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Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme
 MessageSujet: Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme   Ven 13 Juin - 3:15

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Invité


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Je tiens le bout tissé dans mes mains avec une rage au coeur, une folie incontrôlable. Les meubles bougent par eux-mêmes, mon visage sur le miroir est haineux, ensanglanté, mes mains sont couvertes de sang et pourtant, tout est à sa place et je suis propre. Je n'y arrive plus. Les cachets, les rendez-vous chez le psychologue: rien ne fonctionne. Plus rien n'est suffisant, plus rien ne retient la folie qui me hante. Meurtres. Vols. Mensonges. J'en peux plus. Mes mains tremblent. Mon estomac se contracte et je cours vers la salle de bain pour gerber. Mes bagues glissent de mes doigts trop moites. Symptômes de junkie et pourtant, accroc à rien du tout, seulement en manque d'amour...

Je tire la chasse et retourne à la table pour prendre le stylo et les feuilles qui m'attendent patiemment.

« Chère tante,
je sais que je suis le seul à hériter de la richesse de mon père, mais cette fois, toute sa fortune et la mienne t'appartiennent. Je ne veux rien, je veux que tu te sentes bien à l'aise. J'ai aussi un coffre de bijoux et d'or que j'ai dissimilé à l'adresse que j'ai écrite plus bas. Je suis sincèrement ravi que ce soit toi qui ai pris le relai quand mon père a été assassiné. Merci infiniment. Prends soin de mes cousins comme tu l'as toujours fait.

Je t'aime, adieu,

Diego
»

Le stylo tombe de mes mains, roule et tombe sur le bois craqué. Je me penche et tombe de mon siège, totalement affaibli. Je suis maigre, je suis pâle, je n'ai vu personne depuis des mois. Au moment où j'ai le plus besoin d'elle, elle n'est pas là. Personne n'est là. Seul avec Anri et les autres à la guilde, je ne me sens pas bien. Je secoue la tête et ramasse le stylo et me remets sur ma chaise. Je vois flou, je tente de retrouver ma conscience propre, de me dire qu'il y a un futur brave et prometteur. Je ne vois rien, je suis au bout du rouleau et je m'arrache les cheveux de la tête pendant que je dors. Le bout de métal s'appuie contre une nouvelle feuille et le stylo écrit habilement:

« Chère Abigail,
j'ai apprécié être à tes côtés pendant le peu de temps que nous nous sommes côtoyés. Tu es une fille bien qui mérite un type bien. J'espère pour toi que tu trouveras ce que tu cherches. Tu es une fille superbe et géniale, brillante et forte, ce sera un honneur pour moi d'être ton ange-gardien.

Je t'aime, sois forte,

Diego
»

Mes poumons se compriment, j'ai du mal à respirer. Aurais-je le temps d'écrire avant de trépasser? Le poison de l'or que j'ai incrusté dans mon corps il y a des mois de cela persiste et me mène la vie dure. Je tousse. Ma cage thoracique bloque et je me prends les côtes à deux mains. Je tente de me calmer, mais les larmes, le hoquet de ma tristesse, tout ça c'est trop fort pour ce que je suis capable d'endurer normalement. Les minutes passent avant que j'arrive à me rasseoir correctement et me remettre au travail:

« Cher Damaz,
T'as été un bon ami pour moi, un frère, un gars sur qui je pouvais compter sur absolument tout. T'es un mec génial et je ne t'oublierai pas, même dans l’au-delà. Je ne regrette pas t'avoir rencontré et d'avoir passé tout ce temps avec toi. D'où je serai dans les minutes qui suivent, je tenterai de te guider du mieux que je peux. Tu n'es jamais seul et j'espère que tu seras moins tourmenté en sachant que quelqu'un veille sur toi.

Porte-toi bien mon frère,

Diego
»

J'arrive à me lever, mais mes jambes sont lourdes. Je m'assure que tout est en place: chaise, corde, solidité du poteau. Je redescends, le coeur de plus en plus lourd. Je n'ai pas terminé, mais mon coeur dans ma poitrine se contracte, c'est atroce. Douloureux. Je reprends:

« Chère Naoko,
depuis le jour où je t'ai vue, je suis tombé amoureux de toi. J'ai su à partir de ce jour qu'il y avait bien plus que seulement penser des femmes qu'elles sont utiles qu'à la maison. Un homme peut aimer une femme, mais il peut aussi être son ami. Tu me l'as appris ça, j'ai compris qu'il y avait un homme dans ta vie. C'est bien, mais cela ne m'a jamais empêché de t'aimer. Encore aujourd'hui, je suis malade d'amour pour toi et je n'arrive pas à le surmonter. On se connaît à peine et pourtant, c'est comme si on s'était toujours connus. Aujourd'hui je quitte ce monde pour la lumière dans l'espoir de retrouver la paix intérieure que je convoite depuis trop longtemps. Cela me fait souffrir de n'avoir jamais pu goûter les bras d'une femme, mais malgré ça j'ai passé de bons moments.

Je t'aime et t'aimerai toujours, adieu ma bien-aimée,

Diego
»

Je mets chaque lettre dans une enveloppe. Bien scellées, identifiées à des noms et des adresses respectives. Je suis prêt. Je respire un grand coup avant de monter sur la chaise et de me passer la corde au cou. Je l'ajuste, mes lèvres tremblent de peur et de tristesse. Je vois mes dernières hallucinations et je frappe la chaise un bon coup. Mon cou résiste. Mon réflexe est de me débattre. c'est horrible cette sensation d'être étouffé. Puis, je cesse de bouger, mon corps est plus léger est mon âme vient d'être emportée.

Adieu camarades
 MessageSujet: Re: Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme   Ven 13 Juin - 14:46

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Abigail Phoibos

Indépendant Légal

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Elle était retournée du palais royal d'Ajatar, les meurtrissures qui parsemaient sa chair s'étaient refermées mais les entailles de son esprit étaient encore à vif, comme marqués au fer rouge. Elle se souvient de sa joie qui avait jaillit comme un feu d'artifice lorsqu'elle avait retrouvé Bob et les autres, elle s'était perdue dans des étreintes et dans son euphorie, des larmes avaient cisaillés ses joues. La solitude qui avait rongé la guilde, cette noirceur corrosive qui avait saisit tous les mages. Tout semblait s'apaiser, les sourires de Bob, les retrouvailles nostalgiques. Abigail s'était effondrée dans leurs bras de soulagement, comme si dans tout ça, un fardeau s'était ôtée de sa poitrine. C'était un sentiment doux, opaque, qui comme un voile, avait recouvert Abigail.

Elle était montée avec quelques mages dans un bureau pour parler, mais il y avait comme une gêne dans leurs paroles, comme si quelque chose de brisé dans leurs yeux. Que se passait-il ? Abigail ne pouvait feindre et leurs yeux tristes dégageaient quelque chose qui la rendit mal à l'aise. Alors de ses lèvres, il y avait cette question qui lui dépecées les lèvres.

_ Il s'est passé quelque chose ?

Ils s'échangèrent un regard encore plus gêné, Abigail fronça les lèvres. Non, s'il vous plaît, non... N'annoncez rien de grave, je vous en supplie. Je vous en prie. Pitié. Aleph se dirigea vers un tiroir et l'ouvrit nonchalamment, à l'intérieur, une lettre, qu'il tendit à Abigail.

_ C'est de la part de Diego. On a pas voulu l'ouvrir, on attendait que tu sois là.

Abigail les regarda d'un air suspicieux, ses ongles dépecèrent l'intérieur de la lettre et elle en extirpa le papier blanc tachée de noir. Elle les toisa une dernière fois avec crainte, tandis que ses yeux océans absorbèrent l'information. D'un geste vif, elle envoya la lettre valser à la fin de sa lecture. Lentement, elle tourna le dos et ses deux mains se posèrent sur le bureau. Les mages s'apprêtaient à s'avancer, mais elle ne voulait pas. Elle ne voulait plus être joyeuse.

_ Non. S'il vous plaît. Laissez-moi.
_ Abi, on...
_ Laissez-moi.

Le ton était vif, sec et tranchant, comme une lame d'acier.

_ Laissez-moi seule.

Sa voix s'était éteinte à la fin du mot et ses épaules se secouèrent en des spasmes, comme si elle contenait ses sanglots dans ses poumons, comme si elle allait se noyée. Les mages refermèrent la porte derrière eux, et Abi prit une profonde inspiration comme pour tenter de contenir toute la tristesse qui l'imbibait.

Puis elle explosa comme une bombe.

Sa main balaya violemment tout ce qu'il se trouvait à côté. Les objets tombèrent dans un fracas violent au sol, mais elle n'entendait plus le son elle n'entendait plus rien. Tout était ensevelit sous ses pleurs. Ses perles nacré dégoulinaient le long de ses joues et s'abattaient comme du verre brisé contre le bois du bureau.

_ Diego...

Et elle s'effondra, emportant dans sa chute son chagrin.

________________

Vêtue d'une robe noire, le bustier était entouré d'une bande blanche avec un lys blanc. Elle portait dans ses bras un bouquet de Lys rouge, en mémoire à la chevelure de flamme de Diego. Dans son passage, elle saluait les morts dans leurs tombes. La bouche retroussée, les mains crispées, elle s'avança vers la tombe. Elle la salua d'un mouvement de tête, puis elle parla :

_ Diego, je ne comprendrais jamais ton geste je crois, ni les raisons qui t'ont fait commettre ça. Je... Je regrette de ne pas avoir été là au bon moment et de ne pas avoir su t'aider quand tu en avais le plus besoin. Je... J'espère que...

Elle pleura à nouveau.

_ J'espère que tu es plus heureux là-bas qu'ici, que tu as retrouvé le repos dont tu avais tant besoin. Ta lettre m'a profondément touché et je suis malheureuse que tu nous ais quitté de la sorte, mais je ne peux que respecter ton choix. Tu étais mon frère, l'un des notes et tu le seras pour toujours. J'espère que tu nous protégeras de là où tu es... et...

Elle renifla et glissa sa main sous ses yeux.

_ Et que tu seras fier de nous. Regarde le spectacle de nos vies... C'est le seul cadeau d'adieu que nous puissions te donner. Repose en paix.

Ses pieds la menèrent en face de la pierre tombale qu'elle orna de chrysanthème rouge, elle recula, puis se dissipa entre les esprits et les morts.

L'on raconte encore, que tous les mois, des fleurs rouges parent la tombe de Diego Flores. Des gens susurrent qu'une jeune femme blonde passe, s’assoit et parle pendant quelques minutes avant de disparaître. On la surnomme la dame aux Chrysanthème pour son étrange manie à disposer des fleurs rouges. L'on raconte que cette pratique ne s'atténue pas, même durant les longues années qui s’écoulèrent.


_________________________________________________________________________

    heaven's on fire

    trace donc le trait qui rassure et que ta ligne soit belle. Tes amours sont des légendes que désapprouve ton ange, n'étreins qu'en morsures les seigneurs de la guerre, fait suinter leur armure qu'ils y voient de l'univers. ©endlesslove
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 MessageSujet: Re: Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme   Ven 13 Juin - 15:10

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Damaz Elandez

Ajatar Virke

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" Tout se perd et rien ne se créé. "


Diego





" Haine et Peine "

Le verre se fracasse en éclats cristallins. Un silence muet, tamisé, elle chancèle. Sur son visage nul rire, sur son visage à la peau matte un rictus, stupeur. Une phrase parvenue à son ouïe. Une simple phrase. Non. Une phrase comme un écho lointain parvenu à son oreille avant les mots fatidiques, avant la déchirure. "... Il parait qu'un des poneys est mort."

Elle se lève, chancelle alors que ses jambes semblent ne put vouloir supporter son poids. Sa main fine vient faucher l'air dans un excès de rage, dans une violence éclatant de son corps aux courbes parfaite pour plaquer l'homme contre le comptoir alors que sa magie implose en une colère sourde. Que les crocs naissent dans sa bouche exquise, beauté devenue monstrueuse en un instant. Il balbutie.

" Je... Je... Je ne sais pas... Un ancien de Continuum... Personne de bien connu. "

Elle explose. Son poing fluet vient s'écraser contre le visage de l'homme avec la violence d'un ouragan avant que chancelante, elle ne le lâche, que titubante comme fracassée par un coup de marteau elle quitte le bar sans se retourner. Une perle naissant au coin de son oeil au luit l'ébène de la hyène, messagère funeste.

***


Elle est là. Elle espérait que tout ceci ne soit qu'une lamentable erreur, que les rumeurs stupides d'un ivrogne débile. Et pourtant elle est là et son corps ne veut pas bouger alors que ses yeux se perdent sur le nom gravé dans la pierre. Diego Flores et ses pupilles animales luisent d'une brume humide. Elle veut pleurer. Elle veut pleurer, mais ce n'est que la colère teinté de culpabilité qui résonne dans son âme bestiale. Les chrysanthème rouge font flotté un maigre parfum dans le cimetière où la neige commence lentement à tomber.

Elle bouge enfin, sa robe à moitié souillé de la débauche d'une nuit où l'alcool à tout noyé, d'une nuit pour tenter d'oublier ces mots, de sexe pour la baiser. Pas une seule fois elle n'a rit, pas une seule fois elle n'a retrouvé sa masculinité par ce rire strident. Non pas une fois. Et lentement elle dépose la rose rouge aux pieds de la tombe glaciale. Comme un adieu, comme une promesse, celle d'une vengeance contre les responsables de sa mort.

Au loin, plus loin, dans les alentours de Shirotsune, dans la majestueuse guilde ailée la lettre attend dans la chambre déserte. Elle est là sur le pallier alors qu'au fil des jours la lumière la recouvre lentement, une lettre qu'il ne lira certainement jamais, l’aveu d'un acte qu'il ne pourrait jamais pardonné.

Et c'est armée de sa colère, de cette rage bouillonnante que la femme aux long cheveux bruns teintés de reflet bleutés quitte le cimetière sans se retourner. Un adieu muet à cette âme qu'il avait appris à connaître, a côtoyer, elle les revoit ses images, celle de leur toute première rencontre, celle d'un combat qui s'était clos sur ce choix, sur cette entrée dans la guilde azurée.



© Bebebe
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