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À la recherche de l'eau perdue.
 MessageSujet: À la recherche de l'eau perdue.   À la recherche de l'eau perdue. EmptySam 8 Oct - 22:27

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À la recherche de l'eau perdue. Cesusiza

Mission : Pénurie d'eau

Cesus Nero & Izaiah Sloan



« Je commence réellement à fatiguer. Que ce soit physiquement ou psychologiquement... Cela fait longtemps que je n'arrive pas à dormir correctement, mais là... Les derniers jours ont été particulièrement fatiguant: cauchemars récurrents, insomnies tenaces... C'est certainement dû à ce qu'il s'est passé avec le chat l'autre jour et ce, sans parler de mon altercation avec Thomas... Des ronces, des épines, des douleurs... La goute d'eau qui fait déborder le vase.
Je crois que j'arrive à une phase de saturation sévère.
»

- Journal page 32-







Il faisait gris.
Le ciel tirait une grise mine, semblable à la mienne. Ni le soleil, ni la pluie ne semblaient vouloir s'inviter aujourd'hui. Le ciel était brumeux, nuageux, terne, triste. Enfin, restait-il à savoir combien de temps cela allait durer et s'il allait opter pour un beau temps orné d'un grand soleil ou d'un torrent d'eau diluvienne... Comme hier.
Hier... Une journée mémorable je pense; une douche gratuite dont je me serai bien passée. Je pense avoir assez pris l'eau pour les mois à venir bien que la météo se fiche pas mal de mon avis. La dernière fois où j'avais fini autant aspergée l'eau remonte à ce fameux jour... Enfin... Hier, j'étais tellement saucée que j'avais l'impression de mettre transformée en une matière spongieuse et dégoulinante à souhait. Une éponge, peut-être. Cette impression m'était restée jusqu'à ce que je me sèche totalement, essorant au passage mes vêtements de nombreux litres d'eau gelée. Par ailleurs, j'avais très certainement attrapé froid.
La poisse; celle-ci me collait à la peau, tout comme mes écorchures et autres courbatures...
Je pense que j'aurai passé ma journée sous la flotte si je ne les avait pas croisé... des amis à mes parents...enfin, « amis » étaient un bien grand mot... « Connaissances » plutôt. S'ils étaient réellement proches, je ne pense pas qu'ils auraient laissé la situation se dégrader ainsi... Je ne déblatérerai pas sur les termes que j'utilise mais les sentiments y étaient. Je pense qu'il n'est pas difficile de comprendre mon point de vue...


* ~ ~ * ~ ~ * ~ ~ *


Je connaissais ce village...
Izaiah et moi avions l'habitude de venir jouer ici au moins une fois par semaine... Ces souvenirs remontaient en moi comme des bribes acérées, rythmées par la pluie glacée qui m'écrasait inlassablement. Je m'étais figée non loin de quelques habitations. J'avais l'impression que des spectres du passé venaient hanter ma vision déjà troublée par cette averse. Tout comme le son répétitif des goutes, des sons et des rires enfantins tintèrent dans ma tête. Puis, petit à petit, des souvenirs plus négatifs commencèrent à m'envahir...
Les souvenirs de ce jour là...
Je me souviens encore de cette odeur de terre humide et froide qui me glace les poumons... De ce dernier regard que tu m'as lancé avant de t'éteindre... Les derniers mots désolés que tu as prononcé; ces derniers mots qui signèrent tes derniers instants... Mes derniers instants... Pourquoi ? Tu m'avais pourtant promis de rester toujours avec moi...
Ces souvenirs continuaient à défiler dans ma tête comme un film sans fin... Je fermai mes yeux, imbibée de larmes et de pluie, me laissant bercer au gré des cordes qu'ils tombaient. Des sortes de flashs envahissaient mon esprit encore troublés par ces visions. Des flashs plus sombres... Des flashs de lui... De ce sourire...


« Leiah... ? »

Ce prénom... Je l'avais presque oublié.
Cette voix quelque peu familière me tira de mes chimères cauchemardesques. C'est les cheveux, collés sur le visage et dégoulinant de pluie que je me tournais vers ladite voix. Un homme et une femme dont l'âge était certainement très proche de celui de mes parents. Il me semblait les connaître; en tout cas, eux me connaissait.
C'était des collègues à mes parents. Côté mère ou père, cela n'avait pas d'importance. C'était chez eux qu'on allait prendre le gouter lorsque l'on venait jouer ici, ils nous gardaient. Cela remontait bien plus loin que la mort d'Izaiah. Je ne m'attendais pas à être reconnue, peut-être que cela était dû à l'inhabituelle couleur de cheveux...
J'acquiesçais en silence quant à l'appel de mon prénom. Cela ne servait pas à grand chose de les contredire, étant donné qu'ils connaissaient très certainement la vérité. Aussitôt, ils m'entrainèrent dans leur maison non loin de là, me traitant de folle quant au fait de rester sous une pluie pareille...

La dame dont le nom était celui d'une fleur rouge m'ordonna de me changer, me prêtant au passage de quoi me sécher. Mes vêtement, eux étaient étendu sur un radiateur, accompagné de mon sac et de quelques autres affaires qui étaient également trempées. Revenant avec des vêtements secs, je regardais le monsieur qui préparait du thé, racontant au passage quelques anecdotes qui se voulaient être drôles. Mes pieds étaient glacés, tout comme la plupart de mes membres et ce, malgré le gilet que m'avait gentillement prêté Rose... Ils m'invitèrent à m'asseoir autour de la table où était installé de nombreux gâteaux et autres friandises appétissantes. Pourtant, je n'avais pas faim; juste froid. Le thé servi, ils s'installèrent à leur tour, me souriant. Ils essayaient certainement de me mettre en confiance avec du thé et des gâteaux... Peut-être que cela marchait avec d'autres personnes... M'enfin, je ne devais pas être aussi méfiante avec eux, ils avaient toujours été gentils avec nous lorsque nous étions enfant...
Des banalités s'invitèrent dans les discussions: la pluie, le beau temps, la nature... Je n'étais pas très communicative il fallait le dire répondre « oui », « non » « mh » à chaque phrase... Si bien même que cela instaurait un malaise dans notre dialogue. Ils semblaient gênés, et se lançaient de temps à autres des regards traduisant une sorte d'embarras. Quant à moi, recroquevillée sur la chaise, je soufflai sur la tasse que je tenais. La chaleur était apaisante et cette douce odeur l'était tout autant.

« Tes parents... vont bien ? »

Question piège. Ils étaient au courant de ma fuite. Cela datait de deux années, mes parents en avaient certainement parler... Tout comme la mort de mon frère. Les regards qu'ils se lançaient en disaient gros. Mon regard se reporta sur ma tasse de thé encore remplie, trop chaude pour la boire.

« Je pense. »

Je n'en avais aucune idée. Si ce n'est pour ma mère, je me foutais un peu de ce qu'il aurait pu arriver à mon géniteur. De nouveau, ils s'échangèrent des regards inquiets. Essayant de ne pas paraitre trop suspicieux, ils portèrent à leur bouche, tasses et pâtisseries.

« Et toi...? Ça va ? »

Je me mordis la lèvre. Je détestais ce genre de questions rhétoriques. D'ailleurs, je ne savais jamais quoi répondre. Généralement, je détournais la question. Allais-je bien ? Une question que je ne me posais plus depuis un moment.

Je fondis en larme.



Ils s'étaient excusés de leur question, et m'avaient offert la possibilité de rester chez eux jusqu'à ce que le temps ne se calme. Dans l'état larvaire où j'étais, je n'eus pas le courage de refuser.
Je partirai le lendemain. Ne voulant pas m'attarder plus ici, au cas ou je tomberai sur mon géniteur et ma mère...
Étrangement, ils commencèrent à changer de sujet, de me parler d'un village plus ou moins voisin où un de leur ami habitait. Tout aussi gênés que précédemment, ils me demandèrent si je ne voulais pas aller jeter un coup d'œil quant à ce qu'il se tramait là bas. Sur le coup je n'eus pas compris la demande. Ils m'expliquèrent vaguement les raisons de celle-ci, de l'inquiétude qu'ils avaient, du fait qu'ils voulaient aider ledit ami mais qu'ils n'en n'étaient pas capables...
Je n'avais pas grand chose à faire... Et cette requête me paraissait faisable, même si je ne leur avais pas préciser que je n'étais pas capable de maitriser mes pouvoirs. Après tout, cela consistait juste à aller voir cet ami et essayer de régler ce petit problème d'irrigation de ce village...


* ~ ~ * ~ ~ * ~ ~ *

Finalement, ce n'était pas un « petit » problème. Je ne m'attendais pas à voir une rivière vidée de toute son eau, ni des mètres de cultures prêtes à faner à toute instant. C'est avec un sourire embarrassé que l'ami de Rose et de son mari m'expliqua toute la situation. Cela faisait plusieurs jours, voire semaines que le lit de la rivière avait commencé à s'assécher et ce, malgré le fait que le printemps approchait. En temps normal, je ne me serais même pas intéressée à cette histoire, mais là, il s'agissait de rendre la pareille à mes hôtes de la veille... Beaucoup d'affiches accrochées sur les murs traitaient du problème, signalant que si l'on voulait aider ce village, il fallait se rendre à la mairie. Il me guida devant celle-ci me montrant au passage, les quelques habitants, excédés de cette situation. D'ailleurs, certains me regardaient d'un air suspicieux. Était-ce du à ma couleur de cheveux ? À mes nombreux bandages qui me donnait l'apparence d'une momie vivante, ou bien au fait que j'allais être chargée d'aller voir ce qu'il se tramait en amont ? J'aurais pu demandé pourquoi ils ne l'avaient pas fait avant moi, mais je me suis tu. Peut-être n'étaient-ils jamais revenus...?
Apparemment, je devais attendre quelqu'un; le maire peut-être. Selon les dires du monsieur qui m'avait accompagné, il était en réunion importante avec un mage, ou peut-être pas. Peut-être qu'il faisait la sieste. Il signala ma présence à la secrétaire de celui-ci avant d'entamer une discussion avec elle. Trouvant le temps quelque peu long, je me suis assise à l'extérieur sur les quelques marches qui jonchaient le bâtiment. Ma tête quant à elle s'appuya contre le mur. Encore fatiguée et quelque peu fébrile, je fermais les yeux. J'avais la sensation d'avoir très chaud, d'avoir une sorte de barre brulante collée au front; cela allait certainement passer.
Mes yeux clignèrent plusieurs fois. Ma conscience quant à elle semblait peu à peu se déconnecter de la réalité. Autour, les gens continuaient à passer comme bon leur semblait...


J'entends de nouveau la pluie... l'orage... Je suis en train de rêver. Une sorte de phase d'absence dont on ne se rappelle que des bribes...
Du sang, sur mes mains... Ce sourire...
Il se rapproche.
Malsain.


Une porte qui claque violemment.

Je sursaute, me tirant au passage de cette torpeur qui recommençait sans fin. Autour, certains villageois me fixaient d'un air étonné, interrogateur. Reprenant ma respiration tout en essayant de me calmer, je balayai du regard les alentours...
Des ronces.
Celles-ci s'étaient enroulées autour des poteaux et ce certainement durant ma phase de sommeil. En tout cas, elles n'y étaient pas jusqu'à ce que je ferme les yeux... Surprise, voire quelque peu effrayée, je me redresse rapidement, commençant à descendre les quelques marches, avant de me prendre les pieds dans ces plantes envahissantes...
Je dégringole lourdement, me râpant de nouveau mon genou déjà endolori. S'il pouvait parler, je pense qu'il m'aurait déjà incendié. Sans parler des mes bras. Retenant un nombre incalculable de jurons, je reste à embrasser le sol, essayant de mettre mes idées au clair. Ma tête me fait mal. Outre cela, je dois m'occuper au plus vite de cette histoire de rivière et accessoirement de ronces... Avaler du désherbant arrangerait peut-être certaines choses...
Je divague.

Je serai bien restée quelques minutes de plus sur le sol, mais le fait que des personnes puissent s'approcher de moi pour me venir en aide ne me tentait guère.
Encore assise j'essuyais mon visage de la terre qui s'était invitée avant d'épousseter mes vêtements... Puis, de nouveau, mon regard fit le tour. Derrière moi, deux personnes semblaient se tenir. Peut-être s'agissait-il des jardiniers qui venaient pour me passer un savon quant à cette mystérieuse apparition de ronces... Quoi que... L'une d'entre elle ne semblait même pas avoir remarqué ces mauvaises plantes, si bien même qu'elle s'y pris également les pieds, me rejoignant en bas de l'escalier. J'aurai pu pouffer de rire, me moquer ouvertement du fait que cette personne aurait pu ouvrir les yeux, mais venant de faire la même action à l'instant, cela aurait pu paraître déplacé. Surtout que j'en étais responsable.
Lesdites ronces entamèrent leur retour sous la terre tandis que je ne savais plus trop ou me mettre. Me relevant rapidement, j'entrepris d'aider la personne au sol, ne sachant pas s'il s'agissait du maire ou de son invité. Derrière, l'ami de Rose ainsi que la secrétaire ne pouvait s'empêcher de s'esclaffer silencieusement.

« Désolée... » ai-je dis d'une voix peu audible. Je ne savais pas que dire d'autre, peut-être que ne rien rajouter était le mieux.
 MessageSujet: Re: À la recherche de l'eau perdue.   À la recherche de l'eau perdue. EmptySam 15 Oct - 15:30

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La chute. Puis les côtes subissant les attaques de chaque marche comme si c’était de nouveau l’heure des entrainements à la lutte. Puis le dos et la chair, griffés, déchirés comme lors de cette expédition où ils avaient du se frayer un chemin parmi les ronces. La journée commençait mal.

Ronces ?

A peine arrivé au sol, non loin de la jeune femme, il s’était relevé après une roule en avant pour amortir l’impact et avait dégainé d’un geste vif son épée prête à se défendre contre cette attaque surprise. Un regard furieux à gauche, à droite, puis vers les escaliers. Et, comme la flamme d’une allumette s’éteint peu à peu en arrivant au bout, il relâcha progressivement la tension. Il n’y avait pas de danger immédiat. Les gens qui s’étaient arrêtés autour pour regarder s’éloignaient pour la plupart sans demander leur reste. Il y a des arguments assez pertinents pour les civils.
Comment avait-il fait pour ne pas remarquer ces ronces en venant ? Et pourquoi les avoir mises précisément là où on pouvait s’y prendre les pieds ? Il savait ne pas être un expert en décoration et en aménagement, mais les nouvelles tendances le laissaient…perplexe.

Puis il remarqua que la femme qui avait subi à peu près le même sort que lui s’était approchée en s’excusant timidement. Ne voyant aucun danger, il remit l’épée dans son fourreau et inclina légèrement la tête en guise de salut.
« Veuillez excuser ma brusquerie. Je suis Cesus Nero, mage au service du Conseil pour vous servir.»

Le ton était calme, sans vraiment d’émotions, comme s’il ne se souciait pas de cette chute et de ces quelques douleurs, ni des gens qui pouvaient observer la scène. D’ailleurs il n’avait pas esquissé le moindre geste pour arranger sa tenue. Soit il n’avait pas remarqué qu’elle était salie par la terre, soit il n’en avait cure, pas plus que du sale état de l’inconnue d’ailleurs. Cet homme ne connaissait pas la signification du mot « singulier ».

« Pourquoi désolée ? »


Il ne comprenait pas de quoi elle voulait s’excuser. A moins qu’elle soit la responsable de la décoration, mais dans ce cas elle ne se serait pas pris les pieds dans ces ronces tout comme lui. L’interrogation se lisait sur son visage.

Le maire accourut (se dandina sur ses pattes grassouillettes l’air apeuré par les ronces serait plus exact) jusqu’aux deux jeunes gens.

« Rien de cassé j’espère Mr Nero, et vous devez être celle qui va également participer à cette mission ? »

On l’avait prévenu qu’il serait accompagné par un mage n’étant pas du Conseil. Il ne savait pas trop à quoi s’attendre, donc il n’eut pas l’air surpris. Il lança seulement un regard, pour signifier un accord, comme s’il acceptait cette nouvelle équipière, même s’il ne savait rien d’elle. Et puis ce n’était pas son genre de discuter les consignes.

Après quelques indications supplémentaires de la part du maire, ils purent partir vers le lit de la rivière qu’ils pourraient remonter pour chercher des indices et résoudre le problème.
Toujours sans se soucier d’être un peu sali par la terre et les ronces, il fit un nouveau signe de tête, moyen muet pour signifier qu’il était prêt à y aller, et pour voir si elle aussi. Il répondrait à toutes ses questions, et en poserait peut-être, mais il n’était pas bavard, loin de là. Et pourtant il y avait plusieurs choses qu'il voulait savoir sur sa partenaire.
 MessageSujet: Re: À la recherche de l'eau perdue.   À la recherche de l'eau perdue. EmptyMar 18 Oct - 9:35

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Cesus Nero.

C'était le prénom du mage qui devait m'accompagner durant cette mission. Il me semblait un peu particulier, un peu trop académique, rigoureux, voire assez spontané... Serviable aussi... Si bien même que cela m'avait plus que surprise. Je n'avais osé lui expliquer les raisons pour lesquelles je m'étais excusée même si son regard interrogateur me poussait presque à l'envie de lui avouer. Mais, je préférai me taire, évitant ainsi de paraître plus honteuse que je ne l'étais déjà. Mon regard se reporta sur le maire... Celui-ci nous expliqua plus brièvement ses requêtes quant à cette mission, nous donnant au passage une carte pour nous repérer, au cas ou... J'étais dubitative. Pourquoi devais-je prendre une carte ? Je n'étais même pas capable de la lire correctement... Sans dire mot, je la plia plusieurs fois avant de la ranger dans une de mes poches, me tournant vers le mage du Conseil.
Cesus acquiesça d'un signe de tête, auquel je répondis de la même manière. Apparemment nous étions prêts à partir à la recherche... de l'eau.

J'ouvris la marche, armée de la carte qui se logeait tranquillement, toujours fermée. Le silence était pesant, si bien même que les crissements de nos chaussures dans le chemin terreux en devenait agaçant. Et ce, sans parler de ces cris d'oiseaux qui résonnaient inlassablement dans ma tête fiévreuse. La forêt, il fallait la traverser, tomber sur la rivière, puis remonter le court, qui était bien sûr vide pour espérer en trouver la cause.
Au bout de très longues minutes de marche, je remarquai quelque chose... J'avais oublié de me présenter. Entre l'épisode de la chute et du discours du maire, il était vrai que je n'avais pas daigné ouvrir la bouche. Me stoppant brutalement, je me tournai vers ledit mage du Conseil et lança brièvement:

« Izaiah Sloan. »

Plus froid et plus direct, je pense que je ne pouvais pas faire mieux... Si bien même que je me retiens de tirer une mine dépitée. M'écorchant la voix et accessoirement mon égo pour ne pas paraître comme l'asociale finie que j'étais, je rajoutai:

« ... Enchantée. »

Cela sonnait presque faux, sortant de ma bouche, pourtant, ce n'était pas le cas. Peut-être était-ce parce que je n'avais pas l'habitude... Ne préférant pas affronter une quelconque réaction telle que la moquerie de la part de mon partenaire, je vidai ma poche, délogeant la carte que nous avait fourni le maire du village...
Des traits, des lignes, des écritures, des dessins approximatifs et ce condensés dans un carré qui ne ressemblait à rien...
Je la dépliai, me cachant derrière. Bon, maintenant, il fallait que je trouve notre position, si cela était bien sûr possible... Cela ne ressemblait pas à grand chose, si bien même que les écrits me semblaient plus qu'étranges...

Déjà, cela se passerai bien mieux si je tenais pas cette chose à l'envers...
La chaleur me monta aux joues, si bien même que ma couleur actuelle devait ressembler aux coquelicots. Heureusement qu'il y avait cet énorme bout de papier pour masquer tout cela...
Peut-être que j'aurai du lui laisser la carte... ça m'aurait évité de me couvrir de ridicule.
 MessageSujet: Re: À la recherche de l'eau perdue.   À la recherche de l'eau perdue. EmptyMer 19 Oct - 21:29

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Le maire avait donné une carte à celle qui l’accompagnait ; carte qui venait d’être pliée et rangée. Elle avait l’air de savoir où se diriger pour l’instant, alors ils partirent à travers la forêt. Après quelques longues minutes de marche silencieuse sur un sol terreux, elle s’arrêta soudainement et se présenta. Jusqu’à présent elle n’avait pas donné son nom, et cela l’avait étonné sans trop le perturber pour autant : Il avait participé à de nombreuses batailles où il n’était qu’un pion dans les rangs de l’armée, et où on était désignée par son grade – il avait longtemps été sergent, puis lieutenant malgré son jeune âge. A vrai dire, appeler les gens par leur nom était presque une expérience nouvelle pour lui, il tâcherait d’être aussi courtois que possible, et de ne pas tomber dans les travers militaires, où l’on donne les ordres sans se soucier qu’on parle à une personne. La vie en société – civile – nécessitait beaucoup d’efforts de sa part pour ne pas avoir l’air d’une brute épaisse incapable de compassion et de finesse.
Izaiah Sloan. ... Enchantée.


Il y avait quelque chose d’inhabituel, d’étrange dans sa manière de le dire. Cesus n’aurait pu dire quoi, par manque d’expérience en relations humaines, alors il pensa aux conseils que Scuti lui avait donnés sur la manière de se comporter, notamment avec les femmes. Il y avait eu trop de choses à retenir, mais il se souvint d’une d’entre elle. « C’est un plaisir de faire votre connaissance. »
Cela n’était pas faux, il était heureux d’être avec elle, sans savoir pourquoi. Les femmes étaient-elles toutes agréables à regarder comme elle ? Il n’avait jamais fait attention, ni eu l’occasion de le faire d’ailleurs. Enfin cette phrase lui semblait bien dans le contexte et elle…
le devança en sortant la carte, disparaissant derrière. Trop tard…

Il attendit quelques instants alors qu’Izaiah étudiait minutieusement la carte, ou avait l’air en tout cas. Sauf qu’elle ne disait rien, alors il s’approcha.
« Je peux ? »
Cesus prit la carte sans faire de remarque, mais sa partenaire n’avait pas l’air plus à l’aise que lui, puis il la posa au sol (la carte) après avoir notifié la position du soleil. Un genou au sol et la main triturant sa barbe naissante, dans une pose de conquérant pendant une campagne. Il avait vu la même pose chez un de ses supérieurs, ainsi que dans quelques livres, donc il pensait que c’était la bonne façon de s’y prendre, et le faisait à chaque fois qu’il avait affaire à une carte. Il lui manquait les pions placés devant lui pour symboliser ses régiments et ceux de l’ennemi pour compléter ainsi le tableau. L’image aurait été parfaite si cela avait été une grande carte, bien écrite et précisément détaillée.
C’était une petite carte de facture locale et partiellement raturée…

Pour autant, il savait très bien s’orienter, et il repéra rapidement l’endroit où ils étaient, ainsi que celui vers lequel ils allaient.
« Il nous faudra une heure de marche à neuf heures de notre position pour atteindre le lit de la rivière. S’il n’y a pas d’imprévu.»


Sans s’en rendre compte, il venait de replonger dans ses habitudes martiales et avait oublié qu’il ne parlait pas à des frères d’armes. Au lieu de « neuf heures » il aurait suffi de dire à gauche. La confusion avec l’heure d’arrivée pouvait être troublante, puisqu’il était à peine 5 heures…
Mais ils reprirent la route comme il venait de dire, en prenant le chemin à leur gauche. Il avait rangé la carte dans une poche, à côté de sn trousseau de clés. S’il n’y avait pas d’embûche en chemin, ils arriveraient dans une heure, ce qui laissait du temps pour discuter… Mais que pourraient-ils se dire, alors que le silence les avait accompagnés jusqu’à présent ?

 MessageSujet: Re: À la recherche de l'eau perdue.   À la recherche de l'eau perdue. EmptySam 22 Oct - 10:06

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Du charabia.
Pourquoi Cesus me parlait d'heure ?

Sur le coup, je n'avais pas compris, préférant le suivre avant de nous perdre dans la forêt... Par ailleurs, il avait préféré garder la carte, pressentant certainement mon indisposition quant au fait de nous guider dans la forêt... Oui, tenir une carte à l'envers avait sans doute du me ficher comme une personne n'ayant vraiment aucun sens de l'orientation. Et ce, bien qu'il n'ait fait aucun commentaire quant à ça... Après tout, ce n'était que la vérité; trouver le nord m'était déjà difficile, alors lire correctement une carte...
Je le suivais silencieusement, lui faisant confiance pour nous diriger au travers de cette végétation dense. Il avait l'air de s'y connaître assez bien même... Peut-être avait-il suivit un entrainement spécial, ou quelque chose du genre. Enfin... Cela ne m'intéressait pas plus que ça.

En fait, si.

Je n'étais pas très encline à supporter le silence, étrangement. Le bruit de nos pas répétitifs, sans compter celui des oiseaux commençaient sérieusement à me taper sur le système... Peut-être était-ce parce que j'étais épuisée. Mais, de quoi pouvais-je parler ? Je n'avais pas grand chose à dire si ce n'est
« Tu as de la chance d'être grand, tu marches vite. »
,
« Quelle aisance pour lire une carte ! »
... Ce genre de phrase qui m'enterrerait si pied sous terre si je le disais... Est-ce que les personnes sociables avaient tendance à sortir ce genre de répliques totalement débiles... ? J'en doute.
Peut-être aurai-je du prendre la peine d'acheter des lives du genre
« La sociabilité pour les nouilles. »

Puis, alors que je m'enfermai dans mon imagination quant à la conversation stérile que je pouvais lancer, je remarquai que le jeune mage du Conseil semblait s'éloigner de plus en plus, d'une marche cadencée. Il allait vraiment trop vite pour moi avec ses grandes jambes... À moins que ce soit moi qui marche doucement, ce qui était plus que probable aux vus de mes bleus et mes divers bandages qui, mine de rien entravaient certains de mes gestes... Quoi que les deux options étaient possibles.
Il ne semblait pas avoir remarqué l'écart qu'il avait mis entre nous, si bien même qu'il continuait à avancer à cette vitesse. Quant à moi, j'essayai de compenser ce retard en trottinant aussi rapidement qu'il m'était possible. Donc, pas très vite me diriez-vous...

« Attends ! Tu marches bien trop vite pour moi... !  » Je m'étais moi même surprise en disant ces quelques mots...

Quelle prestance oratoire !
Quel ridicule oui !
Je m'étais inclinée, posant mes mains sur les genoux, regardant le sol pour reprendre mon souffle... Ou plutôt, pour masquer ma gêne. Mes joues étaient sans doute rouges. Je n'avais pas pu lancer pire comme réplique, si bien même que je me disais avoir touché le fond de l'asociabilité, et que je continuais à creuser malgré moi.
Trouve quelque chose... Rattrapes toi... trouves, trouves trouves !

« C'est parce que tu as de grandes jambes. Tu ne te rends pas compte combien c'est difficile pour moi de suivre ta cadence en ressemblant à une momie.  »

… Donnez moi une pelle.

Pourquoi...? Pourquoi je n'avais pas fermé ma bouche comme à mon habitude...? Pourquoi avait-il fallu que j'éprouve le besoin de dire quelque chose alors qu'auparavant, ne rien dire ne m'avait jamais déranger ? La fatigue certainement...
Allez... Il nous restait quoi... plus de trois quart d'heure de marche pour trouver le lit de la rivière ? Cela n'était pas si long que ça, mais vu le ridicule dont je m'étais couverte, cela allait sans doute ressembler à une éternité.
 MessageSujet: Re: À la recherche de l'eau perdue.   À la recherche de l'eau perdue. EmptyLun 24 Oct - 17:49

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En pleine forêt, le bruit des oiseaux et de leur pas étaient les seuls rompant le silence installé entre eux depuis un moment déjà. Elle l’avait suivi sans un mot, n’ayant pas l’air de bien s’orienter. Il le regrettait un peu d’ailleurs, vu qu’il ne savait absolument pas sur quel sujet il pouvait entamer une discussion. Les premiers lui venant à l’esprit ne conviendraient probablement pas à une femme : « Quelle méthode utilisez-vous pour entretenir votre arme ? Quelle est votre formation de bataille favorite ? Que pensez-vous de la nouvelle directive du Conseil sur la régulation des conteneurs non étanches en zone limitrophe ? »

Décidément, il lui manquait encore beaucoup pour atteindre un niveau de sociabilité « correct ». Alors certes, Scuti lui avait déjà donné nombre de conseils pour aborder les autres (surtout les femmes, car il était « impensable que le jeune maitre ne trouve pas une fiancée ») , mais il ne trouvait aucun moyen pour appliquer ceux dont il se souvenait. Il aurait pu trouver un sujet de compliments…encore fallait-il les formuler…et puis cela paraitrait bizarre après tout ce temps silencieux. Il ne pouvait pas non plus proposer d’aller boire une tasse de thé puisque la situation ne s’y prêtait largement pas. Ils avaient leur mission à remplir.


Il marchait en regardant devant lui pour éviter de croiser son regard, réfléchissant à ces sujets délicats, quand il l’entendit dire les premiers mots.
« Attends ! Tu marches bien trop vite pour moi... ! »

Cesus s’arrêta net. Effectivement plongé dans ses pensées et en marchant bon train, il n’avait pas remarqué l’écart creusé entre eux, quelques mètres déjà.
« C'est parce que tu as de grandes jambes. Tu ne te rends pas compte combien c'est difficile pour moi de suivre ta cadence en ressemblant à une momie. »
Il entendit presque Scuti commencer à lui faire ses remontrances, comment avait-il pu être aussi peu attentionné à l’égard d’une femme, aussi stupide et aussi aveugle ? Ne retenait-il donc rien de toutes ses leçons ? Le vieil homme maniéré savait se montrer très virulent après ce genre d’erreur, un sale moment attendait le mage du Conseil, mais il pouvait encore essayer de se rattraper. Enfin ce n’était pas gagné…

Non, il avait à peine fait attention aux bandages de la jeune femme, chose assez courante dans le milieu où il avait grandi. Mais maintenant qu’il s’en rendait compte, une terrible gêne l’envahissait. Le pire était probablement que sa partenaire semblait abattue, la tête baissée, encore haletante et les joues en feu. Elle prenait sur elle la faute qui ne l’était pas, or ça il ne pouvait l’accepter.
Cesus sentait qu’il fallait descendre de son piédestal de soldat, et réduire la distance entre eux, et pas seulement physique ; faire quelque chose d’humain. Il s’approcha et baissa lui aussi la tête, l’air abattu.
« Je te demande pardon, c’est ma faute. J’ai été bien trop égoïste et j’aurais du m’en rendre compte. Faisons une halte. »


Il parlait avec hésitations, ne trouvant pas les mots exacts à mettre sur ses sentiments. Il s’en voulait atrocement pour son comportement. S’ils faisaient la mission ensemble, il ne pouvait pour autant la traiter comme un soldat à qui on demandait d’oublier sa douleur et d’avancer ; il devait se mettre à son rythme à elle.


Ils s’arrêtèrent donc, à cet endroit. C’était un bout de forêt comme un autre, sans rien de particulier à part toujours le chant des oiseaux. Ils auraient pu continuer à marcher, lentement, mais il tenait à marquer le coup et à la laisser reprendre toutes les forces dont elle avait besoin. Quand on ne sait pas ce qui nous attend, il est toujours préférable de ne rien laisser au hasard.


Et à nouveau il ne savait plus quoi dire. Il hésitait à la regarder pour ne pas la froisser ou commettre à nouveau une erreur. Les piaffements joyeux des volatiles et le soleil prodiguant une chaleur agréable contrastaient avec l’atmosphère pesante de la situation.


« Comment tu t’es fait ça ? »

Ce n’était peut-être pas un sujet qui les occuperait toute la journée, mais ce serait un début. Il avait désigné ses nombreux bandages. Maintenant qu’il y prêtait attention, il en avait rarement vu autant sur une seule personne. Alors peut-être qu’il y avait des sujets moins délicats à aborder, mais au moins cela mettrait fin à leur silence, en espérant que ça mette fin à leur malaise.



 MessageSujet: Re: À la recherche de l'eau perdue.   À la recherche de l'eau perdue. EmptyMer 26 Oct - 2:40

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Comment je m'étais fait ça...?

Le résumé de mes jours précédents défilèrent dans mon esprit, tandis que je m'installai sur le sol, afin de reposer mes jambes endolories.
Tout avait commencé par un escalier, une chute, une douleur. Accessoirement des moqueries, mais cela n'avait rien à voir avec mes nombreux bandages. Ensuite, il y avait un chat, des griffes, des épines... Des larmes, des bandages... Vint ensuite un combat avec un autre mage un peu trop curieux... De la colère, de la haine, des blessures... Mon œil qui subit un traitement au papier de verre... Encore des larmes et de nombreux bandages... Sans parler de la fatigue qui me serrait dans ses bras ou bien de ce début de fièvre qui s'installait doucement.
Un beau programme qui récapitulait les jours passés et qui m'annonçait des merveilleux jours à venir. Restait-il à savoir comment j'allais formuler cela pour donner le moins de détail possible... Je ne me voyais pas dire que j'avais chuté de manière ridicule et que je m'étais battue pour protéger un journal intime. Cela était trop personnel. M'enfin, cela permettrait certainement de lever le blanc.
Puis, après avoir longuement réfléchi au moyen d'expliquer cela, je lançai d'une voix hésitante:

« J'ai chuté dans un ami qui avait un chat avec lequel je me suis battue... Je me suis griffée avec un escalier pour finalement le rendre à un vieux monsieur qui avait des épines aux yeux. Et ensuite j'ai tenté de protéger un papier de verre de la pluie pour finalement arrivée ici... Quelque chose du genre. »

Cesus tira une mine dubitative.
Sur le coup, j'avoue ne pas avoir compris pourquoi cela suscitait ce genre de réaction... jusqu'à ce que je vire au rouge complet. Le feu sur mes joues ne semblaient pas vouloir s'estomper tandis que j'essayais de garder une mine sérieuse, regardant à gauche et à droite pour éviter de regarder dans les yeux le mage du Conseil.
Comment était-il possible d'inverser autant de mot ? De former une phrase qui n'avait ni queue, ni tête alors que cela était pourtant si simple à formuler ? On pouvait justifier cela par la fatigue... En repensant à ce que je venais de dire, ma mine se décomposa. À l'occurrence, ce n'était plus de la fatigue passagère. Peut-être un mélange de gêne, d'intimidation, d'exaspération et autre...
Un peu décontenancée, ma bouche forma une moue.

« Enfin... Je voulais dire que... bref... tu m'as comprise. Tu peux rire si tu le souhaite. »

Cela allait peut-être détendre l'atmosphère.
Il fallait l'avouer; il me gênait. Pas dans le sens d'une gêne nuisible dont on aimerait se débarrasser... Je ne sais pas trop comment l'expliquer. Peut-être était-ce dû au fait qu'il s'était excusé platement du fait de m'avoir quelque peu oublié... ou peut-être pas; je ne sais pas. Malgré moi, c'était presque dérangeant de ne pas savoir comment définir ce qui me dérangeait tant.
Devais-je trouver un nouveau sujet de conversation ? Je n'en avais aucune idée et si c'était le cas, de quoi pourrais-je bien parler ? Lui poser des questions sur lui ? Je me voyais mal lui demander de me parler de sa vie, de son histoire... surtout que cela le pousserait certainement à m'interroger sur le même sujet...

« En tout cas, merci... de t'être arrêté.  » gênée, ma main vint gratter doucement la joue, comme pour essayer d'ôter cette pellicule rougeâtre qui me collait à la peau.
Peut-être devrais-je lui proposer de reprendre la route... après tout, il nous fallait encore faire une petite trotte pour atteindre le lit de la rivière. Ensuite, il fallait remonter celui-ci...
Autant lié l'utile à l'agréable... Enfin, essayer.
 MessageSujet: Re: À la recherche de l'eau perdue.   À la recherche de l'eau perdue. EmptySam 5 Nov - 12:56

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La réponse se faisait un peu attendre, pendant qu’elle s’installait au sol en réfléchissant sûrement au meilleur moyen de la formuler. Leur manque d’expressivité était au moins un point commun, mais pas le genre habituel sur lequel on peut initier une discussion. Et tout comme lui elle n’avait pas l’air sûre d’elle.

Il sentit dès le début que quelque chose n’allait pas dans la réponse d’Izaiah, pourtant il avait suivi la description des évènements et tenté de visualiser chaque image, les yeux en l’air pour en avoir une meilleure idée. Et voilà que ses joues viraient au rouge, alors qu’elle fuyait clairement son regard sans savoir quoi faire. De son côté le mage du Conseil peinait encore à joindre les deux bouts de cette histoire nébuleuse.

« Enfin... Je voulais dire que... bref... tu m'as comprise. Tu peux rire si tu le souhaites. »

Comprenant tout juste qu’il était en train de chercher à tirer au clair ce qui n’avait aucun sens, il éclata d’un rire sonore. Pas un rire moqueur ou même taquin, mais le genre de rire épais de celui qui ne se pose pas de question

« Hahaha, j’ai pas tout compris Izaiah ! Mais t’as pas du t’ennuyer…»


« En tout cas, merci... de t'être arrêté. »

A nouveau il ne savait trop quoi dire un peu comme elle, et il garda donc le silence, mais il y avait moins de gêne à présent, comme si ce passage avait dissipé un peu de tension.
Dans cette atmosphère un peu plus chaleureuse, le silence sembla s’alourdir… Eux n’avaient rien changé, mais les oiseaux s’étaient tus. Au moment où il allait remarquer que c’était très calme soudainement, 3 hommes sortirent d’un buisson, 2 armés de couteux, et 1 d’un gourdin. Ce dernier parla d’une voix bourrue :

« Hola voyageurs, donnez nous vos richesses et vous pourrez continuer votre traversée sans encombre ! »

Immédiatement sur pied, Cesus avait dégainé son épée et s’était placé entre eux et sa coéquipière. Elle maniait la magie et pouvait donc se défendre, mais elle était aussi amoindrie par ses blessures, il pouvait très bien affronter ces brigands.

« On est trois et tu es seul… comme tu veux »

Ils se jetèrent tous les trois ensembles sur lui, mais déchantèrent aussi vite. En trois mouvements d’épée, le premier couteau avait été envoyé au loin, celui qui tenait le second avait eu de la chance de n’avoir qu’une longue estafilade au bras au lieu de l’avoir coupé, enfin celui qui avait l’air de les mener avait reculé de deux pas pour éviter de tomber suite au choc de l’épée contre le gourdin.
L’air ébahi, il réalisa vite la situation.

« Il est pas normal ce type, on dégage. »

A cet ordre, les trois bandits partirent dans la direction d’où ils étaient venus. Instinctivement, le mage du Conseil se lança à leur poursuite. Il n’avait même pas en tête qu’ils pouvaient avoir un lien avec l’assèchement de la rivière. C’était des hors-la-loi, alors il devait les arrêter.
Un regard jeté derrière lui l’informa qu’Izaiah avait bien suivi le mouvement. Courir de la sorte ne serait sûrement pas agréable pour elle, mais elle comprendrait. D’ailleurs si elle était plus perspicace que Cesus elle ferait peut-être ce lien entre les bandits et la rivière…

Rivière asséchée dont ils se rapprochaient plus vite que prévu…
 MessageSujet: Re: À la recherche de l'eau perdue.   À la recherche de l'eau perdue. EmptyJeu 10 Nov - 23:10

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Des brigands.
Trois.

Alors que je préparai à les envoyer balader verbalement quitte à les mettre vraiment à dos, Cesus s'était redressé plus que rapidement, s'interposant entre ces voleurs et moi. Cela m'avait quelque peu gêné pour tout vous avouer: je ne m'attendais pas à ce que l'on me traite ainsi, que l'on cherche à me défendre... c'était... étrange.
Ne débattant plus dessus, je commençais à me relever alors que les trois hommes chargèrent le mage du Conseil. Je n'eus pas le temps de lever le petit doigt, d'invoquer une quelconque brindille qu'il les para sans difficultés. Il ne tarda pas, par ailleurs, à riposter avec cette vélocité martiale qui lui semblait si naturelle. Cette aisance m'avait quelque peu scié. Je m'attendais à tomber sur un secrétaire portant une épée comme décoration, un bureau fini bien que sa carrure semblait m'indiquer le contraire. Mais j'étais visiblement tombée sur un vrai soldat habitué à faire chanter la lame...
Il me réservait bien des surprises.

Vraisemblablement peu friands de demander leur reste, les brigands prirent la fuite, s'enfonçant rapidement dans les bois. Sous une impulsion certaine, Cesus s'élança à leur poursuite. C'était un peu stupide de sa part, je trouvai, nous ne savions, ni ou cela allait nous mener, ni sur quoi nous allions tomber. Par ailleurs, cela était assez risqué, aux vus de mon sens de l'orientation minable -surtout si je le perdais de vue-, de l'incapacité que j'avais à me mouvoir correctement, ou tout bonnement, l'incohérente pensée de tomber dans un piège... Et ce, sans parler que nous ne savions même pas ce qui causait l'assèchement de la rivière en amont... Mon cerveau bien que fatigué cherchait des connections dans toute cette affaire, tandis que mes jambes suivirent de manière inconsciente mon partenaire. Certes, j'étais en train de le perdre de vue mais, je faisais tout ce qui était en mon possible pour essayer de le rattraper.
Une idée, logique, traversa mon esprit.
Et si, ces mêmes brigands étaient, eux même, responsable de l'état de cette rivière ? Cela expliquerait beaucoup de chose, comme le fait que personne du village n'ait chercher à remédier à cette affaire... Peut-être parce qu'ils étaient au courant, ou alors car personne n'en n'était revenu...
Mais, une autre question me taraudait... Pourquoi détournaient-ils de l'eau...?

D'ailleurs, nous pouvions apercevoir celle-ci, totalement vidée de son lit. Quelques cadavres de poissons gisaient au fond de celui-ci, mais passons... ce n'était pas le plus important dans notre histoire. Devant nous, le décor avait quelque peu changé, laissant apparaître une sorte de clairière, dont une odeur de bois brulé, voire de nourriture semblaient flottées dans les airs
Puis, alors que j'entrepris d'exposer mon idée au jeune homme qui me devançait de nombreux mètres, je fus coupée. Ou plutôt, totalement éjectée. J'eus juste le temps d'apercevoir un homme assez épais atterrir sur ses jambes, avant d'embrasser douloureusement le sol, roulant sur un bon mètre. Je secouais la tête plusieurs fois, comme pour me remettre les idées en place le plus rapidement possible avant de jeter un œil sur la situation. Ma cote me lançait suite à ce coup brutal, tandis que ma tête semblait bouillir lentement.

Nous étions visiblement tombés dans une embuscade, proche du campement de ces brigands... Il y avait les trois de tout à l'heure, ainsi que cinq ou six de leurs camarades apparemment enjoués de notre petite visite. Des ricanements ainsi que des remarques moqueuses fendirent les airs. Ils étaient nombreux et armés. Couteaux, épées, gourdins, peut-être même arbalètes mais ma vision de mon œil unique ne me permettait pas de jaugé correctement la situation. Cesus avait dégainé, analysant lui aussi les environs.
Un sourire nerveux s'esquissa sur mon visage. Je ne savais pas si c'était du au stress, à l'adrénaline, ou encore à la fatigue, mais l'idée de se défouler sur quelqu'un ne m'était pas désagréable... Bien sûr, il y avait nettement plus de chance que ce soit moi qui serve de punching-ball au final, surtout que je ne tiendrai pas très longtemps en cas de combat à cause de mes précédentes altercations. Par ailleurs, je ne savais même pas quel genre de magie manipulait le mage du Conseil, ce qui n'allait en rien, m'aider à établir une quelconque stratégie.

Oh, autant foncer dans le tas.

Ils n'avaient pas l'air très intelligents, ni très malins, juste armés. Et puis, j'étais trop fatiguée pour réussir à me concentrer correctement. Chose assez effrayante en soi mais, n'ayant pas une grande attache à la vie, il fallait avouer que cela m'importait peu. Me redressant sous des moqueries incessantes et autres commentaires parfois déplacés, je m'étais élancée en direction de mon agresseur. Celui-ci, certainement surpris, eut juste le temps de lever ses bras avant de se manger mon tibia sur la tempe et ce, grâce à un coup de pied sauté. Sur le coup, une pensée gratifiante à l'égard de mon père me traversa; lui qui m'avait appris à me battre... Concentration. J'en avais bien besoin.
Je grimaçai de douleur. Il avait la tête dure le bougre. Il glissa sur le sol, vraisemblablement sonné. Ça, c'était pour le coup dans la cote. Les autres, un peu plus réactifs et énervés ne tardèrent pas à nous charger.
Puis, alors que je dressais, non sans mal, une sorte de mur fait de ronces pour filtrer le nombre d'ennemis -huit contre deux... ce n'était pas très équitable-, je lançai à l'égard de Cesus, dont je m'étais rapproché :

« Comment dire... J'espère que tu as de l'énergie à revendre... » J'étais toujours aussi éloquente...

Mon mur n'allait certainement pas tenir très longtemps, sans compter que certains n'avaient pas l'air d'avoir compris qu'il ne fallait pas foncer dedans. Peut-être ne s'attendaient-ils pas à tomber sur des mages ? Ou bien, ils étaient totalement masochistes et aimaient bien se frotter à des ronces.
Ma vue se brouilla quelque peu après l'utilisation de ma magie, les battements de mon cœur résonnaient dans ma tête alors que des brigands semblaient se rapprocher dangereusement...
 MessageSujet: Re: À la recherche de l'eau perdue.   À la recherche de l'eau perdue. EmptyVen 11 Nov - 23:58

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Ils remontaient près du lit de la rivière, sèche depuis un moment. Ce fut une clairière qui s’ouvrit devant eux, avec une odeur que Cesus n’arrivait pas à cerner, et puis il était plus concentré sur la poursuite que sur le reste.
Un bruit de chute, derrière lui, le fit cependant réagir. Sa partenaire avait été l’objet d’une attaque en traitre, et semblait s’énerver peu à peu.
Autour d’eux, une petite dizaine d’hommes dont ceux qu’ils avaient suivis. On pouvait voir plus loin dans la clairière quelques tentes et bâtiments qui devaient être le repère de ces brigands. Bien plus nombreux, ils avaient repris des airs goguenards et certains ricanaient déjà en désignant la demoiselle.

L’épée brandie d’une main, Cesus s’était rapproché d’elle pour leur faire face. La majorité des adversaires avaient un niveau très faible à en juger par leur position et la manière dont ils tenaient leurs armes, de piètre qualité d’ailleurs. Mais il y avait deux épéistes à l’allure plus sérieuse, et un homme avec une arbalète, sûrement dangereux lui aussi.
Izaiah avait déjà pris le parti de foncer sur son agresseur, et il remarqua son aisance à se battre au corps à corps malgré ses blessures. Un coup de pied aérien et le type était sonné.
Un de moins, mais cela réveilla les autres qui se ruèrent sur les deux équipiers.
Même si c’était surtout des petits bras, contre un tel nombre, il leur faudrait du renfort. Elle leur fit gagner du temps à l’aide d’un mur de ronces. A ce moment une soudaine connexion tenta de se faire dans le cerveau de pensée mais elle n’aboutit pas. Pour l’instant le combat occupait toute la place disponible.

« Comment dire... J'espère que tu as de l'énergie à revendre... »

Quand il combattait il parlait encore moins que d’habitude… Il leva une clé d’argent de la main gauche :
« Courage Izaiah !
Ouvre-toi porte de l’Ecu de Sobieski ! Lieutenant Scuti !
»

Ce fut un homme à la chevelure grisonnante et coiffée à la perfection qui apparut. Comme à l’habitude, il portait un costume élégant ainsi qu’une canne en bois.

« Mes hommages chère demoiselle, c’est un plaisir de vous rencontrer. Mais je vois que j’arrive en pleine bataille.
A votre commande maitre.»


Sur ces derniers mots, il avait tiré de sa canne une longue et fine lame, qu’il tenait à la verticale, droit devant ses yeux telle une statue que l’on trouve dans les couloirs de vieux châteaux.

« Lieutenant, protégez Izaiah et éliminez autant de brigands que possible. »


Il ne se faisait pas de soucis pour sa propre sécurité, par contre il ne savait pas si elle était habituée à combattre dans une vraie bataille rangée comme celle-là, et en sous-nombre aussi. Dans tous les cas il ne s’éloignerait pas trop d’elle. Avec lui et le lieutenant comme gardes du corps, cela devrait bien se passer…

Le plus dangereux était celui avec l’arbalète, car il pouvait les surprendre de loin. Le mage du Conseil ne réfléchissait pas en ces termes, et était prêt à cueillir à la gorge tous ceux qui s’approchaient, heureusement que l’esprit stellaire l’avait vu. Il contourna agilement le murpar la gauche pour pourfendre directement sa cible. Cette dernière ne se rendit pas compte de suite et crut que l’attaque avait échoué. Ce ne fut qu’en entendant la résonance caractéristique de la corde qui lâche qu’il remarqua où était la lame. Et juste l’instant d’après elle était plantée dans son front, telle une célèbre botte secrète.
Surpris par cette attaque à revers, quelques brigands hésitaient sur la cible à choisir, leur confiance en avait pris un coup. Ce furent les deux épéistes qui se mirent d'accord les premiers et engagèrent le combat contre lui. Cinq adversaires allaient affronter le mur pour attaquer les deux autres.

"Votre style me rappelle un peu le Vicomte de Chancy, un homme admirable, quoique pas toujours aimable m'a-t-on dit..."


C'était l'esprit qui contrairement à son maitre ne pouvait s'empêcher de faire la discussion, même en plein combat. Ce n'était même pas voulu, mais cela déstabilisait parfois ses opposants, ou bien ses alliés.
De l'autre côté du mur, 3 hommes avaient suivi l'exemple de la constellation et évité le mur, mais deux d'entre eux persistaient à vouloir ouvrir une brèche en s'écorchant au passage le visage...
La jeune femme n'étant pas au mieux, le mage à l'épée ne voulait pas trop s'avancer. Ce n'était pas nécessaire car les autres venaient à lui. Il put faire parler sa lame en envoyant à nouveau l'homme au gourdin valser, et avait poursuivi dans son élan pour lui taillader le ventre, mais il ne l'avait pas achevé, préférant revenir la défendre. Scuti occupait les deux épéistes et lui pourrait maintenir ceux-là à distance. Il faudrait que la mage des ronces repasse à l'offensive pour leur faire prendre l'avantage, mais en avait-elle les moyens ?


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