Les corsaires des uns sont les pirates des autres
 MessageSujet: Les corsaires des uns sont les pirates des autres   Les corsaires des uns sont les pirates des autres EmptyLun 21 Avr - 11:55

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Croupier : C’est cela messieurs dames, c’est cela que l’on appelle le bluff.

Un joli nœud papillon accordé avec discrétion au gilet qui vêtait une chemise blanche, le sous-fifre du casino dominait les lieux par ses supercheries superficielles. Ils étaient neuf sous la coupe d’un grand ponte, neuf à redoubler d’effort afin de se faire remarquer, de ramener à l’autorité supérieure divinisé le plus d’argent possible, et pour ce faire, tout était permis. Des alliances, des défis, des trahisons, de faux airs indépendants, chaque croupier régnait sur son petit domaine et combattait férocement chacun des autres dans une compétition sans fin.

Bien entendu, tout cela devait rester invisible aux yeux des clients auprès desquels les croupiers souriaient avec hypocrisie, un sourire qui devait en réalité former leur unique union. L’employé en costume noir satin pourtant verdit, à sa table de poker venait de s’avancer un colosse à la peau rugueuse et aux scarifications hideuses. Le concerné haussa un sourcil en l’entendant déglutir, celui-là se ferait virer tôt pour son manque de professionnalisme, il le pariait avec l’assurance d’un marin qui jugeait l’arrivée d’une tempête en pleine mer. Wilfried n’était pas inconnu à ce genre d’endroit, il connaissait même le nom de celle que l’on nommait autorité supérieure : Orgueil.

C’était dans cette ambiance malsaine que l’amiral naviguait, une mer aux flots tourmentés qui laissaient indifférents son navire solide, devenu étanche à toutes ces misérables considérations torturant les hommes lambda et ordinaires, le Neptus n’était pas de ceux-là. Mais il savait se montrer pire pour eux, n’étant pourtant que différent, comme il allait encore le démontrer ce soir-là, en s’installant devant le bar. Le langage familier avait ceci de propre à lui-même qu’il possédait un lien étroit avec la sincérité et la réalité, aussi Wilfried s’emmerdait-il profondément.

Il décida de boire à n’en avoir plus soif, il s’enivra de rhum jusqu’à s’y noyer sans modération, tant et si bien que même son corps habitué et robuste faiblit à la force de l’ivresse. Se déclencha alors avec minutie les différents rouages du casino, les demoiselles aguicheuses ne tardèrent pas à tourner autour de l’amiral, ce qui ne fut pas pour lui déplaire, puis elles le poussèrent à l’impressionner, et quel meilleur moyen pour impression dans un lieu pareil que de jouer ?

Complètement incapable de réflexion perspicace entre le charme des flambeuses et les vapeurs d’alcool, galvanisé par son machisme narcissique prêt à tout afin de se sentir sensationnel, l’ivrogne s’installa à la table du Black Jack. Le croupier démarra son plaidoyer du renard, ruse, malice, triche, malhonnêteté étaient tatouées sur ses mains agiles. Et pourtant dans une ironie suprême, le Léviathan qui marqua 21 points dès la première distribution (ce qui lui valut donc une victoire immédiate) éclata d’un rire rauque. Il empocha le pactole et partit à la conquête d’autres domaines, assuré de sa chance ce soir.

Wilfried, ivre mort : Boucaniers, à l’assaut !

Hurla-t-il avant de sentir une masse heurter son épaule, suivie d’un bruit sourd. Il laissa échapper un juron, ce n’était guère son rôle que de relever les meubles ainsi échoués, pourtant il se courba, un peu maladroit, vers la chaise qu’il venait de renverser. Que fichait-elle ici en premier lieu ? L’amiral était imbibé mais point idiot, lorsqu’il sentit la main pleine de dextérité passer sous son dessous, son sang ne fit qu’un tour. Il fit volteface, jugea de l’absence de drague et souleva sans plus de cérémonie le croupier qui passait derrière lui. On l’aurait accusé de paranoïa, quelle excuse simpliste n’était-il pas ? Pourtant, l’albinos était persuadé d’être victime de vol et non de viol, bien que le sort réservé au malfaiteur ne variait que peu.

Croupier, balbutiant : M… Mons…

Le sourire abominable du démon des mers en disait long sur ses intentions, il n’écouta même pas les protestations. Pourquoi écouter un croupier ? Leurs lamentables chants formaient un chœur disharmonieux, contradictoire, jurant loyauté et véracité ils ne connaissaient que fierté et injustice. Y aurait-il des beaux parleurs dans la vie du Neptus que cela se serait su, il était d’un naturel à agir et non à perdre son temps dans des rixes orales interminables, car Wilfried avait ceci qu’ils n’auraient jamais ; il savait. Son poing frappa, tel un lance-pierre, il envoya valser le corps de l’homme qui s'écrasa sans résistance au milieu d'un groupe d’innocents.

Wilfried, féroce : Faux-jeton à la graisse de cabestan !

Malodorant d’alcool et violent dans son attitude, dans la mécanique toujours si bien huilée de ce monde de la nuit, le capitaine fut dès lors déclaré coupable. Les armoires à glace de la sécurité ne tardèrent pas à s’approcher, quelques instruments magiques tentèrent même de l’atteindre en vain, ce qui déclencha un nouveau rire chez le fou furieux. On lui blâmait la provocation, quelle farce, il s'y jeta de bon cœur.

Wilfried, hilare : De casino à colisée ? Venez ! Venez !

Il allait sûrement finir dehors, mais il était loin d’en être conscient, aveuglé par son assurance d’être le meilleur. En revanche, chose indubitable, il provoquerait de sacrés dégâts avant d’être vaincu. A moins d’éléments perturbateurs, la fin de cette soirée était plutôt prévisible, alors il en profiterait pour s’amuser, en fonçant droit vers un homme en costard noir, frappant son abdomen d’une épaule projetée et impitoyable. A la mer, comme à la mer.
 MessageSujet: Re: Les corsaires des uns sont les pirates des autres   Les corsaires des uns sont les pirates des autres EmptySam 26 Avr - 19:50

Eileen Fa Long
Eileen Fa Long

[M] Iratus

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Le marin d'eau douce




On a tous quelque chose qui nous fait palpiter. Un petit rien qui nous donne la force de nous lever le matin en soupirant contre le quotidien. Ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler du courage ou de la volonté si l’on en croit certain mais juste un rêve. Ce rêve peut être simple à réaliser ou simplement utopique, trop court ou terriblement long. Simpliste ou fantastique, c’est ce qui nous anime et ce qui nous fait aller de l’avant. Malheureusement, c’est aussi ce qui nous précipite dans le vide lorsque malgré nos efforts, on échoue si près du but. C’est ce qui a occupé mes pensées une majeure partie de mon service. J’avais pris ce matin une mission banale, quelque chose qui puisse me maintenir éveillée et me détourner de moi-même l’espace de quelques heures. Cette nuit-là, je n’avais que peu dormi. Je me suis levée en sueur sans réussir à me rendormir un peu plus tard. Ce que j’ai vu ? Je ne saurais le dire ou même oser m’en rappeler. Tout ce dont je me souviens c’est la chaleur de Changeling quand j’ai ouvert les yeux. Du mélange de brûlure et de peau tailladée qui faisait monter en moi un fièvre si forte alors que je n’avais rien d’autre qu’une couverture sur le dos et pas la moindre stigmate de bataille. C’est sans doute à cause de mon esprit hanté par cette nuit que j’ai saisi cette mission au hasard sur le panneau. C’était simple. Un costume sans aucun doute ridicule, un plateau, des clients. Tout ce j’avais à faire, c’était sourire. Et aussi refaire le portrait de ceux qui pensait qu’il n’y avait aucune différence entre une taverne et un casino, si ce n’est les charmantes dames qui s’y promenaient en pouffant comme des oies…

Eileen circule entre les tables sans jeter le moindre regard à ceux qui l’interpelle. Ils n’ont pas besoin d’une soldate mais d’une des jeunes femmes qu’elle remplace. Elle tord sans aucune pitié les doigts trop proche à son goût. Ce qu’elle meurt d’envie de faire en cet instant c’est leur prouver qu’elle n’est pas ce qu’ils veulent. Mais quand l’un d’eux l’attrape par la taille et l’empêche de rejoindre l’agitation dans la salle de Black Jack, son sang ne fait qu’un tour. Elle reste glaciale alors qu’elle sent le poids plume d’un baiser soupir dans son cou, alors que le souffle chaud et chargé de bière qui lui chatouille l’oreille lui demande autre chose que sa mission. Son sourire bienveillant se mue en grimace glaciale alors qu’elle se penche à son tour. La phrase qui lui traverse l’esprit a déjà été prononcée de nombreuse fois, si bien qu’au lieu de quitter ses lèvres, elle se lit dans ses yeux alors qu’elle ferme le poing et frappe. Les poumons de l’homme se vident et la brune recule, les mains plaquées sur la bouche alors que le buveur rend ses boissons sur le tapis rouge des lieux. Fa long ne s’attarde pas pour autant. Elle fait signe aux croupiers cachés dans les recoins et se faufile à toute vitesse dans la salle où les réjouissances ont commencés. Ce travail ne peut que correspondre à ce dont elle avait besoin, après tout, elle ne fait que passer et repasser sans se donner le temps de souffler ni de penser. C’est tout ce qu’elle veut. Être suffisamment sur le fil pour ne plus avoir à repenser à la douleur nauséeuse du cauchemar qu’elle fuit comme la peste.

La première chose qui la frappe, c’est l’absence de gens sensés.  Les croupiers qui souhaitent rejoindre leur amis n’ont ni la carrure ni la connaissance pour espérer rivaliser avec l’homme qui se tient au milieu de la salle. Ce même homme qui jure comme le poissonnier où elle achète le petit bout de mer qui lui sert de diner. Elle esquisse un maigre sourire en faisant jouer ses épaules après avoir posé son plateau. Celui-là, ça allait être une sacrée histoire. Aussi bien pour le sortir de là que pour gérer ce qui l’a fait sortir de ses gonds.  Gardant un œil sur la scène, Leen tend l’oreille pour écouter la rumeur. La mage de Lamia Scale finit par attraper une collègue.

« Lui là ? C’est un veinard, il a sorti vingt et un points dès le premier tirage. Je l’ai resservis deux trois fois mais il ne m’avait pas l’air violent ou autre. Juste un client comme les autres quoi. »

La brune lâche un soupir résigné. Non seulement elle n’a rien appris d’intéressant mais en plus elle va devoir se débrouiller seule. Eileen croise les bras et fais mine de réfléchir. Visiblement, l’albinos qui tient tout le monde en respect et menace le croupier semble en rogne et, à défaut de pouvoir ramener le calme, elle n’a toujours pas pu tirer les choses au clair. Enfin, pas comme ça. Un sourire flamboyant illumine son visage alors qu’elle tend son esprit vers Changeling. Elle a toujours voulu jouer au pirate et, si elle en croit les livres, ce type y ressemble aussi bien de par sa manière de parler que de se comporter. Son poing heurte une des tables de jeu, faisant sursauter tout le monde.

« Hé face de hareng, si tu venais t’en prendre à quelqu’un de ta taille ? »

Le bracelet vibre sur son poignet mais Leen n’y accorde pas la moindre attention. Elle reste les yeux fixés dans ceux de son interlocuteur, sans se détacher de cette espèce de fierté et de sourire amusé qu’elle exhale dans sa tenue de serveuse. Elle est inconsciente. Elle le sait. Et, si on en croit l’entrain qu’elle met à se faire craquer les phalanges, ça lui plait beaucoup. Surement même énormément. 

A cet instant-là, j’ai eu l’impression d’être revenue dans l’arène, des années auparavant. Le fameux jour où j’ai rejoint la garde. Mon cœur battait la chamade et mon sang vibrait d’excitation. C’est alors que j’ai formulé un nouveau rêve. Lier une amitié avec ce flibustier qui ressemblait à un cousin mal dégrossi d’Obaba. A la seule différence près que lui, je ne fuirais pas en l’entendant approcher de moi.



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 MessageSujet: Re: Les corsaires des uns sont les pirates des autres   Les corsaires des uns sont les pirates des autres EmptyMer 30 Avr - 0:08

Logan S. Crow
Logan S. Crow

Crime Sorciere

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Vol à bas risques...

Feat. Eileen et Willfried







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