profond de son cœur. Elle croit se revoir enfant, tétanisée sous le souffle de la créature qui, une fois libéré de sa jarre scellée, avait provoqué la chute du clan Shida. Sa respiration se suspend. La chair de poule couvre ses bras et elle retombe sur son siège comme privée de force. Ses muscles la mettent au supplice, tant la sensation de tourment passe au travers de la mélodie. Les sonorités s’emmêlent dans son esprit et la sueur se met à couler sur sa tempe. Si la mage tendait la main vers l’image, elle pourrait sans doute saisir le mélange malsain de désespoir et de haine que respirent les cris. Misto prend des longues inspirations pour lutter contre cette douleur malsaine qui s’insinue dans son crâne. Elle ignore qui est à l’origine de ce message mais elle est presque certaine qui lui ai destiné à elle et à elle seule. Ses paupières se rouvrent pour fixer la silhouette qui clôt l’enregistrement. Un soupir de soulagement lui échappe quand le grésillement remplace le son des âmes. Qui qu’elle soit, cette personne encapuchonnée a soigneusement choisi son auditoire.

Misto pose un regard neuf sur Athénaïs. Au fond de ses prunelles, on peut voir briller un mélange ténu d’urgence et de doute. Elle avait déjà ressenti ça des années plutôt, lorsque Wyvern s’était attaquée à son clan. Accepter cette mission, c’est se frotter à quelque chose de familier, à quelque chose qu’elle avait vaincu depuis maintenant six ans. Pourtant, les esprits en elle ont l’intime conviction qu’il n’en est rien et qu’Urha présente un danger nouveau, un danger qu’eux seuls peuvent percevoir. Sans un mot, elle fait jouer les muscles de ses épaules et pose une main ferme sur sa nuque. Sa tête se baisse et elle ferme les yeux en s’imprégnant des dernières informations.
La première chose qu’elle pouvait affirmer, c’est que la brume n’est pas là par hasard. Plus que la manifestation d’une soit disant malédiction, elle est le meilleur moyen pour tromper n’importe qui. Même un esprit parfaitement logique ne saurait se retrouver dans un brouillard épais sans être aidé. La seconde, c’est que si les proches des disparus rêvent d’Uhra, il est très certainement temps d’y entrer. La question est donc, pourquoi n’y sont-ils pas arrivés ? De même, pourquoi envoyer un message si cette soi-disant malédiction empêche quiconque d’entrer ou de sortir ? Athénaïs marque un point. Quelque chose hante la ville et cette chose ne trouve aucun écho dans les centaines de légendes et de chansons à boire que connait Misto. Avec une lenteur inhumaine, la mage se lève et regarde la marchande. Elle a beau réfléchir encore et encore, elle la voit difficilement la jeter dans un guet-apens. Au-delà de ça, elle doute même que celle-ci ne sache la nature de ce qu’elle a perçu dans les images du lacryma. Sa poitrine se soulève avec régularité et son visage rayonne à nouveau de bienveillance envers la demoiselle.

« J’ai une bonne nouvelle pour toi. » Devant la surprise de son interlocutrice, la rousse poursuit. « Vos proches sont vivants.
- Tintintin tintintin tintintin Tin tin tin. » L’esprit roux sourit jusqu’aux oreilles, fière de sa tentative de détendre l’atmosphère. Il couine lorsqu’Osulf lui donne un coup de patte agacé sur le museau.
« Tu n’es vraiment qu’un crétin, Asulf. »

L’Aigle soupire et fait disparaitre ses camarades d’un geste négligent de la main. Aucun d’eux ne pense à mal mais elle supporte difficilement le regard pénétrant que les trois plus sages posent sur son dos. Radulf émet un drôle de grognement alors que sa silhouette disparait de la salle. Elle n’a pas besoin qu’ils prononcent le moindre mot pour savoir à quel point ils désapprouvent sa décision. Pourtant, elle se voit mal refuser la mission. Urha renferme une chose si inhumaine qu’elle ne conçoit même pas la possibilité de la laisser en paix pendant qu’elle torture les habitants. Pas plus qu’elle ne conçoit que ce message n’est pas été intentionnellement posé chez cette jeune femme qui garde encore l’espoir qu’ils vivent. Et encore moins qu’elle ne peut douter que le dit message n’a été rédigé dans l’intention volontaire d’attirer un certain type de mage en ses murs. Qu’importe leur crainte, elle ne comptait pas refuser cette invitation si bien orchestrée. Si la chose qui se tapie dans la ville a pris tant de soin à ce qu’on transmette celle-ci, c’est qu’elle désire qu’un nouveau mage tente d’entrer. Sa curiosité a sans doute pris le pas sur sa raison et pas un instant Misto ne doute qu’elle risque de s’en mordre les doigts mais elle ne regrette pas son choix. Quel que soit la raison de ce qui dort à Urha, elle ne se dérobera pas. Elle caresse doucement le manche de ses fleurets et vérifie qu’ils coulissent correctement dans leur fourreau avant de s’avancer vers Athénaïs. Sa main se pose sur la tête de la jeune femme et ébouriffe les cheveux soigneusement peignés qui ont résisté au vent sauvage de la montagne.

« Cesse de t’en vouloir, jeune fille. La vérité, c’est que si personne n’est entré, c’est parce qu’Urha n’a pas voulu de vous. Elle aurait pu vous garder prisonniers avec ces habitants mais elle ne l’a pas fait. Tu n’as pas été lâche, bien au contraire. » Le geste s’interrompt et Misto croise les bras sur sa poitrine. « Pour être honnête avec toi, je ne crois pas une seconde à une quelconque malédiction. Il y a bien quelque chose qui retient les habitants mais ce n’est pas ça. Mais… » La jeune femme inspire profondément en se remémorant la scène du lacryma. « Je serais presque tenté de te croire après ce que j’ai vu. » L’Impératrice ajuste son baudrier avec un mouvement mécanique tandis qu’elle pèse le pour et le contre de ce qu’elle s’apprête à faire. Elle sourit à la petite créature qui se tortille, honteuse, sur sa chaise. « J’ignore ce que tu as promis aux autres pour qu’ils s’y rendent mais ça ne m’intéresse pas. Rien n’a l’air de pouvoir payer une requête pareille. » Voyant l’expression de la marchande, elle ne peut s’empêcher de couver du regard ce petit oisillon égaré. « Ne te méprend pas, Athénaïs. Avec ce que j’ai vu, je ne peux pas refuser. J’entrerais à Urha, et je ramènerais ton frère. »
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