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Les corsaires des uns sont les pirates des autres
 MessageSujet: Les corsaires des uns sont les pirates des autres   Lun 21 Avr - 11:55

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Croupier : C’est cela messieurs dames, c’est cela que l’on appelle le bluff.

Un joli nœud papillon accordé avec discrétion au gilet qui vêtait une chemise blanche, le sous-fifre du casino dominait les lieux par ses supercheries superficielles. Ils étaient neuf sous la coupe d’un grand ponte, neuf à redoubler d’effort afin de se faire remarquer, de ramener à l’autorité supérieure divinisé le plus d’argent possible, et pour ce faire, tout était permis. Des alliances, des défis, des trahisons, de faux airs indépendants, chaque croupier régnait sur son petit domaine et combattait férocement chacun des autres dans une compétition sans fin.

Bien entendu, tout cela devait rester invisible aux yeux des clients auprès desquels les croupiers souriaient avec hypocrisie, un sourire qui devait en réalité former leur unique union. L’employé en costume noir satin pourtant verdit, à sa table de poker venait de s’avancer un colosse à la peau rugueuse et aux scarifications hideuses. Le concerné haussa un sourcil en l’entendant déglutir, celui-là se ferait virer tôt pour son manque de professionnalisme, il le pariait avec l’assurance d’un marin qui jugeait l’arrivée d’une tempête en pleine mer. Wilfried n’était pas inconnu à ce genre d’endroit, il connaissait même le nom de celle que l’on nommait autorité supérieure : Orgueil.

C’était dans cette ambiance malsaine que l’amiral naviguait, une mer aux flots tourmentés qui laissaient indifférents son navire solide, devenu étanche à toutes ces misérables considérations torturant les hommes lambda et ordinaires, le Neptus n’était pas de ceux-là. Mais il savait se montrer pire pour eux, n’étant pourtant que différent, comme il allait encore le démontrer ce soir-là, en s’installant devant le bar. Le langage familier avait ceci de propre à lui-même qu’il possédait un lien étroit avec la sincérité et la réalité, aussi Wilfried s’emmerdait-il profondément.

Il décida de boire à n’en avoir plus soif, il s’enivra de rhum jusqu’à s’y noyer sans modération, tant et si bien que même son corps habitué et robuste faiblit à la force de l’ivresse. Se déclencha alors avec minutie les différents rouages du casino, les demoiselles aguicheuses ne tardèrent pas à tourner autour de l’amiral, ce qui ne fut pas pour lui déplaire, puis elles le poussèrent à l’impressionner, et quel meilleur moyen pour impression dans un lieu pareil que de jouer ?

Complètement incapable de réflexion perspicace entre le charme des flambeuses et les vapeurs d’alcool, galvanisé par son machisme narcissique prêt à tout afin de se sentir sensationnel, l’ivrogne s’installa à la table du Black Jack. Le croupier démarra son plaidoyer du renard, ruse, malice, triche, malhonnêteté étaient tatouées sur ses mains agiles. Et pourtant dans une ironie suprême, le Léviathan qui marqua 21 points dès la première distribution (ce qui lui valut donc une victoire immédiate) éclata d’un rire rauque. Il empocha le pactole et partit à la conquête d’autres domaines, assuré de sa chance ce soir.

Wilfried, ivre mort : Boucaniers, à l’assaut !

Hurla-t-il avant de sentir une masse heurter son épaule, suivie d’un bruit sourd. Il laissa échapper un juron, ce n’était guère son rôle que de relever les meubles ainsi échoués, pourtant il se courba, un peu maladroit, vers la chaise qu’il venait de renverser. Que fichait-elle ici en premier lieu ? L’amiral était imbibé mais point idiot, lorsqu’il sentit la main pleine de dextérité passer sous son dessous, son sang ne fit qu’un tour. Il fit volteface, jugea de l’absence de drague et souleva sans plus de cérémonie le croupier qui passait derrière lui. On l’aurait accusé de paranoïa, quelle excuse simpliste n’était-il pas ? Pourtant, l’albinos était persuadé d’être victime de vol et non de viol, bien que le sort réservé au malfaiteur ne variait que peu.

Croupier, balbutiant : M… Mons…

Le sourire abominable du démon des mers en disait long sur ses intentions, il n’écouta même pas les protestations. Pourquoi écouter un croupier ? Leurs lamentables chants formaient un chœur disharmonieux, contradictoire, jurant loyauté et véracité ils ne connaissaient que fierté et injustice. Y aurait-il des beaux parleurs dans la vie du Neptus que cela se serait su, il était d’un naturel à agir et non à perdre son temps dans des rixes orales interminables, car Wilfried avait ceci qu’ils n’auraient jamais ; il savait. Son poing frappa, tel un lance-pierre, il envoya valser le corps de l’homme qui s'écrasa sans résistance au milieu d'un groupe d’innocents.

Wilfried, féroce : Faux-jeton à la graisse de cabestan !

Malodorant d’alcool et violent dans son attitude, dans la mécanique toujours si bien huilée de ce monde de la nuit, le capitaine fut dès lors déclaré coupable. Les armoires à glace de la sécurité ne tardèrent pas à s’approcher, quelques instruments magiques tentèrent même de l’atteindre en vain, ce qui déclencha un nouveau rire chez le fou furieux. On lui blâmait la provocation, quelle farce, il s'y jeta de bon cœur.

Wilfried, hilare : De casino à colisée ? Venez ! Venez !

Il allait sûrement finir dehors, mais il était loin d’en être conscient, aveuglé par son assurance d’être le meilleur. En revanche, chose indubitable, il provoquerait de sacrés dégâts avant d’être vaincu. A moins d’éléments perturbateurs, la fin de cette soirée était plutôt prévisible, alors il en profiterait pour s’amuser, en fonçant droit vers un homme en costard noir, frappant son abdomen d’une épaule projetée et impitoyable. A la mer, comme à la mer.
 MessageSujet: Re: Les corsaires des uns sont les pirates des autres   Sam 26 Avr - 19:50

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Eileen Fa Long

[M] Iratus

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Le marin d'eau douce




On a tous quelque chose qui nous fait palpiter. Un petit rien qui nous donne la force de nous lever le matin en soupirant contre le quotidien. Ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler du courage ou de la volonté si l’on en croit certain mais juste un rêve. Ce rêve peut être simple à réaliser ou simplement utopique, trop court ou terriblement long. Simpliste ou fantastique, c’est ce qui nous anime et ce qui nous fait aller de l’avant. Malheureusement, c’est aussi ce qui nous précipite dans le vide lorsque malgré nos efforts, on échoue si près du but. C’est ce qui a occupé mes pensées une majeure partie de mon service. J’avais pris ce matin une mission banale, quelque chose qui puisse me maintenir éveillée et me détourner de moi-même l’espace de quelques heures. Cette nuit-là, je n’avais que peu dormi. Je me suis levée en sueur sans réussir à me rendormir un peu plus tard. Ce que j’ai vu ? Je ne saurais le dire ou même oser m’en rappeler. Tout ce dont je me souviens c’est la chaleur de Changeling quand j’ai ouvert les yeux. Du mélange de brûlure et de peau tailladée qui faisait monter en moi un fièvre si forte alors que je n’avais rien d’autre qu’une couverture sur le dos et pas la moindre stigmate de bataille. C’est sans doute à cause de mon esprit hanté par cette nuit que j’ai saisi cette mission au hasard sur le panneau. C’était simple. Un costume sans aucun doute ridicule, un plateau, des clients. Tout ce j’avais à faire, c’était sourire. Et aussi refaire le portrait de ceux qui pensait qu’il n’y avait aucune différence entre une taverne et un casino, si ce n’est les charmantes dames qui s’y promenaient en pouffant comme des oies…

Eileen circule entre les tables sans jeter le moindre regard à ceux qui l’interpelle. Ils n’ont pas besoin d’une soldate mais d’une des jeunes femmes qu’elle remplace. Elle tord sans aucune pitié les doigts trop proche à son goût. Ce qu’elle meurt d’envie de faire en cet instant c’est leur prouver qu’elle n’est pas ce qu’ils veulent. Mais quand l’un d’eux l’attrape par la taille et l’empêche de rejoindre l’agitation dans la salle de Black Jack, son sang ne fait qu’un tour. Elle reste glaciale alors qu’elle sent le poids plume d’un baiser soupir dans son cou, alors que le souffle chaud et chargé de bière qui lui chatouille l’oreille lui demande autre chose que sa mission. Son sourire bienveillant se mue en grimace glaciale alors qu’elle se penche à son tour. La phrase qui lui traverse l’esprit a déjà été prononcée de nombreuse fois, si bien qu’au lieu de quitter ses lèvres, elle se lit dans ses yeux alors qu’elle ferme le poing et frappe. Les poumons de l’homme se vident et la brune recule, les mains plaquées sur la bouche alors que le buveur rend ses boissons sur le tapis rouge des lieux. Fa long ne s’attarde pas pour autant. Elle fait signe aux croupiers cachés dans les recoins et se faufile à toute vitesse dans la salle où les réjouissances ont commencés. Ce travail ne peut que correspondre à ce dont elle avait besoin, après tout, elle ne fait que passer et repasser sans se donner le temps de souffler ni de penser. C’est tout ce qu’elle veut. Être suffisamment sur le fil pour ne plus avoir à repenser à la douleur nauséeuse du cauchemar qu’elle fuit comme la peste.

La première chose qui la frappe, c’est l’absence de gens sensés.  Les croupiers qui souhaitent rejoindre leur amis n’ont ni la carrure ni la connaissance pour espérer rivaliser avec l’homme qui se tient au milieu de la salle. Ce même homme qui jure comme le poissonnier où elle achète le petit bout de mer qui lui sert de diner. Elle esquisse un maigre sourire en faisant jouer ses épaules après avoir posé son plateau. Celui-là, ça allait être une sacrée histoire. Aussi bien pour le sortir de là que pour gérer ce qui l’a fait sortir de ses gonds.  Gardant un œil sur la scène, Leen tend l’oreille pour écouter la rumeur. La mage de Lamia Scale finit par attraper une collègue.

« Lui là ? C’est un veinard, il a sorti vingt et un points dès le premier tirage. Je l’ai resservis deux trois fois mais il ne m’avait pas l’air violent ou autre. Juste un client comme les autres quoi. »

La brune lâche un soupir résigné. Non seulement elle n’a rien appris d’intéressant mais en plus elle va devoir se débrouiller seule. Eileen croise les bras et fais mine de réfléchir. Visiblement, l’albinos qui tient tout le monde en respect et menace le croupier semble en rogne et, à défaut de pouvoir ramener le calme, elle n’a toujours pas pu tirer les choses au clair. Enfin, pas comme ça. Un sourire flamboyant illumine son visage alors qu’elle tend son esprit vers Changeling. Elle a toujours voulu jouer au pirate et, si elle en croit les livres, ce type y ressemble aussi bien de par sa manière de parler que de se comporter. Son poing heurte une des tables de jeu, faisant sursauter tout le monde.

« Hé face de hareng, si tu venais t’en prendre à quelqu’un de ta taille ? »

Le bracelet vibre sur son poignet mais Leen n’y accorde pas la moindre attention. Elle reste les yeux fixés dans ceux de son interlocuteur, sans se détacher de cette espèce de fierté et de sourire amusé qu’elle exhale dans sa tenue de serveuse. Elle est inconsciente. Elle le sait. Et, si on en croit l’entrain qu’elle met à se faire craquer les phalanges, ça lui plait beaucoup. Surement même énormément. 

A cet instant-là, j’ai eu l’impression d’être revenue dans l’arène, des années auparavant. Le fameux jour où j’ai rejoint la garde. Mon cœur battait la chamade et mon sang vibrait d’excitation. C’est alors que j’ai formulé un nouveau rêve. Lier une amitié avec ce flibustier qui ressemblait à un cousin mal dégrossi d’Obaba. A la seule différence près que lui, je ne fuirais pas en l’entendant approcher de moi.



HRP:
 
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 MessageSujet: Re: Les corsaires des uns sont les pirates des autres   Mer 30 Avr - 0:08

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Logan S. Crow

Crime Sorciere

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Vol à bas risques...

Feat. Eileen et Willfried







"Quinte Flush. Je crois que je gagne cette fois ci."

Le croupier acquiesça, et je remportai la mise. Et une autre partie de gagnée.


...

L'argent... Vice très tenace, à cause duquel, nous sommes capables de tous, nous, êtres humains... Encore un méfait que procure la Vie. Encore une raison pour mettre fin aux jours de l'humanité....

C'est pourquoi j'étais arrivé ici. J'étais habillé sur mon trente et un, et visais la recette du casino. J'avais étudié tous les plans, à mon grand déplaisir. J'avais envisagé chaque possibilités. J'avais imaginé une riposte pour chaque obstacle que je croyais pouvoir se trouver sur mon chemin.

Après avoir déposé ma veste au vestiaire, je m'étais installé à une table de Poker. Les clients autour de moi étaient pathétiques... Tous espérant gagner... Tous espérant avoir Dame Fortune à leurs côtés... Comme si les croupiers n'étaient pas formés à "posséder" le client, jusqu'à le mettre en confiance, et le déposséder de tout son pécule. Pitoyable...

Néanmoins, je jouai le jeu. Je pris mes cartes, et suivi la première mise. Puis je me couchai, suivi des autres... L'homme gagnant cette manche semblait si...ravi, qu'il était sans doute déjà sous l'influence de ce casino... La preuve : Il relança la mise lors de la partie suivante, et perdit...

Continuant ma partie, attendant l'heure fatidique, où je m'aventurerai dans les sombres coulisses de cette entreprise, j'observais... Je voyais plusieurs crétins, accrochés à l'argent comme à la vie, priant, insultant, tous aux mains des croupiers. Je les voyais s'épanouir lorsqu'ils touchaient le Jackpot, et dépressif lorsqu'ils le dilapidaient. Derrière moi, un homme massif, aux odeurs d'alcools, et entouré de femmes, gagnait au Black Jack. Il m'irritait les naseaux, mais je continuais, essayant de ne pas y prêter attention.

Et ce fut mon tour d'être la cible du casino. Une suite, un Dix, une Valet, un Dame, un Roi, et un As, tous porteurs du signe de la Pique.

"Quinte Flush. Je crois que je gagne cette fois ci."

Le croupier acquiesça, et je remportai la mise. Et une autre partie de gagnée.
Ce fut ensuite mon tour de miser, et je donnai la somme minimale, ce qui sembla irrité le donneur de cartes. Il leva la tête, fit un signe, et la rebaissa. Aussitôt, des filles arrivèrent, et se placèrent autour de moi, me "complimentant", voulant faire grimper le prix. J'allai les frapper, lorsque je l'entendit...

"Faux-jeton à la graisse de cabestan !"

L'énormité derrière moi s'était levée, et agressait un employé du casino. Aussitôt, des murmures flottaient dans la salle, le traitant de monstre, de rustre... Mais pour ma part, je le trouvais compétent. Il n'avait pas été aussi débile que les autres, et profanait la machination des ordures du casino. Les gardes arrivèrent, et un combat s'en suivit. C'était ma chance. Je me levai, laissant ma petite somme sur la table, et m'éloignai, pour me diriger vers un croupier caché, loin de la bagarre. Je me camouflai, et lui mis ma main sur sa bouche, en lui tranchant la gorge. Je revêtis ensuite ses habits, et voulus passer par la porte "réservée aux employés", avant de m'apercevoir que j'avais oublié de lui faire cracher le code. Merde ! Je devais trouver un autre employé...

Et je la vis, elle, combattant le colosse des mers. Elle était belle, combative, et si je l'aidais, j'étais sûr d'avoir mon code. Ma deuxième option était de faire exploser la porte... mais c'était malheureusement trop bruyant... Alors je m'approchais de derrière le colosse, et lui lança

"T'oserais pas frapper une fille ?"

Je me mis en garde, mains en avant, pieds comme de profil, et attendis tranquillement, attendant de cette serveuse u simple code d'accès...

La Mort Noire attend, et, dans l'ombre, prépare déjà son coup... Attaque, matelot, et périt sous ses coups... Offre lui donc ce qu'elle désire...



©Codage by Mr. Chaotik from Never-Utopia
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 MessageSujet: Re: Les corsaires des uns sont les pirates des autres   Ven 1 Aoû - 20:08

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Wilfried, imbibé de rhum : Sale rat obèse du fond de cale mangeur d’amibes moulées à l’huile de morue d’…
Inconnue, actrice : Hé face de hareng, si tu venais t’en prendre à quelqu’un de ta taille?

L’alcool plein les veines et glissant sur la peau, l’albinos perdit un instant son attention et sa garde ; rien de malencontreux ne lui arriva, en revanche on ne put en dire la même chose de l’homme qu’il soulevait à ce moment-là. Le corps lui tomba des mains et s’écrasa sur la moquette désormais salie de débris divers, comptons parmi eux des verres brisés et des futures échardes de queue de billard démolies. Le pauvre homme s’éclipsa sauver sa peau sans même faire attention à ces moindres détails, ses mains raclant sur le sol humide à la recherche d’un appui de fuite. Son bourreau ne lui porta aucune attention, la demoiselle avait su, au moins, faire taire la bataille, mais la réponse ne fut pas aussi solennelle.

Le corsaire éclata d’un rire rauque et enlaidi par son éthylisme, ce qui valut un nouveau sursaut à l’assemblée, dont les griffes serraient visiblement bien trop fort l’adrénaline du moment. Le Neptus vainquit avec difficulté sa soif de rire avant de réaliser que la naine était sérieuse, comment diable une femme, a fortiori aussi menue, pouvait elle se croire de taille face à lui, un homme de la mer? Il dressa face à elle son air le plus menaçant, le Léviathan exerçait là une méthode des plus primaires, l’intimidation. Pour toute réponse, la revêche craqua hardiment ses phalanges, coincée entre l’amusement grégaire et la témérité insubordonnée, elle ne savait vraiment pas à quel loup elle osait s’adresser, un loup qui se refusait obstinément à perdre son temps avec le menu fretin.

Wilfried, hautain : Les vaches à lait ne sont pas nées pour se battre. Retourne allaiter, vous ne servez qu’à ça.
Inconnu, de derrière : T’oserais pas frapper une fille?

Auraient-ils lancé un concours pour savoir qui serait celui ou celle capable de mettre à terre le monstre albinos qu’ils n’auraient pas mieux fait, ces gens-là méritaient une prime pour leur stupidité, ainsi qu’un prix honorifique pour leur grotesque assurance. Le vétéran était désormais encerclé, sauf qu’au lieu d’être dix, ils n’étaient plus que deux, mais bien plus déterminés et ordonnés que la horde qui s’était attaquée à lui à l’instant. Tout du moins, ils semblaient être deux, mais l’odeur nauséabonde du machisme eut vite fait de dévoiler tous les a priori du capitaine qui tourna le dos sans aucun scrupule à l’inoffensive soubrette pour faire face à l’homme qui venait de jouer à l’intrus.

Il portait une tenue de croupier, par conséquent symbolisait toute la haine du pirate en cet instant présent, le regard de celui-ci se fit donc immédiatement plus sombre et plus sérieux. Ces croupiers n’étaient tous que des lâches, des culs-rouges qui avaient pris la fuite à la première occasion afin de se blottir, couinant, à l’arrière des armoires à glace de la sécurité. Ils se révélaient lamentables tandis que celui-ci pointait le bout de son nez tel un petit héros narcissique, que voulait-il tirer de cette situation ? Un coup d’état ? Cela ressemblerait bien au style de la maison de se dorer à l’aube d’un faux scandale, se débarrassant de l’antimage comme du pouilleux le plus dangereux que Fiore eût porté. Seulement ils ne sous estimaient que trop l’homme qu’ils avaient désigné comme un pion, le Neptus ne l’entendait point de cette oreille.

Wilfried, nullement impressionné : Tiens. Le sauveur de ces dames. Un rat avec une cape d’héroïsme restera un rat. Approche.

Aussi profondément cherchait il à le nier ou à le cacher, le natif de Bellum était un homme d’honneur à ses heures, le tout était de fixer clairement ses intérêts en début de voyage en mer. Il n’était là question de sa survie, il devait pourtant mettre de côté son instinct qui l’avait déjà lié, d’une façon ou d’une autre, à cette demoiselle qu’il cherchait à ignorer avant que le destin et l’alchimie ne se jouassent d’eux. Le combattant se concentra donc avec assiduité sur le croupier, il nota trois fautes de positionnement, dont une digne d’un amateur. Il en eut un rictus méprisant, ce n’était pas pour rien que cette larve avait fini croupier, l’art du combat ne lui était guère destiné.

Lorsque la première goutte de sueur dégoutta de son habit, éclatant au sol en silence, le colosse s’élança avec une agilité qui pourrait en surprendre plus d’un. Il porta un premier coup, vif, rapide et puissant, espérant ainsi mettre l’insecte à terre d’un unique coup fatal. Il ne sentit aucun crâne se briser sous son poing d’acier, aussi jugea-t-il avoir raté sa cible, sans pour autant se décider au retrait, il effectua une rotation complète pour porter un deuxième coup d'un élan renouvelé, puis un enchainement qui terroriserait n’importe quel néophyte des arts martiaux. Le corsaire avait peut être lui-même sous-estimé son adversaire, mais il n’en admis rien et lui jeta un regard plus sombre avant de foncer tête baissée.

Tout du moins s’il n’avait pas dû arrêter ce coup venu de nulle part d’une main forte, y avait-il un nouveau lâche entré dans la rixe? Aucunement, le loup des mers se vit forcer de détourner son attention vers la soubrette qui n’avait visiblement rien écouté, et qui n’était pas si mauvaise qu’elle en avait l’air. Il en conclut qu’elle était chanceuse, malheureusement pour elle, la Fortune était une variable aléatoire et capricieuse envers ceux qu’elle protégeait, à l’exception peut être de quelques élus qu’elle bénissait sans qu’on ne sût jamais pourquoi.

Le pirate poussa sur ce qui le bloquait pour se reculer et glisser, ce qui lui permit d’attraper au sol deux morceaux de chaise brisée, deux bâtons qui lui serviraient d’épées doubles, le tranchant en moins. Il était de bonne coutume dans son pays d’origine de manier au moins trois types d’armes blanches à un niveau respectable, Wilfried s’était permis de dépasser ce stade depuis fort longtemps. Bien que le trident fût son arme de prédilection, celle avec lequel le confort et l’efficacité étaient des plus optimaux, il n’avait aucun problème à s’adapter. Ceux-là tentaient de pêcher un poisson bien trop gros pour eux, et le Léviathan allait leur montrer à quel point ils faisaient une lourde erreur en se plaçant sur sa route.
 MessageSujet: Re: Les corsaires des uns sont les pirates des autres   Ven 1 Aoû - 23:06

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Eileen Fa Long

[M] Iratus

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混蛋




Sur le moment, je n’ai pas réussi à croire qu’il m’avait appelé vache à lait. J’ai failli baisser les yeux pour tenter de me convaincre qu’il avait tort quand je l’ai vu me tourner le dos. Mon sang n’a alors fait qu’un seul tour. Qu’on m’insulte, mes amis, passe encore. Après tout ça a peut-être un fond de vérité et il faut l’avouer, c’est toujours plus amusant d’acquiescer pour surprendre que de répondre. Mais ce qui m’a le plus choquée, moi ainsi que ma fierté, c’est qu’il me regarde comme il l’aurait fait pour une femme au foyer de quarante ans qui aurait pu le bousculer dans la rue. Décidément non, cela n’était pas passé et vous savez quoi ? Ca ne passera jamais. Parce qu’il y a bien une chose qui me met hors de moi : c’est qu’on me prenne pour ce que je ne suis pas. Et croyez-moi, il ne s’en est pas tiré comme ça.

Eileen dévisage les deux hommes puis l’assemblée qui recule peu à peu. Un nouveau soupir franchit ses lèvres alors qu’elle se concentre sur les deux futurs fauteurs de trouble. Le premier, visiblement aussi bourré que pouvait l’être Bacchus à la sortie d’une taverne, est suffisamment remonté pour partir au quart de tour comme coucou d’horloge. Le second, bien vêtu et avec une garde trop élaborée pour un simple client, est assez stupide pour la sous-estimer en plus de vouloir défier le poivrot albinos de service. Une moue d’ennui profond remplace l’excitation que lui a provoquée la rencontre avec le marin. Cela lui rappelle le garde de l’arène et à cet instant, un demi-sourire narquois barre son visage alors que le combat fait rage. Tout lui semble alors ridicule. Lui, le grand large d’épaule et sa rage, l’autre, avec son costard verni et sa pseudo technique de combat. Eileen les regarde faire sans bouger, muant sa vexation en énergie pour que Changeling fasse son office. Son poing se recouvre de métal et la partie amovible claque contre le stop. Son sourire s’agrandit et elle entre dans la danse. Attention, Hommes. Quand les femmes sourient, c’est que la suite ne vous plaira surement pas.

Le coup ne fait que stopper sa cible, tirant une moue offusquée à la jeune femme. Le poids, arrêté dans sa course coulisse mollement sur le rail avant de s’immobiliser. Elle n’a même pas le temps de tenter de s’en défaire que déjà elle se sent poussée en arrière. Eileen change ses appuis sans quitter le marin, attentive à une réplique. Réplique qui la fit sourire jusqu’aux oreilles alors que Changeling reprend sa forme usuelle et qu’elle s’empare de la paire de gant qu’elle porte à la taille. Elle fait un pas en arrière le temps d’enfiler le premier et de transformer sa volonté et flèche d’énergie pure pour sa réponse à l’affreux bonhomme. De près, elle pouvait déjà se faire une vague idée de sa puissance réelle et encore plus de la musculature cachée sous les vêtements. S’il avait été plus courtois et moins avinée, il aurait certainement fait un compagnon de route tout à fait passionnant. Son chakram tinte en touchant le sol et elle le saisit de sa main gantée.

« Pose ça, tu vas te faire mal gros bébé. »

Elle se baisse pour éviter le premier coup et lève son arme pour parer le second. Le pied de chaise traverse la lame comme s’il avait été taillé dans du beurre et le sourire de la brune s’étire largement. Il la regarde différemment alors qu’elle porte sa seconde offensive et réduit l’autre pied en charpie. Eileen lui tire la langue quand il fait mine de vouloir la saisir dans ses grosses paluches. Elle se glisse sous la garde du pirate et lui passe entre les jambes en concentrant sa volonté sur le chakram. Trop gros et trop dangereux pour la suivre, elle le permute avec son arme favorite en l’inclinant légèrement pour marquer son passage sous l’albinos. L’extrémité caresse violement les bijoux de famille de sa cible avant de disparaitre alors qu’Eileen se relève de l’autre côté. Elle pousse alors l’homme aviné du bout de sa chaussure pour le déséquilibrer et se remet en garde devant le type en costume.

« Comme vous pouvez le voir, je suis parfaitement à même de gérer la situation seule. » Le sourire de la jeune femme s’étire alors que le pirate reprend ses esprits et se relève, prêt à en découdre. « Comment allez-vous flibustier ? Point trop de malheur dans votre amour propre j’espère ? »

Le voir se relever, visiblement plus qu’agacé, m’a tiré un très grand plaisir. Plaisir qui s’est décuplé quand il a repris l’assaut et que j’ai pu le parer pour le regarder droit dans les yeux. Un oeil magnifique sur un visage tout aussi prometteur s’il n’avait pas autant pué l’alcool et la colère. La suite cependant m’a moins plût. J’aurais aimé profiter de cette pause dans la bataille mais j’ai été tirée en arrière, comme si je n’étais pas assez forte pour lutter contre un tel homme. Croyez-moi, les hommes ne comprennent jamais une leçon d’un premier coup. Je n’avais pas besoin qu’on me protège, j’étais très bien apte à la faire par mes propres moyens mais j’avais oublié une chose importante dans ma dernière réplique. L’amour propre masculin. Quelle plaie celui-là…
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 MessageSujet: Re: Les corsaires des uns sont les pirates des autres   Sam 2 Aoû - 0:12

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Logan S. Crow

Crime Sorciere

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Pirate, quelle plaie...

Feat. Eileen et Willfried







Alors que j'étais derrière lui, et que ma voix semblait faire l'effet d'un bip sonore chez lui, pour qu'il se retourne, la femme sembla vexée. Je n'avais pas entendu ce que le cloporte...euh...le colosse lui avait dit, mais je m'en contrefichais... Même, le fait qu'elle se sente mal ne pouvait que m'aider à jouer les justiciers. Alors, j'étais face au pirate mal imbibé, tenant une garde peu commune, statique mais efficace. Mon arme était cachée dans le placard où le cadavre du croupier à qui j'avais emprunté la veste se terrait, mais il ne devait surtout pas penser que sans arme je n'y arriverais pas... J'étais assez fort... Je n'en doutais pas.


"Tiens. Le sauveur de ces dames. Un rat avec une cape d’héroïsme restera un rat. Approche."

Je lui tins un regard féroce. Qu'il était insultant, ce bougre d'imbécile. Qu'il me traite de rat, passe encore, après tout, j'étais bien un rat, symboliquement, mais qu'il me prenne pour un sauveur... J'en étais un, mais pas de la manière dont il le croyait... Toujours était que je devais le mettre au tapis rapidement pour avoir mon code.

Cependant, ce fut lui qui s'élança en premier, usant de cette même attaque ridicule que les faibles utilisaient, et que les forts croyaient utiles d'utiliser à la vue de ma garde, à première vue, pittoresque.

Pour esquiver son coup de poing, il ne me fallut qu'une impulsion sur le côté. Alors, mon corps s'allongea, passant sous son bras, et je me retrouvais derrière lui, quand il tenta de m'asséner un nouveau coup vers mon ancienne position. Je voulus riposter, mais, manque de chance, sa nuée de coups ne m'obligeait qu'à l'esquiver. L'un de ses poing réussit finalement à m'atteindre le bras, tandis que celui là durcissait, pour me protéger le visage. Je frottai alors rapidement mon avant bras noir de plumes abrasives contre son bras, pour me dégager, et voir son sang...

Il ne dut pas aimer, car la seconde d'après, il se retrouvais avec deux pieds de chaises, en guise d'armes, qui se retrouvèrent rapidement mis en pièces par la femme. Celle ci, après son petit numéro, tomba devant moi, l'air bêta.

"Comme vous pouvez le voir, je suis parfaitement à même de gérer la situation seule."

A partir de ce moment là, je ne sais plus ce qu'il s'est passé... La rage d'être pris de haut, l'amertume, ou juste un égo surdimensionné...

Alors, lorsqu'elle se retourna, mon vrai visage fut révélé. Je déchirai ma veste de croupier par l'apparition de mon entière armure, et ma main passa sur l'épaule de la fille, pour la tirer en arrière. Dans un même temps, elle pouvait observer la lame poussant de mon bras, et s'allongeant. Mon deuxième membre supérieur fut armé d'une lame noire identique, et je repartais à l'assaut. Cependant, ce n'était plus la fausse galanterie, mais le vrai moi. La terreur, ou la violence. Je ne le faisais plus pour la sauver et obtenir mon code, je le faisais pour gagner, et la blesser après. Après tout, qu'importe le code, tant que mon plan B marchait...

"Mange toi ça, gros plein de soupe, pirate du dimanche !"

La fureur... Ma pire ennemie, et ma meilleure amie, prenait le pas sur moi. Ce n'était peut être plus moi, mais un corps en colère...

Ce corps sauta en l'air, et, à la manière des anciens assassins, mes lames fondirent vers un ennemi, sans rien transpercer... sauf le béton du sol. Je les retirai alors de cette matière, pour les ranger, avant de m'avancer menaçant vers lui.

"Comment as tu osé me traiter de croupier, infâme pourriture ?"

Mon aura ténébreuse s'immisça dans la pièce, tandis que la plupart des personnes présentes sortaient. J'étais noir... J'étais la Mort Noire... Et j'avais trouvé une cible...

Tu ne t'en sortiras pas, Neptus... Tu périras de ma main, pour m'avoir traité de cette pourriture...



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 MessageSujet: Re: Les corsaires des uns sont les pirates des autres   Dim 3 Aoû - 18:55

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Le regard de saphir changea du tout au tout, mais sa signification échappa probablement à ses adversaires, peu importait l’interprétation, il était rare de rencontrer des gens aussi haineux des mages que Wilfried Neptus. L’œil borgne ne feignit aucune esquive lorsqu’il vit ce Chakram trancher les lames de fortune, il n’avait pas réalisé le sang à peine visible sur ses mains mais la nausée qui l’avait pris ne trompait pas, cette sensation désagréable que créait en lui la magie. Il en était de ses entrailles, de ses principes les plus profonds, et il en avait tué des biens plus coriaces qu’une mégère et son moineau sans cervelle, bien que sorcière crasseuse et dindon pavanant conviendraient mieux à cet étrange duo. Quel dommage qu’Azael ne fût guère présent, tout l’amusement en reviendrait donc au Léviathan dont le sourire s’était estompé, mais dont l’intérieur brillait d’une aura malsaine.

Il devait observer, et pour cela, il devait les stimuler afin de les pousser à agir, il était si aisé pour lui de passer pour une montagne de muscles malhabile, aidé par l’alcool qui commençait déjà à se dissiper de son corps. Il ne se permit pourtant pas de prendre les coups trop pernicieux et c’est de justesse qu’il sentit le fer effleurer ses bourses. De ce comportement il déduit assez rapidement la classe de la vache à lait qui venait de le provoquer à outrance : le rééquipement, de faible niveau à en juger par l’absence de tenue, bien qu’il fût trop tôt pour conclure. Elle osa ensuite s’adresser à lui une nouvelle fois, à croire qu’en plus de ne pas réaliser son manque de force et d’adresse, elle espérait vaincre par sa répartie inexistante.

Wilfried, un brin méprisant : Oh, mais vous n’y avez guère touché car vous rêvez que je vous engrosse, l’avouer ne me vexera point.

Un sourire charmeur fit suite à cette réplique suffisante, ce qui étonna le borgne lui-même, ce sourire n’était pas ce qu’il désirait, il était pourtant bien venu. C’était bien cela, l’alchimie qu’il redoutait tant quelques instants plus tôt, si cette femme n’avait aucune chance face à lui, elle aurait toutefois pu le berner à l’occasion d’une mission de séduction, le démon des mers n’était pas insensibles à ses charmes. Le Léviathan n’eut pas à briser ce lien intangible, celui que l’on nommait la mort noire s’en chargea en posant la main sur sa partenaire.

Le pirate se retint de rire à la vue de son ridicule accoutrement, sa magie à lui était toute autre à première vue. Sans aucune difficulté, l’antimage aurait pu faire disparaitre chacune de ces lames, il était cependant bien à la page sur le sujet, la surprise était toujours importante, de même qu’aucune personne problématique ne devait survivre en connaissant ses secrets. Sans blêmir, sans agir, sans crainte, sans même une once d’hésitation, le Neptus ne fit qu’un seul déplacement pour éviter ces lames qui fondaient droit devant lui. Il avait face à lui un mégalomane, un de ces mages illégaux qui agissaient en solitaire et qui, dans leur immunité du secret, pensaient être les plus malins du monde ainsi qu'à l'abri de tout châtiment, néanmoins, une rencontre avec le Léviathan avait pour habitude de remettre en question leurs plus beaux principes. L’admirant récupérer ses propres lames comme un laquais qui ramasserait ses merdes en soie, l’aigle déchu lâcha sans plus de retenue.

Wilfried, réaliste : Retourne patauger, les mers déchainées ne sont pas faites pour les enfants.

Le plus amusant pour le Neptus était que sa propre fierté n’était guère affectée par les propos de son adversaire, bien trop convaincue de sa supériorité pour être atteint. Sans rage, il marquerait en revanche cette hiérarchie à sa façon, se débarrassant avec nonchalance de son haut, il se retrouvait torse nu face à ce couard camouflée par son armure. Il ne restait que peu de spectateur, cela impressionnerait peut être la demoiselle, mais le corsaire n’avait rien à prouver à personne, hormis lui-même ; il écraserait cette armure de ses mains nues, comme il l’avait toujours fait avec la magie afin de prouver que l’on pouvait très bien vivre sans.

Wilfried, amusé : Ce sera Amiral pour toi, mage.

Le ton employé ne laissait aucune part au doute, le mot mage si ordinaire ne pouvait paraitre autrement qu’une insulte sur les lèvres du marin qui n’avait même pas jugé bon de se présenter sous son vrai pseudonyme à ce sous-être. Son œil lorgna un instant la troisième personne impliquée ici, qu’elle se sentit salie également par la nauséabonde colère qu’invoquait ce mot, et qu’elle ne fut pas un obstacle pour le prochain mouvement. Car cette démonstration de force inutile allait se retourner contre son artificier, ainsi le colosse frappa lourdement le sol fragilisé de sa botte, le tour de force fonctionna et le sol s’affaissa en partie sous les pieds du croupier, qui n’était visiblement qu’un imposteur. Cela suffirait à le déséquilibrer, mais le pirate n’en avait pas fini, il sauta sans attendre sur la lady qui dans son agilité habituellement esquiva le lourd corps du vétéran.

C’était parfait, en un sens, car ce qu’il cherchait à atteindre se trouvait derrière elle, une table de billard qu’il souleva non sans effort pour la propulser sur l’homme en armure sans aucune pitié. Il ne prit pas le temps de regarder le résultat, le bruit de bois craquelé lui suffit tandis qu’il bondit sur une table de poker puis s’élança sur la roulette géante qui, emportée dans son élan, le fit monter par sa rotation d’un étage ou deux sur un balcon haut placé. Son regard azuré n’exprima aucun regret, concentré sur les escaliers devant lui qu’il descendait désormais quatre à quatre, dans l’intention de rejoindre les vestiaires, abandonnés dans le chaos qu’ils avaient tous les trois provoqué. Le butin qu’il soupirait ne fut pas bien dur à trouver, son arme détonnait au milieu du décor, peu de gens pouvait se vanter d'un physique capable de se balader sans complexe avec une ancre de navire et sa chaine sur un lourd bâton. Le capitaine s’empara de sa précieuse et s’arrêta subitement pour écouter les alentours.

Le silence s’installa lourdement, ses assaillants avaient-ils décidé de jouer les assassins furtifs? Le Léviathan savait qu’il possédait un avantage non négligeable du simple fait que sa magie bloquait toute détection quelle qu’elle fût, ses ennemis devraient donc le pister à l’ancienne. Son regard aiguisé se tourna vers un froissement dans le vent, il y avait bien quelqu’un dans le couloir qui menait à la grande salle du casino et il était forcé de prendre ce passage pour les rejoindre et les éliminer. Il s’avança en feignant l’inattention, esquiva ce coup qui aurait pu l’assommer et plaqua son agresseur contre le mur froid. Son regard durcit, c’était un fuyard retardataire, le croupier à l’origine de son problème, le vrai voleur, cet homme dont la tête glissa au sol quelques secondes plus tard, tranchée nette par le corsaire implacable. Pourtant, ce n’était pas lui qui devait mourir ce soir et l'odeur du sang n'arrêta pas le démon dans sa chasse.

Wilfried, à Eileen : Je sais que tu es là, femme. Je vais te laisser une chance, j’ai tué cet homme, avec l’autre corbeau de mauvais augure, cela fera deux. Alors va-t’en.

Cela l’arrangerait bien plus qu’elle eût fui à dire vrai, il ne pouvait encore l’admettre, mais blesser cette rouquine lui poserait problème sans une meilleure raison que celle qui l’animait en cet instant précis. Il aurait préféré la rencontrer autour d’un verre de rhum plutôt que de s’aventurer similaire à une faucheuse dans la grande salle du casino, quitte à s’en recevoir une soufflante à la fin, car il devait l’admettre, elle avait quelque chose de Cali. Il lui laissait là un choix, mais si elle décidait d'intervenir alors il se verrait forcé de la supprimer elle aussi.
 MessageSujet: Re: Les corsaires des uns sont les pirates des autres   Jeu 7 Aoû - 1:43

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Eileen Fa Long

[M] Iratus

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Simple Girl




Je n’ai pas pu m’empêcher de rire. Cette façon de faire, ces circonstances, ce sourire satisfait, ce petit coup de chaleur qui me prenait au cœur… Il me rappelait tant mes anciens compagnons, cette ancienne vie que j’avais quittée bien des années avant. Ce vieux loup de mer n’avait rien des bourgeois de soldat qui m’avaient accompagné mais il était comme eux, pétrie par une sorte de mélange entre la volonté de frapper dur, de rester fier et surtout d’être avant tout assez vulgaire pour faire rougir n’importe quel poissonnier sur le quais d’Hargeon. C’était cela que j’avais cherché en vain. Cette chaleur malgré le ton glacé qui vous résonnait aux oreilles. Ce type ne le saura sans doute jamais mais, pour moi, il est devenu un compagnon. Quelqu’un d’intéressant à retrouver un jour, ailleurs, dans d’autre circonstances.

Le regard de la brune s’assombrit devant la réaction du faux croupier. Aucun des employés du casino n’est mage et personne d’autre qu’elle n’a répondu à cette mission poussiéreuse du tableau. L’aura de son faux allié la fait frémir de dégout. Un idiot qui vient de balancer une couverture point trop mauvaise, voilà ce qu’il est. N’importe quel abruti peut maintenant reconnaitre le sentiment avilissant de la folie quand celle-ci se manifeste à l’air libre. Eileen veut intervenir, pousser l’un comme l’autre à l’écart pour savoir, comprendre comment ils en sont venu là et comment elle a pu se laisser détourner de sa volonté initiale. Mais elle s’y refuse. Le combat actuel la dépasse. Elle se complait à compter le nombre de fois où elle aurait pu passer l’arme à gauche. Elle attend, se fixe sur le combat en estimant chacun des combattants. Elle n’arrive pas à déterminer qui des deux peut vaincre l’autre et cela la contrarie. Elle se contente donc d’observer ces deux corps solides qui s’affrontent dans une rixe à la vie à la mort. Cette position ne lui plait pas mais elle n’a pas tellement le choix. Elle ne peut qu’attendre le vainqueur pour lui poser les questions qu’elle souhaite ou bien fuir avec le blesser en espérant qu’il ne trépasse pas pendant qu’elle le soignerait.

« Ce sera Amiral pour toi, mage. »

La jeune femme cligne des yeux. Si méprisant, si dégouté... Mage. Il n’est pas mage, lui non plus ? Alors qui est-il ? Comment a-t-il réussit à passer outre l’attaque de son adversaire ? Tout se bouscule lentement dans la tête d’Eileen alors qu’elle croise l’œil unique du pirate. Ses pensées se dessinent sur son visage. Elle ne comprend pas pourquoi il la regarde. Il fait erreur, elle n’est pas comme l’autre furie et n’en éprouve aucune envie. Elle connait ses faiblesses, elle ne dépend pas d’une énergie qui peut la tuer … Elle est ce que ces personnes ne sont pas : un paradoxe entre la présence et l’absence de limite. Fa Long se glisse sur le côté pour esquiver son grand et costaud compagnon de jeu. Elle s’éloigne encore pour ne pas se retrouver sur le chemin de la table de billard puis du faux croupier alors que le colosse s’échappe en montant à l’étage. Elle le laisse s’élancer à sa poursuite tandis qu’elle leur tourne le dos. Eileen n’aime pas les mouvements inutiles. Elle approche des escaliers.

Sa chaussure claque sur la première marche alors qu’elle saute sur la rambarde pour se laisser glisser au rez-de-chaussée. Il n’y a qu’une seule façon de sortir de ce casino et elle sait qu’elle ne peut que les y retrouver. Qu’elle ne peut qu’attendre là-bas pour cueillir le premier qui y passera. Une chose simple, né d’un esprit rodé par les courses poursuites avec des soudards, ivre ou non. Elle quitte la rampe et roule sur le sol de marbre en projetant toute son attention vers le couloir. C’est là qu’elle les aperçoit. Le pirate albinos, l’un des employés et le trident qui étincèle une infime seconde pour revenir trouver sa place dans le dos de son propriétaire. Elle ne peut s’empêcher de grimacer quand la tête tombe. Elle s’avance puis s’immobilise à quelques mètres de l’homme et du cadavre quand il se met à parler.

« Je sais que tu es là, femme. Je vais te laisser une chance, j’ai tué cet homme, avec l’autre corbeau de mauvais augure, cela fera deux. Alors va-t’en.
- Eileen. »

La membre de Lamia Scale ne quitte pas le colosse des yeux en ignorant le corps. Qu’est-ce qu’il croit ? Qu’elle a peur ? Qu’elle va fuir ? La situation lui donne un drôle de goût dans la bouche. Il la sous-estime et en même temps, on dirait qu’il veut la mettre loin de tout ça. Pourquoi ? Le colosse n’a pas encore réussi à mettre en place la donnée qu’elle lui a fournie. Son prénom n’est certainement pas ce qu’on peut s’attendre à entendre dans un moment pareil mais cela ne l’intéresse pas. Qu’il saisisse maintenant ou pas ne l’intéresse pas. Elle profite de la latence pour poser une question, la première parmi les nombreuses qui lui envahissent l’esprit sans relâche.

« Vous n’êtes pas mage vous non plus, n’est-ce pas ? »

Eileen fait volteface en sentant le regard sombre qui lui brule le dos. Le faux croupier est là, écumant, pressé d’en finir. La jeune femme soupire. Elle veut que le temps s’arrête, juste quelques secondes, pour qu’elle puisse tirer les vers du nez de ce cher Amiral. Elle commence à trouver que la scène est navrante, que toute cette violence n’a aucun sens. Pourquoi ce mettre dans un état pareil pour une simple insulte à peine insolente ? Ne pourrait-il pas plutôt en jouer au lieu de se ridiculiser ? Sa logique s’échappe avant même d’avoir été à la portée de la jeune femme. Elle fait mine d’ouvrir la bouche puis la referme. Rien ne se passe jamais comme elle le souhaite. Le type prend son élan pour leur foncer dessus. La soldate sent son poignet s’échauffer mais n’y prête pas garde. Changeling veut juste survivre. Si jamais elle commence à lui donner la plus petite parcelle de son attention… Il changera et elle perdra de précieuses secondes ainsi qu’une partie toujours plus grande de son énergie. Elle recule lentement en réfléchissant à une manière simple et rapide pour avoir pouvoir se retrouver seule et continuer son interrogatoire mais rien ne lui vient. Juste le bruit agaçant de la rage et des pas. Stupide gamin. Le pirate lui, semble confiant. Il a dit qu’il le tuerait et la brune le croit sur parole. Elle s’en moque. Il ne fait pas parti de sa mission, il semble même que ce soit le contraire. La combattante pose ses prunelles sur l’albinos. Elle va devoir lui voler sa proie pour obtenir un répit et obtenir, peut-être, une réponse qui lui permettrait d’enchainer.

Je n’ai jamais eu autant d’entrain à faire changer Changeling. J’étais sans doute de loin la plus faible des deux garçons mais je n’en éprouvais aucun complexe. Les laisser entamer les hostilités a été quelque chose de simple mais me retenir d’intervenir jusqu’au moment fatidique où le faux croupier reculait, c’était une autre paire de manche. Mais quand enfin, l’occasion s’est présentée, j’ai mis tout mon cœur dans le coup de poing. Aidée par Changeling qui améliorait de loin mon efficacité, le mage avait fini tête la première dans le plafond. Rien de bien méchant, rien qui ne l’arrêterait plus d’une poignée de seconde. Juste de quoi sortir. J’ai fait signe à l’Amiral et j’ai détalé vers la sortie en espérant qu’il me suivrait. Je ne me souviens plus s’il la fait tout de suite ou bien si j’ai dû l’attendre dehors quelques instants. Tout ce que je me souviens de manière absolue, c’est que je ne l’ai pas laissé partir avant d’avoir eu une réponse. Pourquoi diable a-t-il tué ce croupier, d’après vous ?



HRP:
 
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 MessageSujet: Re: Les corsaires des uns sont les pirates des autres   Ven 8 Aoû - 1:59

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Logan S. Crow

Crime Sorciere

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L'Honneur...

Feat. Eileen et Willfried







Mon aura embaumait la pièce, faisant frémir de dégoût la plupart des gens. Je venais de changer de plan, et la couverture m'importait désormais peu. J'étais la Mort Noire avant tout... J'étais le tueur, je n'étais plus que la machine à tuer...


"Retourne patauger, les mers déchainées ne sont pas faites pour les enfants. "

Cette réplique me fit rire, soudainement, et mes yeux ors qui se démarquaient de mon costume noir luisaient. Combien de cadavres avaient, de leurs vivant, sous estimé la Mort Noire ? Combien d'idiots m'avaient prit pour un pathétique môme... Le fait que ce terme "gamin" sorte de sa bouche indiquait, à mes yeux, sa nature cadavérique prochaine.

"Je ne vois aucune mer déchainée. Je ne vois qu'une mare plate. Tu ne fais pas le poids, marin d'eau douce..."

"Ce sera Amiral pour toi, mage. "

Le terme était si négatif dans sa bouche, mais qu'importe. Pour moi, de mon point de vue, il venait de me complimenter... En effet, la plupart des gens ne m'octroyaient pas le statut de mage... Au mieux, j'étais un meurtriers sachant utiliser la magie...Mais jamais le mot "mage" ne m'avait qualifié. Je relevai cependant un sourcil, avant de rétorquer, chose qu'apparemment, je semblais toujours vouloir faire en présence d'autrui...

"Comme si j'allais te faire plaisir..."

Et je fondis vers lui, prêt à l'éliminer, mais de nouveaux imprévus m'en empêchèrent. Un affaissement du sol, et une crevasse, me poussant à sauter. Et dans les airs, une table de billard volant vers moi, bientôt fendue par ma lame noire. La table alla s'écraser en deux temps sur le mur, et je retombai au sol, en position accroupie, pour me relancer vers lui. Mais cette latence, dû à l'objet précédent volant, lui avait fait gagner du temps. Il était désormais plus haut, et disparu vers les vestiaires...

"Lâche..."

Pourtant, je le sentais... Il allait revenir... Tellement ivre de sa personne, tellement présomptueux et prétentieux. Il avait cette même lueur que moi au combat, et voulait sûrement en finir. Jamais il n'allait me laisser partir, comme jamais je n'allais le laisser...

Et alors que la femme le suivit, je restai un moment dans cette pièce.
La porte tant convoitée au début me tendait les bras, mais une distraction durant un combat était la dernière idiotie que je commettrais... Alors, m'effaçant du regard, je suivis la femme. Je les épiais, invisible, tandis que mon aura s'effaçait lentement, à l'endroit où je me terrais.

"Vous n’êtes pas mage vous non plus, n’est-ce pas ?"

Je me trouvais derrière celle qui avait posé cette question, et mes lames invisible passèrent outre son corps, pour ne viser que celui du gros. Invisible, je ne redoutai pas ce qui allait suivre...Peut-être aurais-je dû, à ce moment là, choisir un autre angle d'attaque, car ma tête fut comme propulsée vers le haut, les réflexes de la "non-mage" m'ayant déformé un instant la mâchoire. Et je me retrouvais en hauteur, aidé par mes ailes noires, apparues pour me donner un peu d'aide. Visible, à cause de cette attaque non prévue, il convenait de changer de tactique, et un amas de plumes tranchantes se dirigea vers eux, tandis que mon corps, dirigé par les ailes de mon dos, fusait vers le vestiaire. J'en ressortis une lame à la main, une magnifique arme, cette épée qui tua ma mère lors d'un entrainement... Mon sabre forgé dans du Maginium, cet alliage précieux et ultra résistant. Toute autre forme de magie avait disparue, connaissant le principe d'Honneur. Je me mis en garde, voyant que la femme était partie se réfugier, et mon regard toisa celui qui parlait comme la mer. Je faillis éclater de rire en voyant deux de mes plumes sur sa tête, lui faisant de gros sourcils, puis je fis onduler l'arme, avant de frapper.

S'ils n'étaient pas mages, alors je m'en sortirais sans magie. Et si j'étais mal, celle ci reviendrait me sauver. Mais en ce moment, l'Honneur, quelque fois présent dans mon esprit, me gardait sur ce pied d'égalité.

"Amiral...", dis-je avec la même hypocrisie et intonation qu'il avait employé, quelques minutes plus tôt, pour me désigner, "Tu peux m'appeler Mort Noire... Ou Assassin... "

Il faut dire que le surnom m'importait peu. Mais il avait voulu que j'en utilise un précis avec lui, alors autant lui en proposer, même si je me doutais que jamais il ne les utiliserait.

"Réglons cela sans magie, sans déshonneur..."

Son arme était inhabituelle, mais, excellent bretteur, je savais me battre contre n'importe quoi, sans magie. Après tout, la magie était apparu très tard chez moi, n'ayant jamais pu, jusqu'à mon âge actuel, l'utiliser.
C'était à cause de cette lacune, de cette absence de magie que j'étais devenu épéiste, à mes débuts dans le monde... J'allais lui montrer ce que Dix ans de pratique avec l'un des meilleurs maîtres avait créé. J'allais lui montrer ce que l'Assassin pouvait faire sans aucune forme de magie...

Bien que jamais la magie ne m'abandonnera, je me résous à ne pas l'employer, le temps d'un combat, Amiral...



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