Hé oh! Il y a quelqu'un?
 MessageSujet: Hé oh! Il y a quelqu'un?   Hé oh! Il y a quelqu'un? EmptyLun 23 Juil - 20:42

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Silence.

Tout ça, c'est un peu inquiétant. En passant ici par l'aller, ce village était pourtant débordant de vie. Je me suis même fait agresser par des enfants un peu teigneux. Ces gamins de quinze ans me trouvaient louche, et avait peur que je sois de cette espèce de vieillard parfaitement débauché. L'intention était louable, mais mes vieux os en portent encore les traces. Ils se sont éloignés dès que j'ai fait briller mes mains, mais, ces racailles en herbes visent bien, surtout au lance-pierre. 'fin, quoiqu'il en soit, ma proposition à boire du thé ayant été rejetée avec violence, je porte encore des traces sévères de ce village aux arômes légèrement caféinés sur les bords. J'inspire à fond. Une odeur de cendre et de feu froid. Je souffle profondément, non seulement pour calmer mon coeur qui commence à s'emballer, mais aussi parce qu'il ne faut pas perdre mon attitude sereine.
Je me sens observé. Encore un jeune sous l'emprise d'une drogue qui aveugle son jugement? Ou pire, de café? À moins que ce ne soit mon Némésis du café, mon pire ennemi, la personne qui hante tous mes cauchemars, qui s'est tapie dans un coin, reclus, avec son sourire de panda sadique... Non. Je reconnaîtrais son aura entre mille. C'est un danger plus... physique qui me menace. Je me décharge lentement de mon sac de randonnée. Puis je me repose dessus, en laissant assez d'espace entre le sac et mes mains pour créer des graines. Le processus est totalement silencieux, mais produit beaucoup de lumière. Je ne peux donc pas empêcher le gant de produire une légère reflet verte. Ah. Ouais, c'est vrai, j'aurais dû prendre des gants plus sombres. Dans ce début de soirée, une bougie se verrait à des kilomètres. L'ombre des montagnes fait que la nuit tombe de façon précoce dans les environs. Rien de plus facile pour me repérer, et déduire que je suis un mage. J'espère que mon ennemi va être dissuadé.
Eh bah non. Mon ennemi sort d'une ruelle, à toute allure. Il brandit deux dagues courtes. Il court très vite. Je lance de toutes mes forces la petite baie rouge qui s'est formée dans ma main. Une explosion violente le fait piler net, suivi d'un épais nuage de pollen qui s'étend dans toute la rue, éclairée par la lueur des étoiles précoces. Pas de temps à perdre, j'enchaîne. Je plaque violemment la seconde graine sur le sol, et y impulse rapidement ma magie. L'arbre prend un peu plus de temps pour pousser, vu le manque de lumière. Les secondes supplémentaires d'attente me paraissent être des éternités. Mais enfin, le God of Tea s'élève, et je me sens m'élever avec lui. Il pousse plus lentement qu'en plein jour, mais il prend en hardiesse avec la lumière des étoiles et de la lune. Une fois que je suis bien en sécurité sur mes cinq mètres de hauteur, derrière une barrières étroite de branche et de feuille, je laisse dépasser une partie de ma tête, puis m'écrie:

-Paix, l'ami! Même aux temps des Grandes Guerres, quand on égorgeait des bébés endormis dans leur lit, on n'accueillait pas un vieil homme venu se reposer avant d'avoir su si c'était un ami ou pas.

J'inspire profondément, puis je dissipe le nuage de pollen. Bon sang, je vais avoir besoin d'une bonne nuit de sommeil, moi, après. J'aime les émotions fortes, en tant que warrior qui a le combat dans le sang... mais parfois le corps ne suit pas.

-Tu ne m'auras pas, bagnard! Descends de ton arbre te battre si t'es un homme!
-Bagn...? Je ne suis pas un homme, je suis un demi-dieu, pour ton information. Et il est hors de question que tu me fasses perdre du temps parce que tu as envie de te passer les nerfs! Pas le temps de jouer gamin, hors de mon chemin!
-Demi-dieu? T'en as du cran! Voyons voir ce que le gamin peut faire au demi dieu!


Il croise ses deux dagues, et un jet de feu jaillit de de leur extrêmité. Deux serpents composés de flammes se dirigent vers ma barrière de branchages. Zut! Ma barrière est touchée de plein fouet, mais le sort ne perfore qu'à moitié les membres robustes de l'arbre. Je saute précipitamment sur une autre branche, esquive un serpent enflammé, par une pirouette qui me laissera des séquelles au dos le lendemain, puis me laisse tomber au sol. Un mage de feu. C'est la pire situation que je puisse avoir. Deux dagues se posent bientôt sur ma poitrine haletante.
… Pas de solution de rechange. Je n'ai absolument pas été prévoyant.

J'ai perdu.

Ca calme. Je me laisse ligoter sans résistance. Des liens magiques. Je sens la Vegetal Hand me quitter, avec une impression que l'on me plonge dans un bain glacé. Puis le mage me tourne violemment de son côté, et m'examine le visage.

-Alors alors... demi-dieu, c'est ça? Tu rigoles moins, hein! Bon, qui es-tu?
-Magnus Earl Grey, mage légal itinérant.
-Tut tut tut. Mauvaise réponse... Mais de toute façon, ma question était rhétorique.


Il sort un petit objet rond de sa poche, et le porte à son œil. C'est une sorte de monocle, et à la lueur verte surnaturelle qu'il produit, je reconnais immédiatement un instrument magique. Elle projette pendant quelques secondes une lueur aveuglante sur mon visage, puis j'entends une voix métallique trancher l'obscurité.

-Erreur 404. Aura magique inconnue. Visage inconnu. Individu non répertorié dans la base de donnée.

Silence lourd, tranché seulement par le bruit de bois de mon arbre qui siffle.
La lueur recommence, et la voix répète la même chose sur le même ton.

***

Quelques minutes plus tard, je me frotte les poignets en murmurant des malédictions. Rien de bien grave, sinon un égo profondément meurtri. Et ça, ça vaut toutes les souffrances physiques. C'est décidé, à la seconde où je pose un orteil dans ma Kunnugi bien-aimée, je me remets à l'entraînement. Je me lève, et lance un regard plein d'une froide dignité. Quelque soit sa nature, l'appareil était destiné à identifier un type précis de personne. Le type de personne qu'il recherche, et je ne le suis pas. Il range précipitamment ses dagues, puis s'incline avec empressement, quoiqu'avec élégance.

-Désolé du malentendu vieillard. Il ne fait pas bon être magicien, par cette nuit.
-Fiore est le royaume où la magie trouve ses sources les plus anciennes. Pourquoi cette nuit serait plus nocive pour moi qu'une autre?
-Parce que les lieux sont très peu sûrs. Et ce qui les rend si peu sûrs, c'est justement les magiciens.
-Parle clairement, s'il te plaît, gamin.


L'homme fronce les sourcils, et son regard se refroidit. Je serre légèrement mes gants chauffés par son attaque pour me calmer. Ce n'est pas en me montrant désobligeant que j'obtiendrais ce que je voudrais: des informations. Je rectifie le tir d'une parole aimable, puis je tends une main chargée de magie vers l'arbre. Pas le moindre mouvement: les cellules ont toutes été profondément calcinée. Je ne peux même pas annuler l'enchantement, et faire régresser l'arbre à l'état de graine pour le faire disparaître. Décidément, ce sort est extrêmement efficace: entre le temps où j'ai perdu, et celui où j'ai été libéré, il ne doit pas s'être écoulé plus d'une minute et demi. Okay. Je ne dois pas laisser ce genre d'attaque me toucher.
Je me détourne de la carcasse de ce qui avait été jadis un théier géant resplendissant, avec un soupir résigné. Vu la voracité du feu magique, mes affaires doivent être cendres depuis bien longtemps. Je me raidis, en constatant que l'homme a à nouveau tiré une de ses dagues. Il la pointe vers l'arbre mort.

-Je crois que ceci est à toi.

Un fil lumineux éclaire toute la rue en jaillissant de la pointe de son arme. Avec la vivacité d'un serpent qui attaque, il va s'enrouler autour de mon sac, coincé dans un amas de branches mortes, et le tire d'un coup sec, pour le ramener jusqu'à moi. Je m'efforce d'effacer au plus vite mon air ahuri, pour reprendre une expression neutre: une telle tenue ne sied pas à un gentleman. À défaut d'être un demi-dieu, je n'en garde pas moins une dignité aussi inébranlable que l'arbre qui produit un bon Ceylan.
Pendant que je vérifie l'intégrité de mes affaires dans mon sac de voyage, l'homme range sa dague.

-Pour en revenir à ta question, vieux. La prison de la ville a explosé. Apparemment c'est une casse organisé par les prisonniers eux-même. Les gardes n'ont pas pu contenir la rébellion, et les prisonniers courent partout comme une horde de poulet décapités. La plupart sont des magiciens, du coup quand je suis arrivé c'était la panique, et je me suis fait attaquer aussi. La garde a fait évacuer la ville, et protège les habitants dans les camps à l'extérieur. Mais on ne peut pas courir deux lapins à la fois. On m'a donc engagé, en échange d'une coquette somme pour nettoyer la ville, et retrouver les prisonniers des environs.
-... J'ai vraiment une tête de prisonnier?
-Excuse-moi, mais dans le noir, tu pouvais aussi bien avoir la tête de Makarov assortie à la poitrine de Mirajane: ma magie n'affûte absolument pas ma vue. Et puis, même dans ce cas, utiliser les illusions pour tromper, c'est un truc vieux comme le monde pour tous les mages.
-... Ça se tient. Bien, je pense que je vais sortir rapidement de cette ville. Où est le camp sécurisé par les gardes?
-Tu suis l'allée adjacente vers l'ouest, et au bout de quelques minutes, tu y es. Mais fais attention, il y a sûrement des prisonniers ou des gardes qui traînent. Même pour un demi-dieu tel que toi, ça peut être dangereux.*rire*


… Il commence sérieusement à chauffer les oreilles, lui. Pire qu'un milliard de tasse de café bue par un milliard de gosses purs, innocents et Teaphiles. (Oui messieurs! Oui mesdames, moi, j'enrichis la cultures de mes lecteurs! Car mon Rps est plein de valeurs morales très hautes, et véhicule un message tout aussi élevées.) La réflexion m'échappe sans que je puisse y faire grand-chose.

-... Gamimpertinent. En plus, la nouvelle génération n'est pas des plus intelligente: pourquoi un bagnard traînerait dans les environs alors qu'il a tout intérêt à fuir dans les plaines?
-Parce que dans les Plaines, un feu se voit à des kilomètres, qu'il va commencer à faire un froid de canard dès que le soleil sera couché depuis quelques heures, et que, sans couverture et sans flammes, les chances de survie sont drastiquement réduites. Le mieux c'est d'attendre que ça se calme, ou de prendre un innocent en otage, et exiger du matériel et un cheval. D'après toi, pourquoi les gardes ont fait évacuer la zone?


… Bon, okay, il raisonne aussi bien que moi à son âge. Et il est dans son droit de hausser le ton. N'empêche que je le déteste. Et que la prochaine fois qu'on se croise, je risque fort de me laisser aller aux mains. Ou à ma magie. Dans un coin de ma tête, je commence à repenser à mon entraînement. Il va falloir tout revoir, à partir de la base. Hors de question de me laisser donner à nouveau une leçon d'humilité par un homme dont je pourrais être l'arrière arrière arrière arrière arrière […] grand-père.
Je me force à m'incliner à mon tour, puis je réendosse mon sac.

-Merci beaucoup pour tes renseignements l'ami, ils me seront bien précieux. J'ai eu de la chance de t'avoir rencontré au lieu d'un prisonnier. Je te proposerais bien un thé, mais je crois que les lieux ne sont pas bien sûrs.
-Effectivement.
-Je vais donc aller vers le camp hors de la ville, essayer de mettre mes vieux os à l'abri. Désolé du dérangement.
-C'est moi qui m'excuse. Passe une bonne nuit, vieillard.

L'homme se retourne, dans un mouvement virevoltant de cape, puis s'éloigne à vive allure avant de se fondre dans une ruelle. Vu la sécurité des environs, je décide de l'imiter. On fera le pitre, une fois en sécurité. Cette fois, je prépare mes graines à l'avance. Il est STRICTEMENT HORS DE QUESTION de se faire battre DEUX FOIS dans la MÊME JOURNÉE. Et j'ai bien fait. À peine suis-je sorti du village, que je sens sur mes traces deux personnes. Qui croient que je ne les aient absolument pas vu. Je marche d'un pas rapide, en parlant à voix haute et inquiète.

-Oh là là là là. Je n'aime pas du tout ce qui se passe dans cette ville.

Et ça marche. Mes deux poursuivants accélèrent. Et marchent sur les cinq graines de God of Tea que j'ai laissées derrière moi. La poussée de croissance des arbres est extrêmement rapide, beaucoup plus que si je les avaient créés dans la panique, car j'y ai insufflé un peu plus d'énergie magique que nécessaire. (Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour ne pas finir otage de grosses brutes qui préfèrent sans doute du café fort!) Avec des cris de panique, les deux prisonniers se retrouvent enfermés. Dans une prison étroite composé de branchages si solidement entrelacés qu'il faudrait être deux fois plus fort qu'un Hercule pour pouvoir la détruire. Je monte dans les arbres, avec un sourire à la fois triomphant et sadique. Ça fait plaisir de dominer pour une fois.

-Calmez-vous messieurs. Cet arbre est programmé pour exploser dès que la prison de bois est endommagée. À moins de vouloir mourir, je vous conseille de rester tranquille.

Les coups répétés sur l'entrelacs de branches cessent aussitôt. Je me souviens des paroles de mon vieux père. « Tu sais, p'tite pousse, un truc bien réalisé équivaut à de la magie! ». Bon. Ça fait deux prisonniers de moins agressifs. Je continue ma route et arrive bientôt au camp.

***

Après trois tests d'identification du visage, toujours avec le même monocle enchanté, deux fouilles au corps, et une fouille méthodique de mon sac de voyage, je suis enfin admis dans ce qui a tout l'air d'être une forteresse déguisée en camps de réfugiée. Le problème c'est que malgré mon âge, une des fouilles au corps s'est déroulée sous la surveillance d'une magicienne, qui m'a reconnu comme un confrère. Du coup, je suis réquisitionné quasiment de force pour aller « donner un coup de main » pour le nettoyage de la ville. Je crois que j'ai failli étrangler cette vieille [BIIIIP] avec son propre papier quand elle m'a dit avec un air supérieur et snobinard:

-Ordre direct du Conseil. Soit vous obéissez, soit nous vous arrêtons et vous nous serez redevable d'une amende forfaitaire de 147.589 Jewels.

C'est exactement à cause de la sensation d'impuissance et d'indignation frustrée que je ressens là que je ne veux pas faire partie d'un quelconque ordre. Les guildes me débectent au plus haut point, et encore plus depuis qu'elles sont fédérées par un Conseil qui croit sans doute bien faire, mais qui ne peut empêcher des petites teignes de se la jouer. Cette sale... Je vais rester poli. Cette gamimpertinente m'a donné des envies de meurtre. Bon, au moins je fais pouvoir passer ma rage sainement. M'enfin, plus ou moins.
Je me mets donc en chasse, en ville, équipé d'un de ces monocles magiques afin d'identifier les prisonniers, et accompagné d'un apprenti garde du nom de Korn. Jeune, plein de bonne volonté, il me parle avec un mélange de respect et de condescendance. Dans mon état de tension, il aurait tout aussi bien pu se prosterner devant moi que je l'aurais envoyé boulé, mais je reconnais néanmoins qu'après lui avoir demandé sèchement de se taire j'aurais pu me montrer plus... diplomatique?
J'ai exigé la présence d'un garde auprès de moi car ma spécialité étant plus ou moins la capture, je n'ai aucun moyen de ramener les prisonniers au camp. Korn doit contacter les patrouilles pour leur indiquer la position des gusses que je vais capturer.
D'ailleurs, deux autres se font avoir exactement avec la même technique que les deux premiers. Par contre, le gros mensonge sur mes arbres explosif ne passe pas. Korn doit envoyer une décharge magique avec sa lance pour les assommer à l'intérieur de leur prison de bois. Le gamin, surexcité par la prise, commence un paragraphe suffisant sur sa puissance physique, qu'utilise l'arme pour lancer les décharges magique. Je le calme rapidement.

-Estime toi heureux qu'ils n'aient pas été magiciens. Ils auraient pu se servir de ce flux et le retourner contre toi. Réfléchis avant d'utiliser ton arme.

Mais pour adoucir la remontrance, j'ai quand même un sourire admiratif. Il n'est pas si mauvais, ce gamin, une fois qu'on se donne la peine de le découvrir. C'est un enfant du pays, qui a commencé son service ici depuis un an. Il aime tout ce qui touche aux outils magiques, et semble aduler son arme. Et surtout, il semble être encore deux à trois fois plus bavard que moi, ce qui en soi suffit à être digne de respect. Je l'arrête: ce n'est pas en discutant de nos vies respectives comme de vieilles pie qu'on sera efficace. Nous progressons donc en rasant les murs, vers le centre de la petite ville, l'endroit le moins sûr, selon les patrouilles. On fait le tour de la place centrale, en faisant le moins de bruit possible. (mais honnêtement, un vieux monsieur avec un costume élégant et et une chevelure étincelante équipé d'un monocle magique accompagné d'un garde qui fait légèrement colosse, c'est vraiment pas discret.) On est repérés rapidement. Enfin, ce n'est qu'une impression que je déduis intelligemment quand une brume blanche nous envahit avec un sifflement à faire pleurer une pierre.

-Magnus, attention!
-Nom de...!


Le gamin me pousse brusquement, et je vois jaillir de la brume un jet d'eau qui se dirige vers l'endroit où j'étais une seconde plus tôt... et où se trouve Korn. Il est touché de plein fouet par le jet un peu moins large que mon petit doigt... mais qui lui perfore l'épaule aussi facilement qu'une épine perfore une feuille. Korn pousse un cri de douleur déchirant, et lâche son arme qui s'écrase à grand bruit sur le sol. Elle a à peine rebondi que mes graines ont déjà commencé à poussé. Je fais tournoyer les petites plantes semblables à des oranges, qui continuent à grandir dans mes mains, elles semblent aspirer le brouillard, puis dégoulinent d'une eau bien liquide. En une dizaine de secondes, elles ont atteint leur taille, et leur poids maximal, et je suis obligé de les laisser tomber au sol. Le brouillard s'est considérablement affaiblit, et je peux distinguer plusieurs ombres qui s'approchent rapidement de tous les côtés.
Une autre graine, préparée à l'avance, est précipitamment jetée sur le sol. Je pousse un gémissement de contrarié en constatant que la place de cette ville est dallée, et solidement dallée. L'arbre va prendre du temps pour pousser, beaucoup trop de temps. Je sors la baie rouge. Je ne pensais jamais que j'utiliserais deux fois cette baie dans la même journée mais... survie oblige!
Une fumée jaûnatre remplace la fumée blanchâtre. Je nous dégage un espace totalement exempt du pollen, à moi et à Korn, puis je m'agenouille pour examiner sa blessure. Nom d'une cafetière. Il faut le faire soigner au plus vite. Je maudis ma magie: la plante de soin est une des premières plantes que j'ai appris à faire pousser, mais j'ai complètement oublié. Ça aussi, ce sera à parfaire dans mon entraînement.
Il est extrêmement calme, malgré son visage grimaçant de douleur.

-Mon petit, calmez-vous. Vous allez monter dans l'arbre qui est en train de pousser, et vous allez m'y attendre sagement. Je finis cette petite affaire, et j'arrive.
-Non! Magnus, je peux encore me battre.


La voix est tremblante, et les yeux sont quasi-voilés par la douleur. Il n'est encore conscient que par la force de son esprit. L'apprenti garde monte en force dans mon estime. Mais il doit monter ailleur.

-Mais je n'ai pas besoin de vous. Je suis un mage de rang S. Ca, c'est de la camelote, pour moi.
-V...vraiment?
-Oui. Calmez-vous et suivez moi.


J'utilise son épaule valide, et l'aide à s'installer sur l'arbuste qui commence à prendre. Stimulé par l'humidité aux alentours, il devrait pouvoir s'élever à huit mètres sans grand problème. Bien. Maintenant... Time to be a hero. hero
Je m'éloigne vivement de l'arbre qui pousse et me plonge dans le brouillard. Brouillard des plus bruyants d'ailleurs: les mages se sont facilement laissés surprendre par mon petit subterfuge. Ils toussent bruyamment en inhalant le pollen irritant. D'après les voix, ils sont au moins quatre. Sachant qu'ils se sont perdus de vue, il faut absolument profiter de leur désorientation pour les capturer. Je ne peux pas affronter plusieurs mages à la loyale alors que je sors d'un affrontement avec un mage de feu. Je me concentre, et je plonge une main dans une poche. Alors, qu'est-ce qu'il me reste en réserve? Deux graines de God of Tea, trois graines de Water Melon, deux graines de Spiny Ivy... et c'est tout. Je vais bientôt tomber à court de stock, et les plantes sont moins solides et moins stable quand elles sont créées dans le feu de l'action... Il va falloir me débrouiller avec celles là. Un autre problème avec ces mages, c'est que je ne connais aucunement leurs capacités de combat. Et si l'un d'eux est un mage de feu, et que je ne le terrasse pas de la manière adéquate, inutile de dire que je suis dans la... caféine.
Un « BOUM » d'une violence inouïe retentit à ma gauche, du côté du mage le plus proche. Je m'éloigne d'un bond, perdant ma concentration et me plongeant du même coup dans le brouillard. Je ferme les yeux et retiens ma respiration: je ne me laisserais pas prendre à mon propre piège. J'enlève le pollen de mon entourage direct, avant de voir que la situation s'annonce mal. Une goutte, puis une autre tombent sur mon crâne. Je ne sais pas ce que le mage d'eau à trafiqué, mais en peut de temps, il pleut à verse. Et avec les goutes de pluie, c'est tout le pollen qui est entraîné au sol.
Et mes adversaires peuvent enfin me voir. J'ai un sourire malicieux, et je m'incline. Dans le même geste, d'un mouvement fluide, je laisse tomber à terre deux de mes graines. Trop d'humidité. Les God of Tea mettront beaucoup de temps à s'ancrer et à pousser. Saleté. La pluie s'arrête tout d'un coup, laissant apparaître une place de village mouillée, où trois ombres menaçantes s'avancent vers moi. Il en manque un? Ou c'était simplement une illusion auditive? Un coup d'oeil circulaire m'apprend qu'il n'y a rien en vue.
Deux silhouettes pointent leurs mains vers moi, et j'ai tout juste le temps d'esquiver un jet d'eau de taille très modeste... mais qui fait exploser les dalles derrière moi. Le second jet d'eau arrive, propulsé par le second mage. Mais il est plus lent, et un pas de côté bien exécuté suffit à l'éviter. Enfin. C'est ce que je croyais. Le jet d'eau s'enroule autour de moi, puis me propulse dans les airs comme un pantin désarticulé.
Ouïe! Ouïe! Ouïe! C'est pas bon du t...GGGZZZZZAAAAAH.
Éclair. J'atterris lourdement sur le sol, très très proche de l'inconscience. Penser au café. Penser au café. Penser au café. Je ne peux pas perdre. Pas deux fois. Pas dans la même journée. Pas ici. Pas face à des jeunes freluquets qui ont sans doute été nourris de la boisson du diable. Courage. Penser au café. Mon corps tout entier vibre de douleur. Mais j'arrive encore à le contrôler. Je n'ai pas dit mon dernier mot!
Je reste immobile, et tourne doucement la tête. Les ombres s'approchent en courant. Intérieurement, je rage. Ils ont modérés leur attaques. Même l'attaque qui a fait exploser les dalles derrière moi, c'était juste une diversion pour me faire baisser ma garde. Leur but n'est pas de me faire griller les neurones mais de me prendre en otage. Et le pire, c'est que je me suis laissé avoir comme un bleu. C'est pas vrai! Tu parles d'un demi-dieu!
En attendant, j'ai réussi à les percer à jour. Les deux premiers maîtrisent le maniement de l'eau, mais comme beaucoup, ils ne la contrôlent que lorsqu'elle est inanimée. Le troisième, maîtrise l'électricité. Il va pas être facile à neutraliser: les mages de ce type sont souvent plus vivaces qu'une armée de cafards dopé à la caféine. Okay. Je peux les avoir, même si la situation n'est pas à mon avantage. Ils s'arrêtent à distance respectable de moi. Bonne précaution. Un d'eux envoie un tentacule d'eau pour recueillir mon corps. Je me laisse toucher: il faut absolument que je voye lequel peut donner à son eau, une forme souple. La tentacule s'enroule doucement autour de mon corps « inconscient ». J'identifie son visage, dur et un peu inquiet.

-Nosaru, il vaudrait mieux pour toi qu'il soit encore en vie.
-Je devais agir avant qu'il ne retombe. Et j'ai les yeux qui piquent, à cause de sa saloperie!
-Tu crois que tu es le seul? Si j'ai réussis à modérer la vitesse de mon tir, pourquoi tu pourrais pas te modérer?
-Parce que les déchets magiques qui utilisent des techniques de couards, ça me débecte!
-Ce n'est pas une raison pour détruire notre ticket de sortie! S'il meurt, c'est pas seulement le Conseil qu'on va avoir au cul, mais toutes les guildes des environs! Alors tu la fermes, et tu retiens tes coups la prochaine fois, espèce de grosse brute!
-QUI TU TRAITES DE GROS?
-C'est vrai qu'un régime ne vous ferait pas de mal.
-Tu vois? Même le vieux est d'accord avec moi!
-J'EN AI RIEN A [BIIIIP] DU V...!! Quoi?


Les mages se retournent vers moi, et le Gros (Nosaru, semble-t-il), lance un arc électrique. Vers l'endroit où j'étais une seconde plus tôt. Le tentacule s'est résorbé quasi instantanément, absorbé en un petit instant par les trois graines de Water-Melon. Trois pastèques bleues irisées tombe au sol, avant de foncer vers le Gros, et le percuter de plein fouet. Je tombe au sol avec un sourire aux lèvres. Cette technique je l'ai appelée la danse du Melon. En expulsant violemment l'eau des cellules de ma plante sur un côté, je peux lui faire expulser un jet d'eau, qui a pour effet de le diriger vers le sens opposé. L'homme aux éclairs s'étant pris trois en même temps est expédié à son tour dans les airs, à plusieurs mètres de ses frères.
Car ils font sans aucun doute partie de la même famille, et les deux magiciens de l'eau sont jumeaux. Même regard empli de colère et de peur, et même cheveux. Bien. J'ai à peine le temps de faire cette constatation qu'un éclair percute l'arbre que je j'ai fait pousser à la hâte pour nous séparer. Le God of Tea tend une de ses branches dénudées pour frapper le gros aux éclairs. Et le rate de loin, bien entendu. Mon arbre se fait déraciner par un éclair qui manque de m'aveugler par la même occasion. Okay. Il me faut impérativement retourner près des deux graines que j'ai plantée. Un arbre qui pousse à la va vite n'a aucune chance face à eux. Déjà, les frères contre attaquent d'eux filets d'eau, et un éclair me manquent de justesse...
… Hum. Il dirige toujours ses éclairs de façon à ce qu'ils ne touchent pas le sol mouillé. La stratégie germe dans ma tête et déploie ses plantes avec la vitesse d'un de ces éclairs. Un bref coup d'oeil m'apprend que les God of Tea plantés lors de ma révérence poussent côte à côte, et ont presque dépassé les deux mètres. Je suis déjà entré en contact avec leur métabolisme, et je détourne l'énergie de l'un d'entre eux pour planter ses racines profondément dans le sol.
Je me replie, lentement, mais sûrement, sous l'eau magique ennemie. Maintenant que je sais que l'un d'eux peut contrôler l'eau de manière plus souple, je prends de larges marges dans mes esquives. Pourtant, je commence à fatiguer au bout d'à peine cinq minutes. Je ne suis absolument pas habitué aux efforts physiques intenses. Et mes adversaires le sentent quand une de mes esquives foire et qu'un tir aqueux m'arrache une grosse partie de mon pantalon de costume tout neuf, et me blesse superficiellement. Ça c'est une plaie qui va me faire hurler de douleur dès mon réveil.

-Ca suffit! Il faut le finir!
-Attaque à trois!
-Attention à ne pas le tuer.
- Très bien. Regroupement!


Ma fuite lente et apparemment aléatoire les a sûrement conduit à portée de mes deux God of Tea. Trop excités par le combat, ou par ma blessures, ils en oublient d'analyser ma magie. Ils se regroupent, et semblent préparer une attaque puissante. Je profite de ce court répit pour me concentrer au maximum sur mes arbres. Bien maintenant que la taille est suffisante sur terre, il faut s'occuper de ce qu'il y a en dessous. Les racines des God of Tea progressent laborieusement car elles doivent contourner tout un système de tuyaux et de tunnels d'égouts. Mais finalement, elles arrivent où je veux. En une seconde, elles jaillissent de terre et ont emprisonné les jambes massives du gros aux éclairs. J'ai pris beaucoup de soin à ce que, malgré la distance du tronc, elles restent extrêmement solides. S'il veut se libérer, il devra utiliser la magie des éclairs. Et s'il utilise ses éclairs, il prend le risque d'électriser ses compagnons... Risque qu'il n'a jamais osé prendre, en dépit de ses grands airs, jusqu'à présent.
Mais quelque chose ne va pas du tout. Il cherche à peine à se libérer. Il est concentré sur autre chose. Je tourne la tête, alors qu'un vent glacial me frappe le visage. Un typhon de trois mètres de hauteur s'est- formé depuis une grande flaque d'eau à ma gauche. Il tourne avec une vitesse de plus en plus grande un sifflement extrêmement inquiétant. Comme si ça ne suffisait pas, il se met à jaillir des éclairs de l'intérieur. L'attaque fonce à toute vitesse vers moi.
Les arbres sont derrière moi, si je les regroupe en formation protectrice, je perds ma seule chance de gagner le combat. Impossible d'esquiver: je suis fatigué, blessé, et la vitesse semble trop importante. Mon secours vient pourtant d'un de mes arbres. Depuis le centre de la place, du plus haut de mon théier de huit mètres, un rayon de magie pur. La lance de Korn est décidément l'arme la plus utile jamais inventée...
Spoiler:
 
J'ai un sourire sadique en voyant la création magique exploser avec un fracas de tous les diables. Je suis projeté très violemment sur la droite, encore plus violemment que le tentacule qui m'avait envoyé dans les airs. Mais mon sourire ne me quitte pas un seul instant. Plusieurs branches vivaces sous la pluie s'enroulent autour de ma taille. De justesse, mais j'arrive à me retenir assez pour me concentrer. Et pendant que le bruit de l'explosion secoue encore ma tête je n'ai qu'une obsession: créer assez de graines. Immobile, ramené dans les feuillages de l'arbre qui fait à présent ses huit mètre, je dissémine les graines dans son feuillage, puis répète l'opération dans le feuillage de l'autre arbre.
Je me laisse coulisser à terre. L'atmosphère est complètement saturée de magie latente. Mes arbres le sentent, et leur vigueur n'en n'ait que redoublée. Parfait. Maintenant le coup de grâce. Les frères n'ont pas quitté le Gros. L'un d'eux essaye de le débarasser des racines frétillante en les coupant avec de l'eau qu'il fait jaillir de sa main, tandis que l'autre me canarde avec une vitesse redoublée dès qu'il m'aperçoit. Impossible d'esquiver des jets aussi rapide, je me réfugie derrière le théier. Il encaisse les jets pénétrant sans plier, mais je sens l'arbre vibrer à chaque secousse. Il faut faire vite.... Un rapide coup d'œil par dessus le tronc m'informe qu'ils sont à ma portée. J'enlève en une seconde mes gants. Et je concentre ma magie dans chacune de mes mains... Et maintenant... le coup de grâce.

-Double Marteau de Bois. (NO JUTSUUUUU! victory1 )

Mes deux mains frappent le sol avec un bruit mat. J'ai mis tout mon poids dans ce coup. Les God of Tea, réagissent à ce mouvement presque immédiatement . Il se tordent brusquement en arc de cercle, en basculant avec une vitesse écrasante vers le sol. La cîme de leur tronc frappe les dalles avec un bruit sourd mais puissant, et j'entends les cris de douleurs des deux mages d'eau vite étouffés par le feuillage qui les emprisonne rapidement.
Sur une autre impulsion de magie, des lianes, qui prennent leur racines dans les deux arbres, jaillissent de leur tronc découvert, et se dirigent vers le mage aux éclairs. Paniqué, il attaque de façon désordonné tantôt les prisons de ses frères, tantôt les lianes qui rampent vers lui. Lianes qui, recouverte d'épines plus acérées que celle de la plus piquante rose, s'enroulent autour de son corps. Il cesse bientôt de se débattre et gémit sous la douleur. Je soupire, puis m'approche de lui en claudiquant, et je m'appuie sur les arbres.

-Le minable veut bien te laisser une chance d'avoir un minimum de confort avant ton arrestation. Plus tu bougeras, plus elles seront serrées.

Je lance un regard froid au malfaiteur avant de le laisser aux bons soins de la Spiny Ivy. Je me lève, est impulse un peu de magie aux graines que j'ai disséminée dans le feuillage. 5 Water Melon par arbre. Je suis épuisé. Mais au moins, dès qu'ils tenteront d'utiliser de l'eau pour se libérer, elle se fera aussitôt aspirer. Et je ne suis pas déçu. Les deux, tentent de perforer leur prison avec un jet d'eau massif, qui meurt aussi vite qu'il est apparu, absorbé par mes plantes. Vu leur état, ils doivent être aussi fatigués que moi. Ils ne se débattront pas très longtemps quoiqu'il ne faille jamais sous-estimer l'énergie du désespoir.
Un jet de lumière, tout droit venu de la lance de Korn, frôle mon épaule. Malgré la blessure, je fais un bond de côté digne d'un jeune cabri. (D'un cabri avec de l'arthrite, quand même.)

-Qu'est-ce que ça veut dire?
-Derrière!


Je me retourne, les mains luisantes. Un autre mage gît à terre, assommé par le rayon. Ni une ni deux, lui aussi est emprisonné par une prison de théier faite rapidement. Je ne sais pas quelle ait son pouvoir, mais il devra être vraiment coriace pour se libérer de deux arbres en même temps. Je me laisse tombé à terre, non seulement près de faire une crise cardiaque avec toutes ces émotions, mais tout aussi près de l'épuisement. Le monde tourne longtemps, et mes respirations profondes n'y changent pas grand chose. Il faut que je mange, et que je dorme, si possible près d'un arbre.
Je me relève, péniblement, et ramasse mes gants. D'un signe, j'ordonne à l'arbre de Korn de le descendre. Le gamin n'a absolument pas perdu de temps. Il a un bandage de fortune sur son épaule blessé, et il est aussi pâle que moi. Mais sa main valide tient fermement la lance magique. Il avance rapidement vers moi, avec un sourire triomphant.

-J'ai... appelé les renforts... Ils ne devraient pas trop tarder.
-Merci... la blessure?
-Il ne faut juste pas y penser. Quatre mages! Vous êtes vraiment puissant, vous.
-Oh. Pas tellement. J'avais beaucoup d'avantages, surtout. Avec un peu d'expérience, n'importe qui aurait pu...
-Ne vous sous estimez pas! J'suis pas un expert, mais je n'ai jamais pu neutraliser plusieurs mages en même temps.


J'ai un sourire modeste. Vraiment modeste pour une fois. Ce n'est absolument pas suffisant. Là où les gens étaient dangereux de mon temps, ils le sont encore. Je ne peux absolument pas me permettre d'être vulnérable, à quelque personne que ce soit.
Nous nous dirigeons vers le camp avec une allure pesante. Nous sommes interceptés par deux prisonniers non mages, que je neutralise presque sans y penser, avant de tomber enfin sur les renforts. Une patrouille de plusieurs gardes, qui ont déjà « moissonné » les évadés que j'avais mis dans les arbres...
Bon sang, ce que j'ai hâte d'être à Kunnugi!
   
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