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[Évènement : Bataille sur l'île de Legion !] Nos idées noires se dévergondent.
 MessageSujet: Re: [Évènement : Bataille sur l'île de Legion !] Nos idées noires se dévergondent.   Mar 4 Oct - 17:49

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Lorsque la solitude accompagne nos pas,
Elle nous suit jusque notre trépas,
L’espoir est ce en quoi nous mettons notre foi,
Mais il nous joue des tours quelques fois,
Au final, la victoire est tout ce qui restera,
Pour quiconque surmonte son désarroi…

Le temps est un concert de secondes qui freine notre course contre la montre. Comme le son du cor censé annoncer notre arrivée, nos pas dansent et ne parviennent jusqu’à nos oreilles que trop tard, comme la cavalerie. Elle est là au bon moment dit-on, mais est-ce vraiment le cas ? Un sauvetage n’est-il pas meilleur au raz du sol, lorsque la chute fut longue, que l’adrénaline se mêlait au désespoir pour ne plus faire qu’un avec notre esprit, mort avant de s’émietter contre le sol. C’est alors une renaissance, un nouveau souffle, un autre couplet à la musique de notre vie, un phœnix qui déploie ses ailes au cœur des flammes de l’amour, ce même amour qui unie la princesse sauvée au sauveur. Pour chaque chose il y a une fin, et quand un sauvetage commence, c’est pour arreter le cours d’une vie…

Un certain Falh agitait ses mains tel un chef d’orchestre, dirigeant une horde de musiciens invisibles, ravissant les oreilles voisines d’un majestueux silence, présence indéfinissable d’un tour inconnu. Il semblait à fond dans son mélodrame, serait-ce le sien ? Il semblait confiant que non, avec ses yeux clos. En face de lui, une déesse armée de flammes tranchantes, une douce guerrière déterminée, un ange déchu pour sa trop grande beauté, Abigail Phoibos. Ce n’était pas n’importe qui, c’était la femme de sa vie. Oui, celui qui ne devrait pas être là la regardait, l’ombre de son dos lui laissant le loisir d’apprécier ce moment tant attendu. Il était là, il était temps. Le nouveau venu admirait la tension du moment, lorsque le vent se mêlait à un échange de regards non partagé. Lorsque la chevelure attachée de sa douce et tendre ne demandait que plus de liberté, lorsque le metteur en scène ne demandait qu’un public plus nombreux pour son spectacle, il était là, il était temps.

-Aby-swan…

Avec ces mots, aucune explication, les points de suspension suffisaient à exprimer le soupir qui les traduisait. Ils se connaissaient si peu pourtant ils étaient si proches. Une complicité accompagnait chacun de leurs regards, pouvant défier les dieux de l’amour et de l’intimité, ce n’était pas un don mais une construction. Fye savait qu’Aby lui pardonnerait tout, il savait qu’elle l’attendait inconsciemment. Nul besoin d’excuses, nul besoin de mots pour les énoncer. Pourtant, si l’amour rend aveugle, il ne rend pas sourd, et la communication mène au bonheur alors pourquoi s’en priver ? C’est pour cela que malgré le sérieux de la situation, malgré la tension qui régnait, Fye se devait d’expliquer à Abigail la lenteur de sa venue…

-Ca faisait longtemps… Je suis enfin là, comme tu le vois…

Un regard mélancolique se mariait à son visage, signature de son être, de sa personne. Mais pour rester positif et quémander le sourire de son soleil, Fye changea sa mélancolie en une joie meurtrie. Il savait que son absence avait provoqué des souffrances, il ne pouvait arriver comme une fleur et inonder la scène d’un sourire innocent. Tout ce qu’il put offrir, c’est un baiser sur le front, début d’une rédemption.

-Je suis désolé, tu es restée seul durant ce combat mais je suis là, il était temps… Mon amour pour toi m’a guidé jusqu’à cet endroit, le lien qui nous relie est vraiment aussi indéfectible qu’il est invisible.

Malgré la surveillance d’un adversaire aveugle, malgré la symphonie incessante d’un magicien fou qui agissait imperceptiblement, Fye ne pouvait s’empêcher d’entourer avec son bras les hanches de sa dulcinée, tout cela pour mieux la câliner. Il se voulait doux et apaisant, comme pour réconforter sa bien-aimée, comme pour guérir ses plaies et au final, ses douleurs, les oublier. Tout dans sa présence n’était que soulagement, son odeur si rassurante, sa douceur si charmante, son amour si ardent. C’était le calme avant la tempête. Fye allait bientôt frapper… Mais avant, Abigail devait être requinquée.

-Tu as perdu pas mal de sang… Je suis vraiment désolé… Je ne voulais pas que tu sois autant blessé, je n’ai aucune excuse, il ne m’a fallut que trop de temps pour te retrouver…

Prenant son bras blessé avec délicatesse, il déposa un baiser sur sa plaie comme si ses lèvres avaient un pouvoir de guérison. Puis, après avoir déchiré sa chemise au niveau de son épaule gauche, il laissait apparaitre de façon bien visible son tatouage de guilde. Blue Pegasus. C’était le même que sa compagne. En agissant ainsi, c’était comme s’il rappelait que leur présence n’avait qu’un seul et unique but, éradiquer leur adversaire et comme pour rappeler leur union qui dédoublerait ainsi leurs forces.

-Merci Aby d’avoir combattu au nom de notre Guilde, je suis fier d’appartenir au même camp que toi. Je vais te soulager maintenant, laisse-moi faire s’il te plait…

Faisant glisser ses mains sur son bras, Fye demandait silencieusement et avec douceur le droit de brandir l’épée enflammée qu’Aby tenait. Lorsqu’elle lui remit, il chuchota :

-Merci Abigail… vraiment, merci… et…

Adieu


L’épée enflammée pénétra dans la chair de la blonde, des mains de son amoureux ! Alors que le sang giclait partout, que les flammes s’éteignaient après avoir brulé la plaie, Fye regardait de haut sa victime, avec un air méprisant et dédaigneux…
 MessageSujet: Re: [Évènement : Bataille sur l'île de Legion !] Nos idées noires se dévergondent.   Sam 8 Oct - 15:18

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Abigail Phoibos

Indépendant Légal

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La petite Abigail blessée
Pleine de rêves inavoués
Touche du doigt sans y penser
Les plumes de sa liberté


« Le quatrième acte débute. L'écho du désespoir. Abigail, bonne chance. »

Pourquoi ce monceau de tonalité accablante lui déroba une expiration prolongée ? Elle file, entre ses interrogations, s’évanouit dans le zéphyr. Elle s’échappe encore une fois, ou peut-être que c’est toi, Falh. A la cadence ou les événements se diluent, on ne sait plus réellement qui mène la danse. C’est leur manière béotienne d’affronter. De s’affronter. Ils se jetaient des coups dans le vide, se déchiraient en lambeaux. Lui par les coups, elle par sa désinvolture. C’est leur méthode pour s’harmoniser à l’opposition qui les confrontent. Elle exagère, Abigail, à danser les paupières brisées, le sourire aiguisé. Elle exagère, Abigail, à se prendre pour une personne intangible. Il y a comme cet orchestre qui te crache des mots d’amour meurtri au creux de ton oreille. Il y a comme ce froissement de buisson derrière toi. L’air apporte les effluves familières qui te narguent les narines. Il y a comme cette intonation qui frémit dans son ombre. L’étonnement se peint sur son minois.

▬ Aby-swan…

 ▬… Fye ?

Il y a comme ce bruit de pas précipités sur la terre dénudée. Il y a cette barrière de vent qui s’immisce entre vos deux personnes, comme pour te prévenir des prochains événements. Elle est stoïque, puis elle s’ébranle immuablement, elle s’essouffle. La lune blonde, plane au dessus de ses inepties. Son vêtement de jais lentement se soulève, au gré de son aimé. D’un œil effronté, elle regarde, lentement immoler les minutes qui s’écrasent au sol silencieusement. Les paupières s’annihilent sur cette nouvelle fusion imprévue. La lueur de ses yeux se reposent enfin, et c’est toutes ses angoisses et ses peurs qui se découlent en son cœur.

 ▬ Qu’est-ce que…

▬ Je suis désolé, tu es restée seule durant ce combat mais je suis là, il était temps… Mon amour pour toi m’a guidé jusqu’à cet endroit, le lien qui nous relie est vraiment aussi indéfectible qu’il est invisible.

Les étoiles ternis de ses iris trop maudites se mirent à scintiller. Pour elle, il est comme une brise fraiche qui s’agrège dans une effervescence éphémère. Vivifiant. Dans ces moments-là, impossible de dire ce qu’il se passe dans ses songes poussiéreux. Dis, Fye, est-ce qu’elle t’a manqué ? Est-ce que lorsque tu t’es tiré rapidement de l’étreinte de Morphée, tu as pensé à elle ? Est-ce que tu te languis d’elle, dans tes soupirs, quand tu expires, quand tu respires, lorsque tu vis ? Est-ce que tu perçois le soleil qui fait sombrer son visage d’éclipses ? Est-ce que tu aperçois ce sourire candide qui se dessine rien qu’à ta vue, Fye ? Non, tu ne le vois pas. Parce qu’elle ne te le dévoilera, c‘est trop tôt encore pour agir. Il y a comme ses gestes qui parlent, alors elle se laisse envelopper par sa chaleur solaire. Et scelle lentement ses paupières engourdies par l’effort dont elle faisait preuve.

Elle ne connait pas les étoiles
Et veut déjà hisser les voiles
Sur son navire imaginé
Embrasser d'autres voies lactées


▬ Tu as perdu pas mal de sang… Je suis vraiment désolé… Je ne voulais pas que tu sois autant blessé, je n’ai aucune excuse, il ne m’a fallut que trop de temps pour te retrouver…

Son bras sillonné par les zébrures se souleva mollement pour recevoir un baiser de la part de l’illusionniste. Elle sentait des poussières de Fye dans ses rangées de baisers, et un léger sourire s’étira sur ses lèvres trop fines. Il avait de ces existences qui la sécurisaient. Il avait de ces absences qui l’anesthésiaient. Parce qu’il était sa seule et unique chance de subsister. Il avait cette chaleur des premiers crépuscules. Sa rétine fixa l’icône de leur guilde, le Pégase bleu. C’est alors qu’elle laissa échappée une série de mots incohérents, le souffle égaré. Un frisson émergea en elle, pour se divulguer dans l’entrechoquement de leurs carcasses. Il lui demande avec politesse l’arme qu’elle détient entre ses doigts usées par l’affrontement. Elle hésite, un peu. Puis le sourire confiant de Fye la pousse à lui offrir l’épée luisante. Il la saisit, Abigail laisse sa main descendre sur son flanc, silencieusement. Elle s’est brusquement égarée dans l’écume trop grande de tes iris, Fye.

▬ Merci Abigail… vraiment, merci… et…

Dis lui ce que tu ressens.

 ▬ Fye, je…

Dis lui, maintenant. Fye quand tu l’emprisonne dans tes étreintes clownesques. Fye, quand tu dis que vas l’aimer. Fye quand ton visage ensoleillé se heurte contre la lune de ses yeux. Fye, quand vos deux astres respectifs s’aiment. Fye quand tu dis que tu t’en vas et que tu seras toujours là. Dis, est-ce que tu m’aime ? Parce que moi. Moi je…

▬ Adieu.

Moi, je t‘aime.

Soudainement, elle apparaît, l’épée reluisante, qui perfore sa chair à travers sa chair pâle. Un amas d’hémoglobine se heurta contre les barrières de ses lèvres, la vague rougeâtre claqua avec amertume contre la coque de sa bouche et chavira à l‘extérieur. Tout se brise et n‘existe plus. C’était l’ébauche de l'absolu. Lorsque soudainement, elle se suspend de vivre pour mourir en lui. Ensemble on aurait pu contempler l'horizon de nos vies se dévoiler devant nos yeux meurtries par le passé. Pauvre Abigail, elle qui pensait que tous les deux que rien ne pourrait contrer ses convictions. Elle a tout tenté pour devenir meilleure, mais elle a fini par y arracher ses propres ailes. Elle était l’ange déchue, l’ange qui avait égarée ses rêves.

 ▬ …Fye…Tu…

Tu n’avais pas le droit.

La petite Abigail tombée
Croyait pourtant pouvoir voler
Vers le bonheur qu'elle espérait
Loin de ses rêves surannés


Elle ne tendit pas sa main pour ne pas perdre pied, elle n’esquissa pas le moindre mouvement. Juste une crispation soulignait son désappointement. Un sourire mélancolique se peigna sur ses lèvres d’ange martyre, puis elle déposa un baiser volatile sur l’angle de son menton. Avant de perdre l’équilibre et de tomber en arrière. Quelle était la plus grande douleur, au final ? Était-elle plus physique, ou morale ? Regardez-là, tristes spectateurs, cette pauvre magicienne victime de l’alchimie de sa douleur. Regardez-là, le genoux fléchit au sol, le dos courbé. Ses sanglots silencieux, synonyme de fierté écartelée face à l’être aimé. Le bonheur est une idée abstraite, il n’existe pas. La vie n’est faite que d’artifices, qui concluent sur ce mot traduit de bonheur. Mais il n’est qu’une idée irréalisable qui sème le trouble dans nos esprits hostiles. Pourquoi a-t-elle pu y songer une seule seconde ? Son poing sévit le sol, sa mâchoire se serra ainsi que ses paupières pour dissimuler les filets d’eau qui s’y échappaient.

Sa main posée sur son ventre, elle sentit une nausée la saisir. Le désespoir la suivait et bâtissait son empire sur l’existence fragmentée d’Abigail. Toutes ses émotions se fracturaient l’une contre l’autre, personne n’aurait été incapable de savoir dans laquelle se réfugiait la fée. Les flammes se moururent dans l’un de ses pleurs muets. Elle ne pouvait se résoudre à se battre contre Fye. Elle ne comprenait plus, dans quoi baignait-elle. Ses lèvres s’entrouvrirent pour que l’air puisse s’engouffrer dans ses poumons vaporeux.

Nathaniel avait raison sur toute la ligne, la vie n’est qu’une notion abstraite savamment ficelé par notre cerveau. Il avait raison. Et toi, tu avais refusé de l’écouter. D’un revers de main elle essuya les quelques dernières larmes. Il y avait du sang partout, sur tes mains, sur tes lèvres, sur tes bras. Qu’elle est ridicule, lorsqu’elle se pare de cet état lamentable. Sa voix s’est figée dans le froid et suffoque de son mutisme. Elle entrouvre la bouche mais il n’y a qu’un souffle qui s’échappe de ses lèvres. Elle ne s’agite plus. Fye a fait basculé avec lui le temps, fissuré les secondes de leur amour naissant et le monde entier se blesse et la strangule.

Comme un Icare tombé des nues
Abigail en quête d'Absolu
Rêvait au ciel d'une autre vie
Abigail est tombée du nid


Ses tourments fusionnèrent avec ses émotions changeantes et virevoltantes. Elle est exaspérante à laisser échapper des poussières d’elle qui se divertissent. Regardez avec attention, l’éruption de sa rancœur. Fixez sans vous déconcentrer la peur qu’elle avait dissimulé dans les abîmes de son âme, apparaître dans ses yeux nacrés. Sentez son cœur exploser dans ses songes perdues, souillé par des desseins irréalisable.

Son poing meurtri par les coups qu’elle offre au sol s’arrête brutalement. Ses yeux s’exorbitent. Et son visage se tourne vers ses chevilles. Les battements de son cœur raisonnent violemment contre ses tympans. Sa magie te fait écho, Abigail. Elle te comprend. Une géante rosace verte se dessina sous le corps ensanglanté de la Blonde lune et se mit à scintiller. Incrédule, elle sentit des flammes vertes saisir ses chevilles, et pas que cette partie là du corps. Mais toute sa physionomie étaient assaillit par des flammes qui émergeaient de la rosace incandescente. Actuellement, Abigail s’était immolé dans l’ataraxie. Plus communément appelée la « tranquillité » de l’âme. 

En temps normal, l’être humain ne peut utiliser que 30 % de ses capacités. Malheureusement, ayant franchit une limite psychologique du à un fort choc émotionnel. Abigail pouvait sur le moment d’une durée éphémère, déployée 100% de ses capacités. Son genou se releva lentement, et le sang qui dégoulinait au sol se stoppa brièvement. La lune se tenait face au soleil, leur rencontre se conclurait sur Falh qui représenterait l’éclipse de leur combat.

A l’aide de quelques pas, elle franchit les quelques mètres qui la séparait de Fye. Puis, elle déposa son poing sur l’emplacement de ce dernier, la tête baissée, puis elle la releva, en souriant tristement.

 ▬ Je sais, qu’au fond de toi, tu n’as pas renié la promesse que l’on s’est faite. J’ai voulu me laisser sombrer dans le désespoir, mais je ne pouvais me résoudre à me battre contre toi. C’est un peu cliché, dit comme ça, sûrement. Mais, comme on se l’est promit, je ne me laisserais pas abattre. J’ai mes propres convictions. Et si l’on doit se combattre et que je peux me résoudre à le faire, je voulais te faire revenir, à ma manière, sans les coups.

En conclusion à sa tirade, elle scella les lèvres de Fye des siennes pour échanger un cours baiser, ses flammes firent échos de nouveau à son émotion moins négatives que celles d’avant; l’amour. Et enfin, elle s’extirpa de son amour, brandit son poing et le frappa au visage pour l‘étourdir le temps qu‘elle s‘adresse au metteur en scène. Enfin, elle se tourna vers Falh et écarta les bras.

 ▬ Je ne veux pas me battre contre une personne que j’ai…j’apprécie. Prend cela comme un déclare forfait, si tu le souhaites, mais je ne peux pas le faire. Je sais qu’au fond de toi tu me comprend. Car toutes personnes peuplant le monde connaissent cette émotion. Ne pas se battre contre un être qui lui est cher. Je sais que tu n’es pas foncièrement quelqu’un de mauvais. Alors, je sais que même à l’intérieur de toi, tu souhaite la même chose. Tu es uniquement un magicien, pas un combattant. Ton but c'est de faire sourire, pas le contraire.

Abigail, mon oisillon
Tu croyais pouvoir leur dire non
Mais quand on ne sait pas voler
On marche droit et on se tait.


(Bon, ça ne fait pas avancer réellement fait les choses...)
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 MessageSujet: Re: [Évènement : Bataille sur l'île de Legion !] Nos idées noires se dévergondent.   Dim 9 Oct - 12:16

Spoiler:
 
Giclée de sang. Même direction que celui de Léonore. Même assassinat. Léonore, transpercée par une lame, morte debout. Abigail, transpercée par une lame, morte à terre. Elle tombe dans la poussière, s'étale de tout son corps dans la mare de son sang. Elle s'envole, elle a perdu, elle se meurt. J'ouvre les yeux pour voir comment se trame la fin. Non loin du corps fébrile d'Abigail, se trouve son amant. L'amour l'a tuée.
Je stoppais ma mélodie, la valse du désespoir. Des larmes silencieuses brisent l'écho. Tout est terminé, Abigail. Elle a voulut jouer au jeu, mais personne ne peut l'emporter. Son corps se perd dans ses tourments, sa vie ne tient qu'à un fil, le dernier espoir de se consume petit-à-petit. Un fil où l'araignée s'avance, où elle tire la jeune Abigail pour la dévorer. Fini, la marionnette. Quand un jouet est usé, on le jette.

Abigail, jeune Abigail. Je devais respecter mon devoir, je devais t'ôter la vie. Il n'y a pas de troisième choix, il y a la mort, ou la vie. Si je veux vivre, si je veux combattre la mort, mes adversaires ne peuvent choisir le même chemin que moi. Ce combat se solde par une finalité épouvantable. Je ne pouvais me résoudre à mourir, à délaisser le piteux souvenir de mon amour passé. Si je meurs, le souvenir de Tobie meurt. Si tu entendais son cri qui résonne dans ma tête depuis toutes ces années, ce cri d'angoisse, ce strident appel à l'aide, cet écho qui ne se termine jamais, tu comprendrais. Tu comprendrais tout, Abigail.

Le fil tremble, l'araignée se rapproche de la jeune fille souillée. Le cisaillement couine et se montre persistant. Couic couic, un seul coup, et tu tombes. Un seul fil, Abigail. Tu n'es plus rien, tu es perdue.

Et pourtant...tu t'éclaires. Tu te relèves. Où trouves-tu cette force ? Comment peux-tu, rien qu'un court instant, retrouver la volonté ? Quelle est ce sentiment de puissance qui te permet tenir à nouveau debout ? Je n'y crois pas, Abigail. Ce spectacle n'était pas prévu. Dans la lumière incandescente, l'indescriptible se produit. Tu marches. Et tu avances toi-même vers l'araignée, t'agrippant au dernier fil de ta vie. Vous vous rapprochez, toutes les deux, et normalement, tu devrais mourir. Mais non, tu affirmes un engouement sans merci, tu t'avances sans trébucher, tu défies la mort, tu foudroies l'affreuse bête. Elle agite ses pattes avec frénésie, sentant sa proie s'avancer, mais pourtant, pourtant, elle perd en intensité. Elle non plus, ne comprend pas. Bientôt, elle est prise d'un incroyable doute. Ce n'est pas pour mourir que la fille s'avance ainsi vers la mort. C'est pour la combattre. A sa manière.

«Je sais, qu’au fond de toi, tu n’as pas renié la promesse que l’on s’est faite. J’ai voulu me laisser sombrer dans le désespoir, mais je ne pouvais me résoudre à me battre contre toi. C’est un peu cliché, dit comme ça, sûrement. Mais, comme on se l’est promit, je ne me laisserais pas abattre. J’ai mes propres convictions. Et si l’on doit se combattre et que je peux me résoudre à le faire, je voulais te faire revenir, à ma manière, sans les coups.»

Et elle l'embrasse. Elle baise la mort, la jeune Abigail. La mort se consume. Moi, je reste incrédule. Elle se justifie.

«Je ne veux pas me battre contre une personne que j’ai…j’apprécie. Prend cela comme un déclare forfait, si tu le souhaites, mais je ne peux pas le faire. Je sais qu’au fond de toi tu me comprend. Car toutes personnes peuplant le monde connaissent cette émotion. Ne pas se battre contre un être qui lui est cher. Je sais que tu n’es pas foncièrement quelqu’un de mauvais. Alors, je sais que même à l’intérieur de toi, tu souhaite la même chose. Tu es uniquement un magicien, pas un combattant. Ton but c'est de faire sourire, pas le contraire.»

Encore, des larmes silencieuses brisent l'écho. Elle a vaincu son araignée, elle a prit possession de son propre fil, elle gouverne sa vie désormais comme elle le souhaite. Elle m'impressionne par la vivacité dont elle est capable. Je tombe à genoux, exalté par tout ceci. Mes paroles se confondent dans un sanglot intangible.

«Abigail, comment... comment peux-tu... Tobie, Léonore, Tobie ! Je...je.»

Ma voix s'étrangle quand j'aperçois l'ombre de mon araignée, ma propre araignée, qui avale mon fil, me trainant vers elle. Pour la première fois, prit d'un élan inconnu, j'ose tourner la tête vers elle. Affronte-la-mort. Choc. Mes larmes redoublent de désespoir.

«Non, non ! Abigail, aidez-moi !»

Ce n'était pas une araignée, qui tirait sur mon fil, qui tirait sur ma vie. C'est juste le souvenir perdu de Tobie, accompagné de sa mère, Léonore, qui veulent m'interpeler depuis tout ce temps. Pourquoi, pourquoi, auparavant, jamais je n'avais tourné la tête vers la vérité ? Je prend enfin mesure des bêtises que j'ai pu faire lors de ma Fausse Vie.

Le soir est calme, la chaumière s'apprête à se coucher. Tobie embrasse son père, sa mère, quand soudain, on frappe à la porte.

«Abigail, non, reste loin. Le spectacle doit se terminer. J'annonce le cinquième acte : désillusion.»

Oui, il fallait une fin à tout ceci.

Léonore s'approche, insouciante. Un homme est sur le seuil. Il sourit à celle qui lui ouvre la porte, puis la poignarde sauvagement. Elle meurt sur le coup, encore sur ses pieds. Le jeune Tobie ne prend pas la fuite, mais il accourt. Un second homme surgit et l'assomme avec un violence inouïe.

Déjà, l'illusion de Fye disparaissait. Les blessures physique d'Abigail se refermaient. L'illusion perdait vie. Il fallait un retour à la normal. Assez joué, Falh. Retrouve le chemin d'une vie réelle et oublie tes rêves.

Falh bondit avec fureur. Les criminels s'en sont prit à sa femme, à son fils. Il se démène, et dans sa rage, abat les deux hommes. Il ne saura donc jamais pourquoi ils se sont attaqués, au crépuscule, à sa famille. Mais il s'en fiche. Il s'approche de Léonore. Elle est déjà morte.

«Abigail, tout ceci n'était qu'un rêve. Je t'ai emmené dans le rêve de ma vie qui perdure depuis des années. Mais tu viens de m'aider à prendre conscience que tout ce que en quoi je croyais dur comme fer n'était qu'une illusion. Mes larmes se sèchent, à présent.»

Tobie se trouve un peu plus loin. Il s'est cogné la tête et un il a un trou béant dans le crane. Il murmure des derniers mots. Il appelle son père. Il faut raviver l'éclat, il le faut. Mon Tobie, ouvre les yeux, je t'en supplie. Mon Tobie, ne regarde pas ta maman, ne regarde plus ta maman. Regarde moi. Non, non. Tobie, je t'aime, tu le sais.

«Abigail, je ne mérite pas de vivre dans mon monde insipide.»

Legion est mauvais, finalement. J'étais moi-même la marionnette de cette guilde. J'étais aveuglé par ce que je croyais être vrai. Tuer les criminels n'aide pas à se venger de la mort de son fils et de sa femme. Non, cela ne sert qu'à empirer la haine. Je suis allé bien trop loin dans la vengeance. Je me suis pris à ma propre illusion. Moi, Falh Selife, de mon nom de scène, illusionniste par excellence, pouvant créer un monde et bercer n'importe quelle personne, pouvant lui faire croire qu'elle se meurt, qu'elle est blessée, qu'elle est heureuse ou pas...je me suis trompé sur toute la ligne. J'ai voulu me cacher la vérité, me créer un monde où j'avais raison, où Léonore et Tobie m'aimaient pour ce que j'étais devenu. Non, s'ils tiraient sur mon fil, c'était pour me ramener à la raison. Et je n'en ai même pas été capable seul.

«Abigail. Les lions, chimères, requins, saltimbanques, et même ton amant qui est apparu, n'étaient qu'illusions. Nous sommes juste restés tous les deux dans cette clairière, l'esprit persuadé que nous nous trouvions dans un Colisée, une arène aquatique, où je ne sais quoi. Le spectacle est terminé, à présent. Tu as relevé le défi. Tu dois vivre. Moi, je dois annoncer la fin du spectacle. A mon public illusoire.»

Je m'avance donc, et je salue les arbres qui nous entourent. Je me retourne alors et je vois toujours la dernière illusion qui persiste dans mon âme. Léonore et Tobie, qui m'attendent, assis. Je suis la dernière pièce du puzzle, je dois fermer le cercle. Je m'avance, n'hésitant pas une seule seconde, prenant exemple sur Abigail qui, elle aussi, s'était levée pour affronter son araignée, sa pieuse illusion. Je m'assois face à eux. Mes yeux se perdent dans les leurs.

«Papa, tu es de retour.»


On se prend la main. Peut-être est-il temps, à moi aussi, de rompre l'illusion de ma vie et d'accéder à un monde meilleur...

Spoiler:
 
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 MessageSujet: Re: [Évènement : Bataille sur l'île de Legion !] Nos idées noires se dévergondent.   Mar 25 Oct - 17:11

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Abigail Phoibos

Indépendant Légal

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La figure de son soleil s’exténue et se mue en poussières, accompagné par la symphonie d’un zéphyr émergeant. La main d’Abigail tenta d’agripper les cendres de son amant mais ses phalanges ne se refermèrent que sur l‘infini d‘atome qui le constituaient. Rends-toi à l’évidence, ma douce, Fye n’existe pas, il n‘a jamais été ici, avec toi. Il est juste l’otage, le sillon exécrable de tes chimères archaïques. Mais l’heure n’est plus à sonder le pourquoi du comment, ni à solliciter une spéculation infondée pour se rassurer. Non, ma chère Abigail, ta mission actuellement, c’est Falh. Réfugié dans l’étreinte d’une monomanie brisée qui l’agenouille au sol et qui lui soustrait des pleurs.

▬ Abigail, comment... comment peux-tu... Tobie, Léonore, Tobie ! Je...je.

Léonore, Tobie ? Qui étaient ces personnes cités par tant d’émotions suffocant d‘affliction ? Elle le sentait, dans le grésillement de ses cordes vocales. Néanmoins son aura céladon s’adoucit, elle n’humait plus de divergence exhalant de son adversaire. Loin d’elle de prôner le triomphe ou la stratégie d‘un échec et mat, non. Juste, elle consentit à Falh de sombrer dans les tréfonds de ses réminiscences trop souvent oubliées et qui surgissaient à lui, promptement. Tu les as surement trop mis de côtés, magicien.

▬ Non, non ! Abigail, aidez-moi!

Enfin il se libéré accompagné d’une crainte de tous les maux enfermés dans son crâne. Et toi, tu t’efforce de t’avancer, pour…pour faire quoi, au juste? A quoi ça te mènerait, honnêtement ? Cette affaire ne te concerne plus, elle ne met en valeur uniquement le magicien. Tu n’as pas à intervenir, ce n’est pas ta vie ni tes souvenirs. Alors reste où tu es, ta place te sied à merveille. Cesse de t’agiter de cette manière, tout ira bien.

▬ Abigail, non, reste loin. Le spectacle doit se terminer. J'annonce le cinquième acte : désillusion.

Elle ancra son regard dans celui de Falh, dans la réverbération de ses perles océaniques se décryptait son incrédulité. Masquait-il une nouvelle ruse sous ses propos ? Les flammes vertes qui léchaient l’ensemble de sa chair s’estompèrent brusquement. Une sensation confuse la saisit, sa main se déposa sur sa tempe dont de léger filets cramoisis s‘écoulaient, mais elle ne sentit pas la jonction du liquide sous son tissu de chair. Il n’y avait plus rien. Elle était guérie, ses lésions de l’affrontement n’existaient plus. Tout s’effrité autour d’elle.

▬ Abigail, tout ceci n'était qu'un rêve. Je t'ai emmené dans le rêve de ma vie qui perdure depuis des années. Mais tu viens de m'aider à prendre conscience que tout ce que en quoi je croyais dur comme fer n'était qu'une illusion. Mes larmes se sèchent, à présent.

Les perles liquide qui striaient les joues du magicien se tarirent à l’angle de son menton. Non, il ne simulait pas un nouvel artifice pour mieux frapper. Il était sincère dans ses actes et propos. Un seul souffle raisonné parvint à franchir le seuil de ses lèvres. Elle sourit.


▬ Abigail. Les lions, chimères, requins, saltimbanques, et même ton amant qui est apparu, n'étaient qu'illusions. Nous sommes juste restés tous les deux dans cette clairière, l'esprit persuadé que nous nous trouvions dans un Colisée, une arène aquatique, où je ne sais quoi. Le spectacle est terminé, à présent. Tu as relevé le défi. Tu dois vivre. Moi, je dois annoncer la fin du spectacle. A mon public illusoire.

D’un geste théâtral, il annonça l’épilogue, l’achèvement d’un combat qui n’avait désormais plus aucun sens. Tous se dissipait autour d’elle, et dans une brise glacée, elle se trouva de nouveau dans la clairière dénudée. Sa cascade de miel se souleva un instant. Abigail aperçut le magicien vaciller en face d‘elle. Avant qu’il ne s’effondre lourdement au sol, les deux bras de la jeune fille le rattrapèrent juste aux dessous de ses aisselles pour le maintenir debout. Juste un murmure.

▬ Bienvenue parmi nous, Falh.

Comme si sur l‘achèvement de cette phrase, la folie incolore de Falh se serait dissipée pour se muer en une pensée prohibée que l’omission emmitouflera dans l’avenue d’une mémoire artificielle. Comme si… Falh aurait abandonnée la folie qui l’emprisonnait pour revenir dans la réalité et délaissée la sienne. Finalement, elle renonce aux paroles souillées par le venin de son frère. Il avait tord, la vie n’était pas parsemée d’artifices aberrants. Non, la vie était une itinéraire semée d’embuches, certes. Mais lors d‘une émotion profonde liée à la satisfaction d‘un désir qui survient sans prévenir. Ca, ça vaut tout l’or du monde. Et c’est dans ce but que s’axe la destinée de chacun. Evidemment, il ne s’agit de là que de l’avis d’une jeune mage que l’on ne peut que qualifiée de jeune et d‘inexpérimentée. Elle idéalise trop les choses Abigail.

Mais l’avenir n’est peut-être pas si terni, qui sait…

Après s’être égarée de nouveaux dans ses songes immolant, elle passa le bras de l’inconscient derrière de sa nuque tandis que sa main se glissa sur sa hanche pour la maintenir fermement et ne pas qu’il lui tombe des bras. C’est ainsi qu’elle s’orienta désormais vers la lisière de la forêt.

(pardon, pardon d'avoir mit autant de temps et de la longueur du post._.)

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    heaven's on fire

    trace donc le trait qui rassure et que ta ligne soit belle. Tes amours sont des légendes que désapprouve ton ange, n'étreins qu'en morsures les seigneurs de la guerre, fait suinter leur armure qu'ils y voient de l'univers. ©️endlesslove
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